{"id":16486,"date":"2017-11-04T12:54:42","date_gmt":"2017-11-04T10:54:42","guid":{"rendered":"http:\/\/dndf.org\/?p=16486"},"modified":"2017-11-04T17:20:20","modified_gmt":"2017-11-04T15:20:20","slug":"consequences-une-introduction-a-la-theorie-de-la-valeur-de-marx","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dndf.org\/consequences-une-introduction-a-la-theorie-de-la-valeur-de-marx\/","title":{"rendered":"Cons\u00e9quences -Une introduction \u00e0 la th\u00e9orie de la valeur de Marx"},"content":{"rendered":"<p><em>Nous publions la pr\u00e9sentation parue sur facebook d&rsquo;une r\u00e9union tenue le 2 novembre dernier \u00e0 Paris dans le cadre \u00ab\u00a0Cons\u00e9quences\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cons\u00e9quences -Une introduction \u00e0 la th\u00e9orie de la valeur de Marx<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"16487\" data-permalink=\"https:\/\/dndf.org\/consequences-une-introduction-a-la-theorie-de-la-valeur-de-marx\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?fit=960%2C540&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"960,540\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"22780330_823565257826487_5023383390603218345_n\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?fit=800%2C450&amp;ssl=1\" class=\"wp-image-16487 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?resize=343%2C193&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"193\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?resize=800%2C450&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/22780330_823565257826487_5023383390603218345_n.jpg?w=960&amp;ssl=1 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 343px) 100vw, 343px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Pour celles et ceux qui me l&rsquo;avait r\u00e9clam\u00e9. J&rsquo;ai pas eu le courage de me relire pour corriger d&rsquo;\u00e9ventuelles coquilles. Si vous en voyez d&rsquo;\u00e9videntes n&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 les corriger si cela vous fait trop mal aux yeux. Je me suis permis d&rsquo;ajouter une pr\u00e9cision conceptuelle qu&rsquo;avait propos\u00e9 un intervenant lors de la discussion et que je n&rsquo;avais pas en t\u00eate.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong><em>Abolir l&rsquo;\u00e9conomie<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>une introduction \u00e0 la th\u00e9orie de la valeur de Marx<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;agira d&rsquo;abord pour nous de proposer une introduction \u00e0 la th\u00e9orie marxienne de la valeur. Fruit d&rsquo;un travail de plusieurs d\u00e9cennies dont un nombre extr\u00eamement important de manuscrits en sont les t\u00e9moins, la th\u00e9orie marxienne de la valeur se pr\u00e9sente sous sa forme d\u00e9finitive dans\u00a0<em>Le Capital<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut concevoir cette th\u00e9orie comme le r\u00e9sultat d&rsquo;une discussion critique avec les th\u00e9oriciens classiques de l&rsquo;\u00e9conomie (Ricardo, Smith et bien d&rsquo;autres). Pour se donner une id\u00e9e du travail pr\u00e9paratoire de Marx et de la fa\u00e7on dont il dialogue avec les \u00e9conomistes, classiques comme vulgaires, on peut lire par exemple les\u00a0<em>Th\u00e9ories sur la plus-value<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cat\u00e9gories utilis\u00e9es par Marx dans ses travaux de critiques de l&rsquo;\u00e9conomie politique conna\u00eetront une grande post\u00e9rit\u00e9 dans le marxisme. Ainsi, \u00ab\u00a0valeur\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plus-value\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plus-value absolue\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plus-value relative\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0capital constant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0capital variable\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0composition organique du capital\u00a0\u00bb, etc. sont des termes que l&rsquo;on retrouve fr\u00e9quemment dans la litt\u00e9rature marxiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me para\u00eet n\u00e9cessaire de proposer une explication de quelques-uns de ces termes, pour cela nous devrons nous attarder sur certaines pages du livre I du\u00a0<em>Capital\u00a0<\/em>de Marx. C&rsquo;est en effet dans le premier chapitre de ce livre que l&rsquo;on trouve l&rsquo;expos\u00e9 le plus clair de la th\u00e9orie marxienne de la valeur. Nous allons donc, pour commencer, revenir sur les cat\u00e9gories que Marx introduit dans ce chapitre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La th\u00e9orie de la valeur pr\u00e9tend expliquer le fonctionnement du mode de production capitaliste. Les transformations du processus de production, les variations des prix sur le march\u00e9, ou encore la fa\u00e7on dont le travail se r\u00e9partit entre chaque branche de la production. Derri\u00e8re la th\u00e9orie de la valeur, il y a donc une th\u00e9orie de la division du travail et de la r\u00e9partition du temps consacr\u00e9 \u00e0 chaque activit\u00e9 productive au sein des formations sociales capitalistes. Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit dans ses grandes lignes cette th\u00e9orie nous verrons que dans la derni\u00e8re partie du chapitre (Sous-section 4 \u00ab\u00a0Le caract\u00e8re f\u00e9tiche de la marchandise et son secret\u00a0\u00bb). Marx avance certaines hypoth\u00e8ses sur la fa\u00e7on dont la production pourrait \u00eatre organis\u00e9e au sein d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui aurait aboli le capitalisme. La question qu&rsquo;on se posera sera alors de savoir si ces quelques consid\u00e9rations de Marx nous informes sur ce que pourrait \u00eatre une soci\u00e9t\u00e9 communiste. Il faudra d\u00e8s lors comparer ce passage avec d&rsquo;autres textes dans lesquels Marx tente une description de la production sous le communisme, on verra alors ce qu&rsquo;il \u00e9crit dans la\u00a0<em>Critique du programme de Gotha.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;issu de ce parcours j&rsquo;essayerais de faire quelques remarques sur les fondements m\u00e9thodologiques de la pens\u00e9e marxienne. Si Marx r\u00e9p\u00e8te en permanence que ce que font les producteurs se d\u00e9roule \u00ab\u00a0derri\u00e8re leur dos\u00a0\u00bb, ou encore que ce qu&rsquo;ils font ils le font \u00ab\u00a0sans le savoir\u00a0\u00bb, la question qu&rsquo;il faudrait se poser est celle de savoir s&rsquo;il en sera de m\u00eame sous le communisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Premi\u00e8re partie<\/strong><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong> Valeur d&rsquo;usage et valeur<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">La caract\u00e9risation de la marchandise comme porteuse d&rsquo;une valeur d&rsquo;usage et d&rsquo;une valeur d&rsquo;\u00e9change n&rsquo;est pas une d\u00e9couverte de Marx. C&rsquo;est quelque chose dont tout le monde fait l&rsquo;exp\u00e9rience et qu&rsquo;Aristote avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit, bien que dans des termes diff\u00e9rents (dans\u00a0<em>Les Politiques\u00a0<\/em>Aristote parle d&rsquo;une \u00ab\u00a0double utilit\u00e9 de l&rsquo;objet\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tournant majeur s&rsquo;effectue lorsque Marx distingue la valeur d&rsquo;\u00e9change de la valeur. La valeur d&rsquo;\u00e9change devient d\u00e8s lors la \u00ab\u00a0forme ph\u00e9nom\u00e9nale de la valeur\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Il s&rsquo;ensuit premi\u00e8rement\u00a0: que les valeurs d&rsquo;\u00e9change reconnues de la m\u00eame marchandise expriment quelque chose d&rsquo;\u00e9gal. Mais aussi, deuxi\u00e8mement\u00a0: que la valeur d&rsquo;\u00e9change ne peut \u00eatre en tout \u00e9tat de cause que le mode d&rsquo;expression,\u00a0<strong>la \u00ab\u00a0forme ph\u00e9nom\u00e9nale\u00a0\u00bb d&rsquo;une teneur dissociable d&rsquo;elle<\/strong>.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00ab\u00a0teneur dissociable\u00a0\u00bb de la valeur d&rsquo;\u00e9change, Marx parvient \u00e0 la d\u00e9terminer en posant une \u00e9quation\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a01 quarter de bl\u00e9 =\u00a0<em>a<\/em>\u00a0quintal de fer\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Que dit cette \u00e9quation\u00a0? Qu&rsquo;il existe quelque chose de commun et de m\u00eame dimension dans deux choses diff\u00e9rentes, dans 1 quarter de bl\u00e9 tout comme dans a quintal de fer. Les deux choses sont donc \u00e9gales \u00e0 une troisi\u00e8me, qui n&rsquo;est en soi ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre.\u00a0<strong>Chacune des deux, dans la mesure o\u00f9 elle est valeur d&rsquo;\u00e9change, doit donc \u00eatre r\u00e9ductible \u00e0 cette troisi\u00e8me<\/strong>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question est donc de savoir ce qui se trouve \u00eatre commun \u00e0 deux choses qui se caract\u00e9risent par des valeurs d&rsquo;usages diff\u00e9rentes. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a de commun entre x quantit\u00e9 de marchandise A et y quantit\u00e9 de marchandise B\u00a0? (mettons entre x kg de farine et un nombre y de chaises)\u00a0\u2192\u00a0Ce sont des produits du travail\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Si l&rsquo;on fait maintenant abstraction de la valeur d&rsquo;usage du corps des marchandises, il ne leur reste plus qu&rsquo;une seule propri\u00e9t\u00e9\u00a0: celle d&rsquo;\u00eatre des produits du travail.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qu&rsquo;il y a de commun \u00e0 toutes les marchandises, c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont des produits du travail. Mais de quel travail est-il question ici\u00a0? Marx le pr\u00e9cise quelque ligne plus loin, il s&rsquo;agit d&rsquo;un travail dont on fait abstraction de son caract\u00e8re concret et utile. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un travail abstrait, ou encore d&rsquo;un travail humain en g\u00e9n\u00e9ral. Le travail du livreur deliveroo, de l&rsquo;ouvrier d&rsquo;une usine textile, du chauffeur de bus, etc. ont ceci en commun qu&rsquo;ils sont une d\u00e9pense de force physique pendant un temps donn\u00e9. C&rsquo;est la cristallisation d&rsquo;une force de travail humaine indiff\u00e9renci\u00e9e qui constitue la valeur des marchandises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Tout ce qui est encore visible dans ces choses, c&rsquo;est que pour les produire on a d\u00e9pens\u00e9 de la force de travail humaine, accumul\u00e9 du travail humain. C&rsquo;est en tant que cristallisations de cette substance sociale, qui leur est commune, qu&rsquo;elles sont des valeurs\u00a0: des valeurs marchandes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>On peut donc dire que la valeur est l&rsquo;expression du travail abstrait.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nous faut voir maintenant pourquoi ce concept de valeur doit \u00eatre \u00e0 distinguer de celui de valeur d&rsquo;\u00e9change, et pourquoi la valeur d&rsquo;\u00e9change doit \u00eatre comprise comme la \u00ab\u00a0forme ph\u00e9nom\u00e9nale de la valeur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Marx, il faut analyser la valeur ind\u00e9pendamment de la forme ph\u00e9nom\u00e9nale sous laquelle elle appara\u00eet. Cette pr\u00e9cision est importante car elle permet d&rsquo;expliquer ce qui distingue la grandeur de la valeur de la valeur d&rsquo;\u00e9change. En tant que forme ph\u00e9nom\u00e9nale de la valeur, la valeur d&rsquo;\u00e9change s&rsquo;exprime dans un prix. Mais le prix d&rsquo;une marchandise n&rsquo;est que tr\u00e8s rarement \u00e9gal \u00e0 la grandeur de sa valeur. Pour Marx, il y a une \u00ab\u00a0incongruence entre la grandeur de la valeur et le prix\u00a0\u00bb nous verrons plus tard pourquoi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si ce qui est commun \u00e0 toutes les marchandises, c&rsquo;est le fait d&rsquo;avoir une valeur, il faut alors expliquer comment peut se mesurer la grandeur de la valeur des marchandises. Marx \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Comment alors mesurer la grandeur de sa valeur\u00a0? Par le quantum de \u00ab\u00a0substance constitutive de valeur\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle contient, par le quantum de travail. La quantit\u00e9 de travail elle-m\u00eame se mesure \u00e0 sa dur\u00e9e dans le temps, et le temps de travail poss\u00e8de \u00e0 son tour son \u00e9talon, en l&rsquo;esp\u00e8ce de certaines fractions du temps, l&rsquo;heure, la journ\u00e9e, etc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc la grandeur de la valeur est d\u00e9termin\u00e9e par une certaine quantit\u00e9 de travail qui se mesure en durer. Mais dire cela ne suffit pas. En effet on peut tr\u00e8s bien imaginer qu&rsquo;un m\u00eame mod\u00e8le de paire de chaussure puisse \u00eatre produite par tel individu particulier en 2h et par tel autre en 1h. Doit-on alors dire que la paire produite en 2 heures vaut plus que celle produite en 1 heure bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du m\u00eame mod\u00e8le\u00a0? Il est \u00e9vident que non. Il faut donc sp\u00e9cifi\u00e9 le type de travail qui est mesur\u00e9 pour d\u00e9terminer la grandeur de la valeur d&rsquo;une marchandise. Le travail dont on mesure le temps doit \u00eatre le m\u00eame pour que les marchandises puissent \u00eatre mise en \u00e9quivalence\u00a0: Marx \u00e9crit que ce travail doit \u00eatre du travail simple, celui qui mobilise l&rsquo;habilet\u00e9 et les comp\u00e9tences moyennes que l&rsquo;on attend de chaque individu d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e. Exemple\u00a0: parmi les comp\u00e9tences moyennes des travailleurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dans les centres d&rsquo;accumulation du capital, on peut citer la capacit\u00e9 de savoir lire, de savoir r\u00e9pondre \u00e0 des mails, manipuler un t\u00e9l\u00e9phone portable, etc. Comp\u00e9tences qui n&rsquo;\u00e9taient pas n\u00e9cessairement requises \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Marx\u00a0: on voit donc que ce degr\u00e9 moyen d&rsquo;habilet\u00e9 n&rsquo;a rien d&rsquo;anhistorique, il varie suivant les \u00e9poques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne la premi\u00e8re section du chapitre 1 du capital on peut donc d\u00e9crire l&rsquo;ordre d&rsquo;exposition comme suit\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>D&rsquo;abord \u00e9vocation du couple<em>Valeur d&rsquo;usage\/valeur d&rsquo;\u00e9change<\/em><\/li>\n<li>Puis introduction du concept de<em>travail abstrait<\/em>.<\/li>\n<li>De ce concept de travail abstrait Marx fait d\u00e9river le concept de<em>valeur<\/em>.<\/li>\n<li>Enfin il introduit la cat\u00e9gorie de \u00ab\u00a0<em>Grandeur de la valeur<\/em>\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"2\">\n<li><strong> Division du travail. Le caract\u00e8re priv\u00e9 de la production dans une \u00e9conomie marchande<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9change marchand n&rsquo;a de sens que si les deux marchandises \u00e9chang\u00e9es ont des valeurs d&rsquo;usages diff\u00e9rentes. L&rsquo;\u00e9change d&rsquo;1 kg de fer contre un autre kg de faire n&rsquo;a strictement aucun sens. L&rsquo;\u00e9change marchand suppose donc une division du travail. Si j&rsquo;\u00e9change un habit contre un kg de sucre, c&rsquo;est parce que je ne produis pas moi m\u00eame de sucre. Chacun produit donc une marchandise diff\u00e9rente et la pr\u00e9sente sur le march\u00e9 pour avoir acc\u00e8s aux marchandises qu&rsquo;il n&rsquo;est pas en mesure de produire lui-m\u00eame. En cons\u00e9quence, nous voyons que c&rsquo;est le march\u00e9 qui valide le caract\u00e8re social ou non du travail. Dans une \u00e9conomie marchande, le travail n&rsquo;est pas d&#8217;embl\u00e9e social, il est le r\u00e9sultat d&rsquo;une production priv\u00e9e, et ce n&rsquo;est que s&rsquo;il est \u00e9chang\u00e9 qu&rsquo;il devient social. Les producteurs sont donc des producteurs priv\u00e9s, isol\u00e9s. Ils ne peuvent jamais d\u00e9terminer \u00e0 l&rsquo;avance quels seront les besoins de la soci\u00e9t\u00e9. Un producteur de sucre ne saura jamais \u00e0 l&rsquo;avance quelle quantit\u00e9 de sucre il parviendra \u00e0 vendre sur le march\u00e9. Il doit faire des estimations mais rien ne garantit qu&rsquo;elles soient juste. S&rsquo;il n&rsquo;est pas parvenu \u00e0 \u00e9couler son stock de marchandises, c&rsquo;est qu&rsquo;il a trop produit par rapport aux besoins de la soci\u00e9t\u00e9, il est donc n\u00e9cessaire que moins de temps de travail soient consacr\u00e9 \u00e0 la branche de la production dans laquelle il exerce son travail. Le temps en trop consacr\u00e9 \u00e0 la production de sucre doit donc n\u00e9cessairement \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 une autre branche de la production. On voit donc que, sous le mode de production capitaliste, c&rsquo;est le march\u00e9 qui organise la r\u00e9partition du temps de travail entre les diff\u00e9rentes branches de la production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois faite ces remarques sur la distinction entre travail priv\u00e9 et travail social nous pouvons \u00e9tudier le rapport de valeur entre deux marchandises que Marx d\u00e9crit dans la sous-section II.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il pose l&rsquo;\u00e9quation\u00a0: 20 aunes de toile = 1 habit<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cette \u00e9quation, Marx veut montrer que 20 aunes et toile et 1 habit ont la m\u00eame grandeur de valeur. Autrement dit que le temps de travail socialement n\u00e9cessaire \u00e0 la production de 20 aunes de toile est le m\u00eame que celui n\u00e9cessaire \u00e0 la production d&rsquo;un habit. Rappelons que le travail dont il s&rsquo;agit ici est du travail simple. Et que le travail complexe se r\u00e9duit \u00e0 une quantit\u00e9 plus importante de travail simple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9duction du travail qualifi\u00e9 au travail simple, compris comme unit\u00e9 de mesure, s&rsquo;op\u00e8re selon les mots de Marx, \u00ab\u00a0dans le dos des producteurs\u00a0\u00bb. Cette formule nous \u00e9claire sur les fondements th\u00e9oriques de l&rsquo;expos\u00e9 de Marx, et on la retrouve tr\u00e8s souvent dans\u00a0<em>le<\/em>\u00a0<em>Capital<\/em>\u00a0pour expliquer plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes. L&rsquo;id\u00e9e que des choses se produisent \u00ab\u00a0derri\u00e8re le dos\u00a0\u00bb des sujets, est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente chez Hegel, et on trouve la m\u00eame expression dans la\u00a0<em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l&rsquo;Esprit\u00a0<\/em>(notamment dans l&rsquo;Introduction). Nous essayerons de voir plus loin quelles sont les cons\u00e9quences que l&rsquo;on peut tirer de cette fa\u00e7on d&rsquo;aborder les processus sociaux.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"3\">\n<li><strong> Travail simple et travail abstrait<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il convient ici de s&rsquo;interroger sur l&rsquo;existence de deux cat\u00e9gories pr\u00e9sentent dans le\u00a0<em>Capital<\/em>\u00a0et que beaucoup de lecteurs de Marx ont eu tendance \u00e0 tenir pour synonymes\u00a0: celle de travail simple et de travail abstrait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous l&rsquo;avons vu, le travail abstrait d\u00e9signe le caract\u00e8re commun \u00e0 tous les travaux, \u00e0 savoir celui d&rsquo;\u00eatre une d\u00e9pense d&rsquo;\u00e9nergie humaine pendant un temps mesurable. On le voit, cette d\u00e9finition rabat le travail abstrait sur des d\u00e9terminations physiologiques. On ne verrait d\u00e8s lors pas ce qui le distinguerait du travail simple, ce dernier \u00e9tant compris, on l&rsquo;a \u00e9galement vu, comme le degr\u00e9 moyen d&rsquo;habilet\u00e9 des individus dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Isaak Roubine, tenir le travail abstrait et le travail simple pour synonyme est une erreur. C&rsquo;est une confusion qui est contradictoire avec la th\u00e9orie de la valeur de Marx. Rabattre le travail abstrait sur le travail simple reviendrait \u00e0 avoir un concept trans-historique de travail abstrait. Or pour Roubine, il faut insister sur le fait que la cat\u00e9gorie de \u00ab\u00a0travail abstrait\u00a0\u00bb n&rsquo;est pertinente que pour penser les rapports sociaux au sein d&rsquo;une \u00e9conomie marchande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il est possible de d\u00e9terminer le degr\u00e9 moyen d&rsquo;habilet\u00e9 des individus de n&rsquo;importe quelle soci\u00e9t\u00e9, si donc le concept de travail simple est valable pour d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9 que celles bas\u00e9es sur une \u00e9conomie marchande, le travail abstrait au contraire ne vaut que lorsqu&rsquo;il y a \u00e9change de marchandises. Ainsi le concept de travail abstrait n&rsquo;a d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que parce qu&rsquo;il permet \u00e0 Marx d&rsquo;arriver \u00e0 son concept de valeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 cela, il faut ajouter que le concept de travail simple lui aussi ne trouve pleinement son sens que dans une \u00e9conomie marchande, et plus sp\u00e9cifiquement dans le mode de production capitaliste. C&rsquo;est en effet seulement dans le mode de production capitaliste que le travail est envisag\u00e9 comme une simple d\u00e9pense d&rsquo;\u00e9nergie humaine. Pour qu&rsquo;il y ait transfert de la force de travail d&rsquo;une branche de la production \u00e0 l&rsquo;autre, il faut que les travailleurs soient interchangeables. Ainsi, avec la grande industrie, ce n&rsquo;est pas sur les comp\u00e9tences particuli\u00e8res de certaines fractions de travailleurs que les capitalistes doivent compter, mais sur le degr\u00e9 moyen d&rsquo;habilet\u00e9 des femmes et des hommes (voir des enfants). Les travailleurs doivent \u00eatre interchangeables. Dans le chapitre XIII du livre I Marx montre assez clairement cette n\u00e9cessit\u00e9 de la mobilit\u00e9 et de la polyvalence du travailleur \u00e0 l&rsquo;heure de la grande industrie\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Elle (l&rsquo;industrie moderne) r\u00e9volutionne ainsi, de fa\u00e7on tout aussi constante, la division du travail \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la soci\u00e9t\u00e9 et pr\u00e9cipite sans arr\u00eat d&rsquo;une branche de production \u00e0 l&rsquo;autre des masses de capital et de travailleurs. C&rsquo;est pourquoi la nature de la grande industrie entra\u00eene des changements dans le travail du travailleur, rend sa fonction fluide, en fait un travailleur mobile polyvalent.\u00a0\u00bb (trad Lefebvre p.469 \u00e9ditions sociales, p. 547 \u00e9ditions Puf)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Voil\u00e0 pour ce qui concerne la sous-section 2<\/em><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"4\">\n<li><strong> L\u2019\u00e9nigme de la monnaie<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">La section suivante du chapitre 1, \u00ab\u00a0La forme-valeur ou la valeur d&rsquo;\u00e9change\u00a0\u00bb est l&rsquo;un des passages les plus \u00e9pineux du<em>Capital<\/em>. De l&rsquo;aveu m\u00eame de Marx c&rsquo;est un des moments les plus difficiles de son ouvrage. Dans le temps qui nous est imparti nous n&rsquo;aurons pas le temps de traiter de cette section dans le d\u00e9tail. Disons juste que c&rsquo;est dans ce passage que Marx pr\u00e9tend r\u00e9soudre l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9nigme de la monnaie\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit pour lui de d\u00e9crire la gen\u00e8se de l&rsquo;argent, partant de la forme la plus simple de la valeur pour aboutir \u00e0 sa forme achev\u00e9e, la forme-monnaie. Beaucoup d&rsquo;interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes ont \u00e9t\u00e9 faites de ce passage. Si certains lecteurs du\u00a0<em>Capital<\/em>\u00a0consid\u00e8rent que Marx cherche ici \u00e0 d\u00e9duire l&rsquo;argent du troc en proposant un expos\u00e9 historique du passage du troc \u00e0 l&rsquo;\u00e9change marchand, d&rsquo;autres au contraire pensent qu&rsquo;il raisonne selon un mode de d\u00e9duction purement logique. Sur ces questions on peut lire Tran Hai Hac,\u00a0<em>Relire de Capital<\/em>, ou encore M. Heinrich,\u00a0<em>Comment lire le capital de Marx\u00a0?.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;issu de cette section, Marx a r\u00e9pondu \u00e0 la question de savoir pourquoi une marchandise particuli\u00e8re a \u00e9t\u00e9 exclue du monde des marchandises pour devenir l&rsquo;\u00e9quivalent g\u00e9n\u00e9ral. Il a expliqu\u00e9 pourquoi toutes les marchandises en viennent \u00e0 exprimer leur valeur dans une seule et unique marchandise-\u00e9quivalent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(je passe \u00e0 la sous-section 4)<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\" start=\"5\">\n<li><strong> \u00ab\u00a0Le caract\u00e8re f\u00e9tiche de la marchandise et son secret\u00a0\u00bb<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s avoir d\u00e9termin\u00e9 les caract\u00e9ristiques de la monnaie (l&rsquo;\u00e9quivalent g\u00e9n\u00e9ral) que Marx peut la penser au sein des rapports sociaux dans lesquelles elle est prise. Il s&rsquo;agit alors pour lui d&rsquo;identifier ce qui se produit dans une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle tous les produits du travail prennent la forme de marchandises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l\u00e0 que Marx va aborder la fameuse question du \u00ab\u00a0caract\u00e8re f\u00e9tiche de la marchandise\u00a0\u00bb. La marchandise, dit Marx, est \u00ab\u00a0une chose extr\u00eamement embrouill\u00e9e, pleine de subtilit\u00e9s m\u00e9taphysiques et th\u00e9ologiques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9crit encore que\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;il y a de myst\u00e9rieux dans la forme-marchandise consiste donc simplement en ceci qu&rsquo;elle renvoie aux hommes l&rsquo;image des caract\u00e8res sociaux de leur propre travail comme des caract\u00e8res objectifs des produits du travail eux-m\u00eames, comme des qualit\u00e9s sociales que ces choses poss\u00e9deraient par nature\u00a0: elle leur renvoie ainsi l&rsquo;image du rapport social des producteurs au travail global, comme un rapport social existant en dehors d&rsquo;eux, entre des objets.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail global, c&rsquo;est-\u00e0-dire la masse des marchandises r\u00e9alis\u00e9es par l&rsquo;ensemble des producteurs de la soci\u00e9t\u00e9, appara\u00eet comme quelque chose dot\u00e9e d&rsquo;une vie ind\u00e9pendante de ces derniers. Les produits du travail apparaissent comme menant une vie ind\u00e9pendante des producteurs, comme ob\u00e9issant \u00e0 des lois de la nature sur lesquelles les sujets n&rsquo;ont aucun contr\u00f4le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame que les f\u00e9tiches sont des produits humains auxquels on attribue des pouvoirs surnaturels, les marchandises sont des produits du travail qui semblent entrer en relation ind\u00e9pendamment des producteurs. Mais Marx ajoute quelque chose d&rsquo;important\u00a0: le f\u00e9tichisme est \u00ab\u00a0ins\u00e9parable de la production marchande\u00a0\u00bb. Ainsi, les rapports d&rsquo;\u00e9changes marchands ne peuvent exister sans ce ph\u00e9nom\u00e8ne de f\u00e9tichisation. Le f\u00e9tichisme ne peut dispara\u00eetre qu&rsquo;avec la disparition de l&rsquo;\u00e9change marchand, Marx \u00e9crit encore\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ce caract\u00e8re f\u00e9tiche du monde des marchandises, notre pr\u00e9c\u00e9dente analyse vient de nous le montrer, provient du caract\u00e8re social propre du travail qui produit les marchandises.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme nous l&rsquo;avions dit pr\u00e9c\u00e9demment, le travail producteur de marchandise ne peut \u00eatre d&#8217;embl\u00e9e social, c&rsquo;est toujours un travail priv\u00e9 de producteur isol\u00e9. Le caract\u00e8re social du travail ne se manifeste que lorsqu&rsquo;il est \u00e9chang\u00e9 sur le march\u00e9. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0travail social global\u00a0\u00bb, utilis\u00e9e par Marx dans ce passage, est une autre mani\u00e8re de d\u00e9signer le monde des marchandises, monde qui s&rsquo;autonomise de l&rsquo;action des producteurs\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi les relations sociales qu&rsquo;entretiennent leurs travaux priv\u00e9s\u00a0<em>apparaissent aux producteurs pour ce qu&rsquo;elles sont<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire non pas comme des rapports imm\u00e9diatement sociaux entre des personnes dans leur travail m\u00eame, mais au contraire comme rapports impersonnels entre des personnes et rapports sociaux entre des choses.\u00a0\u00bb (Soulign\u00e9 par moi)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le f\u00e9tichisme de la marchandise n&rsquo;est donc ni une illusion subjective, ni une id\u00e9e relevant de la fausse conscience, mais bien plut\u00f4t l&rsquo;explication des relations entre les hommes dans des soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 les produits du travail prennent la forme de marchandises. Les rapports humains ne sont pas voil\u00e9s par des rapports entre des choses, bien au contraire, dans les soci\u00e9t\u00e9s marchandes, les rapports sociaux de production sont effectivement des rapports entre des choses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une citation de Roubine pour \u00e9clairer cette id\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, le produit acquiert des caract\u00e9ristiques sociales sp\u00e9cifiques (par exemple les propri\u00e9t\u00e9s de valeur, de monnaie, de capital, etc.) qui font que ce produit ne se contente pas de cacher les rapports sociaux entre les hommes, mais encore qu&rsquo;il les organise, servant ainsi de lien m\u00e9diateur entre les hommes. Plus exactement, c&rsquo;est justement parce que les rapports de production ne peuvent s&rsquo;\u00e9tablir que sous forme de rapports entre les choses que ces choses cachent les rapports de production.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 ce qu&rsquo;on peut dire des cat\u00e9gories d\u00e9velopp\u00e9es par Marx dans ce chapitre (Travail abstrait, valeur, grandeur de la valeur, forme de la valeur, f\u00e9tichisme). On peut maintenant poursuivre en abordant la question de l&rsquo;organisation sociale des activit\u00e9s humaines et la r\u00e9partition du temps consacr\u00e9 \u00e0 chaque branche de la production dans toute soci\u00e9t\u00e9 humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Deuxi\u00e8me partie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie sera plus courte que la premi\u00e8re mais j&rsquo;esp\u00e8re que les questions qu&rsquo;elle soul\u00e8vera permettront d&rsquo;amorcer une discussion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;int\u00e9resserais dans un premier temps \u00e0 quelques remarques que l&rsquo;on trouve dans la sous-section 4 du chapitre 1 du\u00a0<em>Capital<\/em>\u00a0sur l&rsquo;organisation de la production dans diverses soci\u00e9t\u00e9 humaines, depuis celle construite par Robinson seul sur son \u00eele jusqu&rsquo;\u00e0 une hypoth\u00e9tique soci\u00e9t\u00e9 de \u00ab\u00a0producteurs associ\u00e9s et libres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme on l&rsquo;a vu, dans une \u00e9conomie marchande, le travail n&rsquo;est pas d&#8217;embl\u00e9e social, il est d&rsquo;abord le r\u00e9sultat d&rsquo;une production priv\u00e9e, et aucune instance n&rsquo;est en mesure d&rsquo;\u00e9valuer les besoins sociaux et de d\u00e9cider en cons\u00e9quence de ce qu&rsquo;il faut produire et en quelles quantit\u00e9s. C&rsquo;est une fois les marchandises misent sur le march\u00e9 qu&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit de ce qui est produit en trop et ce qui n&rsquo;est pas produit en des quantit\u00e9s suffisantes. Il y a donc un constant d\u00e9s\u00e9quilibre et l&rsquo;ajustement de la r\u00e9partition du travail entre chaque branche de la production se fait par l&rsquo;interm\u00e9diaire du march\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On va maintenant s&rsquo;int\u00e9resser aux quatre autres \u00ab\u00a0modes de productions\u00a0\u00bb que d\u00e9crit Marx dans ce passage\u00a0: la robinsonnade, le mode de production f\u00e9odale, la \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9 commune naturelle\u00a0\u00bb et enfin l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0association d&rsquo;hommes libres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Robinson<\/strong>, seul sur son \u00eele, aurait gard\u00e9 avec lui un livre de compte et une montre. Avec cela, il peut mesurer son temps de travail le r\u00e9partir dans chaque branche d&rsquo;activit\u00e9 selon l&rsquo;urgence de ses besoins. Il est donc conscient du temps qu&rsquo;il consacre \u00e0 chacune de ses activit\u00e9s. Il faut pr\u00e9ciser que cette \u00ab\u00a0Robinsonnade\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle se livre ici Marx a pour but de prendre \u00e0 contre-pieds une fiction de l&rsquo;\u00e9conomie classique selon laquelle les individus des soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9-capitalistes auraient les m\u00eames comportements que des individus anglais du XVIIe si\u00e8cle comme Robinson.<\/li>\n<li><strong> Le mode de production f\u00e9odal\u00a0:<\/strong>Marx consid\u00e8re que les rapports entre les hommes au Moyen \u00c2ge se faisaient sur le mode de la d\u00e9pendance personnelle. Avec ce mode de d\u00e9pendance, Marx affirme qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire que les produits du travail acqui\u00e8rent un caract\u00e8re mystique comme c&rsquo;est le cas dans la production marchande. Le produit du travail est imm\u00e9diatement social en tant que travail concret. Dans le rapport entre serf et seigneur, le travail du serf prend la forme de service en nature. Le travail est consid\u00e9r\u00e9 dans sa particularit\u00e9 et non dans son universalit\u00e9.<\/li>\n<li><strong> La \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9 commune naturelle\u00a0\u00bb\u00a0:<\/strong>Dans une famille paysanne, les produits du travail se pr\u00e9sentent comme du travail commun. La distribution des produits du travail entre les membres de la famille est d\u00e9termin\u00e9e par d&rsquo;autres facteurs que le temps de travail d\u00e9pens\u00e9 par chacun. La r\u00e9partition du temps de travail entre les diff\u00e9rents membres de la famille joue donc un tout autre r\u00f4le que celui de d\u00e9terminer la part du travail global qui doit \u00eatre allou\u00e9e \u00e0 chacun. Elle fonctionne comme une \u00ab\u00a0d\u00e9termination sociale originaire\u00a0\u00bb. Elle ne se r\u00e8gle pas<em>a posteriori<\/em>\u00a0comme dans le mode de production marchand mais est ant\u00e9rieure \u00e0 toute production.<\/li>\n<li><strong> L&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0association d&rsquo;hommes libres\u00a0\u00bb\u00a0:<\/strong>C&rsquo;est cette formule qui nous int\u00e9ressera plus particuli\u00e8rement. Pour Marx, cette association se caract\u00e9rise par une r\u00e9partition consciente de la force de travail et une collectivisation des moyens de production. Elle \u00e0 ceci de commun avec le monde de Robinson que la production sociale est le r\u00e9sultat d&rsquo;une volont\u00e9 consciente des besoins sociaux qu&rsquo;il faut satisfaire. Le produit est d&#8217;embl\u00e9e social est ne passe pas par la m\u00e9diation d&rsquo;un march\u00e9. Il faut donc s&rsquo;interroger sur la fa\u00e7on dont il est distribu\u00e9. Marx va alors proposer une mani\u00e8re de penser cette distribution dans des termes qui nous \u00e9loignent assez peu de ce que l&rsquo;on observe dans le mode de production capitaliste. Selon lui, le partage pourrait se faire en fonction du temps de travail que chacun a d\u00e9pens\u00e9 dans la production du travail global. Dans cette situation, le temps de travail aurait donc un r\u00f4le double\u00a0: d&rsquo;une part sa r\u00e9partition consciente permettrait qu&rsquo;une juste proportion de produits soit r\u00e9alis\u00e9s, de sorte que tous les besoins sociaux soient satisfaits, d&rsquo;autre part, sa mesure permettrait de contr\u00f4ler l&rsquo;implication de chacun dans le travail collectif. La distribution des produits se ferait donc selon le mot d&rsquo;ordre \u00ab\u00a0\u00e0 chacun selon son travail\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">On aurait donc, comme dans le mode de production capitaliste une mesure du temps de travail, et \u00e0 la place de la monnaie et de la marchandise, il y aurait quelque chose comme des \u00ab\u00a0bons horaires\u00a0\u00bb ou des \u00ab\u00a0bons de travail\u00a0\u00bb certifiant notre participation \u00e0 la production globale. Cela supposerait donc l&rsquo;existence d&rsquo;une instance centralisatrice en mesure de planifier le travail et de distribuer les produits en fonction des efforts qu&rsquo;ils auraient fournit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Doit-on se satisfaire de cette perspective et consid\u00e9rer que c&rsquo;est cela la soci\u00e9t\u00e9 communiste que l&rsquo;on souhaiterait faire advenir\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le\u00a0<em>Capital<\/em>\u00a0Marx pr\u00e9cise que cette fa\u00e7on d&rsquo;envisager l&rsquo;association d&rsquo;homme libre n&rsquo;est pas la seule possible, c&rsquo;est uniquement celle qui peut \u00eatre pens\u00e9e \u00e0 partir des institutions existantes au sein du mode de production capitaliste. Il s&rsquo;agirait donc en quelque sorte d&rsquo;une \u00ab\u00a0phase de transition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut trouver dans la\u00a0<em>critique du programme de Gotha<\/em>\u00a0une pr\u00e9cision par rapport \u00e0 ce qui est dit ici. Ce texte est connu dans le marxisme parce qu&rsquo;il y figurerait l&rsquo;id\u00e9e des \u00ab\u00a0deux phases de la soci\u00e9t\u00e9 communistes\u00a0\u00bb. La premi\u00e8re serait organis\u00e9e selon les m\u00eames modalit\u00e9s que ce qui est d\u00e9crit dans le\u00a0<em>Capital<\/em>, avec une mesure du temps de travail et le maintient des cat\u00e9gories juridiques propre au mode de production capitaliste, tandis que la seconde serait caract\u00e9ris\u00e9e par la disparition de ces cat\u00e9gories. Il n&rsquo;y aurait donc plus de mesure du temps de travail, plus de \u00ab\u00a0bons horaires\u00a0\u00bb, et la soci\u00e9t\u00e9 pourrait \u00eatre organis\u00e9e suivant le mot d&rsquo;ordre\u00a0: \u00ab\u00a0De chacun selon ses capacit\u00e9s, \u00e0 chacun selon ses besoins\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Absence de mesure du temps de travail, d\u00e9connexion entre la quantit\u00e9 de travail fournie et la quantit\u00e9 de produit allou\u00e9 \u00e0 chacun\u00a0: chacun fait ce qu&rsquo;il peut, mais tous m\u00e9ritent que leurs besoins soient satisfaits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Remarque\u00a0: on peut s&rsquo;interroger sur le fait qu&rsquo;il y aurait bel et bien \u00ab\u00a0deux phases\u00a0\u00bb du communisme selon Marx, sachant que la premi\u00e8re d\u00e9crite est celle qu&rsquo;il attribue \u00e0 Ferdinand Lassalle et aux r\u00e9dacteurs du programme de Gotha qui h\u00e9ritent th\u00e9oriquement de ce dernier. Dans tous les cas il est \u00e9vident que les textes de Marx sont contradictoires, tant\u00f4t il est question de la n\u00e9cessit\u00e9 de la mesure du temps de travail, tant\u00f4t il est question de sa disparition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la dite \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me phase du communisme\u00a0\u00bb, on voit qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de mesure du temps de travail, ce qui revient \u00e0 dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de mesure de la valeur. Plus de forme-marchandise, plus de forme-valeur, donc plus d&rsquo;argent. Faire advenir une soci\u00e9t\u00e9 communiste c&rsquo;est donc abolir la valeur. Qu&rsquo;est-ce que cela signifie\u00a0? Abolir la valeur c&rsquo;est mettre fin aux rapports d&rsquo;\u00e9changes et \u00e9tendre le domaine de la gratuit\u00e9. C&rsquo;est \u00e9galement abolir certaines s\u00e9parations, comme celle entre production et consommation. Il n&rsquo;y a plus un temps pour la consommation et un autre pour la production, ni de s\u00e9paration entre consommation productive et consommation improductive. C&rsquo;est aussi d\u00e9truire physiquement certains moyens de production en tant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont de sens que pour une soci\u00e9t\u00e9 productrice de plus-value. On peut reprendre une belle formule du n\u00b025 de la revue\u00a0<em>Th\u00e9orie Communiste\u00a0<\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0L&rsquo;abolition de la valeur est une transformation concr\u00e8te du paysage dans lequel nous vivons, c&rsquo;est une g\u00e9ographie nouvelle des rapports entre les individus.\u00a0<em>Abolir des rapports sociaux est une affaire tr\u00e8s mat\u00e9rielle.\u00a0<\/em>\u00bb<em>\u00a0<\/em>(soulign\u00e9 par l&rsquo;auteur)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Remarque avant de conclure<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Marx parle d&rsquo;acteurs qui ne sont pas conscients de ce qu&rsquo;ils font (en t\u00e9moigne des expressions comme \u00ab\u00a0ils le font sans le savoir\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0cela se produit derri\u00e8re leur dos\u00a0\u00bb), tandis que les \u00e9conomistes classiques comme les n\u00e9oclassiques envisagent des acteurs conscients. Pourtant si dans le MPC les individus ne produisent pas de fa\u00e7on consciente, certains \u00e9l\u00e9ments nous laissent sugg\u00e9rer qu&rsquo;il en sera autrement sous le communisme, on le voit dans les passages du chapitre 1 du Capital que nous avons abord\u00e9s. Doit-on d\u00e8s lors penser que la m\u00e9thode atomistique des n\u00e9o-classique, si elle ne vaut pas pour penser les actions des individus sous le MPC vaudrait sous le communisme\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>D&rsquo;autre lectures de Marx laissent entendre l&rsquo;id\u00e9e que les sujets continuerons de faire les choses sans le savoir, ainsi, chez Dauv\u00e9 on trouve aussi l&rsquo;id\u00e9e que le communisme se produira sans m\u00eame que les prol\u00e9taires ne se disent communistes. Dans\u00a0<\/em>Le mouvement communiste<em>, il \u00e9crit (sous le pseudonyme de Jean Barrot)\u00a0:<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0La r\u00e9volution communiste sera l&rsquo;apparition au grand jour du mouvement communiste. La subversion aura \u00e9t\u00e9 avant tout pr\u00e9par\u00e9e par la croissance de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Sans doute bien peu se diront alors \u00ab\u00a0communistes\u00a0\u00bb, et cela n&rsquo;aura aucune importance. Car le programme communiste sera en somme impos\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9, qui ne pourra plus supporter la contradiction entre production et valeur, productivit\u00e9 et rentabilit\u00e9. Le moteur de la r\u00e9volution sera pr\u00e9cis\u00e9ment cette contradiction, ou plus exactement la n\u00e9cessit\u00e9 de la supprimer. Le r\u00f4le des \u00ab\u00a0communistes\u00a0\u00bb y sera bien s\u00fbr important, car ils auront des choses une id\u00e9e plus claire et surtout plus globale que les autres. Mais, sans se dire communiste, le prol\u00e9tariat aura une pratique sociale communiste.\u00a0\u00bb (p. 118-119, \u00e9dition Champ Libre)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Penser la production du communisme (certains diraient la communisation), comme abolition, ou destruction de la valeur, comme abolition ou destruction de l&rsquo;\u00e9conomie (en tant qu&rsquo;elle d\u00e9signe la fa\u00e7on sp\u00e9cifiquement capitaliste d&rsquo;organiser la production, comme une activit\u00e9 s\u00e9par\u00e9e) c&rsquo;est consid\u00e9rer que le communisme n&rsquo;est pas un r\u00e9sultat \u00e0 atteindre par l&rsquo;interm\u00e9diaire de mesures de transition, mais qu&rsquo;il est au contraire le moyen m\u00eame par lequel il est possible d&rsquo;abolir le capitalisme. Il ne s&rsquo;agit pas de cr\u00e9er dans un premier temps les conditions dans lesquelles pourrait advenir une soci\u00e9t\u00e9 communiste, puis dans un second temps le communisme lui-m\u00eame, Il s&rsquo;agit bien plut\u00f4t de prendre imm\u00e9diatement des mesures communistes. Comme disent les th\u00e9oriciens de la communisation, on ne d\u00e9truit pas le capitalisme\u00a0<em>pour\u00a0<\/em>le communisme mais<em>\u00a0par\u00a0<\/em>le communisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a donc vu que deux lectures de Marx sont possibles\u00a0: une qui d\u00e9fend la planification communiste, une autre au contraire qui combat l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab\u00a0bons horaire\u00a0\u00bb et de n&rsquo;importe quelle sorte de mesure du temps de travail\u00a0: car qui dit mesure du temps de travail dit travail abstrait, donc valeur\u00a0; et la valeur ne peut exister sans l\u2019\u00c9tat et une division de la soci\u00e9t\u00e9 en classes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour finir la question serait donc de savoir duquel de ces deux Marx nous aurions besoin pour penser les luttes actuelles dans une perspective communiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Remarques d&rsquo;intervenants\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une personne demande comment r\u00e9pondre \u00e0 la critique de la distinction entre substance et forme de la valeur selon laquelle on se trouverait devant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un arri\u00e8re monde, une s\u00e9paration ph\u00e9nom\u00e8ne\/essence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ponse d&rsquo;un autre intervenant (Vincent Chanson)\u00a0: Pour Marx l&rsquo;essence de la chose appara\u00eet, il reprend \u00e7a directement de Hegel, pas de diff\u00e9rence ph\u00e9nom\u00e8ne\/noum\u00e8ne (Kant).<\/p>\n<p>Charles Lugiery<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous publions la pr\u00e9sentation parue sur facebook d&rsquo;une r\u00e9union tenue le 2 novembre dernier \u00e0 Paris dans le cadre \u00ab\u00a0Cons\u00e9quences\u00a0\u00bb Cons\u00e9quences -Une introduction \u00e0 la th\u00e9orie de la valeur de Marx &nbsp; Pour celles et ceux qui me l&rsquo;avait r\u00e9clam\u00e9. 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