{"id":18777,"date":"2020-06-01T19:51:03","date_gmt":"2020-06-01T17:51:03","guid":{"rendered":"http:\/\/dndf.org\/?p=18777"},"modified":"2020-06-01T20:17:40","modified_gmt":"2020-06-01T18:17:40","slug":"ideologie-et-lutte-de-classe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dndf.org\/ideologie-et-lutte-de-classe\/","title":{"rendered":"Id\u00e9ologie et lutte de classe"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"18780\" data-permalink=\"https:\/\/dndf.org\/ideologie-et-lutte-de-classe\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa.jpg?fit=640%2C418&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"640,418\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa.jpg?fit=640%2C418&amp;ssl=1\" class=\" wp-image-18780 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa.jpg?resize=360%2C235&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"235\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/dndf.org\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/herve_guibert_autoportrait_a_la_chaise_les_douches_la_galerie_3040-8a8aa.jpg?resize=300%2C196&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>ID\u00c9OLOGIE &amp; LUTTE DE CLASSE<br \/>\n<\/strong><strong>sous pand\u00e9mie <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9v\u00e8nement mondial\u00a0qu\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019expansion pand\u00e9mique du coronavirus a suscit\u00e9 beaucoup de prises de position dans notre micro-milieu communisateur \u2013\u00a0et,au-del\u00e0. Je ne reviens pas ici sur l\u2019analyse de cet \u00e9v\u00e8nement comme conjoncture \u00e9pid\u00e9mique d\u2019une crise \u00e9cologique d\u00e9j\u00e0 ancienne et de la crise \u00e9conomique en cours, o\u00f9 se joue la reproduction du rapport d\u2019exploitation capitaliste. (1) Convaincu \u2013 avec TC (2) \u2013 que la lutte entre prol\u00e9tariat et capital se m\u00e8ne jusqu\u2019au bout sous des formes id\u00e9ologiques, celles o\u00f9 prol\u00e9taires et capitalistes en prennent conscience, je critique, dans l\u2019ordre croissant d\u2019int\u00e9r\u00eat, trois textes publi\u00e9s en avril. Bien s\u00fbr, chaque texte repr\u00e9sente une id\u00e9ologie politiquement active dans le prol\u00e9tariat, mais aucune id\u00e9ologie n\u2019est active isol\u00e9ment, dans un espace-temps social qui lui serait propre. Laissons d\u2019abord de c\u00f4t\u00e9 la d\u00e9finition pr\u00e9cise de l\u2019id\u00e9ologie \u2013\u00a0posons la seulement comme un discours efficace travaillant la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral mais aussi, de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, la lutte de classe du prol\u00e9tariat \u2013\u00a0et passons tout de suite \u00e0 la critique.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Texte 1<\/strong> \u2013 Le texte d\u2019Alain Bihr, <em>Covid-19. Trois sc\u00e9narios pour explorer le champ des possibles <\/em>\u2026 (sur le site Alencontre) d\u00e9finit le programme actualis\u00e9 des anticapitalistes,\u00a0mieux nomm\u00e9s d\u00e9mocrates radicaux (3). Pour Bihr, la crise d\u00e9clench\u00e9e par la pand\u00e9mie due au corona-virus\u00a0est globale et multidimensionnelle. Observable au niveau des gouvernements,\u00a0qui ont r\u00e9agi d\u2019abord par le d\u00e9ni puis par des mesures incoh\u00e9rentes, la crise pand\u00e9mique se comprend au niveau de la production capitaliste.\u00a0Risquant un d\u00e9faut du travail vivant, la plupart des \u00c9tats ont plus ou moins confin\u00e9 leurs populations, tout en poussant un maximum de travailleurs \u00e0 bosser, d\u00e9munis de protection efficace.\u00a0De plus, la crise provoqu\u00e9e par le coronavirus traduit la contradiction entre la mondialisation de la production capitaliste et la gestion toujours nationale de la reproduction des conditions sociales de l\u2019exploitation, puisque des \u00c9tats agissant dans le d\u00e9sordre et chacun pour son compte \u00e9taient cens\u00e9s vaincre la pand\u00e9mie. Enfin, cette crise d\u2019un nouveau genre met en question le productivisme du capital ou sa d\u00e9mesure, qui tend \u00e0 d\u00e9truire l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me plan\u00e9taire et favoriser ainsi la circulation des virus. Sur cette base, Bihr examine trois sc\u00e9narios. Dans le sc\u00e9nario 1, business as usual, le rapport des forces entre capital et travail ne change pas et les conditions d\u2019exploitation sont partout aggrav\u00e9es\u00a0; les capitaux faiblards sont \u00e9limin\u00e9s au profit des plus forts et l\u2019endettement aggrav\u00e9 des \u00c9tats les pousse \u00e0 des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 brutales. Dans le sc\u00e9nario 2, on a une r\u00e9forme social-d\u00e9mocrate, avec partage de la valeur ajout\u00e9e\u00a0plus favorable au travail, d\u00e9mondialisation partielle de la production, et plan Marshall \u00e9cologique\u00a0; mais quelles forces subjectives pourraient donc impulser une telle r\u00e9forme et comment pourrait-elle objectivement r\u00e9tablir un taux de profit moyen ad\u00e9quat au capital global en fonction tout en produisant un capitalisme vert\u00a0? Le 3\u00b0 sc\u00e9nario, dit par Bihr r\u00e9volutionnaire, consiste en une transcroissance tranquille des luttes revendicatives au socialisme \u00e9colo-d\u00e9mocratique\u00a0; les travailleurs et travailleuses luttent contre l\u2019aggravation des conditions de leur exploitation et imposent la reconversion de l\u2019appareil productif, l\u2019organisation d\u2019un vrai service public, et l\u2019annulation des dettes d\u2019\u00c9tat. On le voit\u00a0: pour ces anticapitalistes, la crise actuelle du capital se r\u00e9duit \u00e0 une occasion favorable pour instaurer la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb d\u00e9mocratie \u00e9cologique et sociale. Il n\u2019est question ni de restructuration de l\u2019exploitation ni de r\u00e9volution communiste, tout au plus d\u2019ouvrir des br\u00e8ches en vue d\u2019une transition au socialisme \u2013 qui se pr\u00e9sentait lui-m\u00eame dans le programme prol\u00e9tarien comme transition au communisme, au terme du d\u00e9p\u00e9rissement de la valeur\u00a0! Surtout, le sc\u00e9nario 3 pseudo-r\u00e9volutionnaire n\u2019est l\u00e0 que pour cr\u00e9dibiliser le sc\u00e9nario 2 vraiment r\u00e9formiste, le mouvement social de la base ne servant qu\u2019\u00e0 la mise en place du bon pouvoir politique, national ou supra-national. Enfin, la destruction continue de la nature terrestre est con\u00e7ue comme simple effet d\u00e9plorable de la d\u00e9mesure productiviste du capital, comme si cette d\u00e9mesure\u00a0\u00e9tait autre chose que la n\u00e9cessaire production continue de survaleur, par un surtravail et sous la forme d\u2019un surproduit global toujours accru. Pourtant, les partisans de la communisation auraient tort de rejeter cette vision politique du moment actuel comme en dessous de toute critique, sous pr\u00e9texte qu\u2019elle \u00e9mane d\u2019un intellectuel d\u00e9mocrate. Pour s\u2019en tenir aux luttes de la d\u00e9cennie 2010, le d\u00e9mocratisme radical s\u2019est exprim\u00e9 d\u2019Occupy Wall Street aux \u00c9tats-Unis aux Gilets jaunes en France, en passant par le Soul\u00e8vement arabe. Sous des formes id\u00e9ologiquement peu \u00e9labor\u00e9es ou plus construites, c\u2019\u00e9tait bien la \u00ab\u00a0vraie d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb id\u00e9ale que les gens d\u2019en bas opposaient \u00e0 la d\u00e9mocratie r\u00e9elle, c\u00e0d \u00e0 la dictature du capital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Texte 2<\/strong> \u2013 Dans un \u00e9ditorial publi\u00e9 sur son site, le collectif Fever (4) pose la question\u00a0: <em>Autog\u00e9rer le Titanic\u00a0?<\/em> Niant avec raison qu\u2019il y ait le moindre int\u00e9r\u00eat commun entre capital et prol\u00e9tariat m\u00eame sous le r\u00e8gne paniquant du corona-virus, Fever observe d\u2019abord que les conflits s\u2019intensifient sur les deux fronts du travail et de la reproduction des prol\u00e9taires, affirme que la lutte pour la survie (entraide auto-organis\u00e9e au niveau de l\u2019entreprise ou du quartier) risque d\u2019\u00eatre absorb\u00e9e comme du travail gratuit, et conclut que si la lutte pour la survie est en situation d\u2019urgence tout \u00e0 fait n\u00e9cessaire, beaucoup de travailleurs se demandent pourquoi produire. Et s\u2019il ne s\u2019agit plus ni de gagner de l\u2019argent ni de cr\u00e9er des emplois ou de sauver la nation, s\u2019il s\u2019agit de vivre enfin plut\u00f4t que de survivre, abattre les murs du capital construits sur la charpente de l\u2019\u00c9tat exige une offensive internationale de tous les prol\u00e9taires en lutte. Le texte est visiblement construit sur l\u2019opposition d\u2019une bonne gestion ouvri\u00e8re (c\u00e0d radicale expropriatrice) \u00e0 la mauvaise (qui s\u2019enliserait dans la d\u00e9merde collective imm\u00e9diate). L\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019y a de toute fa\u00e7on rien \u00e0 g\u00e9rer dans les rapports de production capitalistes, que le capital soit en crise ou prosp\u00e8re et que la gestion ouvri\u00e8re demeure tr\u00e8s limit\u00e9e ou tende \u00e0 se g\u00e9n\u00e9raliser, n\u2019effleure donc pas ces camarades. \u00c0 ce point, nous pouvons donc d\u00e9finir l\u2019id\u00e9ologie commune aux groupes r\u00e9unis dans Fever comme n\u00e9o-conseilliste, car si le but vis\u00e9 reste une gestion prol\u00e9tarienne de rapports de production inattaqu\u00e9s, le moyen n\u2019est pas pos\u00e9 comme pouvoir international des conseils ouvriers. Cependant, si le capital est compar\u00e9 au Titanic en train de sombrer, ce n\u2019est pas qu\u2019on estime le capital d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9 dans sa crise finale, mais parce qu\u2019on a transpos\u00e9 l\u2019impossible affirmation gestionnaire du prol\u00e9tariat en impossible reproduction du capital. L\u2019occupation d\u2019entreprises par les prol\u00e9taires, si elle comporte comme sa limite intrins\u00e8que la gestion ouvri\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la soci\u00e9t\u00e9, ne m\u00e8ne pas n\u00e9cessairement \u00e0 l\u2019impasse de l\u2019autogestion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Pour reprendre le bon exemple de Fever, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, en Argentine,\u00a0l\u2019occupation d\u2019entreprises r\u00e9sultait en effet d\u2019une lutte de classe du prol\u00e9tariat. Or d\u00e8s qu\u2019ils se mettent \u00e0 diriger une entreprise, en Argentine comme ailleurs, les prol\u00e9taires sont amen\u00e9s \u00e0 s\u2019exploiter eux-m\u00eames\u00a0; et comme c\u2019est impossible, ils font en r\u00e9alit\u00e9 surgir de leurs rangs une couche de gestionnaires, qui les exploitent en fr\u00e8res de classe. Est-ce pour un tel changement de ma\u00eetres que les prol\u00e9taires luttent\u00a0? En r\u00e9alit\u00e9, ce qu\u2019il y avait de prometteur dans ce mouvement argentin, ce n\u2019\u00e9tait ni les reprises ouvri\u00e8res d\u2019entreprises abandonn\u00e9es par leurs patrons ni le discours autogestionnaire tenu par certains groupes de travailleurs. C\u2019\u00e9tait la production de rapports entre les individus en lutte comme rapports entre individus singuliers qui ne veulent plus \u00eatre prol\u00e9taires et celle de l\u2019oppression des femmes comme question interne au mouvement de la classe prol\u00e9taire. Regardez, camarades de Fever, regardez l\u2019Argentine du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000\u00a0: fugitivement, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 sociale des individus. (5)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Texte 3<\/strong> \u2013\u00a0Dans <em>Corona Capital<\/em>, sur Dndf, L\u00e9on de Mattis expose une analyse tr\u00e8s int\u00e9ressante du moment actuel de la lutte des classes ouvert par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie due au corona virus. Posant d\u2019abord qu\u2019on n\u2019a pas besoin attendre la fin de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie pour r\u00e9fl\u00e9chir sur son effet global, il formule deux hypoth\u00e8ses\u00a0: la crise \u00e9pid\u00e9mique va mettre en cause la structure du capitalisme dans sa phase actuelle (premi\u00e8re partie)\u00a0; la contestation sociale qui se produit d\u00e9j\u00e0 sous confinement pourrait se renforcer quand le danger se sera \u00e9loign\u00e9 (2\u00b0 partie). Ici l\u2019analyse et la critique du texte doivent \u00eatre \u00e9galement d\u00e9taill\u00e9es, en raison du contenu th\u00e9orique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa premi\u00e8re partie, LdM d\u00e9finit la phase actuelle du capitalisme comme \u00ab\u00a0n\u00e9olib\u00e9rale et mondiale\u00a0\u00bb, c\u00e0d comme fond\u00e9e sur la restructuration qui, dans les ann\u00e9es 1970 et 1980\u00a0 a d\u00e9mantel\u00e9 le \u00ab\u00a0compromis fordiste\u00a0\u00bb. Cette restructuration est elle-m\u00eame fond\u00e9e sur la financiarisation du cycle international du capital et sur la mondialisation de la production. Du c\u00f4t\u00e9 finance, les capitaux exc\u00e9dentaires sont recycl\u00e9s dans des circuits \u00e9largis et la dette des \u00c9tats, rachet\u00e9e par les Banques centrales, permet aux \u00c9tats, toujours plus endett\u00e9s, de continuer \u00e0 cr\u00e9er de la monnaie. Du c\u00f4t\u00e9 production, l\u2019investissement massif de capitaux productifs dans des pays \u00ab\u00a0\u00e9mergents\u00a0\u00bb est rendu possible par l\u2019organisation globalis\u00e9e de la finance. Le but est bien s\u00fbr de r\u00e9tablir le taux de profit moyen \u00e0 un niveau ad\u00e9quat au capital global en fonction\u00a0; et cela s\u2019effectue\u00a0par un retour au mode absolu d\u2019exploitation (journ\u00e9e sociale de travail accrue, en temps de travail effectu\u00e9 et nombre de travailleurs employ\u00e9s). D\u2019o\u00f9 d\u00e9sindustrialisation partielle des pays d\u00e9velopp\u00e9s d\u2019Am\u00e9rique du Nord, d\u2019Europe de l\u2019Ouest, et du Japon corollaire d\u2019une forte industrialisation des pays \u00e9mergents d\u2019Asie ou d\u2019Am\u00e9rique du Sud. Le discours n\u00e9o-lib\u00e9ral justifie cette restructuration mais n\u2019en est pas la cause. En 2007-2008, ce capitalisme restructur\u00e9 sous le commandement de la finance est \u00e9branl\u00e9, \u00e0 travers la crise de liquidit\u00e9s et celle des dettes d\u2019\u00c9tat\u00a0; depuis 2009, de nombreuses entreprises ont retir\u00e9 de la production des capitaux essentiels \u00e0 l\u2019extraction de la plus-value et le syst\u00e8me financier n\u2019a fait que repousser les \u00e9ch\u00e9ances d\u2019une restructuration sup\u00e9rieure de l\u2019exploitation. Il ne manquait donc plus que le choc, inattendu, de la pand\u00e9mie pour pr\u00e9cipiter la fin de l\u2019\u00e9conomie mondiale int\u00e9gr\u00e9e telle qu\u2019elle a fonctionn\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1980. L\u2019effondrement du syst\u00e8me mon\u00e9taire et financier mondial sera sans doute assez lent, mais le temps du d\u00e9faut g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de la dette des \u00c9tats et donc de la restructuration de la production viendra. La classe capitaliste devra s\u2019organiser en m\u00eame temps pour d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats communs face aux exploit\u00e9s et pour laisser libre cours \u00e0 la concurrence des capitaux. En t\u00e2tonnant, elle cherchera une m\u00e9thode pour relancer la valorisation. Le discours protectionniste et industrialiste sur la d\u00e9fense du march\u00e9 national ou continental et la relocalisation de la production reprendra sans doute de la vigueur\u00a0; et l\u2019alliance n\u00e9o-nationale, de droite ou de gauche, s\u2019opposera \u00e0 la fraction mondialiste lib\u00e9rale. Le discours dominant sera donc une pseudo-critique des exc\u00e8s de la mondialisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En introduction \u00e0 sa 2\u00b0 partie, LdM nous explique ce qu\u2019est la lutte de classe du prol\u00e9tariat. Les classes capitaliste et prol\u00e9taire sont les deux p\u00f4les du rapport d\u2019exploitation et leur affrontement est la dynamique du syst\u00e8me. Du c\u00f4t\u00e9 prol\u00e9tarien, la lutte se produit dans le proc\u00e8s de travail mais aussi dans le proc\u00e8s de reproduction des travailleurs. Du c\u00f4t\u00e9 capitaliste, elle se m\u00e8ne aussi au moyen d\u2019appareils id\u00e9ologiques tels que le droit, la propagande, et la politique. Pour les capitalistes, la lutte n\u2019est que reconduction du rapport antagoniste entre les classes. Pour les prol\u00e9taires, elle est \u00e0 la fois reconduction et mise en cause du rapport. Dans leurs d\u00e9buts, les luttes du prol\u00e9tariat se pensent toujours dans les cat\u00e9gories des id\u00e9ologies dominantes\u00a0; mais parce qu\u2019elles sont des luttes de classe, elles peuvent d\u00e9passer leurs pr\u00e9misses. Certains aspects d\u2019une lutte peuvent pencher vers la reconduction du rapport capitaliste, d\u2019autres vers sa mise en cause\u00a0; la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019auto-organiser fait la diff\u00e9rence. Il n\u2019y a pas \u00e0 f\u00e9tichiser les luttes dites sauvages (gr\u00e8ves, \u00e9meutes), car tout d\u00e9pend du contenu des luttes dans la situation particuli\u00e8re. La th\u00e9orie \u00e9tablit des hypoth\u00e8ses pour penser le d\u00e9passement possible et prendre des initiatives pour faire vivre les pratiques. Quel est donc le contenu sp\u00e9cifique de la lutte actuelle du prol\u00e9tariat sous la pand\u00e9mie\u00a0? Gr\u00e8ves et r\u00e9voltes se sont multipli\u00e9es dans tous les pays touch\u00e9s. Dans la grande distribution et le commerce en ligne, dans la production industrielle, dans les prisons. Dans certains cas, les luttes sont all\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 viser l\u2019arr\u00eat d\u2019une production jug\u00e9e non essentielle. Elles ont souvent commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative des travailleurs, avant que les syndicats se r\u00e9veillent. La baisse de revenu (ch\u00f4mage partiel) ou la perte de tout revenu (pour les pr\u00e9caires) a engendr\u00e9 des refus de paiement des loyers qui peuvent prolif\u00e9rer \u00e0 mesure que s\u2019approfondit la crise. Tant que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie reste au plus haut, le pouvoir peut n\u00e9anmoins jouer du chantage sanitaire. (6) C\u2019est pourquoi la diffusion mondiale des informations et analyses sur les luttes, telle que la pratique Fever, est \u00e0 encourager. De fait, les luttes posent \u00e0 la fois la question des conditions de travail et celle des raisons pour lesquelles on travaille. Quand les travailleurs refusent de risquer leur sant\u00e9 dans un travail qu\u2019ils jugent, eux, non essentiel, ils ne refusent pas encore l\u2019esclavage salari\u00e9 comme tel mais ils mettent en cause la n\u00e9cessit\u00e9 de faire un boulot de merde pour des miettes. \u00c0 la fin de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, on peut esp\u00e9rer une vague importante de luttes, mais la restructuration s\u2019amorcera sans doute avant la fin de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence. Le sentiment du danger s\u2019affaiblira et la col\u00e8re accumul\u00e9e face aux carences sanitaires et face \u00e0 la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat donnera une base \u00e0 toutes les politiques r\u00e9formistes visant \u00e0 construire un capitalisme national et\/ou \u00e9cologique. En m\u00eame temps, les luttes pourront attaquer les rapports constitutifs du capital, que ce soit sur le front de la reproduction (mise en cause du paiement d\u2019un loyer) ou sur celui de la production (refus du travail). On ne peut en tout cas pas conclure, l\u2019avenir est ouvert, il faut suivre au plus pr\u00e8s l\u2019\u00e9volution des luttes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passons maintenant \u00e0 la critique. Dans la premi\u00e8re partie de <em>Corona Capital<\/em>, il y a confusion entre la financiarisation de l\u2019\u00e9conomie dans la restructuration pr\u00e9c\u00e9dente (ann\u00e9es 1970 et 80) et la nature de la restructuration effectu\u00e9e.\u00a0En r\u00e9alit\u00e9, quelle que soit la puissance du capital financier \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 s\u2019impose une restructuration de l\u2019exploitation donc du rapport entre les classes, le capital se restructure toujours d\u2019abord au niveau du proc\u00e8s de production imm\u00e9diat, celui o\u00f9 le surtravail produit la survaleur. (Il s\u2019agit d\u2019une priorit\u00e9 logique, non temporelle\u00a0; dans le temps, toutes les transformations du capital sont plus ou moins li\u00e9es.)\u00a0Et dans la restructuration qui d\u00e9bute, le capital productif est de nouveau en premi\u00e8re ligne, car il s\u2019agit toujours d\u2019abord de reconstruire le rapport entre capital productif et prol\u00e9tariat. Les capitalistes n\u2019attendent pas que les gouvernements d\u00e9cr\u00e8tent la fin de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence, mais commencent dans l\u2019urgence par maintenir au travail le gros du prol\u00e9tariat tout en aggravant toutes les conditions d\u2019exploitation (contrats, salaires, dur\u00e9e du travail, etc). Concr\u00e8tement, de nouvelles combinaisons du travail social sont mises en place, au niveau de l\u2019entreprise comme au niveau de la soci\u00e9t\u00e9 \u2013 et \u00e7a peut aller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019effacement de distinctions v\u00e9cues autrefois comme in\u00e9branlables, par ex celle entre temps de travail et temps dit libre ou celle entre emploi plus ou moins stable et emploi pr\u00e9caire ou celle entre revenu d\u2019assistance et revenu du travail. En effet, c\u2019est en l\u2019exploitant et le recomposant toujours \u2013\u00a0et surtout en le recomposant dans la crise de reproduction du syst\u00e8me \u2013 que la classe capitaliste d\u00e9finit pratiquement le prol\u00e9tariat comme sa \u00ab\u00a0cr\u00e9ature\u00a0\u00bb, c\u00e0d comme sa force productive de survaleur. Ainsi la restructuration n\u2019est pas une affaire des capitalistes entre eux \u2013\u00a0entre les diff\u00e9rentes industries du capital productif et les diff\u00e9rentes fonctions productive, commerciale, financi\u00e8re du capital total. \u00c0 chaque fois, le prol\u00e9tariat est imm\u00e9diatement impliqu\u00e9 et chaque relance de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb \u2013 c\u00e0d de l\u2019exploitation capitaliste \u2013 est d\u2019abord sa d\u00e9faite, retournement des limites de ses luttes contre tout d\u00e9passement r\u00e9volutionnaire, pour toute la dur\u00e9e d\u2019un nouveau cycle d\u2019accumulation et de luttes. Fin mai 2020, le prol\u00e9tariat n\u2019est certes pas vaincu, mais la grande bataille est engag\u00e9e. Avant m\u00eame la fin de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence, encore une fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde partie du texte de LdM commence par une br\u00e8ve introduction sur la lutte des classes. Et tout de suite LdM nous dit que pour le prol\u00e9tariat la lutte est double, car divis\u00e9e entre la simple reconduction du rapport d\u2019exploitation et sa mise en cause. Cette id\u00e9e est fond\u00e9e sur l\u2019incompr\u00e9hension de l\u2019exploitation comme contradiction, car l\u2019exploitation est \u00e0 la fois implication r\u00e9ciproque entre les classes et subsomption r\u00e9elle du prol\u00e9tariat sous le capital.\u00a0Du coup, du fait que c\u2019est le surtravail accru des prol\u00e9taires qui produit la survaleur accrue rendant n\u00e9cessaire au cycle productif suivant une r\u00e9duction relative suppl\u00e9mentaire du travail n\u00e9cessaire \u00e0 leur reproduction, la d\u00e9fense par les prol\u00e9taires de leurs conditions d\u2019existence comme classe devient contradiction pour le prol\u00e9tariat lui-m\u00eame. Ainsi reconduction et mise en cause du rapport sont bien des tendances oppos\u00e9es mais l\u2019opposition ne fonde aucune dualit\u00e9 de la lutte\u00a0: c\u2019est la m\u00eame lutte continue qui pose la reconduction du rapport et sa mise en cause.\u00a0La diff\u00e9rence tient au fait que dans un cas il y a, au mieux, production d\u2019\u00e9carts, de pratiques annon\u00e7ant la rupture, dans les limites des luttes\u00a0; dans l\u2019autre, des luttes qui, se m\u00e8nent jusqu\u2019au bout, c\u00e0d au-del\u00e0 de la satisfaction ou de la non-satisfaction des revendications. Et dans le second cas l\u2019approfondissement des causes et du sens m\u00eame de la lutte comme son jusqu\u2019au-boutisme ne tiennent pas \u00e0 son auto-organisation, car toute lutte s\u2019organise \u00e0 la base, plus ou moins encadr\u00e9e par des syndicats ou par des groupes militants, mais une lutte qui se pense encore comme auto-organis\u00e9e n\u2019a pas encore d\u00e9pass\u00e9 la perspective gestionnaire de l\u2019autonomie ouvri\u00e8re. Dans ces conditions, les r\u00e9volutionnaires qui prennent des \u00ab\u00a0initiatives\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0faire vivre\u00a0\u00bb les pratiques\u00a0\u00bb pouvant conduire \u00e0 une forme de d\u00e9passement\u00a0\u00bb\u00a0ne comprennent pas que les pratiques vivent de leur propre vie, qu\u2019ils y interviennent ou pas. Ils ne comprennent pas non plus que la production d\u2019id\u00e9ologie n\u2019est pas seulement le fait de la classe capitaliste, mais aussi des fractions radicales du prol\u00e9tariat, donc qu\u2019il y a une id\u00e9ologie domin\u00e9e et m\u00eame des id\u00e9ologies domin\u00e9es qui s\u2019opposent entre elles\u00a0! En fait, le d\u00e9passement des luttes revendicatives est con\u00e7u par LdM comme un projet militant\u00a0: pour lui, les luttes du prol\u00e9tariat peuvent d\u00e9passer leurs pr\u00e9misses par d\u00e9finition, en tant que simples luttes de la classe, et non en vertu de pratiques d\u00e9termin\u00e9es. La rupture communisatrice, la production dans les luttes de l\u2019appartenance de classe, ou de genre, ou de \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb comme contrainte ext\u00e9rioris\u00e9e dans la classe capitaliste, n\u2019est pas pens\u00e9e\u00a0; le mouvement des luttes qui produit la rupture n\u2019est pas compris. La distorsion id\u00e9ologique de l\u2019analyse de LdM tient donc \u00e0 l\u2019id\u00e9e que les luttes des prol\u00e9taires, pour d\u00e9truire enfin le capitalisme, doivent \u00eatre activ\u00e9es par des groupes de communisateurs professionnels. Cette vision activiste de la lutte de classe d\u00e9ter\u00admine \u00e0 la fois la confusion entre domination du capital financier et restructuration de la production capitaliste et l\u2019incompr\u00e9hension de la rupture communisatrice. Elle d\u00e9termine aussi la confusion entre la simple extension et la g\u00e9n\u00e9ralisation des luttes, car si par ex un certain type de lutte s\u2019\u00e9tend, disons le refus de payer pour avoir un toit sur la t\u00eate, la lutte ne devient pas g\u00e9n\u00e9rale si elle n\u2019attaque pas ce qui fait qu\u2019il faut payer pour tout\u00a0: le travail salari\u00e9. Enfin, la vision activiste d\u00e9termine le refus de conclure et la fuite dans la r\u00e9affirmation que l\u2019avenir est ouvert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019impens\u00e9 de la rupture<\/strong>\u00a0: Au-del\u00e0 des diff\u00e9rences \u00e9videntes entre ces trois textes, quel est leur impens\u00e9 commun\u00a0? C\u2019est en r\u00e9pondant \u00e0 cette question que l\u2019on peut montrer comment l\u2019id\u00e9ologie travaille la conscience des prol\u00e9taires et de tous les gens d\u2019en bas. En effet, le probl\u00e8me qui n\u2019est pas pens\u00e9 n\u2019est pas pour autant inactif dans le cours des luttes : et l\u2019impens\u00e9 est ici la rupture communisatrice. Dans les textes 1 et 2, qui pourtant s\u2019opposent entre eux comme la r\u00e9forme \u00e0 la r\u00e9volution, la probl\u00e9matique m\u00eame de la communisation est inconnue\u00a0\u2013 ou seulement par ou\u00ef-dire, car on n\u2019en fait rien. Dans le texte 3, elle est bien connue mais \u00ab\u00a0contourn\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0: en effet, LdM a fait partie de Meeting et de Sic, \u00ab\u00a0noyaux communisateurs\u00a0\u00bb interrnationaux form\u00e9s avec la participation de TC, mais il d\u00e9veloppe son argumentation sans nulle r\u00e9f\u00e9rence explicite au travail men\u00e9 avec TC dans Meeting et Sic. C\u2019est donc seulement dans le texte 3 que la rupture est, au sens strict du terme, \u00a0<em>impens\u00e9e<\/em>, car le probl\u00e8me de la rupture y appara\u00eet bien \u2013 dans l\u2019opposition reconduction vs mise en cause du rapport d\u2019exploitation\u00a0\u2013\u00a0mais pour dispara\u00eetre aussit\u00f4t.\u00a0Dans les textes 1 et 2, le probl\u00e8me n\u2019appara\u00eet m\u00eame pas. Qu\u2019est-ce donc finalement que l\u2019id\u00e9ologie\u00a0? (7) Au sens le plus g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est le rapport imaginaire des individus \u00e0 leurs conditions r\u00e9elles d\u2019existence, les individus \u00e9tant toujours d\u00e9finis dans les cat\u00e9gories de la soci\u00e9t\u00e9 existante. Rapport imaginaire et non \u00ab\u00a0fausse conscience\u00a0\u00bb, car alors la th\u00e9orie de la communisation, abstraction critique du mouvement r\u00e9el des luttes du prol\u00e9tariat, serait implicitement d\u00e9finie comme conscience vraie, ce qu\u2019elle n\u2019est pas, puisqu\u2019elle se constitue en rupture avec la conscience imm\u00e9diate des prol\u00e9taires et ne produit du \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb qu\u2019en remettant toujours en chantier toute sa construction formelle dans les luttes. En un sens sp\u00e9cifique, l\u2019id\u00e9ologie est une construction id\u00e9elle et mat\u00e9rielle ad\u00e9quate \u00e0 un projet politique historiquement d\u00e9termin\u00e9.\u00a0Construction id\u00e9elle et mat\u00e9rielle, car il n\u2019y a pas de discours actif dans la lutte des classes sans pratiques ni organisations de lutte qui le produisent ou s\u2019en saisissent.\u00a0Projet politique, car les id\u00e9ologies religieuses, philosophiques, voire scientifiques n\u2019interviennent pas directement dans les luttes entre les classes capitaliste et prol\u00e9taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Conclusion<\/strong>\u00a0: Les trois id\u00e9ologies ici critiqu\u00e9es \u2013 d\u00e9mocrate radicale, n\u00e9o-conseilliste, et communisatrice activiste \u2013 sont apparues au m\u00eame moment de la lutte historique entre prol\u00e9tariat et capital, celui des ann\u00e9es 1991-2001, o\u00f9 la fin de la restructuration comme destruction de l\u2019identit\u00e9 ouvri\u00e8re a fait ressurgir la \u00ab\u00a0question sociale\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u00e0d la question de la communisation. Apr\u00e8s 2001 commence une autre phase du cycle du capital\u00a0: celle de l\u2019entr\u00e9e en crise de la \u00ab\u00a0mondialisation n\u00e9o-lib\u00e9rale\u00a0\u00bb. Nous avons vu que ladite mondialisation est devenue contre-productive, car elle implique une d\u00e9connexion tendancielle de la valorisation du capital de la reproduction du prol\u00e9tariat, d\u00e9connexion d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9e en crise en 2007-2008 et de nouveau en 2020, sous l\u2019allure d\u2019une pand\u00e9mie. Au lieu de s\u2019en tenir \u00e0 la simple actualisation d\u2019un discours id\u00e9ologique plus ou moins bien r\u00f4d\u00e9, il faut maintenant penser la rupture des prol\u00e9taires avec la d\u00e9fense de la condition prol\u00e9tarienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FD<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 Voir \u00ab\u00a0Conjoncture \u00e9pid\u00e9mique\u00a0\u00bb, sur Dndf.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 TC dont je ne suis ni membre ni \u00ab\u00a0adepte\u00a0\u00bb \u2013 cela va mieux en le disant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 Roland Simon, <em>Le D\u00e9mocratisme radical<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 Fever \u2013\u00a0Luttes de classes sous pand\u00e9mie\u00a0: site multilingue cr\u00e9\u00e9 ad hoc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 Sur l\u2019Argentine, voir <em>TC<\/em> n\u00b018 + <em>Meetin<\/em>g n\u00b02.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6 La fin de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie est en fait une d\u00e9cision politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7 <em>TC<\/em> n\u00b013, \u00ab\u00a0La Question de l\u2019id\u00e9ologie\u00a0\u00bb, et <em>TC<\/em> n\u00b018, \u00ab\u00a0Th\u00e9orie et Conscience\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ID\u00c9OLOGIE &amp; LUTTE DE CLASSE sous pand\u00e9mie L\u2019\u00e9v\u00e8nement mondial\u00a0qu\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019expansion pand\u00e9mique du coronavirus a suscit\u00e9 beaucoup de prises de position dans notre micro-milieu communisateur \u2013\u00a0et,au-del\u00e0. Je ne reviens pas ici sur l\u2019analyse de cet \u00e9v\u00e8nement comme conjoncture \u00e9pid\u00e9mique d\u2019une crise \u00e9cologique d\u00e9j\u00e0 ancienne et de la crise \u00e9conomique en cours, o\u00f9 se joue la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-18777","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-theorie"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pnrce-4SR","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18777","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18777"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18777\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18777"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18777"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dndf.org\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18777"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}