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un nouveau blog sur la communisation : »Réalités du communisme »

Réalités du communisme
« C’est au présent que nous parlons de la communisation »

S’il faut parler du communisme au présent, nous ne pouvons en parler comme d’un état présent. Car il ne peut être présent dans de quelconques « interstices » de la société du capital comme d’une oeuvre achevée localement, une « autonomie ». Il ne peut être dans l’état présent, ou moment actuel, que le moyen de la production du communisme. Production du communisme et communisme se confondent donc mais en tant que processus vers le communisme dont on ne peut dire précisément ce qu’il sera une fois achevé. Sa présence dans le moment actuel est donc faite de mesures communistes, prises dans le cours des luttes d’aujourd’hui.

La communisation est donc ce processus qui avance par et pour le communisme en tant que moyen de la lutte elle-même, communisme immédiat mais partiel, et qui fait émerger ce qui est contenu au sein de la contradiction fondamentale sur laquelle repose la société du capital, l’accumulation sans fin de celui-ci, l’exploitation. Si les mesures communistes ne sont pas le communisme, elles en sont néanmoins le cours de sa production. Tout autre horizon, dans le cours actuel des luttes et de la restructuration du capital, s’obscurcit par les présupposés idéologiques. Et même si l’idéologie ne peut actuellement que faire parti de notre monde, et de ses luttes, nous tenterons d’éclaircir nos horizons en produisant une théorie adéquate à l’interprétation du potentiel qu’il enferme.

« La théorie est essentielle non par son influence directe, mais parce qu’elle est la marque de la spécificité de la construction du communisme : un processus au cours duquel un retour réflexif constant est possible, et qui trace un horizon au-delà de l’horizon immédiat. « Le jeu abolit sa propre règle » : oui, mais alors dans toutes ses dimensions, c’est-à-dire qu’il abolit aussi cette règle qui fait que les hommes ne font pas leur histoire, et cet aspect des choses a évidemment quelque chose à voir avec le fait que nous nous avançons jusqu’à avoir une vision préalable du communisme alors que celui-ci n’existe pas encore (quand bien même nous savons qu’il s’agit d’un discours actuel sur le communisme, destiné à être dépassé par le processus dont il est partie prenante). Il y a, dans la théorie à l’heure actuelle, une part qui tient à une puissance singulière, la puissance de la « condensation », autrement dit la puissance de la pensée, et qui sera nécessaire dans une période de communisation, c’est-à-dire une période où l’on produira de nouveaux rapports sociaux et où on saura qu’on le fait. Nous sommes bien d’accord sur le fait qu’en un sens nous pourrions dire que le seul « rôle » actuel de la théorie, c’est d’exister : mais c’est bien un rôle. En fondant la révolte dans la lutte des classes et en ouvrant ainsi la perspective de son dépassement possible, la théorie est une arme contre ce que provoquent directement et quotidiennement les rapports sociaux dominants, à savoir la vision de leur éternisation comme horizon indépassable. » Léon de Mattis

Ce n’est pas un « autre monde » qui fonde d’autres rapports sociaux, mais des relations humaines non médiatisées par l’argent, le travail, le capital, etc, et construites dans les luttes et les solidarités issues du cours des contradictions de classes et de genres relevant de la société du capital, qui fondent l’horizon du communisme. Le communisme comme projet, mais d’abord et avant tout parce qu’il est moyen de l’émancipation, de la coopération et de la nécessité de se prémunir d’une rechute toujours possible dans la barbarie et le replie sur soi. Et la condition de l’élaboration et de la généralisation de relations sociales non médiatisées passe par la remise en cause des classes et des genres au sein des luttes, par les classes et les genres elles-même.

« Quand il s’agit pour une classe de se remettre en cause, toutes les formes que revêt sa lutte, toutes les « organisations », revendications qu’elle se donne deviennent autant d’entraves qui l’étouffent ; mais il n’existe pas de dynamique éthérée, et ce n’est que dans ces formes qu’existe le mouvement ». Roland Simon, Fondements critiques d’une théorie de la révolution, T 1, éd. Sénonevero, p. 158

Le but de ce blog est donc d’essayer d’être un écho de ce processus au travers duquel se construit l’avenir, et donc l’unité, de l’humanité.

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