Prole Wave : « Travail essentiel ? »

01/04/2020 2 commentaires

Traduction du texte du site Prole Wave, un réseau d’ultra-gauche pour l’anarchie & le communisme, basé dans l’ouest des soi-disant États-Unis.

« Travail essentiel ? »

Diviser les prolétaires en deux catégories, « travailleur·ses essentiel·les » et « travailleur·ses non-essentiel·les » (si tant est qu’ielles aient un travail !), est un reflet de l’idéologie capitaliste. TOUT travail salarié est une contrainte, qu’il s’agisse de prendre soins des infirmes ou de remplir de la paperasse dans une entreprise quelconque. Si le rôle des supposé·es « travailleur·ses essentiel·les » est aujourd’hui sur le devant de la scène, c’est en raison de l’énorme risque qu’ielles sont forcé·es de prendre, par obligations professionnelles et/ou du salaire, pour continuer à faire tourner le monde capitaliste. Mais c’est bien cette façon parcellaire et capitaliste, sans mise en commun, de faire face à » la pandémie qui écrase ces « travailleur·ses essentiel·les » sous l’obligation d’apporter un soutien logistique ou de résoudre une crise qui n’est pas de leur fait et sur laquelle ielles n’ont quasiment pas leur mot à dire. Une vague de grèves se profile à présent, pour la plupart sauvages (Instacart, Amazon, Whole Foods, travailleur·ses de l’entretien, chauffeur·es de bus, etc.). En ces temps de pandémie, ces travailleur·ses font grève pour ne pas être sacrifié·es. Ielles deviennent une autre ressource, une autre série de chiffres mobilisée par les patrons et l’État, et non les membres d’une structure sociale commune en lutte contre ce qui peut nous atteindre tous. Les médias capitalistes regorgent d’histoires de travailleur·ses érigé·es en héros, mais on le constate de plus en plus, même ces travailleur·ses savent quand on cherche à maquiller leur boulot en noble tâche existant miraculeusement au-dessus des rapports sociaux capitalistes. Lire la suite…

“Coronavirus : Mise au point et bilan politique”

01/04/2020 Aucun commentaire
Nous avions signalé ici les deux post d’AGITATION publiés à la suite de la parution sur dndf de l’article de Chuang, “Social Contagion” et qui relayaient une interview de Robert G. Wallace.
Nous publions, in extenso, le texte de synthèse et d’analyse très intéressant qu’ils en ont tiré par la suite.
« Notre avenir reste brillant », affirmait Donald Trump lors de sa première allocution en réponse à la conjoncture actuelle, alors que son gouvernement annonçait début février que les Etats-Unis allaient réduire leur contribution au budget de l’OMS de 53%. Brillant, pourquoi pas, mais à quel prix ? Et à Macron d’enchérir : « La santé n’a pas de prix, le gouvernement prendra tous les moyens nécessaires » pour affronter le Covid-19. Nous ne pouvons évidemment pas nous en tenir à un tel cynisme. Il suffit de tendre l’oreille, d’ouvrir les yeux, de se rendre (malheureusement !) au boulot, d’ouvrir nos frigos ou de passer la porte d’entrée d’un hôpital pour prendre conscience du fait que notre avenir est une longue file d’attente, que l’accès à la santé est devenu un luxe macabre.

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Carbure : « CRISE SANITAIRE, CRISE ÉCONOMIQUE ET CRISE SOCIALE SONT UNE SEULE ET MÊME CHOSE »

29/03/2020 6 commentaires

 

Publié sur https://twitter.com/carbureblog

« CRISE SANITAIRE, CRISE ÉCONOMIQUE ET CRISE SOCIALE SONT UNE SEULE ET MÊME CHOSE »

 1/16. Si cette crise sanitaire n’en est qu’à son début, plus à craindre encore est la crise dite “économique” qui ne s’en distingue en rien : la crise sanitaire est d’emblée une crise économique.

2/16. Crise économique, par le manque de biens de base susceptibles de la freiner, par le manque de moyens matériels et humains, par le fossé entre classes comme entre pays riches et pauvres, par les problèmes qu’elle cause comme par les moyens mis en œuvre pour les résoudre.

3/16. La mise au chômage de masses de travailleurs, le ralentissement de la production et de la circulation des marchandises, tout nous montre que le capitalisme s’identifie absolument à la société, que les rapports dits économiques sont l’ensemble de la vie sociale.

4/16. La circulation de la valeur n’est rien d’autre que l’ensemble de nos interactions sociales, et tout le télétravail du monde ne remplace pas la production, la circulation et la vente de marchandises par des travailleurs physiquement incarnés, et qui tombent malades.

5/16. La gestion de la crise par l’Etat souligne à quel point il est un élément indispensable à la bonne marche du capital : comme en 2008, ses capacités de centralisation et de planification peuvent à tout moment sortir le capitalisme des “lois” du marché et de la concurrence.

6/16. Sans l’Etat, le capital s’effondrerait, mais l’Etat lui-même n’est que l’objectivation des rapports de classes du capital. Le prolétariat est sans cesse ballotté entre les deux : un jour chômeur, parfois électeur, un autre intérimaire, un prêt à rembourser, des allocations.

7/16. L’Etat va rationaliser un temps – selon les raisons communes à l’Etat et au capital – l’activité économique afin de préserver cette même activité. “Rien ne sera plus comme avant” signifie : “Tout sera pareil, mais pire”.

8/16. Il va planifier et injecter des liquidités, sans qu’à gauche on se demande quel lien ont ces liquidités avec la fameuse “économie réelle”, si faire tourner la planche à billets est une solution, et quelle est la différence entre une banque centrale et une banque tout court.

9/16. L’argent, un temps, peut redevenir magique, et quand il s’agit de sauver le capital, on brandit le fétiche absolu : l’intérêt général, la communauté, voire l’humanité. “L’Humanité”, c’est le baiser de la mort de la bourgeoisie.

10/16.  Mais il ne faut pas l’oublier, en bonne théorie keynésienne, cette prise en charge par l’Etat n’a pas vocation à durer toujours, les Etats ne se sont pas brusquement convertis au socialisme – si ce n’est en ce que le “socialisme” n’est qu’une modalité de l’exploitation.

11/16. Les nationalisations sont un moyen parmi d’autres de faire absorber les déficits des groupes privés par l’ensemble de l’activité économique, sous la tutelle de l’Etat. Privé ou public, en temps d’optimisme ou sous la garantie de l’Etat, il faut que le capital circule.

12/16. On connaît l’adage : “Socialiser les pertes, privatiser les profits.” Mais ici, “socialiser” signifie simplement qu’un segment de la bourgeoisie vient au secours d’un autre, et l’argent avancé est comme toujours adossé à la promesse de bénéfices futurs .

13/16. Il n’y a aucune contradiction entre ce qui se passe actuellement et le retour aux lois “normales” du marché et de la concurrence, les “lois” économiques s’appliqueront de nouveau, et les dettes devront être remboursées, on sait comment et par qui.

14/16. Nous paierons cette crise, parce que comme crise sociale, elle est aussi la nôtre. Nous avons déjà commencé à payer.

15/16. La crise économique ne suivra pas la crise sanitaire, elle a déjà commencé et ne s’achèvera pas avec la fin de la pandémie, pas plus que les émeutes et les révoltes qui en sont la conséquence logique, et ne font elles aussi que commencer. Confiner la misère est impossible.

16/16. Faire que cette crise ne soit plus la nôtre mais celle du capital est la seule issue pour sortir du cycle infernal des crises. La révolution mondiale est tout aussi possible que la crise mondiale, et comme elle, elle se présente sous l’aspect d’une catastrophe.

 

 

 

DDT 21 : « Les Petites recensions »

29/03/2020 Aucun commentaire

Dans la série « Les Petites recensions », le blog ddt21 propose un article de Lola Miesseroff, « Salman, le divin blasphémateur »


« Salman Rushdie est un fabuleux conteur dont les livres nous embarquent simultanément ou tour à tour dans des aventures loufoques et truculentes où le surnaturel se mêle au quotidien, le passé lointain à l’actualité récente, la fantaisie au rire. Mais ce n’est malheureusement pas pour ces qualités que « Les Versets sataniques » est le plus connu de ses livres depuis sa parution en 1988. Et les ressorts de cette funeste célébrité sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. »

Pour lire la suite, c’est ici : https://ddt21.noblogs.org/?page_id=2701

Et en PDF là :
https://ddt21.noblogs.org/files/2020/03/Salman-le-divin-blasph%C3%A9mateur.Lola-Miesseroff.pdf

Italie : “Nous craignons les protestations sociales”. Les supermarchés sous escorte”.

28/03/2020 Aucun commentaire

“Nous craignons les protestations sociales”. Les supermarchés sous escorte”.

L’urgence coronavirus a des conséquences dramatiques d’un point de vue humain et économique. L’édition d’aujourd’hui de “La Repubblica” fait le point sur la situation concernant une éventuelle révolte dans le sud de l’Italie, des protestations sociales sont à craindre. Cette vidéo n’est qu’une des nombreuses qui ont été contaminées en quelques heures. Père et fille mordant une tranche de pain et du Nutella, il s’adresse de manière menaçante au premier ministre Conte et au maire de Palerme Leoluca Orlando : “Si ma fille ne peut plus manger un morceau de pain, nous irons à l’assaut des supermarchés. Lire la suite…

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TPTG : “Rapport sur la réalité dystopique du corona-virus en Grèce”

23/03/2020 un commentaire

Traduction d’un article du groupe TPTG

Rapport  sur la réalité dystopique du corona-virus en Grèce

Alors qu’en Grèce, les “états d’exception” ne sont pas rares – au contraire, nous sommes plus ou moins dans un régime d’urgence extraordinaire d’extrême austérité et de répression en raison de la “crise de la dette” depuis 2010 – la récente gestion biopolitique de la pandémie de SRAS-CoV-2 par le gouvernement semble être de plus en plus autoritaire.

Au départ, fin février et début mars, lorsque les premiers cas de personnes infectées ont été signalés – ironiquement, la plupart d’entre eux étaient des pèlerins revenant d’Israël et de Jérusalem et ramenant non seulement la Sainte Grâce – les seules mesures prises ont été l’annulation des manifestations du carnaval et la fermeture des écoles, universités, théâtres et cinémas dans certaines régions touchées où la plupart des cas ont été détectés. Comme d’autres devaient suivre, tous les établissements d’enseignement ont été fermés pendant 14 jours le 11 mars, puis ont suivi les cafés, bars, centres commerciaux, restaurants, gymnases, musées, sites archéologiques, à l’exception des supermarchés, des pharmacies et des points de vente de nourriture à livrer et à emporter uniquement. Les nouvelles sont devenues de plus en plus terrifiantes, à commencer par le nombre de décès dans le pays et les pays voisins, et le slogan du gouvernement “Nous restons à l’intérieur” a commencé à envahir la sphère publique. Le 11 mars, une agence gouvernementale a envoyé à tous les smartphones un message diffusé par téléphone portable, censé informer les gens sur le virus mais causant plus d’anxiété et de confusion, et un autre message a suivi une semaine plus tard, soulignant à nouveau la nécessité de “rester à l’intérieur”. En fait, beaucoup de gens ont ignoré l’appel du gouvernement à des restrictions de mouvement et de rassemblement en plein air et sont allés sur les plages et dans des lieux en plein air. Les jours suivants, toutes les plages et stations touristiques organisées ont été fermées, le trafic aérien avec l’Italie et l’Espagne a été interdit et quelques jours plus tard, les frontières avec l’Albanie et la Macédoine du Nord ont été fermées.

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« Classe moyenne salariée et crise : lignes de démarcation »

10/03/2020 4 commentaires

« Classe moyenne salariée et crise : lignes de démarcation »

Le texte qui suit est une version modifiée et rallongée de Classi medie e parole in libertà[1] – une réponse à la recension que Dino Erba[2] (dorénavant DE) a consacré au livre de Bruno Astarian et moi-même, Le ménage à trois de la lutte des classes, sorti en France au milieu de décembre 2019  (Editions de l’Asymétrie), et actuellement en cours de traduction en italien. Suite à plusieurs sollicitations, il m’a paru opportun de revenir sur le premier jet de ce texte-là, d’abord pour le rendre intelligible à un lectorat plus ample, étant donné que la recension de DE a circulé uniquement parmi ses contacts personnels et n’est pas, à l’heure actuelle, disponible sur internet. En deuxième lieu, le compte-rendu de Le ménage à trois… donné par DE a été repris par Michele Castaldo (dorénavant MC), qui s’en est saisi pour un texte ultérieur, Ceto medio e suo movimento in questa fase[3], sur lequel il m’a paru nécessaire m’étendre un peu plus. Lire la suite…

“Actualité des grèves de 95?”

03/03/2020 Aucun commentaire

Emission sur Radio Galère à Marseille,

mercredi 4 mars à 16h30,

avec la participation d’un camarade de Théorie Communiste

Nous attendons le fichier audio pour le publier ici

«Désormais on se lève et on se barre»

02/03/2020 5 commentaires

Une fois n’est pas coutume, notre service “Télérama de la communisation “ relaye ici une auteure qui n’a aucun besoin de notre publicité et qui publie cette tribune dans un journal mainstream.

La radicalité, la pertinence et la violence du propos suffisent largement à justifier notre coup de chapeau, même s’il nous manque, là, une bonne critique du monde du spectacle, de la création, des auteur.e.s….

Mais là n’était pas le propos. dndf

Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, les exactions de votre police, les césars, votre réforme des retraites. En prime, il vous faut le silence de victimes.

Je vais commencer comme ça : soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets : ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas : on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq : cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. Où serait le fun d’appartenir au clan des puissants s’il fallait tenir compte du consentement des dominés ? Et je ne suis certainement pas la seule à avoir envie de chialer de rage et d’impuissance depuis votre belle démonstration de force, certainement pas la seule à me sentir salie par le spectacle de votre orgie d’impunité. Lire la suite…

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Revue Chuang : Contagion sociale Guerre de classe microbiologique en Chine

01/03/2020 71 commentaires

Traduction du texte de la revue Chuang, et comme l’écrit un camarade du Québec à qui nous empruntons la présentation  « Un article aussi long qu’intéressant sur l’histoire des liens entre épidémies et production, sur la réponse actuelle de l’Etat chinois et sur le coronavirus comme symptôme des logiques contemporaines d’accumulation du capital. Faut s’accrocher, ça se lit en plusieurs fois mais ça vaut vraiment le coup. »

Contagion sociale

Guerre de classe microbiologique en Chine

Le four

Wuhan est familièrement connue comme l’un des “quatre fours” de Chine pour son été humide et étouffant, partagé avec Chongqing, Nanjing et alternativement Nanchang ou Changsha, toutes des villes animées avec une longue histoire le long ou à proximité de la vallée du Yangzi. Sur les quatre, Wuhan est cependant aussi parsemée de fours au sens littéral: l’énorme complexe urbain agit comme une sorte de noyau pour les industries de l’acier, du béton et autres industries liées à la construction en Chine, son paysage est parsemé de hauts-fourneaux à refroidissement lent des dernières fonderies d’acier et de fer appartenant à l’État, maintenant en proie à une surproduction et forcée à un nouveau cycle controversé de réduction des effectifs, de privatisation et de restructuration générale, qui a lui-même donné lieu à plusieurs grandes grèves et manifestations au cours des cinq dernières années. La ville est essentiellement la capitale de la construction en Chine, ce qui signifie qu’elle a joué un rôle particulièrement important dans la période qui a suivi la crise économique mondiale, puisque ce sont les années où la croissance chinoise a été stimulée par l’acheminement de fonds d’investissement dans des projets d’infrastructure et d’immobilier. Wuhan a non seulement alimenté cette bulle avec son offre excédentaire de matériaux de construction et d’ingénieurs civils, mais elle est aussi devenue, ce faisant, une ville en plein essor immobilier à part entière. Selon nos propres calculs, en 2018-2019, la superficie totale consacrée aux chantiers de construction à Wuhan était équivalente à la taille de l’île de Hong Kong dans son ensemble. Lire la suite…

Troploin : “Révolution en Iran ?”

22/02/2020 un commentaire

Article publié sur le blog « Troploin » à propos du livre de Tristan Leoni dans « La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat » (Éditions Entremonde, 2019).

Révolution en Iran ?

 

Si l’on appelle révolution un profond changement des formes politiques, un renouvellement des élites et des idéologies, associées à une mobilisation et un contrôle de la population spécifiques, l’Iran a bien vécu une révolution en 1979. Mais si elle est généralement qualifiée d’« islamique », c’est plus pour ses conséquences, l’instauration d’une théocratie, que pour son déroulement. Or, pourquoi grèves sauvages massives et émeutes urbaines n’ont-elles débouché ni sur une tentative de révolution sociale, ni sur un pouvoir laïc comme en Turquie, en Égypte, en Syrie et en Irak ? Comment la religion chiite, transformée en idéologie politique moderne adoptée par une partie de la classe moyenne et intellectuelle, a-t-elle pu canaliser l’une des plus grandes révoltes ouvrières du 20e siècle, instaurer un régime théocratique, triompher ensuite d’une seconde vague de grèves et d’un mouvement des femmes d’ampleur historiquement inédite, et mettre en place le système de gouvernement d’un pays resté depuis quarante ans l’une des principales puissances de la région ?

Telles sont les questions posées par Tristan Leoni dans La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat (Éditions Entremonde, 2019). Lire la suite…

RED DUST, dernière partie

15/02/2020 2 commentaires

RED DUST  4° et dernière partie (PDF de l’ensemble du dossier, Red Dust)

Du fer à la rouille

Conditions intérieures 1980-2000

 

Vue d’ensemble : Les guerres de classes

L’ascension du continent dans les chaînes de production internationales n’a cependant été possible qu’en raison des changements rapides et profonds de la structure de classe en déclin laissée par le régime de développement. Dans cette section, nous détaillons la formation du haut et du bas d’un système de classe capitaliste en Chine continentale. Les décennies couvertes ici sont les dernières années de la transition, marquées par une expansion rapide du marché, une restructuration financière rapide, la conversion des entreprises d’État en conglomérats multinationaux et la destruction finale de la ceinture industrielle de l’ère socialiste dans le Nord-Est. Au début du nouveau millénaire, la Chine avait achevé sa transition vers le capitalisme. Lire la suite…

Interlude

13/02/2020 un commentaire

En attendant les publications à venir….

RED DUST, de la revue CHUANG, 3° partie

25/01/2020 Aucun commentaire

Sinosphère

Conditions internationales 1970-2000

 Vue d’ensemble : Le capital en compétition

Il n’en reste pas moins que le capitalisme est, par essence, un système mondial, de sorte que la transition vers le capitalisme ne peut s’expliquer uniquement en termes internes. Dans cette section, nous revenons sur l’évolution de l’économie mondiale, mais en nous concentrant maintenant sur le nouveau rôle de la Chine dans la hiérarchie internationale de la production. Au centre de cette histoire se trouve la nature de la concurrence en tant que force motrice du capitalisme, qui s’exerce simultanément entre les entreprises, les pays et les blocs régionaux de capitaux. Tant que la croissance est robuste, cette concurrence laisse suffisamment de place à des alliances mutuellement bénéfiques à tous ces niveaux. Mais lorsque la croissance ralentit à tous les niveaux, cette même concurrence devient un jeu à somme nulle. Dans ces conditions, le rôle des alliances nationales de capitaux et des blocs commerciaux régionaux, centrés sur des monnaies différentes, prend de l’importance, et la politique internationale devient un jeu consistant à jongler avec les bulles financières tout en faisant passer les pires crises avant les concurrents. Les guerres commerciales, les guerres de monnaies et les guerres de capitaux dans les marchés émergents deviennent les caractéristiques de l’économie. Lire la suite…

« Le ménage à trois de la lutte des classes »

19/01/2020 Aucun commentaire

Un oubli que nous réparons, la sortie en décembre dernier chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie du livre « Le ménage à trois de la lutte des classes »

De Oaxaca à Tel Aviv et Manhattan, de Téhéran à Paris, en Tunisie, en Égypte et plus récemment en Algérie, la classe moyenne salariée développe depuis quelques années des luttes massives, parfois violentes, contre l’État capitaliste. Alliée au prolétariat ou seule, elle fait la grève, manifeste, dresse des barricades, occupe des places pour défendre sa position et ses privilèges dans la société. Ces luttes ont rendu visible le fait qu’elle est une vraie classe, pas une vague couche intermédiaire entre prolétariat et bourgeoisie. C’est une classe qui incarne le travail intellectuel tel que le taylorisme et le fordisme l’ont historiquement séparé du travail manuel, lui donnant simultanément une fonction d’exécution et d’encadrement. Bénéficiaire d’un sursalaire qui lui permet de surconsommer et d’avoir des réserves, la classe moyenne salariée n’est pas destinée à se fondre spontanément dans le prolétariat sous l’effet de la crise, débarrassant ainsi la théorie d’une épineuse question. Car l’existence de cette classe, que Marx n’avait pas vraiment prévue, implique de préciser notre vision des rapports sociaux dans les pays développés et émergents : il faut passer du face à face prolétariat/capital à un ménage à trois… classes qui s’affrontent dans un ballet plus compliqué, où l’interclassisme est une figure récurrente. Le présent ouvrage fait une première exploration de cette complexité, et cherche à dégager la perspective communiste du maelström des luttes interclassistes qui se multiplient en ce début de 21° siècle.

RED DUST, 2° partie

16/01/2020 Aucun commentaire

Nous continuons la publication de la traduction du dossier de la revue CHUANG sur la transition de la Chine vers le Capitalisme.

RED DUST 2° partie

Frontières

Conditions intérieures 1960-1980

Vue d’ensemble : Lignes de fracture

Ces crises internationales créeront bientôt une ouverture pour l’incorporation de la Chine dans les circuits mondiaux d’accumulation. Mais cela ne serait possible qu’après qu’une série de failles profondes qui avaient traversé à la fois le régime de développement et que le bloc socialiste plus généralement se soient finalement fissurées jetant la Chine dans une alliance avec le camp adverse au cours de la guerre froide. Dans cette section, nous détaillons la nature de ces crises de construction et expliquons comment, exactement, un régime de développement qui avait bloqué la transition vers le capitalisme pouvait finalement devenir un véhicule pour cette même transition. Nous approfondissons les preuves détaillant ces crises et les diverses tentatives improvisées pour les résoudre, et à divers moments, il peut être facile de perdre de vue le tableau théorique plus large. Mais ces grandes questions sont en fait le cœur de l’histoire. Lire la suite…

« QUELQUES ÉVIDENCES LARGEMENT PARTAGÉES, ET D’AUTRES QUI LE SONT MOINS »

15/01/2020 Aucun commentaire

Pécho sur le compte twitter de nos camarades de « Carbure »

« QUELQUES ÉVIDENCES LARGEMENT PARTAGÉES, ET D’AUTRES QUI LE SONT MOINS »

1/14.Tout le monde l’a bien compris : la réforme des retraites vise moins à l’allongement du temps de travail qu’au raccourcissement de la période de versement des retraites.

2/14.Ici encore, la question économique, réputée abstraite, est une question de vie et de mort, et dans ce cas particulier, une spéculation sur la mort.

3/14.Et il faudrait ajouter : sur la mort des ouvriers, dont l’espérance de vie est la première concernée par les espérances de mort des serviteurs de l’équilibre budgétaire. Pour les autres : qu’ils vivent, s’ils peuvent se le payer.

4/14.Autre évidence : il n’y a non seulement pas d’égalité possible dans une société de classe, mais la notion d’égalité elle-même devient une arme contre les pauvres. Marx l’a dit, il y a longtemps.

5/14.La société capitaliste, à son stade le plus avancé, devient identique à l’entreprise capitaliste. Tout ce qui n’y concourt pas d’une manière ou d’une autre à l’accumulation de valeur est un coût superflu qui gêne l’optimisation des profits, et doit être supprimé.

6/14.L’effondrement historique définitif de la perspective socialiste, même sous l’aspect simplement fonctionnel du keynésianisme social, pose une situation où chaque conflit social, même le plus anodin, ne semble plus avoir comme horizon que la guerre civile, ou l’écrasement.

7/14.C’est que structurellement, la reproduction de la force de travail des prolétaires n’est plus intégrée au cycle de la valorisation, comme le posait le compromis fordiste. Cette époque est révolue.

8/14.Ceci n’est pas une simple décision politique, mais s’incarne dans l’appareil productif lui-même. L’usine de 2020 n’est plus celle de 1928. Par conséquent, la société, c’est-à-dire les rapports de classes, non plus.

9/14.Dans le cycle de lutte actuel, la bataille autour de la reproduction de la force de travail qu’a toujours été la lutte des classes se livre sans la possibilité d’une “victoire” pour les prolétaires.

10/14.Les victoires du prolétariat – ce que les syndicats, qui sont eux-mêmes une survivance de cette époque révolue, appellent “acquis sociaux” – étaient le résultat de l’intégration (toujours contradictoire) de la force de travail et de sa reproduction à la création de valeur.

11/14.L’époque des victoires prolétariennes est révolue, pas celle des luttes. Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la domination du prolétariat sur l’économie, mais l’abolition de l’économie.

12/14.Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la victoire du prolétariat, mais son abolition, c’est-à-dire l’abolition des classes, c’est immédiatement le communisme.

13/14.L’élévation actuelle des niveaux de répression partout dans le monde reflète la radicalité de ces enjeux, qui dépasse la conscience qu’en ont les acteurs. Partout et de plus en plus, ceux qui luttent devront s’attendre à être traités en criminels.

14/14.L’idéologie s’enracine dans les limites des luttes, elle se fixe autour de leur légitimité au sein des rapports capitalistes existants. La théorie doit au contraire poser la possibilité du dépassement, à partir de ces rapports eux-mêmes. Ça n’est pas gagné d’avance.

A la radio : « Révolutions, contre-révolutions et guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen (2011-2019) »

11/01/2020 Aucun commentaire

Une discussion d’Armand Paris de Sortir du capitalisme et de Guillaume Deloison autour des révolutions, des contre-révolutions et des guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen des premiers « Printemps arabes » à nos jours.

L’émission complète

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RED DUST 1° partie

06/01/2020 Aucun commentaire

RED DUST 1° partie

Les rives du Pacifique –  Les conditions internationales – 1890-1970

 Vue d’ensemble : Encerclement

Afin de comprendre pleinement les crises convergentes qui ont abouti à l’incorporation de la Chine dans la communauté matérielle du capital, il est essentiel d’avoir une image claire à la fois des grandes tendances du capitalisme mondial et des détails théoriques de la façon dont nous comprenons qu’une telle transition a eu lieu. Dans cette première partie, nous mettons l’accent sur l’ampleur de l’histoire, en passant en revue le développement global du capitalisme en Asie de l’Est. En même temps, nous introduisons certains des concepts clés qui seront essentiels à notre récit, en particulier en ce qui concerne la dynamique de crise inhérente aux lois fondamentales du mouvement du capital.

L’image de base est celle d’un potentiel précoce de transition capitaliste en Asie de l’Est continentale sous les Qing, rapidement dépassé par une transition similaire en cours au Japon, qui était devenu son principal concurrent dans la région à la fin du XIXe siècle. Le résultat a été une région divisée entre des enclaves commerciales dominées par le capital européen et un réseau de colonies en voie d’industrialisation rapide dirigé par le Japon impérial. La Première Guerre mondiale n’a fait qu’accélérer cette tendance, conduisant finalement à la grande bataille du Pacifique entre l’Empire japonais et l’hégémonie américaine montante. Bien que se terminant par une défaite pour le Japon, le début de la guerre froide a assuré que le projet industriel japonais dans la région se poursuivrait sous la tutelle de l’armée américaine. Combiné à l’évolution des conditions en Occident, le fondement a été posé pour une autre période d’expansion internationale rapide. Celle-ci a pris la forme matérielle d’un complexe territorial-industriel du Pacifique, dominé par l’essor de nouvelles technologies logistiques, dont la plus importante était un anneau de ports à conteneurs et leurs centres industriels adjacents. Lire la suite…

RED DUST – La transition vers le capitalisme en Chine- INTRODUCTION

05/01/2020 Aucun commentaire

Sans lien direct avec l’article ci dessous sur le mouvement à Hong Kong, nous commençons ici la publication en français et sous forme de feuilleton, du très intéressant numéro spécial de la revue CHUANG qui analyse l’historique de la transition de la Chine vers son intégration mondiale dans le capitalisme moderne. Ce premier article est l’introduction du texte dont on peut trouver la version en anglais ICI. En tapant “CHUANG” dans le moteur de recherche en haut à droite, vous aurez accès à tout ce que dndf a publié d’eux en français depuis le premier numéro de cette revue. dndf

RED DUST

La transition vers le capitalisme en Chine

Introduction – Ermitage

Réclusion

Lorsque les armées nomades descendirent du nord pour conquérir la dynastie des Jin de l’Ouest, en pleine effritement, les classes supérieures s’enfuirent par le fleuve Jaune vers l’arrière-pays méridional de leur empire en voie d’effondrement. Dans le sud, ils rétablirent la cour impériale à Jiankang (dans l’actuel Nanjing), décrétant l’ascension d’une nouvelle capitale dynastique. Mais le nouvel empire du soi-disant Jin oriental existait plus en édit qu’en réalité. Le pouvoir était extrêmement décentralisé, défini par une tension constante entre les factions de réfugiés du Nord qui s’étaient installées dans différentes régions, chacune ayant sa propre base militaire et économique largement autonome. Ces factions elles-mêmes dépendaient d’alliances ténues avec la noblesse du Sud, culturellement distincte, et avec divers groupes autochtones, toutes forgées lentement par des mariages mixtes et des conquêtes militaires. Au milieu de cette balkanisation, le désir de retrouver la patrie perdue du Nord n’a fait qu’unifier vaguement une cour paranoïaque, à peine capable de rassembler le pouvoir central nécessaire à la collecte des impôts, et encore moins de mettre sur pied une nouvelle armée capable de combattre les royaumes ” barbares ” militarisés qui s’étaient formés dans le Nord. Cette dynastie de courte durée ne fut, rétrospectivement, qu’une des étapes inférieures du déclin impérial de plusieurs siècles qui suivit l’effondrement des Han et précéda la montée des Tang[1].  Lire la suite…

Revue Chuang : « Enfin notre propre analyse du mouvement à HongKong »(texte complet)

03/01/2020 Aucun commentaire

Le dieu divisé

Une lettre à Hong Kong

 Ce qui suit a été écrit à la demande de Reignite Press. Une version chinoise est en cours de préparation et suivra sous peu. Chuang

Depuis le printemps arabe de 2011, le monde a été rongé par des changements tectoniques abrupts dans le paysage du potentiel politique. La certitude qui brodait autrefois chaque discussion sur l’économie mondiale est devenue, après une décennie de crise, un après-coup risible. Rétrospectivement, on pourrait dire que la “renaissance de l’histoire ” a commencé en Algérie ou en Égypte, mais aujourd’hui l’histoire commence à s’agiter même dans les pays riches, sous les villes tentaculaires et brillantes construites sur des décennies de spéculation. Des lieux autrefois considérés comme stables – ne nécessitant guère plus que des soins périodiques de la part de la direction technocratique des banques centrales et des groupes de réflexion – se révèlent aujourd’hui baties sur des lignes de faille. Lire la suite…

« À venir en 2020. »

01/01/2020 Aucun commentaire

« À venir en 2020. »

Un projet de propagande imprimée ultra-gauche basé à Los Angeles.

Ediciones Inéditas Anthology

Publié: 31 décembre 2019

Anthologie d’essais originaux publiés sous Ediciones Inéditas (projet précédent à celui-ci). Conçu et compilé par post.chicanx.

Lettre d’un rédacteur

Ce qui devait être un petit projet de traduction entre quelques amis est devenu une chose dont la portée s’est répandue d’une manière ou d’une autre à travers les frontières et les langues. Traduire des textes internationaux radicaux qui restent souvent non lus par les lecteurs anglophones en raison d’une barrière linguistique et qui souvent aussi ne sont pas traduits car ils rompent avec l’orthodoxie anarchiste & communiste classique: l’ultra-gauche avec ses positions impossibles.

Ce que ce projet a prouvé, c’est qu’il y a en effet un profond intérêt pour l’ultra-gauche en 2019 et que la vague de révolte prolétarienne ne fera que s’approfondir. Nous recevions souvent des messages exprimant n’avoir jamais entendu parler d’idées telles que l’abolition du travail, une vision de l’anarchie et du communisme au-delà de l’autogestion des travailleurs, l’abolition de l’argent, une critique de la démocratie, de la communisation, une critique de l’art, etc. Lire la suite…

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Tout fout le camp !

25/12/2019 2 commentaires

Et toute la terre qui gronde
Bonne saison pour les volcans
On va faire sauter le monde
Cramponnez-vous, tout fout le camp!

“Le vert est la couleur du dollar”

17/12/2019 14 commentaires

La brochure papier du blog Carbure, “le vert est la couleur du dollar”  est sortie aujourd’hui…. On la trouve dans les bons endroits de diffusion… dndf

Le PDF de la brochure ICI

Récréation

16/12/2019 Aucun commentaire

Un petit slogan de circonstance pour s’amuser un peu en attendant…. Souvenir des années 70

“ET HOP, MACRON, PLUS HAUT QUE DELEVOYE !”* Lire la suite…

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Hic-Salta communisation : “Ménage à trois: Episode 13 – Epilogue”

12/12/2019 Aucun commentaire

Fin du feuilleton qui doit sortir en livre chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie 

Épilogue : classes moyennes et théorie communiste

Distinction entre prolétariat et classe moyenne salariée, distinction entre leurs revenus respectifs, distinction entre révolte interclassiste, même radicalisée, et insurrection communisatrice… Dans ce feuilleton, nous nous sommes assignés la tâche de commencer à tracer des lignes de partage. Mais notre ouvrage est loin d’être exhaustif. Et nous ne pouvons qu’espérer qu’il ouvrira la voie à d’autres travaux qui sauront en reprendre l’esprit et en élargir le champ d’investigation. En l’état, de nombreuses questions, théoriques ou empiriques, ont été laissées de côté.

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DDT21 : « Irak, de l’émeute à l’impossible réforme. 2018-2019. 2e partie »

08/12/2019 Aucun commentaire

La seconde partie  plus spécifiquement consacré aux événements qui ont débuté en octobre 2019

« 2019 Réforme politique ou guerre civile ? »

Après les révoltes d’octobre 2018, l’Irak connaît douze mois de relative accalmie ; pourtant, sur le fond, la situation économique et sociale reste globalement la même. Il faut attendre octobre 2019 pour que l’Irak connaisse une nouvelle vague de protestation qui, au départ, s’avère très semblable à la précédente. Mais, ce qui est inédit, c’est l’ampleur et la fulgurance de la mobilisation, le niveau de violence auquel ont recours les manifestants, ainsi que celui de la répression. Après une pause de quelques semaines pour cause de pèlerinage chiite, la contestation, qu’on aurait pu croire éteinte, reprend mais s’avère transformée, tant sur la forme que sur le fond, et tant sur le plan des revendications que sur celui de la sociologie des participants. Malgré les semaines qui passent, les morts, la fatigue et les phases de recul, le mouvement se poursuit dans une quasi-routine faite de manifestations et d’émeutes… mais il ne trouve pas de porte de sortie. LIRE LA SUITE.

Blog Carbure : « Blocage »

01/12/2019 Aucun commentaire

Texte publié sur https://blogs.mediapart.fr/carbure

BLOCAGE

Peut-on envisager le blocage comme une stratégie efficace dans les rapports de force actuels ? Quel est le rapport entre le mouvement qui va débuter le 5 décembre et ceux qui secouent le Moyen-Orient et l’Amérique latine ? Une tentative de qualification très générale des formes que peut prendre une crise mondiale du capital.

D’une certaine façon, le Comité invisible a raison sur une chose : le pouvoir est logistique, et c’est une plate tautologie, puisque le pouvoir, c’est le pouvoir de faire des choses. Mais ce dont le fait de pointer cela rend surtout compte, c’est que “le pouvoir” ne négocie plus, qu’en temps de crise il renonce à même apparaître comme la synthèse neutre des différents intérêts de classes, pour apparaître comme ce qu’il est : la domination d’une classe. La fable de l’intérêt général – la démocratie sous ses différentes formes – s’évanouit alors devant la réalité de l’intérêt supérieur de l’économie (qui serait alors la véritable synthèse sociale), cet autre fétiche de la domination de classe. La gestion de la grève devient alors une question de maintien de l’ordre, et, en effet, une question de logistique. Dès lors, ceux qui contestent ne sont plus des adversaires avec qui l’on dialogue, mais des contrevenants : des radicalisés. Il ne faut plus négocier, il faut “débloquer”, physiquement. La répression est le corollaire obligé de l’absence de dialogue, elle la justifie en même temps qu’elle la manifeste. Lire la suite…

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DDT21 “« Émeutes et manifestations en Irak 2018-2019 »

28/11/2019 Aucun commentaire

Le blog ddt21 vient de publier la première partie d’un article de Tristan Leoni sur les émeutes et manifestations qui secouent l’Irak depuis  plusieurs mois :

 « Irak, de l’émeute à l’impossible réforme. 2018-2019 ».

Ce premier texte revient sur les origines de la crise sociale actuelle et sur les émeutes de l’année 2018.

« Depuis l’écrasement de l’État islamique à l’automne 2017, l’actualité irakienne est régulièrement ponctuée d’épisodes de manifestations et d’émeutes sur fond de revendications sociales de base (pour l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et des emplois) et de dénonciation de la corruption du personnel politique.

Ce contexte de paix et de concorde nationale enfin retrouvées ouvrait pourtant une période particulièrement favorable pour amorcer des réformes et tenter de répondre à l’immense attente sociale de la population. Un précieux capital politique que le gouvernement a dilapidé en quelques mois par une inaction intense. Colère et frustration des populations sont, une fois de plus, sans bornes ; les efforts et sacrifices consentis pendant la guerre contre le califat ont été vains.

Au fil des mois, les vagues de mobilisation, la violence et la détermination des manifestants semblent croissantes ; émeutes, incendies et affrontements avec les forces de l’ordre secouent toujours davantage le pays. Jusqu’à ce mois d’octobre 2019, où le mouvement de protestation entre dans une nouvelle phase, d’une plus grande ampleur, mais avec des pratiques différentes. Si le gouvernement est plus que jamais sur la sellette, on sait en revanche que l’État, lui, sera préservé. »

LIEN VERS L’ARTICLE : https://ddt21.noblogs.org/?page_id=2517

AU FORMAT PDF :
https://ddt21.noblogs.org/files/2019/11/Irak.-2018-2019.01.pdf

La seconde partie de cet article, plus spécifiquement consacré aux
événements qui ont débuté en octobre 2019, sera prochainement mise en ligne.

« Notes sur l’Iran »

25/11/2019 un commentaire

« Notes sur l’Iran »

Un camarade nous a fait parvenir ce texte que nous publions tel quel.

Je ne vais pas lister tout ce qui se passe actuellement en Iran. Vous êtes certainement déjà au courant des événements. Je signale juste quelques points qui me semblent dignes d’intérêt:

D’abord quelques points de repère:

Il faut savoir que le salaire minimum est depuis plusieurs années autour de 1.500.000 Tomans ce qui d’après le cours d’il y a 2 ans  correspondait à 405 dollars. Aujourd’hui ce même montant ne correspond plus qu’à 125 dollars.

Officiellement le taux d’inflation est plus de 42 %. Vu que la production intérieure est quasiment à l’arrêt, tous les produits, mêmes de consommation courante sont importés et donc ils ont un prix mondial. Cette augmentation de tarif semble même affecter le peu de denrées produites sur place.

Avec les sanctions économiques il est extrêmement dur de trouver du travail; les chiffres officiels de l’année dernière  parlent de 30 % de chômage des jeunes ce qui est tout à fait invérifiable et de toute façon le chômage a explosé depuis l’année dernière. Lire la suite…

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