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Bonnes fêtes de faim damnée

Des sans-abri japonais du Nord sont recrutés pour le salaire minimum pour l’un des emplois les plus indésirables dans le monde industrialisé: travailler pour nettoyer les retombées radioactives

sans abri japon

Au Japon, des sans-abris sont recrutés pour nettoyer les dégâts causés par la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima. En Mars 2011, un tremblement de terre et le tsunami en résultant ont causé la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima. En conséquence, l’usine et ses environs ont été contaminés par des déchets nucléaires.

Face à une pénurie de travailleurs, l’usine recherche désespérément de l’aide. Les syndicats du crime organisé ont profité de la situation en créant des agences sur le marché noir, qui recrutent les sans-abri pour travailler comme sous-traitants.

Les recruteurs sont motivés par le profit et reçoivent l’équivalent de 100 euros pour chaque travailleur qu’ils apportent. Tel que rapporté par Reuters, les travailleurs recrutés gagnent souvent moins que le salaire minimum.

Bien que cette pratique soit illégale, il est incroyablement difficile de suivre les recruteurs qui fournissent des travailleurs légitimes. Il y a actuellement plus de 700 entreprises, entrepreneurs et sous-traitants qui sont impliquées au nettoyage des déchets. De nombreuses entreprises n’ont pas la certification appropriée pour le travail effectué.

Yukio Suganuma est président de l’une des entreprises sous contrat pour nettoyer les déchets. Il explique que la plupart des entreprises ne peuvent tout simplement être derrière chaque personne et si c’était le cas, il perdrait un dixième de la main d’oeuvre dont ils ont cruellement besoin pour effectuer le travail.

Les récentes arrestations au sein des organisations mafieuses Inagawa-kai, Sumiyoshi-kai et Yamaguchi-gumi suggèrent des liens solides entre les entreprises de construction et le crime organisé . Plusieurs agences de recrutement illégales ont été confirmées comme travaillant sous Obayashi , une des plus grandes entreprises de construction du Japon.

Malgré les arrestations, Obayashi maintient son contrat avec le gouvernement pour nettoyer les déchets nucléaires .

Le New York Daily News rapporte que la plupart des recrues sont trouvées dans les gares. La plupart des travailleurs gagnent moins de 5€ l’heure. Cependant, certains ne sont même jamais payés après le travail effectué.

- See more at: http://www.eparsa.com/index.php/news-insolite/item/2209-au-japon-des-sdf-employes-illegalement-pour-nettoyer-les-degats-de-fukushima.html#sthash.odPEblP8.dpuf 

Avec Reuters

http://www.reuters.com/article/2013/12/30/us-fukushima-workers-idUSBRE9BT00520131230

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Hongrie : loi anti-SDF

Publié le 30/12/2013 par Sophie Boiszeau |

Un tiers de la population hongroise vit en dessous du seuil de pauvreté. Les associations dénoncent des cas de plus en plus nombreux de sous-alimentation chez les enfants et le nombre toujours plus grands de sans-abri. Pour régler le problème, le Premier ministre Viktor Orban, et son très autoritaire parti au pouvoir, le Fidesz, ont décidé de tout simplement d’interdire les SDF. Amendes, placement forcé en centre d’hébergement et même prison. Tout est bon pour cacher la misère.

Hongrie : loi anti-SDF

Le reportage à Budapest de Martin Rosefeldt.

http://www.arte.tv/fr/hongrie-loi-anti-sdf/7747902,CmC=7749378.html

 

 

 

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  1. 31/12/2013 à 15:11 | #1

    Il est toujours bon d’être informé des formes les plus scandaleuses de l’exploitation capitaliste. Mais cet article (sur le Japon) ne découvre-t-il pas la lune ?

    Ce recrutement existe depuis la catastrophe, et n’est que la continuité d’une pratique courante particulièrement dans le secteur du BTP, ou « légalité » et « illégalité » n’ont pas de frontières, dans un pays où la condition ouvrière est un tabou, et particulièrement celle des travailleurs journaliers, dont le recrutement pour les tâches les plus dangereuses dans le nucléaire est bien antérieur à ‘Fukushima ».

    Voir cet article de Rue89 http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/01/15/nucleaire-au-japon-letat-est-un-traitre-pour-les-travailleurs-228381

    Il faut savoir que la plupart de ces travailleurs sont étrangers (Philippins…) immigrés (coréens confrontés au racisme depuis…), ou « burakumins », la caste des parias depuis le moyen-âge, qui font au demeurant les gros des troupes de clans yakuzas (mafia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Burakumin

    On nous affirme que « Les récentes arrestations au sein des organisations mafieuses Inagawa-kai, Sumiyoshi-kai et Yamaguchi-gumi suggèrent des liens solides entre les entreprises de construction et le crime organisé ». La mafia japonaise est structurellement intégrée au patronat et à l’Etat Japonais pour le recrutement des travailleurs pauvres depuis l’industrialisation du pays à la fin du 19ème siècle. En fait de « liens solides », ce ne sont pas deux mondes séparés qui s’entendent, c’est un joint-venture structurel.

    Il n’est plus possible, nulle part, pas plus en France, de discerner un capitalisme propre, « légal », et un capitalisme « mafieux ». La police et la justice savent, elles, qu’il est impossible de distinguer des mafieux entrés légalement dans les affaires et des patrons aux pratiques « illégales », parce que la loi même organise ou couvre ces pratiques à grande échelle. Un aperçu à Mafia+Capitalisme https://www.google.fr/webhp?hl=fr#hl=fr&q=mafia+capitalisme

    Une remarque : méfions-nous aussi de ne pas participer à une focalisation des critiques sur ce qui se passe ailleurs qu’en France. Je sais bien que ce n’est pas l’intention des camarades, et qu’on ne peut pas se limiter à ce qui se passe près de chez nous. Soyons conscients que la France est un des pays les plus réactionnaires, de gauche à droite et parfois au-delà (« Affaire du voile » et White Feminism…), et de ce que cela annonce, qui vient, bien plus profond que le fantasme d’une insurrection…

    Pourquoi les « Grands du Monde » ont-ils fait de Mandela une vedette sur le tard ? Parce qu’il a empêché hier ce qui leur fait peur aujourd’hui. L’effondrement de l’économie américaine, s’il se vérifie, et ce qu’indiquent le caractère des luttes en Asie, la féminisation des migrations… pourraient apporter les plus formidables changements dans les luttes à l’échelle mondiale. C’est pourquoi je m’interroge sur une possible sous-estimation de la « race » par la théorie communiste. C’est la bonne nouvelle qu’annonce depuis trente ans le Black Feminism, qui serait mieux nommé Féminisme non-blanc. C’est par le genre que nous pouvons comprendre l’importance structurelle de la « race » pour le capital. Des « races » qu’il a construites pour exister il y a quatre siècles, et qu’il a structurées idéologiquement au 19ème siècle, au moment même où, l’accumulation du capital accomplie, il abolissait la traite puis l’esclavage, mais jamais la « race » comme nécessaire à l’exploitation à l’échelle nationale ou mondiale.

    Un souvenir de l’époque où je bossais à la Direction des affaires économiques et internationales du ministère de l’Equipement. Depuis les fenêtres du 18ème étage de la Grande Arche où était installé le bureau sur la réglementation du travail dans le BTP, on pouvait observer les ouvriers travaillant sur les terrasses en contrebas, sans casques, sans protections, sur des échafaudages de fortune (sic)… Prolétaires, mais Noirs, la race des travailleurs « racisés »…

    Le crime organisé c’est le capitalisme dans ses formes nécessaires aujourd’hui. Quand on parle d’illégitimité de la revendication sur le salaire, on doit entendre aussi que le capitalisme a détruit sa « légalité » antérieure. Notre job n’est pas de dénoncer (comme Attac etc.) les manquements à la légalité capitaliste, le capitalisme « ultra-libéral », le capitalisme « sale », comme s’il pouvait être « propre », mais de montrer le crime contre l’humanité comme l’essence du capitalisme actuel.

    JAPON – Appel à la solidarité des sans-abris du parc de Tatekawa Kasenshiki (Tokyo)
    http://www.alterinfos.org/spip.php?article6073

    Bonne fin d’année à toussétoutes !

  2. salle des machines
    31/12/2013 à 18:38 | #2

    @Patlotch

    la mise en ligne de cet article n’avait pour « but » que de montrer que le capital exploite toutes les « catégories » de la population, mêmes les plus exclus

    Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. » j’espère ne pas avoir été cet idiot

    un de la salle des machines

  3. 31/12/2013 à 19:04 | #3

    Franchement, ce n’était pas une pique aux prolos de la soute. Ce qui est en cause, en surface, c’est l’idéologie de la presse, et nous n’avons malheureusement qu’elle pour nous informer ou transmettre des infos sélectionnées, avec le dur labeur de lire entre les lignes, « armés de la théorie » et pour lui donner corps ou la rendre plus pertinente. Il faut donner ces infos, et si elles ne parlent pas d’elles-mêmes, nous avons les moyens de les faire parler.

    À quelque chose malheur est bon. Nous voyons que la théorie révolutionnaire, serait-elle la meilleure, ne produit pas des effets par sa propagation sélective vers de supposés « non-sujets » avant l’heure, parce qu’aux heures où elle descend dans la rue, comme dit un grand autre, la structure produit les sujets de sa destruction, pas forcément ceux qu’on croyait… Ce qui se passe actuellement nous montre la maturation souterraine, peut-être inattendue dans ces formes, de développements récents soulignés par la théorie. Bien creusé, jeunes taupes !

    En tout cas merci et bon courage, rendons dndf incontournable.

  4. adé