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« Ou en sommes nous dans la crise ? »

Réunion de discussion organisée par la revue Théorie Communiste

Le Rémouleur
106, rue Victor Hugo 93170 Bagnolet (M° Robespierre ou M° Gallieni)

Vendredi 9Mai à 19h30

Texte de présentation

  1. vladimir
    04/05/2014 à 08:34 | #1

    Aprés le massacre d’Odessa, constitution de l’armée ukrainienne d’autodefense du Sud-Est qui agit partout :

    Ukraine: deux soldats blessés dans des assauts d’insurgés armés à Lougansk

    Kiev – Des insurgés armés pro-russes ont donné l’assaut samedi contre une unité militaire et un point de recrutement à Lougansk (est de l’Ukraine) blessant deux soldats, a indiqué la branche locale du ministère de l’Intérieur.

    Des troubles ont également été signalés parallèlement dans plusieurs autres villes de l’Est de l’Ukraine, selon les médias locaux.

    Un soldat des troupes de l’Intérieur a été blessé lors de l’assaut contre l’unité militaire N3035, sur laquelle les attaquants armés ont tiré et lancé des grenades assourdissantes, indique le ministère dans un communiqué.

    Peu avant, une vingtaine de personnes ont brûlé des pneus devant cette unité afin d’empêcher les militaires de quitter leur caserne.

    Un conscrit a été blessé dans une attaque séparée avec des armes automatiques contre un point de recrutement de cette ville, indique également le ministère sur son site internet.

    Dans une vidéo diffusée plus tôt dans la journée, le gouverneur séparatiste autoproclamé de la région de Lougansk Valéri Bolotov avait annoncé la mobilisation totale de tous les hommes et a demandé aux représentants des forces de l’ordre de prêter allégeance à l’armée du Sud-Est, faute de quoi ils seraient punis d’après les lois martiales.

    A Donetsk, grande ville industrielle dans l’Est, les séparatistes ont pris d’assaut dans la soirée le siège des services de sécurité (SBU), ont rapporté les médias locaux.

    Quelque 2.000 personnes armées de matraques et de battes de baseball ont occupé le bâtiment, qui n’était pas protégé, en criant Russie! ou nous ne pardonnerons pas Odessa, ville portuaire du Sud où les violences entre pro-russes et pro-ukrainiens ont fait vendredi plus de 40 morts, principalement du côté des pro-russes.

    A Kostiantynivka, des affrontements ont été signalés entre séparatistes et forces de l’ordre près de la tour de télévision. Des tirs ont été entendus et le signal a cessé de fonctionner, selon les médias locaux.

    A Marioupol, des séparatistes ont bloqué la rue devant la mairie et brûlé de pneus. Des tirs ont aussi été entendus, selon les médias locaux.

    Andriï Paroubiï, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense a déclaré à la chaîne Kanal 5: Après la fin de l’opération à Slaviansk et Kramatorsk, nous allons mener une phase active de l’opération (antiterroriste) dans d’autres villes contrôlées par les séparatistes.

    (©AFP / 03 mai 2014 22h30)

    http://www.romandie.com/news/Ukraine-deux-soldats-blesses-dans-des-assauts-dinsurges-armes-a_RP/474205.rom

    Incendie d’une banque a Mariupol,

    Bank Torched To The Ground As Ukraine Expands Military Operation In East
    Submitted by Tyler Durden on 05/03/2014 21:24 -0400

    http://www.zerohedge.com/news/2014-05-03/bank-torched-ground-ukraine-expands-military-operation-east

  2. R.S.
    04/05/2014 à 23:06 | #2

    OK, peut-être, mais ça dit quoi tout ça?
    R.S

  3. vladimir
    05/05/2014 à 09:14 | #3

    Un echiquier qui se derobe aux joueurs mondiaux :

    Slaviansk: pas de Russes parmi les insurgés (NYT)

    http://fr.ria.ru/world/20140504/201126131.html

    16:18 04/05/2014

    Il n’y a pas de Russes au sein des militants de la fédéralisation de l’Ukraine défendant la ville de Slaviansk, rapporte un correspondant du journal américain New York Times ayant passé une semaine dans le lieu du déploiement de la 12ème compagnie de la milice populaire de la « République populaire autoproclamée de Donetsk »…….

    « Pour les gars siégeant à Kiev nous sommes des séparatistes et terroristes. Mais pour les habitants locaux nous sommes les défenseurs », a fait savoir le commandant de la 12ème compagnie se présentant comme Iouri.

    Les militants ont en outre avoué acheter des armes aux militaires ukrainiens corrompus, indique le New York Times…

    PRO RUSSES CONTRE PRO OCCIDENT,une fiction médiatique ,pour cacher un début de guerre de classe ?

    Ukraine : 2000 pro-russes attaquent le siège de la police à Odessa

    Les assaillants, armés de gourdins, ont défoncé un portail avec deux camions en réclamant la libération de leurs camarades arrêtés vendredi après les heurts avec des partisans de Kiev….

    http://www.liberation.fr/monde/2014/05/04/ukraine-des-pro-russes-attaquent-le-

    Une “guerre de résistance du peuple”

    Parmi les interprétations diverses et souvent contradictoires qui se développent à propos des événements en Ukraine de l’Est et du Sud, on signalera celle de Daniel Patrick Welch, activiste et écrivain américain, plutôt “dissident” de gauche. Elle s’attache moins aux détails tactiques et opérationnels, aux supputations techniques et manœuvrières des partis en cause, pour s’attacher à en donner une appréciation psychologique et morale générale, sinon une appréciation politique “romantique”. Elle est substantivée par diverses scènes, comme celles de groupes de civils tentant d’arrêter par leur simple présence physique en travers de la route et autour des véhicules des colonnes de blindés des forces envoyées par le pouvoir de Kiev, en général pour ces cas des forces de l’armée ukrainienne. (Face à des groupes irréguliers divers, comme ceux des membres de Pravy Sektor d’extrême droite, de telles occurrences sont impensables.)

    Pour ceux qui ont un peu de mémoire historique, ces scènes rappellent celles de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie en août 1968, avec l’ironie tragique du renversement des rôles par rapport aux étiquettes pseudo-idéologiques utilisées pour caractériser les uns et les autres….

    http://www.dedefensa.org/article-une_guerre_de_r_sistance_du_peuple__05_05_2014.html

    Defections multiples dans l’armée,la police de l’etat ukrainien ,l’offensive militaire
    ne marche pas

    Realité ou intox ?:

    ……According to this report, on 2 May the Anti-Aircraft Artillery Battalion of the 25th Separate Dnipropetrovsk Airborne Brigade of the Ukrainian Army, which had defected to the side of the pro-federalists in April, fired upon and downed two Russian made Mil Mi-17 transport helicopters belonging to the Ukrainian Air Force that had been attempting to land CIA military “command and control” operatives into the battle zone of Slavyansk…

    http://www.whatdoesitmean.com/index1767.htm

    Ce qui ne fait pas l’affaire de Poutine ,depassé comme les autres ?

  4. R.S
    06/05/2014 à 22:38 | #4

    A la suite du texte Une Séquence particulière, je voudrais ajouter quelques commentaires méthodologiques relatifs à sa lecture

    Dans l’appréhension ordinaire, convenue, allant de soi de la lutte de classe, tout se passe comme si on avait d’un côté les classes dans leur situation, leur contradiction, ce qu’elles doivent être et faire conformément à leur être comme disait Marx dans La Sainte famille : « Il ne s’agit pas de savoir quel but tel ou tel prolétaire, ou même le prolétariat tout entier, se représente momentanément. Il s’agit de savoir ce que le prolétariat est et ce qu’il sera obligé de faire, conformément à cet être. » (Marx, op. cit., éd. Soc., p. 48. ) ; et de l’autre, des circonstances, des dires, des façons d’être immédiates, des idéologies, en un mot des accidents. Et, entre les deux, rien. Comme si cet autre coté ne venait que comme un accident, une gêne ou une entrave momentanées, extérieurs à l’être et à son devenir nécessaire. En bref, quelque chose dont on ne saurait pas trop quoi faire, sinon qu’il faut « faire avec ». Pour reprendre les questions abordées dans le texte Une Séquence particulière c’est comme si l’on disait que le local, l’ordre genré, les « riches et les pauvres », l’élite, les assistés, le racisme, etc., ne faisait que perturber désagréablement la structure des relations et des contradictions de classes.
    D’un côté la lutte de classe telle qu’en sont concept et, à côté, occasionnellement, des circonstances. Mais, il est dans la nature du concept que les conditions existantes soient ses conditions d’existence. Lorsque nous introduisons les conditions existantes, nous sommes toujours dans le concept, dans le « concret de pensée ».
    Dans la problématique programmatique d’un « être révolutionnaire » de la classe, la sentence de Marx est définitive, autosuffisante, on passe à autre chose, et on peut en toute tranquillité d’esprit, toute innocence, se livrer à l’analyse du cours historique du mode de production capitaliste, du cours empirique des luttes de classe et de leur devenir révolutionnaire déjà connu (même s’il n’est pas inéluctable). Mais voilà, le dépassement révolutionnaire du mode de production capitaliste est un dépassement produit, une sorte de point historique inconnu (une conjoncture, même si elle n’est pas fortuite en regard de ce qu’est le capital comme contradiction en procès), et la question ne se présente plus alors, dans chaque analyse particulière, comme celle d’une « disharmonie » conjoncturelle, sans grand intérêt théorique et sans conséquences majeures sur un aboutissement inéluctable ou non, mais dans sa définition déjà connue.
    En résumé, considérer le cours des choses sur cette base ne pourrait que nous conforter dans un normativisme bien tranquille : la situation est telle, mais nous savons que ce n’est qu’une « disharmonie » momentanée, cela parce que l’avenir nous appartient, mais, surtout, parce que, dès maintenant, ce qui se passe, c’est-à-dire ce que fait le prolétariat, ne correspond pas à l’être que nous (la théorie) nous connaissons, en quelque sorte ce n’est pas « rationnel » et donc à peine « réel ». Ainsi, chaque situation, chaque « moment actuel », comme le plat du jour se décomposerait en son noyau essentiel et sa garniture : un peu plus de frites ou un peu plus de salade.

    A partir du moment où « sa propre situation », comme dit Marx à propos du prolétariat, n’est pas un être, mais réellement une « situation », c’est-à-dire un rapport et donc une histoire, on ne peut plus se contenter de la tranquillité et de l’innocence normatives, on ne peut plus considérer les circonstances simplement comme telles et passer les disharmonies avec l’être dans sa nécessité par pertes et profits. On ne peut plus, avec le Marx de La Sainte Famille, dire « peu importe », car c’est justement cela qui importe (après l’expérience des années 1848 – 1852, Marx aura quelques doutes sur ce « peu importe »). La théorie n’en est pas pour autant ballotée au gré des vents de l’actualité. C’est dans le cours même de l’analyse, dans les caractéristiques concrètes spécifiques de chaque objet, que la théorie dit le fondement (la contradiction) et la particularité de sa critique de cet objet, c’est-à-dire de façon inséparable les circonstances et leur raison d’être. La disharmonie n’est pas rejetée à l’extérieur de l’objet comme cela apparaît dans une théorie normative.
    Il ne s’agit pas d’un fataliste « c’est ainsi ». Si, dans ce cycle, la limite de chaque lutte et même de tout rapport à un moment donné entre le prolétariat et la capital, c’est fondamentalement le fait d’ « agir en tant que classe » ou simplement d’être une classe, la limite est alors inhérente et existera nécessairement toujours de façon spécifique à la lutte et à la situation et selon les modalités de la reproduction du mode de production capitaliste dont le prolétariat est une classe. Cette limite est une nécessité, d’une part quelque chose qui ne peut pas ne pas être, ce sans quoi aucune lutte n’aurait lieu et sans quoi toute situation serait simplement un « c’est ainsi » et, d’autre part, un moment de l’autoprésupposition du capital. La limite est une façon concrète de dire simultanément dans la théorie et la disharmonie qu’elle ne rejette pas hors d’elle comme accidentelle ou sans intérêt et le fondement, la raison d’être, elle dit même que sans la disharmonie elle ne serait pas. Une théorie non programmatique et non normative se bat constamment avec elle-même, parce qu’elle n’est jamais transparente à elle-même (toujours auto-occultée dans sa propre démarche).
    Cette disharmonie ne tient pas seulement à des circonstances momentanées, à des moments particuliers, elle est inhérente au fait que si être une classe est une situation objective donnée comme une place dans une structure, parce que cela signifie une reproduction conflictuelle et donc la mobilisation de l’ensemble du mode de production, cela implique une multitude de rapports qui ne sont pas strictement économiques dans lesquels les individus vivent cette situation objective, se l’approprient et s’auto-construisent comme classe. Et l’on ne peut pas faire comme si cela n’avait aucune importance, comme si l’être était ailleurs, dans une pureté inaccessible.
    On peut comprendre que dans les aires centrales du mode de production capitaliste, l’identité ouvrière a longtemps masqué cela. Elle était une construction sociale que venait confirmer les modalités de la reproduction du capital dans la période antérieure à la restructuration des années 1970. Elle était un vécu idéologique au travers de la division du travail, de la relation aux travailleurs immigrés, des rapports entre hommes et femmes, de la relation à la nation, etc., mais qui avait la singulière faculté d’apparaître comme une situation objective. La relation vécue aux rapports de production se donnait comme les rapports de production eux-mêmes. On ne peut plus tellement dire que cela soit le cas aujourd’hui.

    R.S

  5. vladimir
    07/05/2014 à 08:16 | #5

    en defense de l’insurrection spontanée des population du Sud Est

    Si a ce jour plus de 18 villes ont rejoint l’insurrection,ce n’est qu’ a cause de la terreur sanglante perpetuée partout par l’Etat profond du regime de Kiev.

    Depuis le coup d’Etat,les autorités corrompues oligarchiques de l’Est se sont enfuies de peur du jugement populaire.

    Ce vide a permis l’emergence d’une revolte de masse d’une population qui avait subie pendant 2 decennies l’exploitation sans limites.

    Devant cette revolte,des commandos des services de Kiev et des elements du Secteur droit,ont procedé a une terreur systematique itinerante,allant encagoulés de ville en ville, exterminer tous les personnes critiques face a l’echeance électorale du 25 mai.

    Le massacre d’Odessa n’etant que le massacre ultime,point d’orgue d’une terreur systematique a l’oeuvre partout,y compris a Kiev et dans le reste de l’Ukraine.

    Une course de vitesse s’est alors engagé,pour la survie.

    Ou bien etre exterminé ou survivre les armes a la main,cet ultime et seul choix devant l’indifference organisée de l’exterieur (gouvernements,medias,politiques) a contraint a l’insurrection de la base unie malgré tout (menageres,jeunes,deserteurs,syndicalistes etc), depassant toutes les differences passées et preparant la chute du regime complice et instigateur

    Merci de m’avoir supporté.

  6. R.S
    07/05/2014 à 17:35 | #6

    Salut
    encore un peu sceptique sur cette révolte ouvrière massive. D’après ce que l’on peut savoir, Svoboda est assez représentatif des milieux ouvriers à l’ouest de l’Ukraine (pas à Kiev), et le PC inversement à l’est. Mes remarques méthodologiques précédentes n’étaient pas totalement hors-sujet.
    R.S

  7. vladimir
    13/05/2014 à 17:12 | #7

    un processus de desobeissance est declenché depuis le Maidan,dans quelle proportion ?

    13 mai 2014

    Vague de désertions dans l’armée ukrainienne. Personne ne veut aller se battre contre le peuple du Donbass.

    http://lemonderusse.canalblog.com/archives/2014/05/12/29858657.html

  8. un good lad de l’archipel
    13/05/2014 à 18:45 | #8

    En passant, au sujet de « l’insurrection spontanée des population du Sud Est »,
    -son caractére « populaire »( « quand j’entends parler du peuple je me demande toujours quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat ») semble indéniable, à ce qu’on a pu lire d’a peu prés honnête ( les reportages du monde ces dernières semaines notamment) et au vu de l’histoire des luttes au donbass ( voir la brochure Fighting back in Ukraine disponible sur le site Libcom ainsi que les débats sur leur forum),mais il ne faudrait pas non plus se leurrer. On assiste certes à une forme de révolte contre la restructuration, dans une région d’industries post-soviétiques qui seraient condamnées par un arrimage de l’Ukraine à l’Europe mais d’un autre côté l’intégration plus ou moins formelle à la Russie ne résoudra rien ( Poutine aime la stabilité et a effectivement présidé à une forme de roll-back dans le statu-quo ces dernières années, cela ne l’empêche pas non plus de mener quelques réformes à petits pas). La question n’est pas tant les réformes structurelles en tant que telles mais bien plutôt leur rythme et la redistribution qu’elles détermineront : c’est à ce niveau là que deux blocs se distinguent.
    D’ailleurs à propos de blocs, de Donietsk à Edimbourgh en passant par Barcelone, n’y aurait-il pas un moment « regionalisant » de la lutte des classes, en train de se dessiner où au delà des unions sacrées séparatistes, la secession devient un nouveau mode de défensive du travail ?

  9. salle des machines
    02/07/2014 à 11:16 | #9

    la version de ce texte traduit en allemand http://www.kommunisierung.net/spip.php?article23