Endnotes, ΟΙ ΘΕΣΕΙΣ ΤΟΥ LA

Traduction à quatre mains ( du grec à l’anglais et de l’anglais au français ) de l’introduction au texte de « LA Theses » d’ Endnotes publiée sur le site grec https://aruthlesscritiqueagainsteverythingexisting1.wordpress.com/

English version below

Nous publions à nouveau le texte de «LA Theses» d’ Endnotes pour diverses raisons.

Tout d’abord, parce que nous voulons que ce texte soit présent sur notre blog. C’est un beau texte. Mais, au-delà, c’est un texte court et complet qui résume très bien leur travail jusqu’à présent – du moins dans la mesure de ce que nous pouvons saisir de leur travail – et montre leurs lignes de recherche fondamentales et leur perception du communisme dans la conjoncture actuelle. On  peut prétendre que certaines de leurs thèses sont ultra-optimistes et que rien ne s’est produit qui amène au communisme. EndNotes ne refusent pas la partialité et les limites des luttes. Ce qu’ils disent, c’est que cette partialité même des luttes est accompagnée d’une vision métonymique de la transcendance des séparations et des fragmentations existantes et, cumulativement, ils produisent une image passagère et fugitive de ce qui n’est pas encore advenu mais le pourrait…. Ce processus inclut, présuppose et produit une foi qui diffère du processus faux et naïf de l’espérance optimiste commune. C’est une foi logique qui recueille secrètement l’utopie – et s’identifie à cette utopie à travers les fissures que crée sur elle-même la contradiction très mouvante du capital, la même contradiction qui est articulée et mêlée aux corps et  désirs des sujets capitalistes eux-mêmes, qui tente de se reproduire à l’intérieur de la totalité capitaliste et de sa propre totalité. Cette vision, comme horizon et  expérience matérielle éphémère, est la voie par laquelle le communisme se rafraichit constamment dans son annulation. L’annulation de la vision est en même temps l’identification avec ce qui a été annulé, c’est la mémoire, et la lutte (qui accompagne la vision) est un événement matériel / une rupture dans les relations matérielles du capitalisme, un événement / perturbation qui transforme le capitalisme et, en même temps, transforme les sujets, leurs espoirs et leurs tactiques. Le fait que le communisme reste possible comme horizon montre exactement sa présence immanente dans le monde du capital, présence qui reste négative à la fois comme conflit et abolition et comme absence.

Seulement, le sujet ne se noie pas dans le cynisme, l’empreinte mentale de l’universalité du fétichisme capitaliste, l’aveu en creux que «les choses sont comme elles sont». C’est seulement ainsi que les contradictions deviennent visibles comme des éclairs fugaces qui éclairent les choses, non  comme de simples antinomies et déviations d’un état naturel et inévitable, mais comme des opportunités pour de nouvelles expérimentations de socialité qui prouvent constamment que «les choses pourraient être différentes». Ce sont des produits historiques qui ont un début et une fin possible.

RC le 11 décembre 2016

We republish Endnotes’ text “LA Theses” for various and different reasons. First of all, because we want this text posted on our blog. It’s a beautiful text. But, beyond this, it’s a short and comprehensive text which sums up pretty well their work till now -at least on the extent we can have an image of their work- and shows their basic research lines, and also the way they perceive communism under the current conjuncture. Someone may claim that some of their theses are ultra-optimistic and that nothing is produced to the direction of communism. Endnotes don’t refuse the partiality and the limits of the struggles. What they argue is this very partiality of the struggles is accompanied by a metonymic vision of the transcendence of the existing separations and fragmentations and, cumulatively, they create a transient and fleeting image of what-is-bound-to-come-but-haven’t-yet-arrived. This process includes, presupposes and produces a faith which differs from the false and naive process of the common optimistic hope. It’s a logical faith which secretly peeks the utopia – and is identified with this utopia through the cracks that creates on itself the very moving-contradiction of capital, the same contradiction which is articulated and unravelled on the bodies and desires of the capitalistic subjects themselves, who try to reproduce inside the capitalist totality and its totality. This vision, as an horizon and also a fleeting material experience, is the way by which communism is constantly refreshing in its cancelation. The cancelation of the vision is, at the same time, the identification with what was cancelled, it’s memory, and the struggle (which accompanies the vision) is a material event/disruption inside the material relations of capitalism, an event/disruption that transforms capitalism to a certain extent and, at the same time, also transforms the subjects, their hopes and their tactics. The fact that communism is still possible as an horizon shows exactly its immanent presence in the world of capital, a presence which remains negative both as a conflict and abolition and as an absence.

Only so the subject doesn’t submerge in cynicism, the mental imprint of the universality of capitalistic fetishism, the hollow admission that “things are the way they are”. Only so the contradictions become visible as fleeting shinings which illuminate things not as simple antinomies and deviations of a natural and unavoidable state of affairs, but as opportunities for new experimentations of socialities which constantly prove that “the things could be different”. They are historical products with a beginning and a possible end.

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