Tout est à eux, rien n’est à nous !

L’usine, l’air pollué, le petit chef taré et le petit chef intelligent , la police, les mouroirs à vieux, le pauvre qui implose de faim au Sud et le pauvre qui explose de mauvaise graisse au Nord,

Lula, l’école, le chômage, les 35 heures et la flexibilité, l’État, la prison pour les pauvres méchants, le tourisme industriel pour les pauvres gentils et le trekking alternatif pour les pauvres branchés, la crèche à 4 mois pour que papa et maman retournent plus vite au flux tendu, la valeur d’échange ET la valeur d’usage,

la télé assommoir définitif et absolu, la Société métabolisme du Capital, Chavez, le petit deux pièces moisi qui te saigne 15 ans, le service public où des pauvres se prenant pour plus riches encadrent les pauvres se prenant pour des clients, le cadre de gauche,

la communication en boîte et la solitude de tous, le bureau, le petit macho qui joue au patron chez lui pour oublier l’humiliation de sa vie au travail, le syndicat qui négocie le prix de ta vie, les profits qui n’en finissent plus de gonfler et leur taux qui n’en finit plus de tendre à baisser,

l’autogestion de la merde qui nous sert de monde, les partis contremaîtres du Capital, la vedette heureuse qui te chie tous les soirs dans le poste, la vedette malheureuse qui te pleure tous les soirs dans le poste, le sous-commandant Marcos,

l’armée, l’atelier, l’autre monde possible grâce à l’État redevenu fréquentable, la banlieue délabrée, la famille nucléaire, le bébé pour oublier ou perpétuer tout ça, les cours d’eau pourris, le pauvre qui n’a plus que Dieu pour le protéger du capital contre le pauvre qui croit maîtriser sa vie en votant,

l’épouvantail Le Pen et l’icône Bové,

la société que l’on produit et qui se dresse tous les jours face à nous, contre nous,

changer la vie et changer d’avis, le travail, la retraite, la petite voiture en plastique payée une fortune pour aller bosser,

la propriété privée, Che Guevara et Ben Laden, le nationalisme, la fierté du travailleur, l’argent et le troc, la nostalgie qui t’invente un passé serein et te bride la tête, la modernité qui t’asphyxie l’intelligence…

Tout cela serait à NOUS ?

QU’ILS GARDENT TOUT !

TOUT EST Á EUX, RIEN N’EST Á NOUS !!!

Et si un jour on arrive à exproprier tout ça, ce ne sera certainement pas pour l’organiser autrement !

Tout a été essayé, rêvé, commencé : l’État ouvrier, dégénéré ou pas, la République des conseils, le président syndicaliste, l’État gendarme du poulailler libre, l’autogestion ici ou partout…Tout est à eux !

Il va nous falloir de l’imagination, camarades !
Pépé

(Article de la revue MEETING N°2)

  1. A.D.
    24/03/2010 à 00:41 | #1

    Salut,
    Mais il y a seulement cinq articles dans cette catégorie : un sur cinq donc.
    Celui-ci fait pendant au « fond de l’air est psychotique » (également dans cette catégorie « les schizos » de B.L., les névroses, pourtant fort communes ne sont pas convoquées).
    Un texte rebelle celui-ci, révolté je dirais.
    Pourtant quelque chose de commun, à mon avis, une certaine propension à tout mettre au même niveau : les usines et Marcos, la propriété privée, Che Guevara… les exploiteurs n’apparaissent que désignés en tant que » Ils » ou « Eux ».
    En fait on pourrait croire que c’est un tract anti-autogestionnaire, comme si la question s’était posée, en fait ; de même pour le texte « le fond de l’air.. », ce dernier comme si l’affaire urgente et réelle avait été de s’opposer à des groupes de rebelles, ici et maintenant. De même celui de BL, comme si cela était d’importance se sentir, ou non, « schizo » et décalé(e).

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