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Dans notre série « ne boudons pas notre plaisir »….

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« Gagner 11 millions, c’est beau comme un camion »
Un fourgon de transport de fonds contenant « plusieurs millions d’euros » a été dérobé, jeudi 5 novembre au matin à Lyon, et retrouvé vide quelques heures plus tard dans la banlieue lyonnaise ; son chauffeur est porté disparu, a indiqué une source policière. Selon le journal Le Progrès, le montant exact du butin serait de 11 millions d’euros.[print_link]

Vers 10 heures, les deux convoyeurs du groupe suédois de transport de fonds Loomis sont sortis du fourgon pour collecter de l’argent dans le 7e arrondissement. A leur retour, ils ont découvert que le fourgon et le chauffeur avaient disparu, a indiqué à l’AFP le directeur de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ), Claude Catto.

« BIEN SÛR QUE LES SOUPÇONS PORTENT A PRIORI SUR CE CHAUFFEUR »

Le fourgon, qui transportait « plusieurs millions d’euros de la Banque de France », a été retrouvé vers 12 h 30, mais vide et sans son chauffeur, à proximité de Vénissieux, dans la banlieue est de Lyon. Le convoyeur de 39 ans, qui n’avait jamais fait parler de lui, est décrit comme « légèrement taciturne » par un témoin cité par le quotidien régional Le Progrès, dans son édition de vendredi.

« Bien sûr que les soupçons portent a priori sur ce chauffeur », a déclaré le procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, indiquant qu’on « avait coupé le GPS et le téléphone » du camion pendant les quelques heures où l’engin a disparu. « On a été faire une perquisition chez ce garçon, et on a eu la surprise de découvrir un appartement quasiment inoccupé, presque nettoyé, comme s’il avait préparé sa fuite » en vidant son réfrigérateur et en emportant draps et papiers, a poursuivi le procureur.

Le magistrat a ajouté avoir « un certain nombre d’éléments » indiquant que les comptes bancaires de cet homme, employé chez Loomis depuis une dizaine d’années, « ont été vidés ». « Son état civil et sa photo ont été diffusées à toutes les frontières », a-t-il précisé. M. Richaud a « totalement écarté » l’hypothèse d’une prise d’otages ou de menaces faites aux proches du suspect, indiquant que l’homme était « célibataire, sans enfant », et ne voyait plus les membres de sa famille « depuis très longtemps ».

La suite, dans libé :


FAITS DIVERS – En vingt-quatre heures, Tony M. sera passé du statut de convoyeur anonyme à celui de voleur présumé, et brutalement populaire. Comme dans un phénomène instantané, des centaines de commentaires élogieux inondent les sites Internet qui racontent depuis jeudi son histoire. Celle d’un chauffeur qui se volatilise un jour avec son fourgon, et 11,6 millions d’euros. Cela se passe à Lyon, jeudi matin. Tony M. et deux jeunes collègues embarquent l’argent depuis le «centrefort» de la Banque de France, sans respecter toutes les procédures. Ils chargent notamment en un seul voyage l’argent, alors que la société n’est assurée qu’à concurrence de 6 millions d’euros par fourgon. Ce qui signifie que Loomis, le transporteur, risque fort de ne pas être couvert…

Vers 10 heures, le fourgon et sa fortune pénètrent dans la cour de Transval, filiale de Loomis, dans le 7e arrondissement de Lyon. Il faut y collecter encore un peu d’argent. Les jeunes collègues descendent, et Tony referme la porte latérale derrière eux, comme d’habitude. Mais lorsqu’ils reviennent, le fourgon est reparti. Il n’y a plus personne dans la cour, sauf ces deux pauvres gars, leurs sacs au bout des bras.

L’alerte est rapidement donnée, mais le GPS et le téléphone de bord ont été neutralisés. Les policiers craignent qu’un braquage se soit produit devant Transval, puis que la famille du chauffeur ait été prise en otage. Avec un peu de retard, car les fiches de l’entreprise ne sont pas très à jour, ils foncent à son domicile, et réalisent qu’il vit seul… et a visiblement préparé son départ. Frigo vidé, draps enlevés, documents emportés. Et, surtout, comptes en banque vidés depuis le 30 octobre. Dérisoire au regard des 11 millions disparus ? Pas certain, glisse un policier, car cela peut financer une cavale tout en évitant de ressortir trop tôt les billets. Une partie est constituée de liasses usagées, mais le reste de billets neufs, aux numéros identifiables.

Deux heures et demi après la disparition, le fourgon est retrouvé à la limite de Vénissieux. Sans le convoyeur, ni l’argent. S’il a pris la poudre d’escampette, a-t-il pu agir seul ? Il faut du temps et de l’énergie pour transvaser une cinquantaine de «galettes» (les sacs de billets). Et puis, une cavale ne s’improvise pas, elle nécessite souvent de l’aide : «Lorsque vous prévoyez de dérober une dizaine de mi l l i o n s , vous préparez un peu la suite, explique une source proche du dossier. On peut penser qu’il est à l’étranger ou ne va pas tarder à y aller, cela suppose des faux papiers. En ce cas, comment se les est-il procurés ?»

Le chauffeur travaillait chez Loomis depuis une petite dizaine d’années. Après avoir vécu un temps avec une femme qui tenait un café à Lyon, il habitait seul depuis un an et demi, semblait un peu taciturne, malcommode. «Depuis quelques mois, on le trouvait bizarre, expliquait vendredi matin l’un de ses collègues, sur France Info. Il était toujours en train de critiquer […]. Il trouvait très injuste qu’on soit mal payés.»

La société Loomis a mis à pied vendredi les deux collègues, ainsi qu’un troisième qui n’avait pas respecté les procédures de sécurité. La Brigade de répression du banditisme s’est lancée de son côté aux trousses de Tony M. Il ne risque pour l’instant pas grand-chose, si sa responsabilité se confirme. «Trois ans de prison, précise Xavier Richaud, procureur de la République à Lyon. Car, à moins de démontrer une éventuelle bande organisée, il s’agit pour l’instant d’un vol simple.» Les banques offrent rarement de tels rendements.

Olivier Bertrand

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