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Vers une troisième intifada palestinienne ?


Alors que des affrontements ont éclaté mardi à Jérusalem-Est, la montée des violences au Proche-Orient rappelle à certains les débuts de la seconde intifada palestinienne.
La montée de la violence au Proche-Orient, qui rappelle à certains les débuts de la seconde intifada palestinienne, il y a près de 10 ans, est un défi pour la diplomatie américaine.
Les manifestations se sont multipliées ces derniers jours après l’annexion du caveau des Patriarches au patrimoine juif, l’annonce de la construction de 1.600 nouveaux logements pour les Juifs à Jérusalem-Est et la réouverture d’une ancienne synagogue dans la vieille ville.[print_link]
Ces décisions de l’Etat juif sont ressenties par les Palestiniens comme autant de coups portés à leurs vieux espoirs de fonder un Etat indépendant et viable avec Jérusalem-Est comme capitale.
Les initiatives israéliennes et la réaction des Palestiniens entravent les efforts des Etats-Unis pour relancer le processus de paix grâce au moins à des négociations indirectes sous l’égide de leur émissaire George Mitchell.

Une situation “explosive”

Le président palestinien Mahmoud Abbas est revenu sur son accord pour cette formule de pourparlers en réclamant qu’Israël renonce aux nouvelles colonies annoncées la semaine dernière en pleine visite à Jérusalem du vice-président Joe Biden. Selon la presse israélienne, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a sommé elle aussi l’Etat juif d’y renoncer, mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi qu’il n’était pas question de limiter les constructions dans la zone de Cisjordanie annexée à Jérusalem.
La tension entre Israël et les Etats-Unis est plus vive que jamais depuis 35 ans, selon l’ambassadeur de l’Etat juif à Washington. Le négociateur palestinien Saëb Erekat a jugé la situation “explosive” et l’ex-Premier ministre Ahmed Koreh a mis en garde contre une troisième intifada.

La Hamas appelle à une “journée de la colère”

La première intifada avait éclaté en 1987, avant la conclusion des accords d’autonomie d’Oslo, la seconde en septembre 2000 autour de Jérusalem, où Ariel Sharon, alors dans l’opposition, avait voulu affirmer les droits d’Israël sur l’esplanade des Mosquées, appelée mont du Temple par les Juifs. Certains analystes doutent que les derniers troubles préludent à un nouveau bain de sang comparable à celui des années 2000, mais les échanges de pierres et de balles de caoutchouc entre les manifestants et les forces israéliennes rappellent la première révolution des pierres.
Le contexte ne se prête donc pas à l’apaisement souhaité par l’administration de Barack Obama pour relancer un processus de paix en panne depuis la meurtrière offensive de Tsahal à Gaza à l’hiver 2008-2009. Israël accuse les Palestiniens d’incitation à la violence, mais Ahmed Koreh rétorque que ce sont les pratiques coloniales d’Israël qui l’attise. Pour lui, il faut s’attendre à une nouvelle intifada “si Israël poursuit ces pratiques”.
Pour sa part, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis la mi-juin 2007, prône précisément un troisième soulèvement et avait appelé mardi à une “journée de la colère”, qui a dégénéré en violences à Jérusalem-Est. Les affrontements s’y sont soldés par l’hospitalisation d’une quarantaine de Palestiniens et l’arrestation d’une soixantaine d’autres. Une quinzaine de policiers israéliens ont été blessés. Il s’agit du plus grave accès de violence dans la ville sainte depuis de nombreux mois.

“Une nouvelle série de provocations israéliennes”

Certains analystes jugent inévitable la poursuite de ces troubles tant que les efforts de paix, dont le “quartet” des médiateurs internationaux fera le point vendredi à Moscou, restera en état d’hibernation. La nouvelle mission que George Mitchell devait conduire cette semaine dans la région pour lancer des pourparlers indirects semble compromise. Déjà, malgré une douzaine de navettes infructueuses, il avait renoncé à convaincre les deux camps de se parler directement.
“On a assisté à une nouvelle série de provocations israéliennes qui ne manqueront pas de susciter une réaction”, estime George Giacaman de l’université palestinienne de Bir Zeït, qui ajoute qu’il “n’ira pas jusqu’à dire que l’on va bientôt assister à une troisième intifada”. “Mais, bien sûr, il aura une réaction de la partie palestinienne en réponse aux mesures israéliennes et elles pourraient durer. Je ne dirais pas qu’elle dureront plusieurs mois ou années, mais le rôle de l’administration américaine est extrêmement important.”
Il est de fait que, ces derniers mois, le nombre des manifestations régulièrement organisées par les Palestiniens a augmenté, notamment à Jérusalem. “Il y a une escalade claire”, souligne l’analyste politique palestinien Hani al Masri. Réprimées avec une dureté croissante par les forces israéliennes, elles pourraient bien déstabiliser la Cisjordanie, où Mahmoud Abbas, tout en excluant un recours à la violence, soutient la “résistance populaire” et l’activisme de la population dont il a la charge.
Pour Masri, “si l’Autorité palestinienne persiste dans son hostilité à une intifada, celle-ci aura lieu quand même et contre elle. Si les événements actuels suivent leur cours actuel, l’intifada va vite se produire.”

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