Suez, théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine ce jeudi 27 janvier.
Les manifestations contre le régime Moubarak, sans précédent depuis plus de trente ans, se multiplient en Egypte. Ce jeudi, la ville de Suez a pris les allures d’un champ de bataille, avec de très violents affrontements entre police et protestataires, et l’attaque de bâtiments administratifs aux cocktails molotov. Le pouvoir a averti cette nuit qu’il allait prendre «des mesures décisives» contre les manifestants qui comptent protester de nouveau vendredi.
Les jeunes militants pro-démocratie à l’origine du mouvement, inspiré par la révolte tunisienne, ont appelé à de nouvelles manifestations «de la colère» dans plusieurs villes du pays après les prières hebdomadaires. Depuis mardi, sept personnes sont décédées, cinq manifestants et deux policiers, et des dizaines ont été blessées. Au moins mille manifestants ont été interpellés. Lire la suite…
Des milliers de Yéménites, inspirés par la Tunisie et l’Egypte, ont manifesté jeudi à Sanaa à l’appel de l’opposition pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.
Le président tunisien « est parti après 20 ans, 30 ans au Yémen, ça suffit », scandaient les manifestants en référence au mouvement de contestation populaire sans précédent en Tunisie qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans au pouvoir.
La « Révolution du Jasmin » en Tunisie a provoqué une onde de choc dans plusieurs pays arabes, notamment en Egypte, théâtre cette semaine de manifestations sans précédent contre le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis trois décennies, qui ont fait six morts. Lire la suite…
“Sergio Leone : «Le monde se divise en deux catégories, ceux qui tiennent un pistolet chargé et ceux qui creusent.» Pour l’instant à Mirafiori, on creuse…”
Le récent référendum organisé par Sergio Marchionne à l’usine Fiat de Mirafiori est une nouvelle étape dans la transformation néolibérale du capitalisme italien. En votant oui à une courte majorité, d’ailleurs acquise chez les cols blancs, les salariés de Fiat ont approuvé un accroissement de la «flexibilité» du travail, c’est-à-dire une dégradation des conditions de travail : un raccourcissement des pauses quotidiennes à dix minutes chacune, l’indemnisation de l’arrêt maladie, lorsqu’il suit ou précède un jour férié, seulement si le taux d’absentéisme diminue, la possibilité de réorganiser le travail en équipes sur six jours consécutifs, celle de tripler les heures supplémentaires sans négociations avec les syndicats et des sanctions en cas de grèves contre l’accord. Lire la suite…
Deux manifestants ont succombé mercredi à leurs blessures dans le gouvernorat de Suez, portant à cinq le nombre de morts dans les manifestations survenues mardi en Egypte, selon un nouveau bilan fourni de sources médicales.
Deux autres manifestants sont morts après avoir été blessés par des balles en caoutchouc dans la ville portuaire de Suez, ajoutent ces sources citées par les médias égyptiens. Une source médicale avait fait état de deux morts parmi les manifestants à Suez lors d’heurts avec les forces de l’ordre. Un policier a été également tué et une centaine d’autres blessés dans ces manifestations, baptisées « Jour de la colère ». Lire la suite…
La constitution de nombreuses sociétés privées a permis l’émergence d’élites managériales privées, parfois à la tête d’entreprises de grande envergure.
Les récentes manifestations populaires, qui se sont récemment produites en Algérie, ont, en grande partie, tourné à l’émeute, parce qu’elles n’ont trouvé ni élite ni organisations suffisamment fortes et représentatives pour les encadrer et traduire de manière claire les causes du mécontentement et les aspirations précises des manifestants. Ces élites et ces organisations susceptibles de capter le mécontentement, lui donner un sens et le traduire sous forme de doléances à adresser aux autorités politiques existent pourtant bien en Algérie, en dépit des prédations multiformes que le pouvoir mène contre elles pour les affaiblir, les récupérer ou carrément pour les torpiller. Lire la suite…
Plusieurs mouvements d’opposition égyptiens ont appelé les jeunes à manifester sur le modèle tunisien
La police égyptienne a tiré des gaz lacrymogènes contre des milliers de manifestants réunis dans le centre du Caire pour protester contre le gouvernement, a constaté mardi une journaliste de l’AFP.
Les manifestants brandissant des drapeaux égyptiens et lançant des slogans pour des réformes politiques et sociales sont rassemblés sur la grande place Tahrir, proche de nombreux bâtiments officiels, face à un important dispositif policier. La manifestation a un peu reculé mais ne s’est pas dispersée. La police a en retour essuyé quelques jets de pierre. Un peu plus loin, la police a utilisé des canons à eau contre des manifestants aux abords du Parlement. Lire la suite…
Des manifestations contre la hausse des prix alimentaires ont dégénéré et donné lieu à des pillages de magasins lundi à Llallagua, dans le sud-ouest de la Bolivie, selon la police et les médias locaux.
Les prix de certains aliments ont grimpé en Bolivie depuis fin décembre, avec la hausse brutale de l’essence (environ 80%) après la décision de l’État de cesser les subventions aux carburants. Le gouvernement a depuis fait marche arrière sous la pression de la rue, mais les prix ont tardé à baisser. Lire la suite…
Premiers affrontement depuis la chute de Ben Ali, ce matin lundi 24 janvier.
Appel à la grève illimité pour les enseignants de Tunisie
Tunis, «le peuple vient faire tomber le gouvernement»
La pression de la rue à Tunis pour exiger la démission du gouvernement de transition et des ministres issus du régime Ben Ali a pris dimanche une nouvelle dimension, avec le siège du palais du Premier ministre, initié par un millier de jeunes déshérités venus du centre du pays.
La poursuite des manifestations tout au long du week-end à Tunis a relancé les spéculations sur la capacité du gouvernement provisoire à résister à la pression populaire, alors qu’un appel à la grève illimitée des enseignants du primaire a été lancé pour lundi, date théorique de reprise des cours. Lire la suite…
La police chinoise a blessé au cours du week-end dernier au moins cinq manifestants par balles dans la région autonome du Guangxi (sud), a affirmé un groupe de défense des droits de l’Homme basé à Hong Kong.
Le Centre d’information sur les droits de l’Homme et la démocratie (CHRD) a indiqué dans un communiqué hier que la police était intervenue alors que plus de 100 manifestants, essentiellement des travailleurs migrants, se dirigeaient dimanche dernier vers des édifices publics de la ville de Wuzhou pour protester contre leurs faibles salaires. Au moins cinq manifestants ont été blessés par balle et au total une vingtaine hospitalisés, a affirmé le CHRD. Lire la suite…
L’ère des ouvriers chinois obéissants et mal payés touche à sa fin. Une étude du CNRS dans le Sud de la Chine montre une combativité nouvelle qui pourrait déboucher sur une grève générale.
Si le Sud de la Chine – particulièrement la province du Guangdong – est devenu l’atelier du monde, cela est dû à plusieurs raisons ; mais la plus mentionnée est celle de l’existence d’une main d’œuvre travailleuse, obéissante, et acceptant sans rechigner bas salaires et mauvaises conditions de travail.
Ces vingt dernières années, la croissance a été ininterrompue et les salaires ont peu bougé. Les statistiques officielles chinoises montrent même que ces salaires auraient plutôt diminué en proportion du produit industriel brut. Lire la suite…
Plus de quarante manifestants ont été blessés à Alger le 22 janvier, lors d’un rassemblement de l’opposition interdit et dissout manu militari par les autorités.
Il serait sans doute hâtif de faire état d’une contagion révolutionnaire, mais sans parler de l’Albanie, à l’évidence au Maghreb et dans le monde arabe, en Egypte, en Mauritanie, en Algérie, en Jordanie et même en Arabie Saoudite où un homme de 65 ans aurait tenté de s’immoler par le feu, la chute du dictateur tunisien Ben Ali a réveillé les aspirations des peuples à la démocratie. Lire la suite…
Il pourrait être intéressant d’amorcer ici un échange sur les émeutes en Tunisie.
Voici, à mon avis quelques thèmes qui pourraient structurer pas forcément la compréhension mais au moins la mise en forme pensée de ces événements.
1)Première question : le caractère semble-t-il interclassiste de ces émeutes, mais comment selon les différences sociales les gens y prennent part ? Cela va des classes moyennes (avocats, enseignants…) aux masses de chômeurs structurels en passant par les fonctionnaires, travailleurs au noir et économie informelle, travailleurs occasionnels, paysans ayant abandonné leur terre et réfugiés dans les bourgs de l’intérieur du pays, jeunes diplômés sans emploi (là-dessus, attention, la baisse de la natalité en Tunisie est réelle mais elle est une baisse moyenne, elle n’a que peu touché l’intérieur du pays) et les ouvriers (il semble que contrairement à l’Algérie les émeutes ne sont pas concomitantes de grèves : ports, santé, habitat-bâtiment).
Il y a là une question importante dans une perspective de compréhension communisatrice des luttes actuelles : rapport du prolétariat aux classes moyennes, dissolution de celles-ci dans les luttes en même temps qu’elles font entendre leur musique propre (mouvement politique responsable et revendicatif liberté d’expression et d’organisation, question de la représentation). Lire la suite…
Les agences de notations financières sont remplies de jeunes gens doués, spécialistes de calculs d’intérêts et d’évaluation des financiers. Ils ne travaillent pas à l’affect, ils sont froids comme le bistouri d’un médecin-légiste.
L’agence Moody’s a demandé à ces spécialistes d’examiner la situation de la Tunisie, après l’incroyable révolution qui a conduit à la liberté d’un peuple. Ils ont soupesé les risques de défaut de paiement. Et décidé de rétrograder la note du pays. La dictature avait droit à un « Baa2 », la liberté n’aura qu’un « Baa3 ». Lire la suite…
Tunis Envoyée spéciale – A leurs yeux, elle n’a pas de couleur, comme l’orange, par exemple, en Ukraine. Ils ne disent pas la « révolution du jasmin », comme on disait autrefois la « révolution des oeillets » au Portugal. C’est beaucoup plus simple que cela. Entre eux, les jeunes tunisiens l’appellent la « révolution Facebook ». Elle a marié le virtuel et le réel, la technologie moderne et la manifestation traditionnelle. « Le jour, on était dans la rue. La nuit, devant l’écran », sourit Ichem, 41 ans, professeur et cybermilitant. Lire la suite…
Les premiers couacs de l’après-révolution n’ont pas tardé en Tunisie : cinq ministres issus de l’opposition ont démissionné mardi du gouvernement de Mohamed Ghannouchi, moins de 24 heures après l’annonce de sa formation. La contestation du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), l’ancien parti de Ben Ali, s’étend dans le pays où des permanences du parti ont été investies par la foule.
Ces images, tournées ce mardi par un vidéaste amateur à Sousse, l’une des principales villes du pays, sur la côte méditerranéenne, montrent comment la foule de manifestants a occupé le siège du RCD en chantant l’hymne national tunisien. (Voir la vidéo) Lire la suite…
La police tunisienne a violemment dispersé mardi un millier de manifestants,parmi lesquels des islamistes, hostiles à la présence de membres de l’équipe du président déchu Ben Ali dans le gouvernement de transition formé lundi.
La police tunisienne a violemment dispersé mardi un millier de manifestants,parmi lesquels des islamistes, hostiles à la présence de membres de l’équipe du président déchu Ben Ali dans le gouvernement de transition formé lundi, ont constaté des journaliste de l’AFP. Lire la suite…
«C’est un véritable putsch, les Tunisiens sont furieux»
Après l’opposant historique tunisien Moncef Marzouki dénonçant une «mascarade», c’est au tour de l’avocate tunisienne et militante des droits de l’homme, Radhia Nasraoui, de monter au front depuis Tunis contre un gouvernerment d’union nationale qu’elle juge «illégitime».
Ce lundi après-midi, Mohammed Ghannouchi, dernier Premier ministre du président tunisien déchu Ben Ali, a en effet annoncé la formation d’un gouvernement d’union nationale chargé de gérer le pays jusqu’à la tenue de prochaines élections présidentielle et législatives. Celles-ci auront lieu dans un délai de 6 mois. Lire la suite…
Le soir même où tous nos yeux étaient rivés à la Tunisie enfin débarrassée de Ben Ali, un dépouillement singulier se terminait à Turin, dans les usines de la Fiat du site de Mirafiori. Il s’agissait de savoir si quelques milliers de travailleurs avaient approuvé par référendum un accord forcé qui les privait gravement de droits. Il s’attaquait à leurs horaires, à leurs rythmes de travail, à leurs pauses, à leur vie familiale, à leurs possibilités de congés pour maladies, etc., en échange d’une promesse d’investissements permettant de sauver le site et de leur assurer un emploi pour l’avenir. Lire la suite…
La capitale sous haute surveillance
Lorsque la rue gronde, les pouvoirs tremblent. La révolution tunisienne, qui a fini par faire fuir le premier bourreau de Carthage, fait craindre aux voisins un effet de contagion. Les rues d’Alger sont quadrillées depuis vendredi dernier par un important dispositif sécuritaire. La crainte de voir la rue algérienne, qui semble envier la révolte tunisienne, se «rebeller», a fait sortir un nombre important de camions de casques bleus. Lire la suite…
Et si le mouvement tunisien inspirait d’autres Etats arabes ? C’est la question que posait Le Monde, samedi, évoquant l’éventualité d’un « printemps démocratique arabe », et qui semble faire son chemin dans les têtes des dirigeants et des peuples du Maghreb et du Proche-Orient.
La prudence des réactions des diplomaties de la région est particulièrement éloquente, reflétant la peur de soulèvements populaires des dirigeants arabes. Si les pays occidentaux souhaitent désormais ouvertement la démocratisation de la Tunisie, les capitales arabes restent discrètes, inquiètes du caractère spontané du mouvement ayant mis fin aux vingt-trois ans de régime policier de Zine El-Abidine Ben Ali. Lire la suite…
Les manifestations contre la cherté de la vie qui secouent une partie du Maghreb ont atteint vendredi la Jordanie, où des centaines de protestataires sont descendus dans les rues de plusieurs villes, dont la capitale Amman. A Karak, dans le sud du royaume, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au Premier ministre Samir al Rifaï.
Cette manifestation, qui s’est déroulée dans le calme, a eu lieu malgré les mesures annoncées à la hâte par le gouvernement concernant une baisse des prix de certaines denrées et du carburant. Lire la suite…
Dans notre série « c’est pas les révolutionnaires qui font les révolutions… »
QUE SE VAYAN TODOS!
A Tunis, des chars de l’armée ont pris place ce vendredi 14 janvier 2011 devant le ministère de l’Intérieur, où la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes des milliers de manifestants qui réclamaient le départ du président Ben Ali.
Au même moment où les unités anti-émeutes traquaient les jeunes manifestants jusque dans les cages d’escaliers des immeubles alentour, les blindés de l’armée ont été déployés devant le ministère de l’Intérieur.
Auparavant, la police venait de charger les manifestants pour les empêcher de se fondre à un autre groupe de protestataires. Il n’aura fallut que quelques minutes aux forces de l’ordre pour vider l’avenue Habib Bourguiba de la foule des manifestants. Certains ont lancé en direction des policiers des pierres et aussi des chaises récupérées sur les terrasses des cafés.
Ce qui n’était au départ qu’un rassemblement de quelques centaines de personnes s’est vite transformé en une foule impressionnante de plusieurs milliers d’individus. (RFI)
Les démocrates sont penchés sur les barricades.
Arriveront-ils à engranger les bénéfices des révoltes de la rue?
La période laisse t-elle la place à une nouvelle victoire bourgeoise sur une révolution?
Ce soir ou jamais (sic!)
« … le sujet abstrait, hypostase de l’individu isolé de la société bourgeoise. Nous avons là le « défaut » majeur de toutes les philosophies : leur incapacité à s’émanciper des apparences immédiates de la société marchande qui les fonde et qu’elles acceptent comme l’unique réalité. C’est à partir de l’acceptation non critique de la situation de l’individu dans la société bourgeoise que va se nouer l’essentiel de la problématique philosophique»