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Brésil: au coeur du cyclone…

  1. maurice
    20/06/2013 à 18:25 | #1

    Salut,
    Je n’ai pas vu d’analyse de ce qui se passe au Brésil sur le site. Que veut dire la phrase: « le côté esthétisant n’est pas sans rapport avec le contenu du mouvement »? Quel intérêt de mettre ça et ces photos? Sans rien ajouter.
    Quant à l’autre vidéo du flic qui se fait lyncher avec le chapeau que vous avez mis…
    Je ne suis pas avide des situations où nous pouvons enfin nous venger des bourgeois sur la gueule de leurs chiens de garde humains aussi féroces soient ils. Et encore moins de la contemplation de ça sur écrans. Cette vidéo n’apprend rien. Elle montre juste un bref retournement de situation, un niveau de violence assez élevé qui n’empêche pas la moitié des gens de filmer ou prendre des photos. Le spectacle sur dndf. Est ce en rapport avec le contenu de la démarche de ce site?

  2. pepe
    21/06/2013 à 06:40 | #2

    maurice :

    La critique est très juste. Le commentaire (« Le côté esthétisant des images n’est pas sans rapport avec le contenu du mouvement…. »), un peu trop spontanément écrit, voulait juste pondérer le choix des images. Il nous paraissait intéressant de les publier mais, en même temps, le coté très « mis en scène », très esthétique nous mettait un peu mal à l’aise. Et sur le fond, le commentaire voulait juste rappeler la coloration fortement « classes moyennes » de cette nouvelle explosion, après la Turquie mais aussi le surgissement des classes moyennes ces trois dernières années, un peu partout dans le monde.
    Pour ce qui est de l’autre vidéo, rien de plus que le plaisir de voir , à de rares occasions, le rapport de force s’inverser sur le terrain.
    Tout cela sans prétendre produire là de l’analyse sérieuse!

  3. A.Nonyme
    21/06/2013 à 09:12 | #3

    sur les classes moyennes dans les mvts en turquie et au Brésil, entre autres

    https://sites.google.com/site/theoriecommuniste/tel-quel

    «  l’entrée en lutte des classes moyennes prolétarisées ou en voie de l’être, ou simplement qui sans changer de place dans la division du travail voient leur niveau de vie terriblement menacé.
    Les classes moyennes se caractérisent, entre autres, par cette menace constante de la prolétarisation et par un travail tout aussi constant et acharné de reconstitution des hiérarchies. Travail, jusqu’à maintenant, majoritairement couronné de succès dans la mesure où les classes moyennes sont une création fonctionnelle inscrite dans les rapports de production capitalistes. Tout s’origine dans la contradiction entre prolétariat et capital, mais nous devons considérer toute l’extension et le développement contenu dans le concept d’exploitation : le salariat comme rapport de production et rapport de distribution ; la distinction entre travail simple et travail complexe (constitutif de la valeur, temps de travail social moyen) – ces deux premiers points permettent d’introduire structurellement l’importance et la pertinence de la hiérarchie des revenus ; la dualité de la coopération (le travail salarié implique la concentration des moyens de production face à lui dans la production à grande échelle) ; le travailleur collectif ; la circulation de la valeur (A-A’) ; la distinction entre travail productif et improductif (qui ne doit pas être substantialisée sous la figure de personnes) ; la nécessaire reproduction du rapport avec toutes les instances et activités qui lui sont liées. Ce sont toutes ces déterminations intrinsèques au rapport entre prolétariat et capital qui non seulement segmentent le prolétariat mais encore se cristallisent dans la production des classes moyennes : ambivalence du salaire, coopération, reproduction, travail complexe (auxquelles on peut ajouter les inégaux niveaux de développement de l’accumulation capitaliste qui viennent surdéterminer tout cela). C’est la cristallisation sociale de ces déterminations, les ordonnant de façon particulière qui, à partir d’elles, donnent les classes moyennes.
    Dans le mouvement dit des Indignés, on ne peut qu’être frappé par l’extrême diversité des origines sociales des participants, la diversité des réclamations. Revendications et rêves renforcent l’évidence de cette diversité. Cette diversité est aussi entre ceux qui sont déjà dans la situation combattue et ceux qui de toute évidence savent, sans y être encore, qu’ils vont y tomber. En ce qui concerne la Grèce, mais la chose semble assez générale, les camarades de Blaumachen soulignent que le mouvement en réussissant, c’est-à-dire en attirant ceux qui sont d’ores et déjà dans la situation contre laquelle il s’élève, en quelque sorte se saborde et n’y survit pas. Cela fait penser au mouvement anti-CPE en France à la suite des émeutes de banlieues de 2005 : un mouvement qui ne pouvait aller qu’à la compréhension de lui-même comme mouvement général contre la précarité mais qui se faisant se sabordait lui-même dans sa spécificité étudiante. Déjà aux Etats-Unis, la différence entre les mouvements de New-York et d’Oakland marque cette dynamique et cette coupure, de même qu’en Europe le peu de succès du passage de l’occupation des places aux comités de quartier (hormis occasionnellement à Barcelone). La limite essentielle qui pour l’instant structure ces mouvements est que le combat sur la reproduction générale de la force de travail occulte dans les rapports de distribution la détermination de ces derniers par les rapports de production. Parfois cette limite affleure comme contradiction interne au mouvement et dynamique de celui-ci.
    Le slogan avancé par le mouvement new-yorkais, les 99 % contre le 1 %, signifie l’ensemble de la population contre non pas une classe définie dans des rapports de production (en effet toute la production serait de « notre » côté) mais contre une bande (un gang) de prévaricateurs. Le chiffre même dit que ce n’est pas une « coupure » de classe. Cette coupure ne peut pas ne pas faire penser au saint-simonisme de la classe des industriels : tous ceux qui participent réellement à la production y compris les « bons » banquiers. Au mieux nous sommes ici dans l’opposition entre riches et pauvres, ce qui n’a jamais défini des classes mais qui n’est pas sans importance pour la lutte de classes, dans la mesure où leur définition et leur opposition (l’exploitation) impliquent le revenu comme reproduction de la force de travail à un pôle et la concentration de la richesse à l’autre.
    On peut reprendre ici un extrait de TC 20 : « Les classes ne sont ni des sommes d’individus regroupés par un intérêt commun, découpées sociologiquement dans la totalité de la société, ni de pures activités historiques comme l’IS et une partie de l’ultra-gauche, au début des années 1970, l’ont cru. Il faut dire cette chose triviale : le prolétariat c’est la classe des travailleurs productifs de plus-value. Ce n’est qu’une fois une telle chose dite que l’on définit la classe de façon historique parce qu’on a alors posé une contradiction, l’exploitation, et la polarisation de ses termes. Le prolétariat et la classe capitaliste sont la polarisation sociale de la contradiction qu’est la baisse tendancielle du taux de profit, en activités contradictoires. La contradiction qui résulte, dans le mode de production capitaliste, du rapport entre l’extraction de plus-value et la croissance de la composition organique du capital se développe comme péréquation du taux de profit sur l’ensemble des activités productives et structure comme rapport contradictoire entre des classes l’ensemble de la société. Dans cette polarisation ce sont les catégories de la société du capital qui se dissolvent comme prolétariat contre le capital et la classe capitaliste. »
    Dire que le mouvement est interclassiste, ce n’est pas en conséquence le disqualifier, c’est tout d’abord le reconnaître tel qu’il est, c’est finalement « enfoncer une porte ouverte », mais c’est surtout être capable d’en reconnaître les limites en les nommant précisément et cela d’une façon non normative. Il est inutile de dire : « le mouvement n’est pas suffisamment ceci ou cela » ou « trop ceci ou cela ».
    L’interclassisme est simplement une de ces limites. Dans ces mouvements dits des Indignés comme, dans de toutes autres circonstances, avec les « révoltes arabes », l’interclassisme est le mouvement dans lequel la classe ouvrière rencontre sa propre appartenance de classe comme une limite de son action en tant que classe. Car s’il y a interclassisme cela signifie qu’il y a aussi des ouvriers, des chômeurs, des précaires, etc. L’interclassisme n’est pas pour les prolétaires un détournement mais le point où, dans certaines conditions, les amène leurs propres luttes. Il s’agit d’une des formes de la situation générale actuelle de la lutte de classe. Mais il ne faut pas s’y tromper, c’est au travers des conflits internes d’une telle situation, conflits internes à ces mouvements, que cette situation générale peut devenir le fait de faire de l’appartenance de classe comme contrainte extérieure l’enjeu même de la lutte.

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