Une réponse aux « Remarques sur le genre »
Combler le fossé conceptuel: une réponse aux « Remarques sur le genre » de Cinzia Arruzza
« Certaines personnes du courant de la communisation ont abordé cette question de façon importante, en tentant, dans les mots de Gonzalez et NetOn, de «délimiter les catégories [du genre] qui sont spécifiques au capitalisme comme « le capital »lui-même. » La façon dont Arruzza cadre sa réflexion sur la reproduction sociale permet à la question d’émerger d’une manière intéressante. Elle reconnaît que certaines formes qui dépassent le travail salarié sont logiquement nécessaires au capital, par exemple, le travail ménager non rémunéré. Elle reconnaît également que les femmes sont intimement liées à cette forme de travail indispensable. Cependant, ce lien reste contingent ; les femmes et la reproduction sociale pourraient, en théorie, être découplés. Mais que faire si nous essayions de détruire l’ensemble des relations sociales nécessaires associées aux femmes et la catégorie « femmes » dans le capitalisme. Que faire si «femme» n’était rien d’autre que la catégorie officielle des gens qui sont sur le côté de l’ensemble spécifique de relations sociales, de la même façon que le prolétariat n’est rien d’autre que la catégorie officielle des personnes qui sont sur le côté d’un ensemble spécifique des relations sociales. Dans le cas du prolétariat, les relations sociales consistent à être ceux qui ne possèdent rien d’autre que leur propre force de travail, qu’ils doivent vendre pour gagner leur vie, et être soumis à la menace d’être chassé du champ du travail par le capital. Dans le cas des «femmes», ou pour être plus efficace et précis « les personnes féminisés » (voir ci-dessous)
Combler le fossé conceptuel: une réponse aux « Remarques sur le genre » de Cinzia Arruzza
Ce texte pose la question d’une théorie unifiée des relations sociales. L’essai de Cinzia Arruzza «Remarques sur le genre » nous rappelle les débats, laissés en sommeil depuis des décennies, autour de l’élaboration d’une théorie unifiée du capital. Cependant, le chemin pris par Arruzza vers cette unification en est un qui abdique la possibilité de situer le genre et la race dans le cadre de l’abstraction, logique, ou comme «mécanismes essentiels » du capitalisme, préférant intégrer ces relations envahissantes comme détails du déroulement historique et concrète du capitalisme.
Ce rejet du genre et de la race hors du cadre de la logique interne du capital n’est pas particulier à Arruzza. C’est une pratique courante au sein du féminisme marxiste, ainsi que dans d’autres courants qui tentent de faire valoir l’importance d’axes de violence, d’oppression ou d’exploitation au-delà de la classe (par exemple, la race, la sexualité, le genre) dans le mode de production capitaliste. La possibilité que le genre et la race soient en quelque sorte inhérents à la logique interne du capital n’est pas rejetée parce que les tentatives de le prouver ont échoué , elle est rejetée à priori, avant toute tentative. Les hypothèses qui placent le genre ou la race à l’intérieur de la structure logique essentielle du capital sont si rares ou impopulaires que les critiques marxistes comme Arruzza ne sentent même pas la nécessité d’argumenter contre cette possibilité. Il est tenu pour acquis que ces relations ne figurent pas dans la logique interne du Capital , dans la structure abstraite du cœur du capitalisme. Lire la suite…














