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Émeutes dans le sud de la Chine

Nouvelle flambée de violence en Chine : des protestataires ont incendié ce week-end plusieurs véhicules de police dans une province du sud du pays, pour dénoncer les mauvais traitements infligés par les forces de l’ordre aux travailleurs migrants, selon des témoins.
Si les manifestations violentes sont devenues fréquentes en Chine au cours de la décennie passée, ces dernières semaines semblent avoir été particulièrement troublées. Les éléments déclencheurs étaient différents dans chacun des cas, mais la majeure partie des incidents trouvaient leur source dans les ressentiments envers les inégalités sociales, l’abus de pouvoir et la négation de doléances légitimes.
Les dernières émeutes, survenues dimanche soir, ont fait suite à trois jours d’agitation croissante à Xintang, dans la province du Guangdong, axe central de l’industrie chinoise des exportations. Les récits d’incidents dans les médias contrôlés par l’État sont rares mais l’agence officielle Chine Nouvelle a précisé qu’une équipe gouvernementale avait été envoyée dans la région pour faire taire les rumeurs relatives aux troubles.

En mai dernier, la Mongolie intérieure avait été le théâtre des plus importantes manifestations de rue dans la région depuis une vingtaine d’années, tandis qu’un homme, dont les terres avaient été saisies, avait dirigé sa colère contre des bâtiments publics d’une ville du sud de la Chine : trois personnes ont été tuées et au moins neuf autres blessées dans l’explosion de trois bombes artisanales qu’il avait déclenchées.

La semaine dernière, plusieurs milliers de protestataires ont également attaqué des bureaux publics à Lichuan, dans le centre du pays, après le décès d’un membre du conseil municipal, qui aurait été tabassé à mort par la police, pendant sa garde à vue.

Les autorités chinoises ont réagi avec nervosité à l’ensemble des troubles, en particulier après les soulèvements populaires de cette année dans plusieurs pays du monde arabe. Au cours des derniers mois, des centaines de militants critiquant la politique gouvernementale ont été interrogés, appréhendés ou ont disparu.

Les violences à Xintang ont éclaté vendredi soir quand une femme enceinte a été poussée au sol lors d’une intervention contre des vendeurs de rue, pour la plupart des migrants venus de la province du Sichuan (sud-ouest).

Les gens ont rapidement afflué, bloquant la circulation et attaquant des bâtiments publics à coups de jets de briques et de bouteilles, selon Chine Nouvelle. La police a procédé à l’interpellation de 25 personnes, accusées d’incitation aux troubles, a précisé l’agence de presse en ajoutant qu’aucune victime n’avait été déplorée.

Les heurts se sont poursuivis et des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche soir à un échangeur routier, mettant le feu à plus de vingt véhicules d’urgence. Des affrontements ont opposé les protestataires à des policiers et des membres des forces paramilitaires, a rapporté lundi un vendeur de l’usine de fabrication de textile Xintang Ruilong, située à proximité du lieu des incidents.

Le vendeur, qui s’est présenté sous le surnom de Wang, a déclaré que les violences avaient éclaté après des coups donnés par des agents auxiliaires des forces de police, à des vendeurs migrants, sur ordre des autorités locales. Les vendeurs auraient alors contacté parents et amis, qui seraient arrivés par groupes et s’en seraient pris aux véhicules avant d’affronter les forces de sécurité.

Une ouvrière d’une autre usine de confection de textile Fengcai, également surnommée Wang, a de son côté expliqué que les dirigeants avaient interdit à quelque 400 travailleurs migrants de quitter l’installation. « Il y avait beaucoup de gens dans les rues la nuit dernière, criant et tentant de créer le chaos », a-t-elle dit. « Certains d’entre eux ont même cassé des véhicules de police. »

Un enregistrement vidéo des incidents mis en ligne sur internet montre des foules bloquant la circulation, attaquant des véhicules et incendiant des bus.

Le Réveil (Source : Associated Press), 14 juin 2011.

Chine : manifestation violente à Lichuan

Plus de 1.500 personnes se sont affrontées avec la police à Lichuan, dans la province du Hubei (centre de la Chine), lors d’une manifestation pour protester contre la mort en garde à vue d’un élu local, a rapporté samedi la presse officielle. La police a arrêté deux hauts responsables, soupçonnés d’être impliqués dans la mort le 4 juin de M. Ran Jianxin, un élu local âgé de 49 ans, selon le Global Times. M. Ran Jianxin s’était opposé à des expropriations de terres par l’exécutif local. Accusé de corruption, il est décédé alors qu’il était interrogé par la police, selon le journal.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1308060861.gifCette mort suspecte a indigné la population et plus de 1.500 personnes se sont rassemblées jeudi devant le siège du gouvernement provincial, jetant des bouteilles et d’autres projectiles contre les policiers. Les manifestants ont aussi brisé la grille de l’enceinte du siège de l’exécutif local, a indiqué un communiqué publié vendredi sur le site internet de l’exécutif local. « Afin d’empêcher une détérioration de la situation, les services de la sécurité publique ont pris rapidement des mesures, conformément à la loi, pour gérer de manière adaptée le mouvement de foule », a indiqué le communiqué dans des termes habituellement utilisés par les autorités pour désigner le recours à la force.

Outre l’arrestation des deux responsables, un procureur a démissionné et le directeur-adjoint du Comité du Parti communiste de Lichuan a été démis de ses fonctions.

AFP11 juin 2011.

Troubles sociaux dans le sud de la Chine

Des centaines de personnes ont affronté la police et détruit des véhicules dans la ville de Chaozhou (sud) après une agression à l’arme blanche d’un ouvrier réclamant son salaire, ont rapporté aujourd’hui les autorités et les médias officiels chinois. Dix-huit personnes ont été blessées et neuf arrêtées lundi lorsque la police est intervenue pour réprimer une manifestation d’environ 200 ouvriers migrants, selon le quotidien anglophone Global Times et le gouvernement local.

Les protestataires s’étaient rassemblés devant un bâtiment officiel pour demander que les autorités punissent trois personnes suspectées d’avoir attaqué un ouvrier migrant dont le nom de famille est Xiong, le 1er juin. M. Xiong aurait été agressé après avoir exigé deux mois de salaire impayés, selon le Global Times.

Les trois suspects, dont le patron de l’usine de céramique où travaillait M. Xiong, ont été arrêtés et leurs dossiers transmis aux autorités judiciaires locales, selon un communiqué de la municipalité de Chaozhou.

D’après les images d’une vidéo postée sur le portail Sina.com, des centaines, voire des milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de la ville, et certaines ont lancé des objets ou donné des coups de bâton sur une camionnette.

Selon le communiqué des autorités, une voiture a été incendiée, trois ont été détruites et 15 endommagées. Un responsable local a indiqué mercredi à l’AFP que l’incident était « clos ». « Il n’y a plus de rassemblement », a-t-il affirmé.

Le nombre de conflits du travail a augmenté ces dernières années en Chine, où les ouvriers migrants, qui forment l’essentiel de la main d’œuvre industrielle des régions côtières, demandent de plus en plus fréquemment des augmentations de salaire et des améliorations de leurs conditions de travail.

AFP8 juin 2011.

Sources, photo et vidéos : juralib

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