« stoff, une critique marxienne du capitalisme au 21ème siècle »

06/04/2021 un commentaire

Sur le site «Sortir du capitalisme »

Une émission autour du premier numéro de stoff, une revue de réflexion vivante et collective autour de la critique marxienne du capitalisme – avec des membres du collectif stoff

L’émission complète

L’émission (1 heure 10 minutes) comporte :

Une présentation du projet théorique et politique de stoff (notamment par rapport à Marx et au marxisme, au matérialisme, à l’Ecole de Francfort, à la communisation, à l’appelisme et à la critique de la valeur) et de son fonctionnement collectif ;

Une explication du concept de stoff ;

Une présentation de Michael Heinrich, de sa relecture de Marx, et une discussion à partir de son interview de ce qu’on peut faire aujourd’hui de la critique marxienne du capitalisme, de l’idée d’une crise finale du capitalisme, du poids respectif des dominations impersonnelles et de classe, des structures et des capacités autonomes des individus et des groupes sociaux, et des questions de genre et de racialisation.

“Pour en finir avec le taux de profit, les capacités de production oisives et la crise de suraccumulation à venir”

04/04/2021 Aucun commentaire

Pour en finir avec le taux de profit, les capacités de production oisives et la crise de suraccumulation à venir

Dans notre article précédent (Lorsque les traders utilisent des catégories marxistes pour prendre leurs décisions) nous avions souligné l’intérêt que revêt l’analyse d’indices comme le Q de Tobin et le PER Shiller dont les calculs peuvent être rapprochés de certains concepts économiques marxistes. Ici, nous décidons d’aller plus loin en détournant ces indicateurs d’évaluation des marchés financiers de leur utilité première pour en produire une lecture historique nous permettant d’entrevoir certaines conjectures économiques. Pour résumer, le Ratio prix/bénéfices corrigé des variations cycliques (CAPE), aussi appelé PER Shiller, est un indicateur statistique d’évaluation des marchés financiers très fréquemment utilisé par les investisseurs. Il présente la somme moyenne que le marché boursier est prêt à investir pour chaque dollar de bénéfice que génère une entreprise. Pour cela, il se calcule en divisant la capitalisation boursière d’une entreprise par la moyenne de ses bénéficies sur 10 ans, corrigés de l’inflation. Inversé mathématiquement, cet indice nous donne un taux de profit rapporté au capital fictif investi dans une entreprise. Examiner cet indicateur pour en dégager les dynamiques générales devient particulièrement riche d’enseignements lorsqu’on étend l’étude à l’ensemble des plus grandes sociétés américaines sur une Histoire de longue durée. Au-delà de cette chute du taux de profit, nous verrons ensuite les impacts de la crise pandémique sur le développement des capacités de production oisives. Cette profusion de capital productif inemployé semble nous indiquer la possibilité d’émergence d’une crise de suraccumulation de capital dans de bref délais. Enfin et après un rapide point épistémologique, nous mettrons un point final à notre série d’articles en développant les implications que notre approche du capital fictif nous permet d’envisager, notamment vis-à-vis de la loi de valeur énoncé par Marx. 

Étude historique du taux de profit relatif au capital fictif investi (Rcf)

De prime abord, il peut sembler paradoxal de mettre en rapport le profit généré et le capital fictif investi dans les actions d’une société. Bien que ces investissements ne servent pas directement à la production et donc ne participent pas à générer ce profit, ils demeurent du capital. Comme nous l’avons longuement démontré dans les chapitres précédents, ce capital est devenu aujourd’hui un des moteurs principaux de l’accumulation capitaliste permettant la croissance du capital productif. Au sein des entreprises à forte capitalisation boursière, l’achat de nouvelles machines, de matières premières ou de force de travail est rendu possible grâce à la profusion de ce capital-actions. Lire la suite…

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Blog DDT 21 « La fin du monde n’aura pas lieu »

30/03/2021 Aucun commentaire

Le catastrophisme a le vent en poupe, teinté parfois de marxisme comme on l’a vu au chapitre précédent :
un monde en voie d’effondrement nous emporte avec lui, il est urgent d’agir… ou peut-être pas, s’il est déjà trop tard.
Mais de quel effondrement s’agit-il ?

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A propos de la grève de la faim de Dimitris Koufontinas

28/03/2021 Aucun commentaire

Second texte du camarade grec

Le 22 mars, deux articles[i] sur la grève de la faim de Dimitris Koufontinas ont été publiés dans lundi.am. Les deux articles développent un raisonnement qui est, à tout le moins, valide et qui aide à comprendre la situation récente ; en même temps, cependant, l’absence de certaines références nécessaires est tout aussi importante et doit donc être soulignée comme telle.

Comme il s’agit d’articles dont la cohérence interne s’est accrue et qui ont une corrélation valable avec l’histoire de la lutte des classes en Grèce, afin de décoder leur contenu, nous les mettrons en contact avec d’autres textes, dont la lecture est de toute façon recommandée par nous. Lire la suite…

Un nouveau blog : « Le serpent de mer »

28/03/2021 Aucun commentaire

« Nous sommes issus de la mouvance anarcho-marxiste-autonome. Nous avions pour projet de créer une revue où il aurait été question de la crise de reproduction du capital. Ajournée, cette revue est devenue un blog.

On trouvera ici des analyses de la forme socio-économique capitaliste dans sa phase actuelle, mais aussi d’autres écrits qui ne s’inscrivent pas directement dans le champ cloisonné de la « théorie » : de la fiction, des documents historiques, de l’introspection, d’autres choses peut-être.

Nous pensons que la crise s’approfondit, mais nous n’en déduisons aucune téléologie. À défaut de traquer la vieille taupe, nous avons choisi de nourrir des serpents de mer. »

Harry Cover & John Duff

Lettre de Grèce

22/03/2021 Aucun commentaire

Un camarade nous a envoyé ses quelques réflexions sur la situation actuelle en Grèce

La fente de Nea Smyrni 

Il y a de nombreux obstacles à surmonter si l’on veut parler de la signification des récentes émeutes à Nea Smyrni, surtout si l’on s’adresse à un public étranger (français), aussi agréable que soit le cadre de la discussion.

Tout d’abord, il faut mettre de côté les positions superficielles comme celles de Youlountas, qui continue à lier sa carrière (journalistique ? artistique ?) à la reproduction du mythe de la place Exarchia, supposée être en état de rébellion perpétuelle, et à cajoler les gestionnaires politiques contemporains de ce mythe, en cherchant à s’y inclure. Ce qui s’est passé dans Nea Smyrni n’a heureusement rien à voir avec les incidents récurrents habituels qui avaient lieu dans la région jusqu’à récemment, par exemple après la fin d’une manifestation. En projetant Exarchia comme la matrice supposée de l’imaginaire insurrectionnel en général, et comme le passage obligé pour comprendre les événements récents en particulier, Youlountas et compagnie, par inadvertance, à travers ce sophisme, avouent autre chose : Les médiations politiques basées sur la place Exarchia sont en crise de représentation, car le contrôle qu’elles étaient capables d’exercer sur les secteurs agités de la société, en particulier les jeunes, s’est affaibli, ces derniers étant de moins en moins capables de se reconnaître en elles. Lire la suite…

liremarx

21/03/2021 Comments off

« Site de diffusion de marxologie et de théorie critique matérialiste ayant pour but la mise à disposition d’un aperçu des publications, aussi complet et actuel que possible sur: les éditions de Marx et Engels, les publications sur les aspects politiques, philosophiques, économiques, entre autres, des travaux de Marx et Engels, des recherches biographiques sur Marx et Engels ainsi que du matériel permettant la lecture de ces auteurs. »

« Crise et paupérisation »

15/03/2021 Aucun commentaire

Un camarade nous a fait parvenir la traduction d’un texte de Aaron Benanav et John Clegg ( de la revue anglophone « Endnotes ) qui n’est pas très récent (il est d’avant-Covid), mais qui résume de manière simple leur position par rapport au marxisme en général tiré d’un bouquin qui s’appelle: 

« The Sage Handbook of Frankfurt School critical Theory »

« Crise et paupérisation »

« Nous ne voulons pas être incompris : en proposant ces tâches pour la théorie, nous n’annonçons pas un rôle particulier pour les théoriciens. À notre avis, la meilleure façon de voir la théorie est de la considérer comme une thérapie face au désespoir qui accompagne toujours les temps morts dans la lutte de classe, qui durent souvent pendant des années. C’est un mode de réflexion explicite sur la production théorique implicite dans la lutte, qui porte son attention aux limites inhérentes aux luttes. Celles-ci, dans leur formalisation comme limites, peuvent donner naissance à un mouvement communiste. Ce désespoir n’attend même pas toujours les temps morts de la lutte pour se manifester. Les militants désespèrent souvent des luttes dans leur déroulement même. On observe un clivage entre les militants d’une part, qui agissent sans réfléchir, et les théoriciens critiques d’autre part, qui pensent sans agir. La théorie doit permettre une pensée en action, une pensée qui connaît les limites de l’action, mais qui agit malgré tout. »

le texte en pdf

Crise et paupérisation

 

 

« sur la valeur, le capitalisme et le communisme »

10/03/2021 Aucun commentaire

Traduction de la présentation d’un essai de Jasper Bernes sur la valeur, le capitalisme et le communisme.

Illustration de dndf.

Le test du communisme

Jasper Bernes- 7 mars

Voici la première partie d’un essai qui reprend une grande partie des éléments abordés dans ma série sur la communisation. J’ai l’intention de poursuivre cette série prochainement. (Lien vers l’essai complet au bas du texte)

Le communisme est une vieille idée dans le monde. Appelons-la ancienne, elle pourrait aussi bien être notre antiquité. Nous n’avons pas besoin de chercher ses origines dans les ruelles de l’insurrection, mais seulement de savoir que des millions de personnes ont lutté et sont mortes en son nom. En ce sens, elle n’est pas seulement une idée, mais une véritable force dans l’histoire, produit et facteur d’un mouvement prolétarien qui, depuis au moins deux siècles, pose le dépassement du capitalisme par une société sans classe, sans État et sans argent. En fait, ce qui est remarquable dans l’histoire du mouvement ouvrier de ces deux derniers siècles, c’est que ce véritable idéal a semblé jusqu’à récemment non seulement inévitable mais évident. Même lorsqu’ils ne s’entendaient pas, violemment, sur la manière de parvenir à un tel état de choses, les anarchistes, les communistes, les socialistes, les marxistes, les syndicalistes et même certains libéraux, étaient tous unis par une vision commune d’une future société sans classes.

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Il Lato Cattivo : « Encore à propos du Covid-19 et au-delà. Une mise à jour »

03/03/2021 un commentaire

Traduction du texte italien.

Merci aux camarades pour la relecture

Il Lato Cattivo : « Encore à propos du Covid-19 et au-delà. Une mise à jour »

«Rien de vraiment décisif, ni dans le domaine de l’affrontement entre fractions opposées du capital ni dans celui de l’affrontement entre classes, ne s’est encore produit dans cette première phase de la crise. Cependant, les lignes de démarcation déjà existantes entre classes et fractions de classe s’approfondissent, tandis que d’autres se dessinent de manière à peine plus visible. En outre, les nœuds non résolus de tout un cycle d’accumulation en voie d’épuisement (cf. ci-dessus, la question noire aux États-Unis, la question allemande en Europe, la question paysanne en Inde et en Chine) font surface, rendant le tableau d’ensemble plus complexe et plus déchiqueté. Une aggravation de la crise aura lieu, bien qu’il soit difficile de dire sous quelle forme et sous quelles impulsions. Après la mise en veille de la mondialisation entre les crises de 2008 et 2020, il convient de se préparer – ne serait-ce qu’« intellectuellement » – à une phase de fragmentation du cycle mondial du capital, avec l’apparition d’un ou plusieurs rideaux de fer. Cela ne signifie pas que les blocs et sous-blocs actuellement en gestation deviendront des compartiments étanches du jour au lendemain. La démondialisation est un processus, et tout processus d’une telle envergure implique des accélérations, des coups d’arrêt et des reculs suivis de nouvelles accélérations. »

le texte en pdf

ILC – encore à propos de Covid-19

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Blog DDT21 : « Écologie / 05 / De l’anthropocène au capitalocène »

01/03/2021 2 commentaires

« Écologie / 05 / De l’anthropocène au capitalocène »

L’idée d’anthropocène voulait exprimer la venue d’une époque où les activités humaines modifient désormais toute la vie sur Terre. Mais la responsabilité indéniable du système capitaliste dans la crise écologique rendait cette notion trop visiblement réductrice, sinon carrément fausse. D’où la montée d’une nouveauté critique, le capitalocène qui, tout en se référant explicitement à un « capitalisme », aboutit à escamoter ce qu’il est au fond, et ne propose finalement que des perspectives politiques le plus souvent fades, en tout cas fort loin d’une révolution sociale et écologique. LIRE LA SUITE.

« TEMPS LIBRE II »: « L’actualité de la question des classes sociales »

22/02/2021 Aucun commentaire

Les camarades du site “Agitations” publient la « Contribution à la théorie des classes », dont le pdf est disponible gratuitement sur le site de “Temps Libre” et qui sera disponible en format papier dans les librairies militantes parisiennes d’ici quelques semaines.

L’actualité de la question des classes sociales

« Une étude du FMI prévoit une vague d’explosions sociales après la pandémie »

21/02/2021 Comments off

Article publié dans la presse espagnole

« Une étude du FMI prévoit une vague d’explosions sociales après la pandémie »

Été 2022. Juste au moment où les gouvernements pensent que le pire est passé après une campagne exhaustive de vaccins et de plans de relance économique de plusieurs milliards de dollars, le monde s’illumine soudainement. Des centaines de villes sont le théâtre de batailles entre des manifestants et des policiers anti-émeute habillés à la Robocop. Des images de bâtiments en feu sont projetées sur des millions d’écrans de télévision. Les gouvernements tombent lors d’élections tumultueuses.

Il ne s’agit pas du prochain épisode de la série dystopienne « Years and years », mais d’un scénario qui dessine ce qui pourrait se passer après la pandémie, sur la base d’une analyse faite par les experts techniques du Fonds monétaire international (FMI). Lire la suite…

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« Karl Marx à Wall Street »

20/02/2021 Comments off

Lu sur le compte twitter de « l’orage se fait attendre »

Petit teaser sous forme de graphique avant la sortie du prochain épisode de « Karl Marx à Wall Street »

Blog Troploin : « L’année où le monde est devenu viral »

10/02/2021 Aucun commentaire

«  En fait, ce texte anglais est une reprise du texte sur le même sujet paru sur DDT 21, « Virus, Le monde d’aujourd’hui », avec des changements pour la version anglaise, mais le fond est le même. »

« L’année où le monde est devenu viral »

Jusqu’aux premiers jours de 2020, lorsqu’ils parlaient de “virus”, les Occidentaux voulaient généralement dire que quelque chose n’allait pas avec leurs ordinateurs (les Asiatiques étaient sans doute mieux informés). Bien sûr, tout le monde connaissait la signification médicale du mot, mais ces virus restaient loin (Ebola), relativement silencieux malgré les 3 millions de décès annuels dus au sida (VIH), voire banals (grippe hivernale, cause de “seulement” 10 000 décès en France chaque année). Et si la maladie frappait, la médecine faisait des miracles. Elle avait même fait disparaître l’espace : depuis New York, un chirurgien pouvait opérer un patient à Strasbourg. Lire la suite…

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Blog DDT 21 : « « 04 / Échec de l’écologie politique »

10/02/2021 Comments off

« 04 / Échec de l’écologie politique »

USA. New York City. 1992. In the Zoo in Central Park. Manhattan.

S’ils s’opposent à bien des égards, écologistes de gouvernement, écologistes des petits pas, écosocialistes et écologistes radicaux ont un point commun. Qu’ils ambitionnent un poste ministériel, fondent une Amap, écrivent le programme d’une future « vraie gauche » ou tentent de faire de l’écologie un levier de bouleversement social, tous mettent la « question écologique » au centre du monde actuel, comme si elle obligeait aujourd’hui à redéfinir ce qu’est le capitalisme, et ce que serait sa nécessaire et possible transformation. Tous également se veulent réalistes et se vantent d’agir sans se payer de mots.
Mais quel est donc le bilan des actions qu’ils mènent depuis maintenant plusieurs décennies ? LIRE LA SUITE

« L’auto-éducation de Jan Appel »

05/02/2021 Aucun commentaire

Cinquième épisode de la série de Jasper Bernes « la communisation et son histoire »

« L’auto-éducation de Jan Appel »

Il s’avère que je ne peux pas encore quitter Jan Appel. Il y a encore beaucoup à dire sur son rapport à la communisation, sinon sur le “communisme de conseil” ou le “conseillisme”. En effet, en 1920, Appel, à bord de sa goélette de harengs détournée, naviguant vers Mourmansk puis vers Saint-Pétersbourg pour se faire réprimander par l’homme dont la ville allait prendre le nom, n’était pas encore conseiller municipal ni même communiste, si l’on en croit les définitions que nous laisse Philippe Bourrinet*, mais faisait plutôt partie d’un communisme de gauche large, encore mal défini, qui était en train de se définir pendant que la révolution mondiale s’effondrait. Après tout, il était en route pour la Russie soviétique, au nom du KAPD nouvellement formé, dont les positions étaient antiparlementaires, antisyndicales et pro-conseil, mais nullement communistes. Le fait même qu’il ait détourné le sénateur Schröder au nom de son parti, pour communiquer avec le Comintern, indique qu’il voyait encore un rôle expansif pour le parti. Il se trouvait sur un bateau portant le nom d’un fonctionnaire parlementaire, en route pour communiquer avec les dirigeants d’un État rebelle, après tout. Lire la suite…

“TEMPS LIBRE II”: Une critique du “ménage à trois de la lutte des classes”

01/02/2021 Aucun commentaire

Le problème de la classe moyenne salariée chez Astarian et Ferro

La pertinence d’une théorie des classes du mode de production capitaliste repose sur sa capacité à produire des définitions permettant de rendre compte des luttes qui le structurent. Les luttes que les classes se livrent incessamment – parfois silencieusement, parfois à découvert – doivent trouver une explication au sein même du rapport contradictoire qui produit les classes sociales; une théorie des classes doit être en mesure de présenter ces luttes comme le développement même de ce rapport. Une théorie dont les définitions conduisent à une conception du capitalisme comme une simple stratification sociale échoue à la tâche puisqu’avec celle-ci, le rapport que les classes entretiennent se réduit à une différenciation quantitative; les prolétaires, ce sont les pauvres, la classe moyenne regroupe les personnes un peu plus fortunées et la classe capitaliste n’est pas autre chose que l’ensemble des riches. C’est le danger que court toute théorie qui fait de la distribution de la plus-value l’élément décisif de la définition des classes. Le niveau de rémunération d’un agent, parce qu’il explique son appartenance de classe, devient alors le seul élément réellement important pour l’analyse de classe. Conséquemment, la place des agents au sein des rapports de production et la contradiction qui structure et meut les formations sociales capitalistes n’ont plus qu’un rôle explicatif – au mieux – marginal dans l’analyse de cas concrets de lutte des classes. Lire la suite…

“TEMPS LIBRE II”: une critique de “Théorie Communiste”

31/01/2021 9 commentaires

Cette critique fait partie de la Section 3 du second numéro de la revue québécoise Temps Libre et s’inscrit à ce titre dans un projet plus large de théorisation des classes du mode de production capitaliste. C’est pourquoi on ne saurait apprécier correctement cette critique sans se référer aux autres sections de la revue qui la fondent. (Le fichier pdf en fin d’article. dndf)

Critique de la théorie des classes de “Théorie Communiste”

Il ne manque pas de généralités lorsque vient le temps de parler des classes dans le mode de production capitaliste. On ne compte pas le nombre d’analyses soi-disant matérialistes qui évitent la tâche de définir rigoureusement les classes sociales et qui s’en tiennent à de vagues énonciations sur le rapport qu’elles entretiennent : « les classes n’existent que dans la lutte des classes », « le prolétariat est la classe en contradiction avec le capital », « les classes sont des pratiques de classes ». Par là, l’analyse semble avoir gagné en dialecticité : elle ne s’est pas bornée à l’étude d’une classe en elle-même, elle s’est même affranchie de cette basse tâche parce qu’elle sait trop bien qu’une classe existe nécessairement dans un rapport avec une autre, que les classes s’impliquent réciproquement. De telles analyses, bien qu’elles permettent de discourir longuement sur le mode de production capitaliste sans dire de faussetés, demeurent à un niveau trop abstrait; elles ne peuvent qu’être des indications méthodologiques pour un travail théorique, son point de départ et non son résultat.

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“TEMPS LIBRE” II

30/01/2021 2 commentaires

Nous avions salué, en son temps, la sortie d’une nouvelle revue en provenance du Québec, TEMPS LIBRE”.
Ils publient aujourd’hui leur Numéro 2. Outre l’intérêt de l’ensemble de cette publication, nous nous sommes particulièrement intéressés à la section 3 qui aborde un des thèmes importants traités dans dndf, les classes moyennes, et ce au travers d’une critique de fond de “Théorie Communiste” et une autre du “Ménage à trois de la lutte des classes” d’Astarian et Ferro.

Nous avons donc décidé de publier ici, dans les jours qui viennent, ces deux critiques in extenso. Le PDF complet du numéro II ici. dndf

 

 

“Si l’on prend au sérieux l’idée selon laquelle le système capitaliste n’est pas éternel et, donc, qu’il est voué à disparaître, alors il faut pouvoir expliquer de manière rigoureuse le comment de ce processus. C’est évidemment ce à quoi doit répondre de manière spécifique une théorie des classes qui est aussi une théorie de la révolution.”

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“Complotisme en général et pandémie en particulier”, version finale

26/01/2021 4 commentaires

Les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont récemment publié un texte de “travail en cours” sur leur blog au sujet du complotisme. Nous avions alors relayé ce travail.
Le texte est maintenant modifié et abouti. Nous le publions donc ici. dndf

Complotisme en général et pandémie en particulier

« On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien
Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
(…)
L’affaire trucmuche et l’affaire machin
Dont on ne retrouve pas l’assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l’information »
(Jacques Dutronc, 1967)

« Imagine qu’on nous ment, depuis des siècles et des siècles / Que certaines communautés haut placées connaissent les recettes / Les secrets de la vie, pas celle qu’on nous laisse voir. »

(Keny Arkana).

Quelques considérations préalables

Dans le mode de production capitaliste, la population n’est pas un fait de « nature », sa production, reproduction, gestion et les catégories qui la constituent sont le produit de rapports de classe et de genre qui en structurent la mise en forme et l’évolution. Cette population n’existe socialement et ne se reproduit que comme fonction du capital. Il n’y a pas de substrat intact ou pur pouvant servir de préfiguration de quoique ce soit, il n’y pas de bonheur ou de souffrance, de bonne santé ou de maladie, de manière de vivre ou de mourir qui puissent se comprendre autrement que comme une expression de ces rapports de classe et de genre. Il faut ajouter, vu le sujet, que cette expression sans cesse renouvelée – car produit historique – du rapport de classe et de genre existe dans le quotidien de la pensée et de l’action pour toutes les classes, et encore plus à l’insu (mais « de leur plein gré ») de ses acteurs pour ce qui concerne les classes dominantes ou supérieures. Lire la suite…

“Profits fictifs et IA financières au royaume du capitalisme « drogué ».”

24/01/2021 Aucun commentaire

Nous avons reçu cela. dndf

Salut, sur l’orage on est en train de publier une série d’articles sur le capital fictif, le taux de profit et la crise à venir. C’est assez long et on le recompilera en une seule publication lorsque l’ensemble de la série sera terminé. Néanmoins,  le dernier articles : profit fictif et IA financières au royaume du capitalisme drogué (https://lorage.org/2021/01/19/profits-fictifs-et-ia-financieres-au-royaume-du-capitalisme-drogue/) peut être apprécié indépendamment des autres et potentiellement faire débat.

Notre série d’articles précédents concernant les relations entre capitalisations boursières et taux de profit a démontré que, pour les entreprises possédant les valeurs financières les plus imposantes, le processus d’accumulation du capital se trouve comme inversé. Pour ces dernières, les profits croissants ne sont plus la source principale de la croissance du capital productif ; c’est l’augmentation de leur capitalisation boursière qui leur permet d’investir dans leur capital productif et d’améliorer leur productivité. C’est donc désormais autour de l’augmentation de cette valeur financière que se concentre l’essentiel de l’activité de ces entreprises. Pour reprendre l’expression de Roger Dangeville1, le capitalisme actuel se trouve comme « drogué »2 au capital fictif ; une drogue décuplant les capacités d’investissement et conférant un sentiment d’invulnérabilité.

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A paraître au mois d’avril : « Utopie 2021 »

22/01/2021 Comments off

Aux éditions Acratie

Utopie 2021 a pour ambition de répondre à une question : est-il encore possible d’imaginer, de nos jours, un monde totalement différent du monde actuel ? Un monde qui ne soit pas dominé par le capitalisme, et dans lequel il n’y ait ni propriété, ni argent, ni classes sociales ?

Le retour en force de la critique des excès du capitalisme depuis la grande crise de 2007-2008 s’est en effet accompagné d’un curieux phénomène : l’incapacité à aller au bout de cette critique.

Les utopistes contemporains, ceux qui veulent changer le monde, imaginent toutes sortes d’alternatives : des monnaies alternatives, une propriété alternative (« les communs »), des formes d’organisations politiques alternatives (plus démocratiques), des moyens de production alternatifs. Mais très peu, voire aucun, ne semble capable d’imaginer une société où il n’y ait plus d’État, plus d’argent et plus d’échange marchand du tout. Lire la suite…

TUNISIE, le Jasmin refleurit

20/01/2021 Aucun commentaire

Cinquième soirée consécutive d’émeutes en Tunisie

« Les gens ont faim »

Depuis le 15 janvier des manifestations ont éclaté dans les quartiers populaires d’au moins 15 localités à travers la Tunisie, en réponse à la dégradation des conditions de vie, à la pauvreté et au chômage endémique, en particulier parmi les jeunes du pays….

Plus de 600 personnes ont été arrêtées à ce jour, la plupart entre 15 et 25 ans, et l’armée a été déployée pour protéger les bâtiments gouvernementaux….

«Les gens ont faim. Ils veulent se venger de l’État »… «Je ne mentirai pas à ce sujet, ils veulent une autre révolution.»

https://www.theguardian.com/global-development/2021/jan/20/people-are-hungry-why-tunisias-youth-are-taking-to-the-streets

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A paraître aux éditions de l’Asymétrie

17/01/2021 Aucun commentaire

Les camarades des éditions de l’Asymétrie vont publier…

« Dissidences algériennes. Une anthologie, de l’indépendance au hirak »

SORTIE : 30/04/2021

« Le surgissement populaire de 2019 en Algérie a braqué les projecteurs, du moins pour un temps, sur une société en pleine effervescence, avide de justice et de liberté. Pourtant, le hirak ne constitue qu’une séquence, certes inédite à plus d’un titre, de l’histoire des luttes sociales et politiques qui ont jalonné la trajectoire de ce pays depuis sa sortie de la nuit coloniale. En effet, cette anthologie de textes souvent méconnus se propose de mettre en lumière grèves, émeutes, révoltes et débats tels qu’ils furent rapportés et animés par des individus ou groupes se réclamant du socialisme et opposés au régime militaro-policier. Qu’il s’agisse de l’autonomie de la classe ouvrière, de la reconnaissance de la culture berbère, de la séparation de l’Etat de la religion, de l’égalité entre les hommes et les femmes ou du bilan du combat anticolonialiste, les analyses et prises de position émanant de ces dissidences algériennes conservent une audace rarement égalée à ce jour. »

« Albanie 1997, une insurrection oubliée ? »

SORTIE : 16/07/2021

« En mars 1997 suite à l’écroulement des sociétés pyramidales dans lesquelles beaucoup avaient investi leurs économies, la population albanaise se soulève. En quelques semaines la classe politique et la quasi totalité du pouvoir d’État sont balayés. Les quelques tentatives d’auto-organisation sont toutefois rapidement brisées par l’intervention de l’armée italienne sous mandat de l’ONU. Ce soulèvement unique par son intensité dans la période récente est pourtant très peu connu et documenté et à l’heure où l’on met l’insurrection à toute les sauces il est donc urgent de le redécouvrir. Cette anthologie présentera des analyses et témoignages de l’époque et d’aujourd’hui avec des traductions de l’albanais, de l’anglais, de l’allemand, de l’italien et du grec et sera publiée simultanément en Grèce et diffusée en Albanie. »

“Com­plo­tisme en géné­ral et pan­dé­mie en particulier”

10/01/2021 6 commentaires

Les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont publié une contribution au débat sur le complotisme (entre autres!) sur leur blog de travail. En voici le début et le lien vers le blog. dndf

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vrai­ment sur rien
Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
(…)
L’affaire truc­muche et l’affaire machin
Dont on ne retrouve pas l’assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l’information » (Jacques Dutronc, 1967)

« Ima­gine qu’on nous ment, depuis des siècles et des siècles / Que cer­taines com­mu­nau­tés haut pla­cées connaissent les recettes / Les secrets de la vie, pas celle qu’on nous laisse voir. »(Keny Arkana). Lire la suite…

Un nouveau chapitre de la série sur la communisation

05/01/2021 Aucun commentaire

Voici un nouveau chapitre de la série sur la communisation de Jasper Bernes, cette fois sur le communisme de conseil.

Le communisme est un livre ouvert

Jan Appel et l’histoire du communisme des conseils

Jusqu’à présent, j’ai peut-être eu l’impression de traiter tous les éléments constitutifs du cocktail de communisation comme à peu près équivalents – une partie Bordiga, une partie communisme de conseil, secouée avec la glace de l’Internationale Situationniste, filtrée, puis servie dans une bouteille, avec un chiffon enflammé. Ce n’est pas comme ça, pas à mon avis. Bordiga, qui me fascine sans cesse, reste un personnage vexant, troublant dans la plupart de ses essais de base, et avec une orientation fondamentale qui est dogmatique, voire idéaliste, et de plus dépendante d’une anthropologie totalement inapplicable (bien que je le félicite d’avoir placé l’anthropologie au premier plan). Si je peux poursuivre ma métaphore de la chimie, le Bordiga est une sorte d’élément caustique dont les propriétés les plus utiles n’apparaissent qu’en combinaison avec d’autres matériaux. En comparaison, le communisme de conseil est un métal riche et étonnamment résistant – on peut voir la différence immédiatement dans le fait que, contrairement à la plupart des autres tendances, le communisme de conseil n’est pas identifiable, ni implicitement ni explicitement, avec un individu. La thèse centrale de cette tendance, et de la gauche communiste germano-néerlandaise au sens large, était que les travailleurs eux-mêmes pouvaient le faire, le feraient, dans certains endroits déjà, pour être ensuite trahis par les institutions et les dirigeants du mouvement ouvrier. Le “conseil”, le soviétique, propulsé au premier plan de l’histoire par la révolution russe de 1905, est l’emblème de cette capacité d’auto-organisation créative, à la fois théorie et pratique tout en un. Vous n’aviez pas besoin d’un Trotsky. Lire la suite…

A propos de la communisation ( suite)

31/12/2020 Aucun commentaire

Nous poursuivons la traduction d’articles de Jasper Bernes sur la théorie de la “communisation” telle qu’elle s’est développée depuis 1968.

Catalyseur

Socialisme ou Barbarie, l’Internationale Situationniste et la théorie de la communisation : troisième partie d’une série

Comme on l’a vu, la théorie de la communisation que Gilles Dauvé et d’autres ont développée offre une critique de l’ultragauche (qui se réfère ici principalement au communisme de conseil) par le biais des idées d’Amadeo Bordiga. J’ai décrit cela comme une synthèse, la production d’une nouvelle théorie de la révolution. Cette synthèse n’aurait pas pu avoir lieu sans la présence d’un catalyseur crucial, l’Internationale Situationniste. Lire la suite…

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La revue STOFF est sortie

28/12/2020 9 commentaires

 

La revue STOFF est parue, on peut la commander en ligne ou s’abonner

trame  par   stoff    juin 2020

Une description des fils, sinueux mais persistants, qui tissent la trame du premier numéro de stoff.

Notre parti pris contre cette société n’est pas un acte de foi. Il part de l’expérience du capitalisme vécue comme double impossibilité. L’impossibilité d’une vie qui n’impliquerait pas la destruction plus ou moins directe de ses propres conditions écologiques et sociales ; l’impossibilité d’une vie dévolue à la poursuite constante et indéfinie d’une production marchande qui nous rend superflus. Ce parti pris n’est donc pas une identité toute faite mais la formulation d’un paradoxe. Car autant, théoriquement, l’aspiration au communisme ne cesse pour nous de s’affirmer, autant son affirmation effective ne cesse de s’éloigner. Lire la suite…

DDT21 : “Écologie… bourgeoise”

26/12/2020 Aucun commentaire

Écologie / 03 / Écologie… bourgeoise

Troisième épisode sur l’écologie paru sur le blog DDT21

Quoiqu’une minorité des dirigeants politiques de ce monde s’affichent « climato-sceptiques », la plupart se veulent écologistes : à l’ONU, au Vatican, à Davos, à l’université comme dans les médias, de la droite – et même chez certaines tendances d’extrême droite – à l’extrême gauche… tous écolos. L’écologie fait partie de l’idéologie dominante du XXIsiècle.
En 1961, l’Europe de l’Ouest, ensuite rejointe par les États-Unis et le Japon, s’était donné un organisme chargé de promouvoir le marché, la productivité et le libéralisme : l’OCDE. En 1972, le « rapport Meadows », commandé par le Club de Rome, représentant un large éventail des élites économiques, politiques et scientifiques occidentales, mettait en évidence les conséquences qu’allait entraîner l’écart croissant (et inévitable) entre l’augmentation démographique et la diminution des ressources disponibles. Les Limites à la croissance fut un best-seller mondial. LIRE LA SUITE ICI.