Des camarades de Grèce et de Chypre nous ont fait parvenir ce compte rendu d’une Conférence internationale à Varna contre la guerre qui c’est tenue en septembre dernier.

« Après Thessalonique, Varna »
Un an plus tard, on peut clairement discerner l’élan donné par l’organisation des trois journées anti-guerre à Thessalonique . Une série de réflexions qui s’inspirent de :
• la combinaison de la critique anti-guerre et de la critique anticapitalisteꞏ
• l’importance de la désobéissance, de la désertion et, plus largement, de l’opposition au militarisme sur le front ukrainienꞏ
• la possibilité de rencontre et d’action commune avec ceux qui refusent la conscription en invoquant des problèmes psychologiques (statut I5)ꞏ
• le parcours historique des conceptions internationalistesꞏ
et, dans un deuxième temps, par :
• l’étude de la spécificité du refus de service militaire de la part des femmesꞏ
• la distinction par rapport à la présentation très large de la chasse aux touristes israéliens comme une « pratique militante », au moins depuis l’été 2025ꞏ
le site
ont commencé à communiquer de diverses manières, dans la mesure où cela est possible au sein de la dystopie capitaliste de notre époque.
Notre participation à la préparation et aux activités du réunion en Bulgarie, organisé par les camarades du groupe Konflikt , s’inscrit dans ce même cadre et n’aurait pas pu avoir lieu si nous ne nous étions pas rencontrés auparavant à Thessalonique. Comme l’élan s’était propagé jusqu’à , nous avons décidé de nous rendre à Varna en compagnie de certains camarades des Rencontres contre le nationalisme et la guerre .
Au cours de ces trois jours, au moins sur le plan formel, les discussions suivantes ont été organisées :
Session 1 : Présentations et assemblée d’ouverture
Session 2 : Résistance révolutionnaire à la guerre russo-ukrainienne
Session 3 : Luttes nationales et guerre
Session 4 : Initiatives de coordination internationale
Session 5 : La poussée vers la guerre et l’économie capitaliste
Session 6 : La militarisation de la société et la lutte de classe contre celle-ci
Session 7 : La guerre au Moyen-Orient
Session 8 : Activités futures et assemblée de clôture
De notre côté, nous avons pris part à la discussion portant sur la préparation à la guerre en Grèce, ainsi qu’aux mobilisations, aussi limitées fussent-elles, contre le transport de matériel de guerre depuis les ports et les chemins de fer du pays . Il n’aurait aucun sens de rapporter, ne serait-ce que succinctement, tout ce qui a été discuté concrètement ces jours-là ; d’ailleurs, cela concerne avant tout les personnes qui étaient présentes. Notre première rencontre a sans aucun doute été productive ; toutefois, nous aurions souhaité que la discussion sur les mouvements en Iran, ainsi que sur la relation entre genre et classe sociale, soit approfondie d’un point de vue théorique.
Cependant, ce qu’il importe de souligner, et qui n’aurait certainement pas pu être compris sans notre présence sur place, c’est la volonté tant des organisateurs que de la centaine de personnes venues de différents pays, mais aussi d’autres villes de Bulgarie, de se démarquer clairement de toutes les prises de position bellicistes et du clivage campiste. La proximité avec l’Europe de l’Est et l’ensemble de la région des Balkans a rendu immédiatement inopérante toute prise de position idéologique fondée sur le « ni… ni… », car les vives oppositions et divisions liées à la guerre en Ukraine – mais aussi les divergences constatées il y a à peine deux ans concernant des positions par ailleurs très proches sur le plan politique, qui voyaient une issue dans le soutien à l’une des parties belligérantes – sont trop proches pour pouvoir être ignorées avec aisance et désinvolture idéologiques .
La présence non négligeable de Russes et, surtout, d’Ukrainiens dans cette même zone, dont les conditions de vie se détériorent déjà en raison des récentes lois de l’Union européenne en matière d’immigration : octroi restreint de visas touristiques aux premiers, obligation pour les seconds de présenter un certificat de statut militaire valide lors du passage de la frontière. Si ceux qui échappent au service militaire se trouvent désormais si près de nous, au cœur même des villes, reliant sans le vouloir la ligne de front à l’arrière-front, pendant combien de temps encore un quelconque débat sur le défaitisme pourra-t-il continuer à ne pas les prendre en compte ?
1 Voir à ce sujet le compte-rendu de l'année dernière publié ici : https://dndf.org/grece-trois-
jours-sur-la-guerre-le-nationalisme-et-dautres-maux/.
2 Voici la présentation de ces trois journées par les organisateurs eux-mêmes : https://kon-
flikt.org/en/news/international-conference-in-varna-against-war/.
3 Pour plus d’informations sur les deux journées (thèmes : l’antimilitarisme et la généralisation
de la guerre, libération nationale ou sociale ?) qu’ils ont organisées à Nicosie à la mi-juin
dernier, voir ici :
https://www.facebook.com/events/995604422854684/995604426188017/?active_tab=about.
4 Parallèlement, dans le cadre d’une initiative indépendante, une présentation a été rédigée
sur la nature du mouvement « Blocchiamo tutto » en Italie ; elle est disponible dans son
intégralité ici : https://aetnica.vision/?p=151.
5 À ce qui précède, il convient d’ajouter la mise en perspective avec le contexte politique du
très populaire Festival balkanique du livre anarchiste, organisé chaque année dans une ville
des Balkans depuis plusieurs années. Lors des débats de cette année, qui se sont déroulés à
Skopje, en Macédoine du Nord, à peine une semaine après ceux de Varna, ont été
entendues pour la première fois les prises de position d’anarchistes kosovars, qui ont
ouvertement soutenu un nationalisme plus modéré en cas de conflit armé, alors même que,
plus largement, on tentait de réécrire l’histoire des Balkans en s’appuyant sur la notion de
colonialisme, qui n’existait pas sous la domination ottomane.
https://kon-flikt.org/en/news/international-conference-in-varna-against-war/