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Trouvé sur la toile : théorie communiste et domination masculine : La méthode et son double, une vision d’homme ?

Toute dernière version d’un article issu du blog de Patlotch qui répond à un article de Amer Simpson mis en ligne sur dndf

À propos de « A propos de l’édito de Endnotes 3 : LA CONTRADICTION ET SON DOUBLE »

À partir de ce texte d’Amer Simpson, dans lequel je vois un glissement de la théorisation de TC à sa reformulation, je repose la question de l’articulation entre domination masculine et capital, et j’invite à une refondation plus profonde de la théorie communiste, débarrassée d’un capitalo-centrisme comme d’un genro-centrisme, enrichie des problématiques pour le communisme de l’individualité et du rapport à la nature en mouvement.

Double messieurs ?

« QUAND LE RAPPORT DE GENRES ENGENDRE DES CLASSES »

C’est en posant la contradiction qu’est l’exploitation comme une dynamique qui produit à la fois le rapport de classes et le rapport de genres qu’il est possible de parler de deux contradiction comme le fait Théorie Communiste. En fait, pour éviter tout mal entendu, ce n’est pas de deux contradictions indépendantes et se suffisant en elles-mêmes qu’il s’agit, mais d’une contradictions qui se dédouble en gardant la même dynamique qu’est l’exploitation; car, enfin de compte, qu’il soit question de genres ou de classes c’est toujours de travail et de surtravail qu’il s’agit et c’est de là qu’il faut partir pour comprendre ce dédoublement de lacontradiction. »

S’il « est possible de parler de deux contradictions comme le fait Théorie Communiste », et si « ce n’est pas de deux contradictions indépendantes », peut-on la réduire à « une contradictions [sic pour le pluriel] qui se dédouble en gardant la même dynamique qu’est l’exploitation », et la « comprendre » comme « le dédoublement d’une [seule ?] contradiction » ?

 « QUAND LE RAPPORT DE CLASSES ENGENDRE DES GENRES

Inversement, du côté des classes, la contradiction apparaît comme un antagonisme de genres car la catégorie Femme est une nécessité fondamentale à la reproduction de l’exploitation.[…]»

Ici, Amer Simpson présente la contradiction « du côté des classes » comme « un antagonisme de genres ». Je laisse de côté le fait que le genre ne serait pas une contradiction à proprement parler, en elle-même, ce point largement développé par Roland Simon dans sa réponse à Endnotes3 dépassant mes compétences en dialectique. « Inversement, car la catégorie Femme est une nécessité fondamentale à la reproduction de l’exploitation. » Nécessaire ne signifiant pas suffisante, le point de vue inverse n’est vu que sous l’angle de la contradiction du capitalisme. La réciprocité est subsumée sous l’exploitation capitaliste, réelle sans reste.

« Finalement […] la contradiction apparaît dans deux rapport à la fois, mais elle apparaît dans chaque rapport comme son double différencié… »

Autrement dit, on a une hésitation entre une ou deux contradictions, par le fait que chacune serait le « double différencié » de l’autre, mais quand même sous un titre, « la contradiction et son double », qui n’en laisse entendre qu’une… On aurait envie de demander laquelle, s’il n’apparaissait pas que LA contradiction, c’est d’abord et uniquement son apparition dans le capitalisme. L’auteur ne conclut pas, « Bien entendu, tout ça reste encore à creuser», mais son texte tend à se prendre les pieds avec les mains, comme dit un proverbe portugais.

Des contradictions sans corps du déli ?

Pourquoi ? Amer Simpson veut absolument faire entrer deux contradictions en QUATRE ÉLÉMENTS posés par TC (capital/classe ouvrière, femmes/hommes) dans une, et semble perdre en route, dans sa démarche abstraite, les femmes et les hommes concrets. Il a beau suivre TC en ce que la contradiction existe en essence, et non comme prenant corps dans les rapports sociaux, des femmes disparaissent en ce qu’elles ont, encore, un corps, un corps objet livré à une appropriation qui n’est pas que sociale, mais inter-individuelle et intime. D’une façon massive, pour renverser la formule de TC « Tous les hommes dominent toutes les femmes», chaque homme domine chaque femme. Cette contradiction est l’objet de luttes actuelles, de conflits privés ou intimes, mais la tendance n’existe-t-elle pas à renvoyer sa résolution sous la condition de l’abolition du capital. Un reste de programmatisme masculin ?

Les femmes ne semblent servir, dans ce texte, qu’à alimenter la contradiction essentielle du capitalisme, et les spécificités de leur domination/appropriation par les hommes ne renvoient en théorie qu’à leur utilité pratique pour l’exploitation, jamais l’inverse comme un problème à prendre à bras le corps, à savoir celui des femmes pour s’en débarrasser (du problème, pas du corps). C’est un texte d’homme. N’est-ce pas pour être une formulation théorique dominée par des hommes, pour ne pas dire arrangeant les hommes ?

Aux sources du problème théorique, la genèse de son approche par TC ?

Cela renvoie à la genèse de l’introduction du genre dans la théorie de TC, qui existait depuis 30 ans comme comme théorie critique du capital, avec une seule contradiction essentielle, et dont le genre était absent. On conçoit que TC n’ait pas entrepris de construire cette articulation en repartant de zéro, pour reformuler l’ensemble. Tout en admettant aujourd’hui que l’on ne peut plus théoriser sans le genre, TC balance entre deux solutions.

La première, comme le reconnaît Roland Simon, ne pas parler du genre, tout en admettant qu’il y a un problème :

« Les ques­tions de l’interclassisme, des luttes spé­ci­fi­que­ment ouvrières, du rap­port de l’Etat à sa société, de la crise du rap­port sala­rial et de son deve­nir en crise de la « société sala­riale » et fina­le­ment en crise de la valeur ne peuvent être conçues en dehors des deux contra­dic­tions et pour­tant je le fais. Il y a un pro­blème … ou alors c’est mon problème.» Où en sommes-nous dans la crise ? ver­sion II 16 octobre 2013

La seconde, qui serait plutôt formulée par Bernard Lion dans ses propositions les plus tranchantes, c’est d’une part l’assimilation du problème à l’existence même des femmes et des hommes, au-delà de leur identité sociale (le genre), et la réduction du genre à la domination masculine. D’autre part le rabattement du problème sur l’existence des sphères publique et privéeS, donc sur leur abolition, qui fait disparaître l’existence de toutes différences (seulement sociales ?) entre hommes et femmes, y compris celles que l’anatomie, comme base matérielle, laisse à interroger (voir plus bas la critique de P. Valentine).

Bernard Lion a le mérite de poser explicitement la question femmes/hommes comme un problème concret pour les hommes et les femmes, mais d’une certaine façon, il s’en débarrasse en considérant que la communisation devra supprimer le problème.

La méthode (et son double) semble être une tendance de Théorie Communiste : soit évacuer ce qui n’entre pas dans son moule initial, soit l’y faire entrer aux forceps.

Naturellement, cette critique vaut pour moi, dont nombre de textes antérieurs ont shunté la question féminine, après l’avoir posée – un peu comme endnotes3 dans Spontanéité, Médiation Rupture -, dans les termes d’un antagonisme parmi d’autres, qui plus est dans la veine démocrate-radicale (La tentation alternative, 2002-2004), avant de connaître les écrits de TC et de rejoindre « le courant communisateur » (2005). C’est en prenant en compte les avancées de TC que je peux aujourd’hui formuler cette critique.

Identités vs individualités

La refondation de la théorie communiste par le genre, entreprise par TC en 2007 (?), semble confrontée à des difficultés de méthode, qui renvoient d’abord à sa construction structuraliste (social-essentialiste ?). La question du genre, rapport entre hommes et femmes, du fait qu’elle se construit dans la sphère privée, voire dans les rapports intimes – toujours entre UNE femme et UN homme -, renvoie à la question de l’individu, de l’INDIVIDUALITÉ. Comme perspective, elle pose l’auto-transformation des prolétaires, des femmes et des hommes sociaux qu’ils sont, comme leur auto-abolition en tant qu’IDENTITÉS SOCIALES (et la métamorphose de la conscience de soi qui va avec). Auto-abolition des prolétaires. Mais pas abolition de l’anatomie différenciant hommes et femmes, dont rien ne dit qu’elle ne puisse reconstruire, débarrassée de l’exploitation, des différences non hiérarchiques (Silvia Federici).

Cet aspect est essentiel parce qu’il nous donne une clé pour poser au communisme une question positive : comment les individus s’émancipent des médiations sociétales ? La question du genre, l’abolition de la domination masculine, est essentielle non seulement pour comprendre et abolir l’exploitation, mais pour, à commencer abstraitement en théorie, construire l’individu post-capitaliste. Dans le même mouvement, c’est le rapport à la NATURE qui est posé à nouveaux frais, non une nature essentialisée, mais une nature historique remodelée sans cesse par les rapports sociaux et l’idéologie (au sens général, sans connotation négative, d’interprétation du monde).

Cela ne va pas de soi, mais ne peut se réduire à interroger les contradictions en tant qu’elles se posent comme généralités, structures, essences…

Il en résulte, à mon sens, que la refondation de la théorie communiste doit être plus profonde, et se débarrasser d’un capitalo-centrisme comme d’un genro-centrisme.

Théoriser la rage au cœur

D’ores et déjà, nous pouvons affirmer le caractère délétère*, pour la révolution comme communisation, de toute conception et toute lutte de genre ne prenant pas en charge la question sociale (l’exploitation, le capital), comme de toute théorie et toute lutte de classe n’assumant pas la question féminine, contre la domination masculine. * Allusion au mot slogan Tout homme qui assume sa part dans la domination des femmes, même la plus minime, est un ennemi mortel de la révolution à venir et à la discussion à propos d’une photo

Bien que ce ne soit pas a priori le cas ici, la théorie communiste ne doit pas se laisser embarquer et noyer par les critiques du genre qui n’ont finalement pour objet, et pour limite, que d’assurer le progrès de la condition féminine dans la bourgeoisie ou les couches moyennes, avec un parfait mépris pour le sort des femmes prolétaires, le fait même que l’amélioration de leurs conditions privilégiées présuppose que continue l’appropriation des femmes en tant que force de reproduction du capital et de sa société.

On a vu (Stive rapportant une interview au Figaro de Florence Dupont) comment une latiniste s’accommode de la non-indifférenciation de genre à Rome en faisant silence sur la domination et l’exploitation des esclaves, donc des femmes esclaves, base du bon plaisir qu’en tirent hommes et femmes libres. Ne prenant pas en compte la base esclavagiste du mode de production d’alors, mais seulement la sphère de la démocratie romaine pour les citoyens libres, elle s’en sert aujourd’hui de référence pour poser, en quelque sorte, l’abolition sexuelle du genre, à condition qu’elle ne touche pas au capital… Restons entre gens de bonne compagnie, manifestons pour le mariage gay…

Avec Christine Delphy, je dirais qu’il convient de s’appuyer sur notre « colère » (mon terme serait plutôt notre rage), et ne pas perdre de vue que nous ne faisons pas des « études de genre » ou une théorie communiste d’un simple point de vue universitaire, mais comme prise de parti dans un combat d’émancipation des femmes et des exploités. Personnellement, je suis un intellectuel autodidacte. J’ai un peu mis les pieds à l’Université comme étudiant en sciences et surtout militant syndical et politique, mais je n’ai jamais été professeur, ni ne me considère comme un pédagogue.

« Notre seule arme contre la trahison potentielle inscrite dans notre statut d’intellectuelles, c’est précisément notre colère. Car seule garantie que nous ne serons pas, en tant qu’intellectuelles, traîtres à notre classe, c’est la conscience d’être, nous aussi des femmes, d’être celles-là mêmes dont nous analysons l’oppression. La seule base de cette conscience c’est notre révolte. Et la seule assise de notre révolte, c’est notre colère.» Christine Delphy, Extraits de « Le patriarcat, le féminisme et leurs intellectuelles », in Nouvelles Questions Féministes, n°2, octobre 1981, repris dans « L’ennemi principal », Tome II, Penser le genre, Ed. Syllepse, février 2001

Notre problème commun est de l’entendre et de l’étendre au double sens de la classe des prolétaires, hommes ou femmes, et de la domination du « deuxième sexe » (Simone de Beauvoir) par « le premier ».

Comment avancer ?

Je suis bien embarrassé pour avancer dans cette refondation plus approfondie dont j’affirme la nécessité pour la théorie communiste. Je vois néanmoins quelques pistes ouvertes par des théoriciennes.

Par exemple, la critique par P. Valentine* des positions de TC et de Maya Andrea Gonzalez, dans leur centralisme autour de l’exploitation, qui rejoint la mienne de ce texte « La contradiction et son double », peut-être révélateur de la nature du problème deThéorie Communiste, une théorisation d’hommes ? * The Gender Rift of Communisation, juillet 2012

« We agree that the categories of the capitalist totality are sexed; that this sexuation arises from a distinction between the realm of wage labour and that of something else. But is the distinction that grounds the hierarchical gender binary that between ‘public’ and ‘private’, or between ‘production’ and ‘reproduction’, or between the ‘social’ and the ‘non-social’? This ambiguity of the real, material and historical nature of the separate spheres betrays a further ambiguity concerning the real material construction and reproduction of the gender distinction, before and during capitalism. How are women produced and kept in such a relation of hyper exploitation and appropriation? What are the material mechanisms that enable men to reproduce themselves as men, the appropriators?

(ma traduction) Nous sommes d’accord, les catégories du capitalisme sont aujourd’hui totalement sexuées ; que cette sexuation résulte d’une distinction entre ledomaine du travail salarié et autre chose. Mais la distinction binaire de sexe hiérarchique n’est-elle qu’entre « public » et « privé », entre « production » et « reproduction » ou entre « social » et « non-social » ? Cette ambiguïté du réel, le matériel et le caractère historique des sphères distinctes trahit une autreambiguïté concernant les véritables matériaux de construction et la reproduction de la distinction entre les sexes, avant et pendant le capitalisme. Comment les femmes sont produites et conservées dans une telle relation d’exploitation et d’appropriation ? Quels sont les mécanismes matériels permettant aux hommes de sereproduire eux-mêmes comme hommes, les appropriateurs ?

En réponse, P. Valentine pointe notamment le manque de prise en compte de la violence sexuelle. J’ajoute une violence qui relève del’intime de la relation entre une femme et un homme, violence qui s’enracine, y compris symboliquement (idéologiquement), de façon historique et culturelle, antérieurement au capitalisme, dans la conception du rapport sexuel comme pénétration.

Accessoirement, cela rejoint les prises de distance avec TC de mon texte de 2006 Communisation, troisième courant 8. y compris sur le thème de la « race », autre point de désaccord de P. Valentine.

« Il s’agit d’une multiplicité de dépassements à produire dans leurs spécificités, comme dans leur unité au sein de l’implication réciproque réelle comme tout, et dans l’essentialité de sa dimension de classe. Bien sûr, cela ne doit pas être entendu comme « les femmes liquident le patriarcat », « les hommes « de couleur » le racisme » etc. Rapporté à l’individu singulier, c’est sa propre multiplicité d’appartenances aliénées car identitaires qui doivent être dépassées, y compris subjectivement sa qualité de prolétaire. Pour le communisme, l’homme est sans qualité.»

Autre piste, les désaccords qu’exprime Silvia Federici quant à ce que peut signifier « abolir le genre », que j’ai déjà abordés ici Luttes de classes et domination masculine. Je n’y reviens pas, mais je souligne le fait qu’au-delà de bonnes intentions, il pourrait s’agir d’une autre manière de dénier la spécificité des rapports hommes-femmes en dehors de leur remodelage par le capitalisme, et donc encore du centralisme de la contradiction sur l’exploitation. Autrement dit, une vision d’homme de la condition féminine, une façon de s’en débarrasser en éliminant purement et simplement ces catégories de la vie et de l’histoire, et pas seulement les identités qu’elles ont produites socialement et intimement par leur hiérarchisation avant et sous le capitalisme.

C’est pourquoi, à défaut de mieux pour sortir des confusions générées par les Gender Studies en tous genres et battre le fer où il est chaud, je marque la différence en parlant de domination masculine plutôt que de genre.

Que les femmes s’en mêlent et que les hommes les écoutent

Il n’y a pas de solution miracle, pas d’immédiatisme à l’ordre du jour d’une communisation avant l’heure.

Je pense qu’il faut d’abord s’appuyer sur les points qui ne font pas désaccords majeurs, déjà féconds dans les échanges entre théoriciens et théoriciennes communistes et ‘féministes’, par exemple la thématique double de la reproduction du capital et de la domination masculine, dans sa dimension identitaire aussi.

Ensuite, prendre en charge une exigence pratique qui concerne les hommes autant que les femmes, en sachant que c’est d’abord leur combat, et qu’il est exclu que les hommes leur donnent des leçons en la matière, qu’elles soient théoriques ou dans les luttes.

Un constat général est que la domination masculine est loin d’épargner les femmes dans les groupes communistes ou anarchistes, qu’ils soient théoriciens ou militants. C’est donc aussi une responsabilité des hommes conscients de ce poison, que de se confronter à leurs comportements dans l’élaboration théorique et dans les luttes, comme un obstacle aux avancées communes, sans être pris dans la culpabilisation les poussant à se faire plus féministes que les femmes (cf sur Google les tourments variés et avariés des hommes féministes).

Il s’agit d’assumer sans se dérober les dimensions conflictuelles du problème, en voyant que certains hommes seront appelés dans ces situations à rejoindre « le camp des femmes », face à leurs camarades hommes. Cela ne déterminera pas l’issue, mais y contribuera. Il n’y aura pas de solution idéale avant de franchir le pas. Le faire ne sera pas un court fleuve tranquille, mais encore faut-il mettre le pied dedans au présent…

Quant à en discuter, puisque ce texte a été repris sur le site dndf, il faut souhaiter que des femmes s’en mêlent. Et aussi que les hommes les écoutent. Somme toute, c’est aussi mon écoute des femmes de jazz, musique et paroles, qui m’a conduit à m’interroger sur celle que j’ai des femmes en général, et au singulier.

Pour paraphraser Roland Simon à propos du théoricien engagé dans les luttes, disons que m’exprimant dans ce combat en homme, que je suis, je me suis efforcé de ne pas écrire ce texte en tant qu’homme. Et peut-être avant tout comme une auto-critique, à valoir le cas échéant pour mes camarades hommes.

 

 

  1. 15/12/2013 à 15:13 | #1

    Ce texte est plus lisible et fait l’objet de mises à jour ici http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-467.html

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