Mis à jour au fur et à mesure des infos que nous recueillons ou qui nous sont transmises, d’ici, d’Iran ou d’ailleurs. dndf
28 avril
Texte reçu d’un camarade vivant en Iran
« C’était la troisième guerre de ma vie, et il est probable que nous serons bientôt confrontés à une quatrième. La guerre, ce n’est pas seulement les blessures, la mort et la destruction. Ce n’est pas seulement voir des morceaux de corps humains, des corps sans tête, des têtes sans corps, des membres arrachés, une mer de sang, des montagnes de fumée, de ruines et de pierres. Ce n’est pas seulement contempler, stupéfait, les squelettes de dizaines de bâtiments éventrés.
Ce n’est pas seulement les cris de femmes et d’enfants couverts de poussière, regardant autour d’eux comme des statues figées. Ce n’est pas seulement la destruction d’une maison, d’un foyer, d’un refuge, des biens d’une famille qui a travaillé toute une vie dans la difficulté et voit tout disparaître en un instant. Ce n’est pas seulement le trousseau d’un jeune couple, encore intact dans son emballage, réduit en cendres.
Ce ne sont même pas seulement les jours et les nuits d’errance, passant d’une maison à une autre, portant avec soi un fardeau de souvenirs, de bruits, de peines, avançant dans une existence sans repères. La guerre, ce n’est pas seulement cette angoisse permanente qui vous saisit à chaque instant, en entendant le bruit d’un avion de chasse au-dessus de votre maison : qui vise-t-il ? que veut-il détruire ? est-ce mon tour ?
Non, la guerre est tout cela — et bien plus encore. Mais il y a quelque chose au-delà de tout cela : la guerre est la destruction de l’espoir ; la destruction de ce qu’on appelle le sens de la vie. Tout devient vide, inutile, sans émotion : pourquoi écrire ? pourquoi lire ? pourquoi aimer ? pourquoi manger ? pourquoi rester en vie ? pourquoi lutter ?
L’essence même de la guerre est la preuve de l’impuissance de l’individu — et c’est cela, peut-être, ce qu’il y a de plus douloureux. »
7 avril
« Texte d’une amie de Téhéran » transmis par un camarade en exil
« Attaque contre l’Iran : jour 39
Trump, comme toujours, nous a pris par surprise. Avant même la fin de son ultimatum, il a attaqué les infrastructures de « l’Iran ».
Avec mes garçons, Léo et Grisha, nous écoutions de la musique, lorsque des avions de chasse sont passés tout près au-dessus de nos têtes… mes oreilles ont résonné de douleur…
Ma maison a tremblé. L’onde de choc a fait danser les rideaux… il s’en est fallu de peu pour que la porte vitrée du balcon soit arrachée… Léo et Grisha ont disparu de peur.
Quand je suis revenu à moi, je me suis vu debout, hébété, au milieu de la pièce. Sous le choc, je ne pouvais même pas parler… tout ce que j’avais lu sur le moment d’une explosion m’était sorti de la tête.
L’électricité avait été coupée. Leurs « oncles » Trump et Bibi ont largué les bombes et sont partis…
J’ai donné des calmants à mes garçons et j’ai commencé à lire des poèmes de Shamlu.
Mais à l’adresse des va-t-en-guerre, je dois dire : Si nous ne vous décevons pas, nous sommes encore en vie et nous continuons à vivre.
« Hey vous, salauds, je suis toujours là. »
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