« CHRONIQUE D’UNE RUPTURE CONSOMMÉE »
« CHRONIQUE D’UNE RUPTURE CONSOMMÉE »
pour autant que le lectorat de dndf mérite une explication
samedi 2 mai 2026
« Je suis venu vous dire que je m’en vais »
La confirmation
Par ma lecture intensive, depuis quelques mois, des quatre derniers numéros de Théorie Communiste depuis 2016 et d’autres textes plus anciens, se sont confirmés ou révélés mes désaccords et leur profondeur tant avec cette idéologie théoricienne qu’avec sa méthode d’élaboration et d’exposition, sa conception et son usage de la contradiction dialectique, ajoutés à ma répugnance du fonctionnement bétonné du groupe TC autour de son leader R.S.
Un dépassement produit
Incompatibilités telles avec mes convictions et ma façon de penser y compris collectivement, que le château de cartes conceptuel de TC comme corpus cohérent et pour eux insécable dans ses « acquis », dont je partageais les fondations, s’est pour moi intellectuellement et intimement effondré sur sa base dans cette overdose, véritable catharsis conduisant à ma désintoxication entreprise le 7 avril 2026 pour mon 75e anniversaire, jour de bonnes résolutions. J’en étais venu à dégurgiter ce fatras (note 1) de raisonnements en boucles tautologiques, ce jargon à la limite du lisible même pour de la philosophie, certes « théorie lourde » mais aussi lourdingue par son rabâchage et quand elle évacue ce qui ne la confirme pas, notamment la dimension essentielle des rapports avec la nature, une aberration théorique quasi unique dans la critique radicale du capitalisme contemporain, aberration comparable au déni trente ans durant de la domination masculine nécessaire au capital au moment même où s’épanouissait le féminisme matérialiste, deux aberrations si évidemment liées mais absolument pas en voie d’être comprises ’dans leur relation intrinsèque par ces idéologues pour qui « la nature ne fait rien » et la femme doit s’abolir, l’homme avec
n1 « Un fatras est un poème à forme fixe datant du Moyen Âge et ayant disparu avec le début de la Renaissance. C’est un poème de « non-sens » selon la terminologie de l’humour anglais. Ce poème, apparenté à la fatrasie, cultive l’absurde et l’impossible. » fr.wikipedia.org/wiki/Fatras
Un honnête mensonge
Loin d’être ”conjuré” comme le prétend le Propos d’étape de TC 28 (n2), le ”délire idéologique et téléologique” structure la démarche théorique et la « folie de langage » (Deleuze sur Heidegger) d’un « auteur» qui se considère comme un « accident de la pensée », sommet d’« immodestie phénoménale » (Charrier, Lire Hegel §52 n3) et d’idéalisme philosophique : c’est surtout parce qu’il promeut sa fragile hypothèse comme unique voie d’avenir digne d’attention théorique, que R.S. renoue avec « L’ Idée » hegeliano-communiste censée produire le devenir du monde, dont il se fait le messie,- de l’hébreu ’machiah’, littéralement ’envoyé de Dieu’, alias le prolétariat révolutionnaire. Le résultat ne tient pas la promesse des intentions proclamées d’ouverture à l’histoire réelle et « de possibles remises en cause », preuve en étant la lecture déterministe qui est presque toujours faite de TC, tout simplement parce que le vers de « l’inéluctabilité » est dans le fruit de l’improbable ouverture, car les lecteurs communistes ont un besoin vital de la foi : la promesse de communisation est leur opium, leur religion. La faute à qui, quand « c’est au présent qu’il faut parler de communisation » (n4) ?
n2) dndf.org/theorie-communiste-n-28-est-sur-les-rotatives/
n3) lamaterielle.chez-alice.fr/lirehegel.htm
n4) TC 23, p.11, mai 2010
Ça suffit !
Après un intermède de solitude terriblement éprouvante mais riche d’autocritique, ce court texte d’adieu aux armes de la critique n’a certainement pas vocation à rouvrir des « débats» qui m’ont été refusés depuis 20 ans dans la grossière ironie RSimonienne, « Patlotch amateur de la Collection Arlequin », « Patlotch chaman », etc. C’est pourquoi je juge inutile et vain d’entrer dans l’argumentation proprement théorique de mes désaccords rédhibitoires : à quoi bon y revenir sans cesse face à des positions figées comme la messe en latin d’une prêtresse de la double abolition ressassant son sermon sans répondre aux arguments exposés ? Quelle attitude plus bornée au nom de convictions qui ne sont pourtant qu’hasardeuse utopie ? C’est au fond ce que signifiait ma non-réponse à Tarona du 4 avril (n5) : ”ceux et celles de TC et environs peuvent penser et dire ce qu’ils veulent, désormais « Je m’en fous », équivalent à « Ça suffit ! »”. Car tout argument appelle un argument contraire, et je sais trop par expérience quelle « mauvaise foi » perversement revendiquée anime les « réponses à untel » de R.S. alias Daredevil 2008 (n6), pour qui toute critique de TC, devenant du TC augmenté, est retournée comme faire-valoir, il est vrai devenu précieux dans le désert d’appréciations positives ou négatives d’une théorie développée depuis un demi-siècle, délaissée par tous les théoriciens qui l’ont croisée, et qui tombe essentiellement à plat au-delà d’une centaine d’adeptes consommateurs vieillissants, passifs et muets, à plat sans nul effet sur la réalité du capitalisme et de la lutte des classes, philosophie qui interprète sans rien transformer, comme toute philosophie ne peut que le faire, n’en déplaise au Marx de la Onzième Thèse,- « c’est beau mais ça ne veut rien dire » (Althusser, Sur la pensée marxiste, 1982)-, et à toute « théorie au sens restreint » qui prétend dire la totalité p mouvement réel mais en écarte la moitié. Car on peut être à la fois brillant, profond, et passer à côté de ce qui détermine concrètement dans les faits, et pas dans le concret mal pensé d’un mécanisme étanche de purs concepts abstraits (n7) – cycle de luttes, limite, dynamique, écarts, conjoncture, dépassement produit -, le futur de l’humanité
n5) dndf.org/en-passant-par-la-chronique/#comment-691614
n6) dndf.org/sur-theorie-communiste/
n7) « des concepts adéquats à rien qu’à leur propre affirmation » Althusser, id.
Ainsi « la meilleure critique du capital » pourrait-elle atterrir, du point de vue communiste, dans la bibliothèque de l’oubli voire sur les étagères de l’opprobre
« Tel philosophe qui croit avoir élaboré un système ne fait au fond qu’appliquer le même schéma à tout, au mépris de l’évidence, de la diversité et du bon sens. Le tort des philosophes en général est d’être trop prévisibles. Du moins sait-on avec eux à quoi s’en tenir. » Cioran
Être ou ne pas être soi-même
Poursuivre la chronique alors que me hantait le rôle de soutien objectif de TC que j’avais naïvement accepté d’y tenir,- et plus encore me hontait un ”Abécédaire de la communisation” purement TéCéiste si bêtement entrepris faute d’autres sujets -, poursuivre la chronique revenait à me perdre dans un conflit intérieur en trahissant mes convictions, et m’obstiner à gâcher des années de ma vie pour une théorie qui désormais me tombait des yeux, et qui au fond n’avait jamais été mon genre
Pourquoi ?
Pourquoi, s’ils tiennent au succès de dndf vitrine de TC, et s’ils étaient au niveau de comprendre et exposer leur propre théorie autrement qu’en la bégayant en soutras, personne de TC ou proche n’a-t-il, ou elle, écrit une chronique suite à mon appel du 30 mars, quand je disais ne pas le pouvoir chaque semaine (n8) ? Pourquoi ’ni oui ni merde’ en commentaire aux six premières chroniques ? Pourquoi Tarona, la ”camarade mais femme” de toutes les vertus, subitement motivée après 10 ans d’absence sur dndf, contre le ”camarade mais homme” forcément de tous les soupçons, seuls étant épargnés les mecs de TC, plus radicalement féministe qu’eux tu meurs, sans blague !? Car leur grand tournant théorique sur le genre, en 2008-2010, ne dévoilera jamais ses motivations psychologiques pourtant transparentes et pathétiques vues de l’extérieur
Dans ce contexte malsain de désintérêt et d’hostilité, pourquoi continuer de pisser dans un violon en servant la soupe à TC ? Quand tout ce que j’ai écrit sur dndf pendant des années fut pré-modéré par Pepe juge et parti, avec son pseudo Lisbeth Salender en marionnette ventriloque pour pallier puérilement l’absence de vraies voix de vraies femmes soutenant leurs certitudes, est-il encore nécessaire d’expliquer combien cette ambiance m’était devenue irrespirable, alors que je recherchais avant tout la relation sociale vivante, la discussion ouverte, et non d’envoyer ma merde singulière dans les tuyaux de dndf comme un produit de consommation passive, serait-il théorique ?
n8) Dndf.org/en-passant-par-la-chronique-2/#comment-691209
C’est fini
C’est donc d’une rupture définitive et sans appel qu’il s’agit : j’ai décidé, c’est performatif, de cesser de m’exprimer tant sur dndf que publiquement partout ailleurs sur Théorie Communiste, comme d’arrêter toutes relations publiques ou privées avec ses membres, du fait que la confiance dans l’inter-individualité et l’amitié sont exclues d’emblée avec qui privilégie son appartenance à un groupe quel qu’il soit, plus encore un groupe structurellement sectaire. Voilà ce que ceux de TC n’ont jamais compris, vu la critique inepte de l’individualité qui s’exprime sur dndf et, dans son dazibao, particulièrement haineuse celle de l’individualité créatrice, haine de soi logique puisqu’individualité créatrice impossible sauf pour le chef dans un groupe où la pensée unique fait la tunique des impensés
La vie est ailleurs
« Avec le temps va, tout s’en va. »
C’est avec un sentiment infini de libération et pas sans fierté que j’assume d’être considéré par « notre milieu » (quelle identité délétère !) comme un apostat (n9), ou toute autre figure du ”traitre” ou ”renégat”, mort à la théorie communiste telle que TC la pratique, sauvant de leur marasme ma liberté de penser par moi-même, pour me consacrer, sans regret enfin et hors ligne, à des activités matérielles épanouissantes socialement le temps qu’il me reste de vivre
n9) à lire : Éloge de l’apostat, essai sur la vita nova, Jean-Pierre Martin, 2010
Alors, tel Pepe Carvalho brûlant Hegel dans sa cheminée, je jetterai TC au feu. Tout sera pardonné
*
VOUS VERREZ BIEN
Ah ! Pepe ! Quand tu brûlais Hegel
Le soir, au fond du foyer
Ah ! quel bel âtre en gueule
De bois. Fin de l’histoire, voyez
Quelle valeur d’usage ont les livres usés
Par l’ennui de les lire
En place d’en sourire et vivre énabusé
Sous la pluie délétère,
Vide aux as, las des piques
Et rouillé des échanges.
Retour au port, épique,
Y mouiller comme un ange
À pétard de sirène
Qu’une queue de hasard
Enfile par tout trou…
Qui a lancé le cochonnet ?
Les hommes, tous des… !?
Quoi ? Toutes les mêmes ?!
Qui a dit ça que je me tue
Combien de fois, l’énième
À trop me taire mais qu’y faire
Suis-je mal entendant d’un bien tant attendu, l’assassin,
La censœure du ciel, suis-je ce mâle ce malsain, l’insensé
Forgeron de ses fers ?
Mais non, mais non, tu n’es
Que l’heureux riverain d’un fleuve de malheurs
Remontant le courant en marchant sur les os, les yeux crevés creusant,
(La taupe ah ah parle seule à présent, à personne au présent)
Tué, tu es, tu t’es autorisé l’inter-diction,
Chanter entre les lignes, de front,
Cet absent de tout quai, ce mot nouveau blindé
Avec un train d’avance – E pur si muove –
Zorro est toujours déjà tard tarrivé,
La femme au bras, des autres, galamment abolie,
L’avenir du prolo est en passe
Gratuit tout au fond de l’impasse,
Le second sexe est premier de la classe, à vos lits !
(Voilà la contrôleuse, sortez vos révolvers,
Position du tireur ? Couchette)
Révolution ! À mort les révolus !
Camarades, il va falloir rapprendre à lutter russe,
Et puis, tout d’ suite après, pendant longtemps pendantes, comme on dit des affaires,
Apprendre à ne rien faire
Que de chacun-e selon ses ruses
À chacun-e selon sa paresse,
Attendre rien, que vienne rien dont on s’éprenne,
Le plus troublant repos d’un-e obligé-e guerrier-e.
Et bien qu’à l’aise ça paraisse,
Si facil que paraître ça puisse,
De l’intercuisse à l’entrefesse,
Encor faudra-t-il que ça jouisse
On verra bien, nous verrons bien, vous verrez bien
CRISE EN VERS, 19 août 2011
Patlotch.free.fr/text/1e9b5431-1429.html
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Denmark TV 1970 – Charlie Mingus – bass ; Eddie Preston – Tpt ; Charles McPherson – alto ; Bobby Jones – tnr ; Jaki Byard – pno ; Dannie Richmond – drums
Tel que je l’ai vu à Lyon en 1970
« Pithecanthropus Erectus est un album studio du compositeur et bassiste de jazz Charles Mingus . Il est sorti en août 1956 chez Atlantic Records. Mingus a indiqué que c’était le premier album où il enseignait les arrangements à ses musiciens à l’oreille au lieu de noter les accords et les arrangements par écrit.
D’après les notes de pochette de Mingus, la thème titre est un poème symphonique de dix minutes, illustrant l’ascension de l’homme depuis ses origines hominidés (Pithecanthropus erectus) jusqu’à sa chute finale due à « son incapacité à anticiper l’émancipation inévitable de ceux qu’il cherchait à asservir, et à sa cupidité qui le pousse à se reposer sur une fausse sécurité ». Le titre fait référence au fossile de l’Homme de Java, qui était, au moment de sa découverte, le plus ancien fossile humain jamais trouvé. » Wikipedia

C’est toujours fascinant, mais un peu triste quand même, de lire les gens dont la façon d’être au monde déborde de la passion qu’ils ont d’eux-même… Des auteurs, quoi!