One could say of the police what has been said about the army, that is a much too serious thing to be confided to the police; but we must not forget that capitalism has also allowed the military to wage war as they wished for as long as it has been necessary for capitalism to go to war.
Like any institution, the police enjoy a certain amount of relative autonomy in relation to its internal and external authorities: the State has its own hierarchy. This autonomy exists at all its levels: in the streets, at the police station and at the regional level the police defend their own interests as a corporation and as an institution. As a corporation, it depends on the material and legal means which the State accords it and as an institution, it depends on ideological justification from the State, by what is known as its security doctrine.
This doctrine bases itself on a general appreciation for the situation of the State, from its point of view. This is a theoretical and strategic form, based on the presuppositions of the State, taking into consideration its own legitimacy, and on the other hand its specificity in bringing into form, according to its operative categories, class relations under the dominant class. At its level the police, with its legitimized violence, is entrusted with the maintenance of these class relation in a form determined by the State. Lire la suite…
Heather Heyer n’a pas été tuée par une voiture. Elle a été tuée par une personne, James Alex Fields, qui a foncé à 60km/h dans une foule de manifestants antifascistes et antiracistes, s’est encastré dans le véhicule qui lui faisait face, puis a reculé en écrasant d’autres personnes. Les voitures tuent des gens dans des accidents, mais celui-ci était purement intentionnel. Fields semble, selon toutes les indications à son propos, être un néo-nazi de 20 ans particulièrement zélé, dont ses camarades et ses professeurs se souviennent comme d’un sale type, adorateur d’Hitler. Il a tué Heather et a blessé des dizaines d’autres personnes au terme d’une journée de manifestations et contre-manifestations qui avait vu l’indéniable défaite de son camp, celui d’une coalition de néo-nazis, de nationalistes blancs, de miliciens patriotes, de pro-sudistes et de membres du Ku Klux Klan appelée « Unir la Droite ». Ils avaient été encerclés de toutes parts, harcelés par les contre-manifestants, et finalement dispersés à coup de lacrymogènes du lieu de rassemblement par la police. Un tel échec alimente le désespoir. Alors que Fields s’éloignait du lieu de la manifestation avec sa voiture, il fut bloqué par un mur de gens qui chantaient et célébraient leur victoire. Il décida donc de leur rouler droit dessus. Lire la suite…
On peut appeler ultragauche, toute pratique, organisation, théorie, qui définissent la révolution comme affirmation du prolétariat et simultanément critiquent et rejettent toutes les médiations qui sont la montée en puissance de la classe à l’intérieur du mode de production capitaliste (organisations politiques, syndicalisme, parlementarisme…) par laquelle seulement peut exister cette affirmation. En cela, l’ultragauche est une contradiction en procès.
Au travers des luttes de la «période 68», puis durant les années 1970-80, émerge par bribes, de façon heurtée, par des impasses et des critiques successives, un nouveau paradigme de la lutte de classe, de la révolution et du communisme: la théorie de la communisation. Autonomie, autonégation du prolétariat, refus du travail, révolution à titre humain, la théorie de la communisation est née d’un bricolage théorique dans le cours chaotique des luttes et de la restructuration du capital.
La distinction de genre, l’idéologie, la pratique révolutionnaire comme autotransformation des individus et conjoncture font de la théorie de la communisation un chantier permanent.
(Traduction d’un article d’Endnotes 3, original en ligne ici)
« Nous ne savons pas s’il faut voir dans les destins [opposés] de Luxemburg […] et de Lénine un lien avec le fait que Lénine et son groupe aient armé les ouvriers, quand les Spartakistes ont persisté à penser l’organisation comme une coordination […] et le refus du travail comme unique arme adéquate pour les ouvriers. L’essence du léninisme évolue, du rapport entre spontanéité et parti au rapport entre parti et insurrection.[1] »
Est-ce que les luttes actuelles évoluent vers la révolution ? Nous tentons de nous positionner par rapport à cette question de la seule façon possible : non seulement grâce à notre vécu actuel, mais aussi en relisant les théories révolutionnaires du passé. Se référer à de telles théories peut toutefois se révéler hasardeux : elles sont apparues en réaction à un ensemble de questions énoncées au cours d’une période spécifique — une époque qui n’est pas la nôtre. Il est vrai que les théories révolutionnaires du xxe siècle se sont développées au cours d’une séquence de luttes que nous appelons le mouvement ouvrier. Elles ne portent pas uniquement les traces du mouvement ouvrier dans son ensemble. Ces théories ont été formulées en réaction aux limites auxquelles ce mouvement a été confronté à son apogée, à savoir la période révolutionnaire de 1905-1921. Lire la suite…
Nous attirons l’attention des lecteurs sur cet extrait du chapitre sur « la distinction de genre » dans l’édito d’EndNotes N°3 et sur la note 4 qui le ponctue pour manifester notre désaccord total avec ces positions… A suivre après lecture appronfondie…. dndf
« Pour nous, il n’y a pas plus lieu de parler de contradiction entre ouvriers et capital qu’entre femmes et hommes. En fait, la seule « contradiction entre » est celle avec laquelle Marx ouvre le livre 1 du Capital, la contradiction entre valeur d’usage et valeur d’échange (4) »
Ce numéro d’Endnotes a mis bien du temps à paraître. Sa parution a pris du retard du fait d’expériences et de conversations qui nous ont conduits à clarifier nos analyses et parfois à les reformuler entièrement. Nombre des articles de ce numéro sont le produit d’années de discussion. Certains articles étaient si longs que nous avons du le scinder en deux. Endnotes 4 ne paraitra donc non pas dans trois ans, mais plutôt d’ici les six prochains mois. En guise d’explication pour cette attente, nous décrivons ici certains des questions et des dilemmes qui ont donné naissance à ce numéro et à celui qui suit. Lire la suite…
Les cercles sont proportionnels au nombre de gens vivant dans des zones de pauvreté extrême pour la période 2005-2009, et les couleurs symbolisent la variation de ces chiffres depuis l’an 2000 : rouge pour une hausse, gris pour un status quo, bleu foncé pour la baisse.
Note : les gens d’Occupy Oakland ont repris la place hier soir, grace à un plan de regroupement. 3000 personnes sont revenues et se sont réinstallées, après l’éviction brutale du matin. Un vétéran d’Irak a été touché à la tête par une bombe lacrymo et est toujours dans le coma, sous respirateur, un autre, frappé par une balle en caoutchouc est toujours à l’hopital. Deux personnes ont eu les mains brisées et plusieurs souffrent de blessures à la suite de l’attaque des flics.
En solidarité, OWS (New York, donc) a envoyé 20 000$ et 100 tentes pour soutenir l’action d’Oakland. Lire la suite…
Le maire de New York, Michael Bloomberg a déclaré lundi qu’il permettrait aux manifestants de Wall Street de rester indéfiniment, selon des dispositions légales, marquant ainsi sa déclaration la plus forte à ce jour quant à la volonté municipale d’autoriser les manifestants à occuper un parc au sud de Manhattan.
Le vent d’est l’emporte sur le vent d’ouest. Jusqu’à quand l’Occident désœuvré et crépusculaire, la « communauté internationale » de ceux qui se croient encore les maîtres du monde, continueront-ils à donner des leçons de bonne gestion et de bonne conduite à la terre entière ? N’est-il pas risible de voir quelques intellectuels de service, soldats en déroute du capitalo-parlementarisme qui nous tient lieu de paradis mité, faire don de leur personne aux magnifiques peuples tunisiens et égyptiens, afin d’apprendre à ces peuples sauvages le b.a.ba de la « démocratie » ? Quelle affligeante persistance de l’arrogance coloniale ! Dans la situation de misère politique qui est la nôtre depuis trois décennies, n’est-il pas évident que c’est nous qui avons tout à apprendre des soulèvement populaires du moment ? Lire la suite…
L’armée égyptienne, qui a pris les commandes du pays depuis la démission de l’ancien président Hosni Moubarak sous la pression populaire, a appelé, lundi 14 février, citoyens et syndicats à cesser les mouvements de grève qui prennent de l’ampleur dans le pays au nom de « la sécurité et de la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l’Etat ». Lire la suite…
…et délocalise une partie de la production au Vietnam ou à Taiwan.
À la réunion d’hier [8/6/2010] des actionnaires, Foxconn a révélé qu’il ne ne verserait plus d’indemnités aux familles des employés morts, afin de décourager les futurs suicides . Le PDG, Terry Gou, a exposé son raisonnement, donnant comme preuve le fait que l’argent — un montant quasiment équivalent à dix ans de salaire — était une motivation principale des suicides. Une de ses preuves était la lettre de suicide d’un homme, qui contenait le message suivant à ses parents :
… à présent je vais me jeter à Foxconn, je vais vraiment partir alors, mais il ne faut pas que vous soyez tristes, parce que Foxconn va vous donner de l’argent, c’est tout ce que votre fils peut vous rembourser à présent.
« … le sujet abstrait, hypostase de l’individu isolé de la société bourgeoise. Nous avons là le « défaut » majeur de toutes les philosophies : leur incapacité à s’émanciper des apparences immédiates de la société marchande qui les fonde et qu’elles acceptent comme l’unique réalité. C’est à partir de l’acceptation non critique de la situation de l’individu dans la société bourgeoise que va se nouer l’essentiel de la problématique philosophique»