« Aux frontières de la lutte des classes – à propos des récents événements à Ceuta »
Par les camarades du blog…
« Nous revenons dans cette brève sur la récente “crise” de Ceuta en la réinscrivant dans les dynamiques fondamentales de l’histoire contemporaine du contrôle européen de l’immigration : la bureaucratisation, l’externalisation et le tri des migrant·e·s. Ces 30 et 31 juillet, au moins 72.000 migrants marocains et subsahariens ont tenté de traverser la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta et, dans une moindre mesure, de Melilla. Le plus souvent à la nage mais aussi en gravissant murs et barbelés. 141 personnes auraient été tuées au cours de la répression brutale coordonnée par les deux pays. Des milliers de migrants attendent encore à Ceuta et Melilla d’être transférés en Espagne continentale. Nous rappelons ainsi que la frontière est, avant tout, une institution de classe, chargée du contrôle des flux de population et de la reproduction de la segmentation raciale qui structure géographiquement le mode de production capitaliste. Ces éléments de réflexion ne sont encore que des fragments épars d’un travail plus ample sur les migrations que nous espérons pouvoir publier en fin d’année. »

