Après avoir annoncé 400 000 « suppressions de postes » dans la sidérurgie, puis 1,8 millions en comptant les ouvriers du charbon, le chiffre de 5 à 6 millions de licenciements est avancé dans la presse anglophone
La Chine va licencier cinq à six millions de travailleurs, pour un coût d’au moins 23 milliards de dollars.
La Chine à l’intention de mettre à pied 5 à 6 millions de travailleurs de l’État au cours des deux à trois prochaines années dans le cadre des efforts visant à réduire la surcapacité industrielle et la pollution, le plus audacieux programme de réduction des dépenses de Pékin depuis près de deux décennies, d’après deux sources fiables.
Le gouvernement de la Chine, obsédé par le maintien de la stabilité et veillant à ce que les licenciements ne conduisent pas à des troubles, va dépenser près de 150 milliards de yuans (23 milliards de dollars) pour couvrir les mises à pied, dans les seuls secteurs du charbon et de l’acier dans les 2 à 3 prochaines années. Lire la suite…
Grève des ouvriers de Honda à l’usine de Tapukara (à la frontière de l’Etat du Rajasthan et de l’Haryana, Inde)
Le matin du 16 février, un superviseur a agressé un travailleur contractuel (dans les grandes industries indiennes, la main d’œuvre est divisée en catégories – permanents, contractuels, apprentis – qui effectuent souvent les mêmes tâches mais disposent de droits et de salaires très différentiés ; depuis une dizaine d’années, la part des travailleurs précaires n’a cessé de croître et les quelques victoires obtenues dans les luttes n’ont bénéficiées qu’aux travailleurs permanents, accentuant encore ainsi la fragmentation et la division des travailleurs) qui refusait de faire des heures supplémentaires. Le travailleur se plaignait de la surcharge de travail qui lui avait déjà été imposée. Bien que ce genre d’incident ne soit pas isolé, les ouvriers ont cette fois décidé de répondre collectivement. Le mouvement de contestation qui s’est alors enclenché a rassemblé indistinctement travailleurs permanents, contractuels et apprentis.
2000 ouvriers du premier roulement (la production est organisée en 3X8) ont alors commencé un sit-in dans l’usine, tandis que 1000 ouvriers des deux autres roulements se rassemblaient devant la porte. La colère des ouvriers, accumulée au cours des derniers mois, était nourrie par la pression accrue sur le personnel (notamment à travers les hommes de main déployés par la direction en lien avec les intermédiaires de main d’œuvre qui gèrent le recrutement des travailleurs contractuels), les surcharges de travail et les entraves à l’action syndicale. Comme dans de nombreuses usines des nouvelles zones industrielles qui fleurissent au Sud de Delhi depuis plus de dix ans, la direction s’est vigoureusement opposée depuis un an aux tentatives d’organisation des travailleurs. Les luttes des ouvriers de Honda en 2005 à Manesar, et de Maruti Suzuki en 2012, avaient également toutes deux pour point de départ et première revendication la reconnaissance du droit à se syndiquer.
Nous avons traduit tout particulièrement celle relative à «l’illégitimité des revendications salariales »
Surmonter les mythologies: Une interview sur le projet Chuang
LFE: Si le pourcentage de travailleurs engagés dans des activités productives est en baisse, il semble néanmoins qu’en Chine, une part croissante de la population est entrée dans le rapport salarial (emplois à la fois productifs et non productifs). Le rétrécissement relatif de l’armée de réserve de main-d’œuvre chinoise explique assez bien la hausse impressionnante des grèves et des salaires que la Chine a vu dans les dernières années. N’y a t-il pas une tension entre ces éléments de preuve et votre affirmation selon laquelle les revendications salariales et les formes connexes de lutte sont d’une importance secondaire par rapport aux émeutes? L’absence de mouvement coordonné de la main-d’œuvre n’est-elle pas plus facilement explicable par la répression de l’Etat et le monopole légal de la représentation des travailleurs par le syndicat contrôlé par l’Etat, plutôt que par l’«illégitimité des revendications salariales » – puisque ces revendications salariales sont tout de même là? Et si le niveau élevé de la répression étatique est également expliqué par le peu de marge de manœuvre pour plus de concessions salariales (étant donné la faible rentabilité), n’est-ce pas une preuve supplémentaire que les revendications salariales sont d’une importance critique?
En contrepoint de l’article « après Fergusson », ci dessous.
La petite bourgeoisie noire (voire la grande) se radicalise en ce moment aux USA, critiquant et tentant de dépasser la génération des Civics Rights, comme il est dit dans l’article (et dans le bouquin cité ci-dessous).
En illustration:
Le beau clip de Beyonce qui est en train de semer un brave bordel outre atlantique, avec les accusations, surement un peu surfaites et surjouées, d’apologie du Black Panther, de la fierté noire offensive, et avec la mise en question centrale des violences de la police…(quelques explications ICI) Lire la suite…
La revue étanusienne« Viewpoint Magazine» a organisé une table ronde avec des groupes révolutionnaires après le soulèvement d’Août de 2014 à Ferguson qui font partie de ce qui peut être un pôle de radicalité émergent dans la lutte pour la libération des Noirs.
Nous avons décidé de traduire l’un d’entre eux : « unité et luttes »
English version below
Quelle est l’histoire de votre groupe? Quelles actions avez-vous organisé, comment votre groupe a changé, et quels sont vos plans pour le futur?
“Unity and Struggle” est un petit collectif communiste, principalement situé à Atlanta, Houston et New York City. Nous avons modifié et remodelé notre groupe de nombreuses fois au fil des ans, notre origine remontant à la Fédération anarchiste « Love and Rage » dans les années 1990. Notre groupe a évolué principalement autour des idées de Marx; nous avons passé les dernières années à nous fondre dans un cadre marxiste. “Unity and Struggle” est avant tout un cercle de propagande, mais nous souhaitons que nos membres participent à l’organisation de projets et d’études. Nous avons participé à un grand nombre de luttes au cours des années, y compris les luttes étudiantes autour de la solidarité avec la Palestine, l’anti-austérité, et des campagnes travailleur / étudiant; luttes de libération Queer; organisations antifascistes; organisation de l’immigration; luttes de locataires, de quartier et du travail.
Après quelque deux décennies de croissance, beaucoup s’accordent cependant à penser que les études postcoloniales n’ont pas toujours su éviter la routinisation et le discours réitératifs, fussent-ils justifiés par l’intertextualité ; quand elles n’invitent pas à l’ironie – catégorie dont se réclament pourtant les penseurs postmodernes. La critique de ce champ de controverses adossé aux rapports entre Nord et Sud, appelle donc une « lecture contrapuntique » – l’expression est de Said [23] – en vue de repérer les travers et les lubies propres à ce champ d’études [24].
En s’installant dans l’ « esthétique de la différence », les études coloniales ont privilégié la pensée binaire, et multiplié les antinomies en gravitant sans relâche autour de l’ « identité politique ». Certes, leurs praticiens pistent les traces et les indices des « absents de l’histoire », et traquent obstinément les « sans-voix » ; mais, la plupart du temps, c’est à seule fin d’idéaliser les « subalternes » ou les « communautés » en vantant leur « capacité d’action » ou de réaction toujours assimilée à une forme de « résistance » – la dite « arme du faible [25] ». Lire la suite…
« Depuis 2011, la ville américaine de Flint, au bord de la faillite, a puisé son eau potable dans la rivière. Comment la presse a-t-elle réussi à taire une telle situation d’état d’urgence sanitaire ?
Seuls les désastres rendent les pauvres visibles
C’est un trou noir de l’information, qui vient d’être projeté brutalement en pleine lumière. Un vrai trou noir. Un scandale meurtrier s’est déroulé de longs mois durant, avec la complicité des autorités locales, sans que la presse locale en dise un mot. Cela ne s’est pas passé au Nigeria, au Burundi, ni au Yémen, ces enfers pour reporters. Ni en Erythrée ni en Corée du Nord, ces dictatures épouvantables. Ni au Mexique, où les journalistes doivent enquêter au risque des cartels. Cela s’est passé dans un pays démocratique, où les journalistes peuvent se déplacer et publier librement, sans craindre de représailles judiciaires ni physiques. Au cœur des Etats-Unis. Dans le Michigan. Exactement à Flint, à une heure de route de Detroit. Depuis 2011, la ville de Flint, au bord de la faillite, a été obligée de puiser son eau potable dans la rivière, au lieu d’acheter à Detroit de l’eau du lac Huron. Les premières conséquences sur la santé publique (vomissements, pertes de cheveux, éruptions cutanées) apparaissent début 2014. La ville recommande alors de faire bouillir l’eau avant de la boire. Pour venir à bout des bactéries, elle accroît sa teneur en chlore, ce qui pose de nouveaux problèmes. L’eau attaque ensuite les canalisations, ce qui libère du plomb. On déplore dix morts, bilan provisoire.
Décès d’un chômeur – heurts entre police et manifestants – pillages dans la banlieue populaire de Tunis
Les autorités ont décrété vendredi un couvre-feu dans tout le pays entre 20 h et 5 h, en réaction aux « atteintes contre les propriétés publiques et privées ».
« Si tu veux trouver un boulot, il faut payer entre 2 000 et 3 000 dinars [entre 1 000 et 1 500 euros] ou être bien introduit »
Ettadhamen, quartier populaire à l’ouest de Tunis, s’est joint aux agitations sociales qui ont éclaté ces derniers jours un peu partout dans le pays.
Des opérations de saccages et de vols ont été signalées, dans la soirée du jeudi 21 janvier 2016, à la cité Ettadhamen, où des groupes de pilleurs, profitant d’un vide sécuritaire, ont investi un magasin qu’ils ont mis à sac.
D’autres bandes de casseurs se sont introduits au Magasin Général de la cité El-Intilaka où ils ont subtilisé des appareils électroménagers. Et aux dernières nouvelles, l’agence d’Attijari Bank a été attaquée et pillée.
Les observateurs font remarquer que les incidents dans les deux grandes cités populaires de la banlieue ouest de Tunis, Ettadhamen et El-Intilaka, font craindre l’embrasement d’autres quartiers de la capitale.
Deux vidéos en éléments de contexte des réflexions sur les tueries de 2015 en France
1) Badiou: « penser les meurtres de masse… »
Fichier audio:
2) Arrêt sur image: « Les terroristes se retrouveraient totalement dans le discours de Valls » Sciences sociales : expliquer, est-ce excuser ?
(Vidéo retirée à la demande des auteurs…..vous pourrez peut être la télécharger quelque part……dndf)
Des ouvriers chinois écrivent le drame de l’«atelier électronique du monde»
« La perte de toute vie / Est la disparitiond’un autre moi/Une autre vis s’est desserrée / Un autre frère du travail migrant se jette du bâtiment / Tu meurs à ma place / J’écris des poèmes à ta place »
Ces vers sont de Zhou Qizao, ouvrier dans une méga-usine du groupe Foxconn à Shenzhen, en Chine. Zhou les a composés le 1er octobre 2014, après avoir appris le suicide de son jeune collègue Xu Lizhi, lui aussi poète entre deux quarts de travail sur la chaîne d’assemblage.
Nous relayons ici un texte de Satnam Virdee, « Politique des parias. Sur la racialisation de la classe ouvrière anglaise » mais dans un premier temps et malgrè quelques réserves, nous relayons la recension qui en est faite sur le site du PIR.
Pourquoi relayer ce texte?
Nous trouvons très intéressant le parti pris d’apporter un complément à l’excellente somme de E.P. Thompson « la formation de la classe ouvrière anglaise » en amenant un point de vue « racialisé » en contrepoint du texte.
En effet, l’articulation classe/genre/race nous parait au coeur des réflexions actuelles dans le milieu de la communisation et nous tenons à signaler ce qui s’y produit de pertinent, à notre avis, comme nous le faisionsICI, même s’il nous semble que l’articulation « distinction de genres/distinction de classes » comporte un caractère fondateur du mode de production capitaliste et la distinction de race un caractère plus plus circonstanciel, plus conjoncturel dans l’histoire, ce qui n’enlève rien à l’horreur de l’histoire coloniale.
Il ne s’agit pas ici d’établir de hiérarchie entre les ségrégations mais de risquer une position dans la discussion actuelle. Le Capital moderne se trouve avoir déferlé sur la planète sous sa forme blanche et chrétienne et avoir réussi et écrasé le monde là ou la communauté asiatique, les civilisations de l’Inde ou de l’Egypte antique ont périclité et l’expansion arabo musulmane a été stoppée… Nous sommes preneur d’échanges de positions sur le thème…
Alors, quelle réserves?
Pour ce qui est du principe de relayer des textes de sites « non proches », nous vous renvoyons aux échanges plus ou moins passionnants qui ont suivi le texte « un monde immonde engendre des actes immondes ».Lire la suite…
Les travailleurs de la Manhattan SEZ et celle voisine de Tai Seng ZES ont protesté et des affrontements ont lieu avec la police depuis jeudi dernier, exigeant une augmentation plus importante du salaire minimum pour les ouvriers de la confection
La police a utilisé des canons à eau pour la deuxième journée consécutive pour briser les manifestations. Deux camions de pompiers ont également été endommagés dans les dernières violences dans la Zone économique spéciale de Manhattan (ZES), a déclaré un responsable provincial.
« Les travailleurs ont jeté des pierres sur la police et la police militaire qui ont tenté de briser leur mouvement de protestation », a déclaré le fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être nommé. « Ils portaient des casques, mais les pierres les ont fait éclater. »
« Certains syndicats ont exhorté les travailleurs à retourner au travail et de négocier paisiblement leurs demandes. »
Trouvé sur la toile, ce que nous avons trouvé de meilleur pour le moment….
Un monde immonde engendre des actes immondes : Ne pas renoncer à penser face à l’horreur
Saïd Bouamama
15 novembre 2015
A l’heure où nous écrivons le bilan des tueries parisiennes est de 128 morts et de 300 blessés. L’horreur de cette violence injustifiable est absolue. La condamnation doit l’être tout autant, sans aucune restriction et/ou nuance. Les acteurs et/ou commanditaires de ces meurtres aveugles ne peuvent invoquer aucune raison légitime pour justifier ces actes immondes. La tragédie que nous vivons débouchera sur une prise de conscience collective des dangers qui nous menacent ou au contraire sur un processus de reproduction dramatique, en fonction de notre capacité collective à tirer les leçons de la situation qui engendre un tel résultat. L’émotion est légitime et nécessaire mais ne peut pas être la seule réponse. La réponse uniquement sécuritaire est également impuissante. C’est justement dans ces moments marqués par l’émotion collective que nous ne devons pas renoncer à la compréhension, à la recherche des causes et à la lucidité face aux instrumentalisations de l’horreur.
Ca ne révolutionnera pas le monde mais ça fait quand même bien plaisir…
Dans le Monde de vendredi dernier
Les dieux ne sont pas tombés sur la tête
En Tanzanie, la plus petite tribu du pays, les Hadza, s’apprête à participer à l’élection présidentielle du 25 octobre. Des chasseurs-cueilleurs vivant à la lisière du monde sédentaire qui ne reconnaissent aucun chef
C’est une tribu d’archers nomades, les Hadza, qui vit dans le nord de la Tanzanie, non loin de la frontière kenyane. Un millier de personnes au total, le plus petit groupe ethnique de la Tanzanie, qui ne reconnaît ni chef ni droit à la propriété. Les femmes cueillent des baies et des racines. Les hommes, quand ils ne récoltent pas du miel, tirent des flèches empoisonnées sur les girafes et les babouins. Ce peuple s’apprête néanmoins à peser dans l’élection présidentielle tanzanienne du 25 octobre, en participant au scrutin national dans les bureaux de vote installés en brousse. Lire la suite…
Revenons sur les décrets du Jobs Act. Nous ne sommes pas face à simple restauration, ou à une forme réactionnaire de répression. Nous finirions par sous-estimer la question, surtout si nous ne comprenons pas sa vraie substance. Les huit décrets sont certainement et organiquement autoritaires mais, dans le même temps, ils codifient les règles qui caractérisent ce qui, aujourd’hui, est le rapport au travail, le contrat de travail dans le temps de la condition précaire ; sous cet angle, ces décrets contiennent indubitablement des éléments novateurs qui ne manqueront d’être rapidement adoptés par les organismes des autres pays de l’union européenne.
Le contrôle va au-delà des étroites limites du temps (entendez : de la dure journée de travail) et du lieu (l’établissement), étendu à l’entièreté de la vie des sujets en condition de précarité, avec la quasi déclaration sur l’intention de les mettre en valeur. L’existence devient de l’argent dans les mains du capitaliste. La vie se révèle être de la monnaie et les deux sont reconduits à l’abstraction, au fétiche. Lire la suite…
Une offre de 368 emplois peu qualifiés dans l’Uttar Pradesh (connu sous le nom UP), l’État le plus peuplé de l’Inde, située au nord du pays, a attiré2,3 millions de candidats, selon les médias locaux. La population de cet l’État est d’environ 200 millions de personnes, similaire à celle du Brésil.
Selon les chiffres cités par le Financial Times, moins d’un dixième des 500 millions de travailleurs en Inde ont des emplois formels et la moitié de ceux qui sont engagés dans l’administration ou les entreprises publiques telles que les chemins de fer.
La pauvreté des enfants est beaucoup plus répandue que les chiffres annuels le suggèrent, dit un nouveau document, avec près de deux enfants américains sur cinq passent au moins un an dans la pauvreté avant l’âge de 18 ans.
Les conclusions de Caroline Ratcliffe, de l’Institut urbain, montrent la division particulièrement marquée le long des lignes raciales. Les enfants noirs sont bien pire. Quelque 75% sont pauvres à un moment donné au cours de leur enfance, comparativement à 30% des enfants blancs.
«Les élèves peuvent apparaître pâles, fatigués, irritables ou manquer de concentration, ou se plaindre de maux de tête ou de malaise, » . « Bien qu’il puisse y avoir d’autres raisons qui sous-tendent de tels signes, pour un nombre croissant d’enfants et de jeunes dans nos écoles et collèges d’aujourd’hui, la raison sera la faim. »
un texte de 17 pages dont nous traduisons la présentation ainsi que le paragraphe se rapportant à « l’ère des émeutes »
Le dernier texte « de critique impitoyable » sur la question de l’Ukraine. Après une année et demie d’étude soigneuse de la situation, et avec l’aide de divers militants d’Europe orientale, ces derniers textes tracent l’origine contradictoire de l’ex-URSS de la situation entre l’Ukraine et la Russie. Certains des commentaires au sujet de la position de la gauche ressemblent plus ou moins à la position de la gauche grecque sur l’Ukraine. D’autres commentaires ont à voir avec les problèmes et les insuffisances théoriques et politiques qui découlent des événements eux-mêmes à l’intérieur des mouvements. Cette insuffisances peut être considérée comme une chance pour la simple «réévaluation tactique» des positions politiques radicales mais à notre avis ils mettent sur la table un sujet beaucoup plus profond: l’Etat comme forme holistique politique, et la crise de tout concept «d’autonomie politique » et des pratiques politiques autonomes de divers« groupes politiques ». Au contraire de l’Etat, le capital, et le pouvoir capitaliste en général semblent être une organisation holistique de la vie sous la forme de contradictions sociales et logiques. Alors qu’au travers de ces contradictions, de nouvelles formes de lutte surgissent et pas de façon volontariste
Les manifestations de « YouStink » vont jeter le régime libanais à la poubelle de l’histoire, ou prendre sa place.
Venus d’horizons différents, pas d’accord sur grand-chose, nous avons battu le pavé ensemble. Le 8 Août, nous nous sommes réunis pour manifester notre mécontentement par rapport à la manipulation du gouvernement libanais d’une crise des ordures qui dure depuis 18 ans. Naameh, une petite ville en bord de mer à 20 km au sud de Beyrouth, fait fonction de décharge publique de la capitale depuis 1997. Les résidents de Naameh exigeaient la fermeture de la décharge de leur ville depuis des années, avec des centaines de manifestations, et il était enfin prévu de la fermer le 17 Juillet 2015. Le jour venu, les résidents de Naameh ont menacé de passer à l’action directe; ils se sont engagés à entraver l’entrée des camions à ordures dans leur ville en utilisant tous les moyens nécessaires. Leur scepticisme venait de leur amère expérience. Le gouvernement avait renié ses promesses de fermer la décharge à deux reprises dans les précédents 18 mois seulement. La décharge fut mise hors d’usage ce jour-là par les habitants de Naameh, sans plan de rechange ; les poubelles ont commencé à s’entasser dans les rues de Beyrouth. Lire la suite…
La crise des ordures est devenue le signe le plus flagrant – au moins dans les sens de la vue et l’odeur – de la paralysie politique qui accable aujourd’hui la nation et a unifié de nombreux Libanais, habituellement divisé par la secte, la religion et la région, dans ce que les manifestants appellent la « Tu pues » campagne.
Lebanese activists started to paint the wall eracted by the police to protect the cabinet
« Masked infiltrators » is indeed a pretty nice metaphor for the pauperised proletarian youth:
Au Liban, les manifestations sont le plus souvent organisées à l’appel de partis politiques et très rarement dirigées contre la classe dirigeante et en faveur de revendications sociales.
«Les gens sont dans la rue car ils sentent que plus personne ne les écoute», affirme à l’AFP Maha Yahya, chercheuse au Centre Carnegie Moyen-Orient à Beyrouth. «Les services de base se sont dégradés: les gens sont très préoccupés par l’électricité, l’eau, l’emploi, l’éducation ou la santé».
Le mouvement protestataire a commencé à prendre forme le 17 juillet, après la fermeture de la principale décharge et l’accumulation d’ordures dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban (centre).
«Je ne suis pas du tout attachée à ce régime pourri, mais c’est pour avoir quoi à la place? Le chaos», explique à l’AFP Fadia Kiwane, professeur de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.
Une femme a reçu une amende de £ 330 ( 465 euros) pour avoir volé un paquet de barres « Mars » après que ses prestations ont été arrêtées. Elle n’avait pas mangé depuis des jours quand elle a volé la nourriture la moins chère qu’elle pouvait trouver dans le magasin
Des manifestations ont repris à Ferguson, après la nuit agitée qui a suivi le premier anniversaire de la mort du jeune noir tué par un policier blanc. La police menace d’utiliser des gaz lacrymogènes pour tenter de calmer la foule.
Environ 132 manifestants ont été arrêtés, dont le célèbre militant et intellectuel Cornel West, relâché depuis, lors de la manifestation pacifique qui s’est déroulée devant la Cour fédérale de Saint Louis.
Les manifestants s’étaient rassemblés devant la cour fédérale de Saint Louis où ils scandaient des slogans antiracistes et contre la violence policière, avant de se mettre en marche et de parcourir les rues de la ville. Sommés par les hauts parleurs des autorités de se disperser, les manifestants ont refusé d’obéir aux injonctions policières. Les forces de police ont alors pris l’initiative de procéder à des arrestations.
La saga interminable des négociations entre le gouvernement Syriza et les créanciers européens paraissait tirer à sa fin. Au bout de cinq mois de retournements brutaux, de suspense et de frayeurs, un semblant d’accord avait été atteint. La presse mondiale, les technocrates et les bureaucrates d’État propageaient un sentiment de soulagement. Cependant, l’évaluation des chances de réussite ou d’échec de cet accord différait selon les interlocuteurs. Ceux qui voulaient s’assurer d’une poursuite de l’austérité y étaient bien entendu favorables. Curieusement, ceux qui prétendaient tout faire pour en finir avec l’austérité lui étaient également favorables. Quant à ceux qui allaient être directement affectés par les mesures proposées, il semblait qu’il n’y avait pas grand-chose de changé pour eux. On dit parfois que le diable se cache dans les détails, et nombreux sont ceux qui auraient préféré voir ces détails se perdre parmi les obscurs points techniques. Malheureusement pour eux, cependant, même Lorca savait que, « […] sous les multiplications, les divisions et les additions […] il y a un fleuve de sang ». Le soulagement et la satisfaction suscités par l’accord ne pouvaient être que de courte durée. En fait, pour apporter une quelconque satisfaction, il eut fallu qu’il reste sur le papier. Dès lors que les mesures qu’il préconisait auraient été mises en application, cela aurait été la fin de la fête. Lire la suite…
Le matériau de documents ci-dessous concerne dix-huit luttes d’usine dans la ceinture industrielle de Delhi entre début 2014 et mi-2015.
— Janvier 2014: maraude des travailleurs à Faridabad qui ont fermé des dizaines d’usines exigeant des augmentations minimales de salaire — Février 2014: rassemblements sauvages de plus de 2.000 ouvrières à Jai Ushin auto-électronique à Manesar pour faire appliquer des hausses salariales — Avril 2014: ouvriers et ouvrières de deux usines Napino occupent leurs usines pendant dix jours — mai 2014: la police expulse plus de 1000 travailleurs de l’usine Shriram Piston à l’aide de gaz lacrymogènes et des balles réelles — Février 2015: après qu’un manager insulte un travailleur plusieurs milliers de travailleurs commencent à attaquer leurs usines et les voitures des patrons —
Texte déjà publié sur plusieurs sites français, pour ceux/celles qui n’en auraient pas pris connaissance
APPEL
de L’ASSEMBLÉE des TRAVAILLEURS et des CHÔMEURS
CONTRE L’ACTUELLE POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ ET DE DÉVALUATION
Depuis cinq ans, la politique de dévaluation non seulement de notre force de travail mais de l’ensemble de notre vie (baptisée collectivement les « Mémoranda ») s’est poursuivie implacablement et sans relâche. Tant l’aile gauche que l’aile droite de l’État et du capital sont à son service et la favorisent.
Nous qui faisons cette déclaration, salariés et salariées, chômeurs et chômeuses, étudiants, étudiantes et élèves, ménagères, nous avons participé à diverses luttes de classes, que ce soit sur les lieux du travail ou dans les quartiers ouvriers, tout au long de ces années.
Que nous ayons voté NON, à savoir NON en bloc à la politique d’austérité et de dévaluation, ou que nous nous soyons abstenus sciemment lors du référendum, rejetant par là les alternatives présentées par les partis politiques, nous partageons tous un seul désir. C’est celui de défendre les intérêts de notre classe contre les intérêts des patrons et de contribuer à toutes les formes possibles d’action collective afin de satisfaire nos besoins sociaux. Lire la suite…
Théoriquement parlant, ce groupe est un mélange de pro-operaïsme, pro-Thomson et pro-Socialisme ou Barbarie. Il forme l’un des groupes les plus intéressants d’Athènes.
Version française de dndf
English version below
Lumière, eau, téléphone, la lutte de classe dans les redevances quotidiennes: luttes dans la reproduction sociale et le travail dans les quartiers d’Athènes «Ici, dans ce quartier, dans la prochaine petite rue, le nid construit une petite perdrix «
chanson traditionnelle de Corfou
La révolte de Décembre 2008, puis le «mouvement des places» à l’été 2011 ont ouvert la porte toute grande aux formes d’organisation et de luttes appelées assemblées de quartier. Nous parlons des démarches collectives ouvertes, à caractère auto-organisé, qui ont essayé de territorialiser leur intervention politique au niveau du quartier, de façon stable. Ici, bien sûr, nous ne tenterons pas d’écrire l’histoire ou exposer la généalogie des assemblées de quartier à Athènes, ni de présenter tous leurs contenus politiques en 4.000 mots. Notre objectif est d’analyser la position des assemblées de quartier dans le cycle de luttes contre la dévalorisation du travail, au sujet de nos vies en temps de crise capitaliste et de restructuration. En bref, nous essayons de comprendre ce que sont les positions des assemblées de quartier au cours des dernières années concernant les questions qui ont été posées par les conséquences immédiates de la crise / restructuration dans les domaines de la reproduction sociale et du rapport d’exploitation.
« La période qui s’ouvre sera certainement celle de l’élargissement de cette logique de criminalisation, de contrôle, d’enfermement, d’exploitation et d’extermination, qui a comme principale victimes la jeunesse indigène et noire »
Abaissement de la majorité pénale: «La logique de l’Etat pénal est d’emprisonner et d’exploiter la main-d’oeuvre»
Gabriel Brito s’entretient avec Givanildo Manoel Le projet d’abaissement de l’âge pénal de 18 à 16 ans – ce qui implique une incarcération dans les prisons d’adultes, avec les suites mutiples imaginables – est une autre facette de la politique du Parti des travailleurs (PT) et de ses alliés. Givanildo Manoel, un des animateurs du […]
« … le sujet abstrait, hypostase de l’individu isolé de la société bourgeoise. Nous avons là le « défaut » majeur de toutes les philosophies : leur incapacité à s’émanciper des apparences immédiates de la société marchande qui les fonde et qu’elles acceptent comme l’unique réalité. C’est à partir de l’acceptation non critique de la situation de l’individu dans la société bourgeoise que va se nouer l’essentiel de la problématique philosophique»