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Inde «Le viol n’est pas quelque chose qui se produit de manière détachée. Ça fait partie d’une violence continue et bien implantée dans notre société, qui cible les femmes de manière quotidienne»

INDE : UN POLICIER TUÉ DANS LES MANIFS

Les autorités indiennes ont annoncé aujourd’hui la mort d’un policier blessé lors des manifestations de New Delhi suscitées par le viol collectif d’une jeune étudiante, un fait divers qui agite le pays, et notamment la capitale, depuis plus d’une semaine.

 

Le policier, âgé de 47 ans, avait été déployé dimanche près de la Porte de l’Inde, un des monuments emblématiques de Delhi, autour duquel s’étaient rassemblés les manifestants. Il avait été attaqué et battu par un groupe. Admis à l’hôpital, il y est mort deux jours plus tard, a indiqué le porte-parole de la police de New Delhi. “Les manifestants ont jeté des pierres à (Subash) Tomar. Il est tombé dans le coma, pendant deux jours, et il est mort aujourd’hui”, a déclaré à l’AFP Rajan Bhagat.

Une cinquantaine de policers ont été blessés dimanche lors d’affrontements avec la foule.Les autorités ont depuis interdit à la circulation une bonne partie du centre de la capitale.

Actuellement en soins intensifs, la victime a pu raconter son calvaire à la police le week-end dernier mais son état s’est détérioré lundi soir et “elle souffre de problèmes respiratoires”, a indiqué l’hôpital Safdarjung. Les six hommes, ivres au moment des faits, ont été arrêtés par la police.

Des agitateurs dans la foule

Les manifestants protestent contre la police et les autorités, accusées de ne pas prendre suffisamment au sérieux les plaintes pour viols et agressions sexuelles, dans un pays très largement dominé par les hommes.

La police estime que des agitateurs se sont mélés à la foule, provoquant des scènes de violence inhabituelles au centre de Delhi. Mais la presse indienne a vertement critiqué les forces de l’ordre lundi, estimant que la force déployée était démesurée. Dans une rare déclaration télévisée, le premier ministre avait appelé au calme la population et assuré de tout faire pour garantir la sécurité des femmes. “Manifester est important. Ça secoue la conscience d’une société, ça pousse les gens vers le changement, ça leur donne l’impression de faire partie de ce changement”, écrit l’auteur féministe Urvashi Butalia dans un éditorial paru dans le quotidien The Hindu.

“Le viol n’est pas quelque chose qui se produit de manière détachée. Ça fait partie d’une violence continue et bien implantée dans notre société, qui cible les femmes de manière quotidienne”, ajoute-t-elle. Les chiffres officiels montrent que près de 90% des 256.329 crimes violents enregistrés en 2011 en Inde avaient une ou des femmes pour victime(s).

AFP 25 décembre 2012

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  1. A.D.
  2. cln
    29/12/2012 à 11:19 | #2

    trouvé sur INCENDO

    12.28.2012
    INDE – INÉGALITÉ DES SEXES ET VIOLENCES CONJUGALES
    Categories: Genres & luttes dans le monde
    Inégalité des sexes et violences conjugales restent des réalités indiennes

    Selon un récent rapport, l’Inde occuperait le bas du tableau juste derrière le Rwanda en matière d’inégalité des sexes et de violences commise contre les femmes.

    65% des Indiens sont d’accord avec le fait que “dans certains cas, une femme mérite d’être battue”.

    La Journée de la Femme est une importante célébration en Inde. Les hommes offrent des cadeaux aux femmes, et rendent hommage aux grandes figures féminines qui ont illustré l’histoire du pays. Ces festivités dissimulent pourtant une réalité alarmante…

    Selon un rapport réalisé par l’International Centre for Research on Women (ICRW) basé aux États-Unis et en Inde, ainsi que l’Instituto Promundo au Brésil, l’Inde partage le pire bilan avec le Rwanda en termes de violences conjugales et d’inégalités hommes-femmes.

    Réalisée dans six pays (le Brésil, le Chili, la Croatie, l’Inde et le Rwanda), l’enquête a pris en compte plus de 8000 hommes et 3500 femmes entre 18 et 59 ans. La conception des relations hommes-femmes y est étudiée à travers les situations de violences conjugales, sexuelles, ou encore la distribution des tâches au sein de la famille.

    En Inde, un homme interrogé sur quatre a reconnu avoir commis des violences sexuelles au cours de sa vie, tandis qu’un homme sur cinq affirme avoir déjà forcé sexuellement sa compagne.
    14% des Indiens attestent avoir abusé sexuellement de leur partenaire ou de leur épouse durant l’année passée, tandis que 20% auraient abusé sexuellement de leur partenaire ou de leur épouse au cours de leur vie. Ces chiffres sont les plus élevés des six pays étudiés, avec le Rwanda en deuxième position.

    Stress au travail et alcool à la source des violences

    D’après l’enquête, il y aurait une forte corrélation entre le stress sur le lieu de travail et les violences conjugales dont sont victimes les femmes en Inde. 62% des hommes en Inde affirment ressentir un état de stress ou même une dépression en raison de problèmes de salaire ou d’emploi.

    La forte consommation d’alcool – cinq verres ou plus, une ou plusieurs fois par mois – serait également à la source des violences sexuelles et conjugales (23% en Inde). Pourtant, 92% des hommes ont déjà entendu parler des lois sur les violences commises contre les femmes, selon le rapport.

    Sont également pointées du doigt des variables telles que l’exposition durant l’enfance à des situations de violences conjugales qui sont reproduites à l’âge adulte, ou encore les conceptions divergentes des rapports hommes-femmes selon les pays.

    Les plus forts écarts dans les rapports hommes-femmes

    Les Indiens sont en tête des inégalités des sexes concernant la répartition des tâches domestiques. 86 % des hommes pensent que “changer les couches des enfants, leur donner le bain et les nourrir relève de la responsabilité des femmes”, tandis que seuls 16% des hommes participent aux tâches ménagères quotidiennes.

    La proportion d’hommes affirmant que c’est “l’homme qui doit avoir le dernier mot pour une quelconque décision au sein de la famille” s’élève à 81%.

    La violence conjugale est justifiée par 68% des Indiens, qui pensent qu’une femme “doit tolérer la violence physique dans le but de préserver l’équilibre familial”; 65% des Indiens sont d’accord avec le fait que “dans certains cas, une femme mérite d’être battue“, alors que 37% affirment avoir recours à la violence physique envers leur compagne, d’après les résultats de l’enquête.

    L’importance du travail et de l’éducation

    On note néanmoins des différences liées au niveau d’éducation des personnes interrogées. Un homme ayant au moins bénéficié d’une éducation secondaire aura davantage tendance à concevoir les relations hommes-femmes de manière plus équitable. L’école reste donc une plateforme optimale pour la prévention des violences envers les femmes, dans une société majoritairement traditionnelle et patriarcale.

    Les conclusions du rapport insistent sur une meilleure compréhension de l’importance du travail et son influence sur les relations familiales, ainsi qu’une meilleure éducation, afin d’améliorer les rapports hommes-femmes. La branche asiatique de l’IRCW a ainsi décidé d’envoyer le rapport au gouvernement indien, afin que de nouvelles politiques en faveur de l’égalité des sexes soient mises en place. Inégalité des sexes et violences conjugales restent des réalités indiennes

    Source : aujourdhuilemonde

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