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Quelques nouvelles du Mexique…

09/06/2026

« Le Mexique entre gestion de crise et retour du conflit social »

« La situation engendrée par les mobilisations du syndicat des enseignants CNTE, des mères à la recherche de leurs enfants disparus, des familles des 43 étudiants disparus, des associations étudiantes et des diverses organisations paysannes ne saurait se réduire à une simple somme de revendications sectorielles. Elle ne peut pas non plus se limiter à un conflit entre le gouvernement et l’opposition. Derrière ces conflits se cache une crise structurelle de la reproduction sociale, accumulée depuis plus de quatre décennies de restructuration capitaliste et qui commence aujourd’hui à se manifester de manière de plus en plus visible.

Depuis les années 1980, le Mexique a opéré une transition vers un modèle d’accumulation fondé sur la libéralisation des échanges, la financiarisation, la précarité de l’emploi, le gel des salaires et la subordination de larges pans de la population à des formes d’emploi et de survie de plus en plus instables. Le néolibéralisme, tel qu’on l’appelle, n’était pas simplement une politique économique ; il a profondément transformé les conditions de reproduction de la main-d’œuvre. La crise actuelle n’a pas commencé avec la Quatrième Transformation et ne s’achèvera pas avec elle. Cette dernière a hérité de contradictions historiques qu’aucun gouvernement ne peut résoudre dans le cadre de la valorisation capitaliste.

Reconnaître cette continuité ne signifie pas pour autant affirmer que tous les gouvernements sont identiques. L’idée que « tout est pareil » masque souvent plus qu’elle ne révèle. Il existe des différences significatives entre un gouvernement désireux d’étendre certains programmes sociaux, d’augmenter le salaire minimum ou de maintenir des mécanismes de redistribution spécifiques, et des projets visant ouvertement à accentuer l’austérité, la privatisation ou l’érosion des droits des travailleurs. Le problème réside dans le fait que ces différences s’inscrivent dans des contraintes structurelles qu’aucun gouvernement national ne peut surmonter seul.

La question des retraites en est peut-être l’exemple le plus frappant. La revendication principale de la CNTE est l’abrogation de la réforme de l’ISSSTE de 2007 et le retour à un système solidaire par répartition. Or, ce conflit révèle une contradiction bien plus profonde : les systèmes de capitalisation individuelle contemporains sont devenus des piliers fondamentaux des marchés financiers. Les ressources gérées par les Afores (Administrateurs de fonds de retraite) participent aux mécanismes de financement de la dette publique et privée. Dès lors, le débat sur les retraites n’est pas simplement technique ou budgétaire ; il touche directement à l’un des fondements de l’accumulation financière contemporaine. Le débat public lui-même reconnaît que le retour à l’ancien système engendrerait d’énormes pressions budgétaires pour l’État mexicain. Les dépenses de retraite ont dépassé 559 milliards de pesos au seul premier trimestre 2026, tandis que divers spécialistes affirment que le système actuel ne garantit pas non plus des retraites suffisantes à une large part de la population active.

D’un point de vue d’analyse économique et politique, le problème ne se résume pas à choisir entre un système de répartition et un système de capitalisation. Il réside dans le fait que les deux mécanismes dépendent, en fin de compte, d’une masse suffisante de travail social capable de soutenir la reproduction accrue du capital. Lorsque la croissance économique ralentit, que la productivité stagne et que la population vieillit, des tensions apparaissent qu’aucune ingénierie financière ne peut pleinement résoudre.

Le paradoxe de la précarité

Un aspect qui génère souvent de la confusion est la coexistence d’indicateurs apparemment positifs et d’une agitation sociale croissante.

D’une part, plusieurs indicateurs montrent des améliorations par rapport aux pires années de la crise pandémique. La pauvreté des travailleurs a diminué et les hausses du salaire minimum ont eu un impact concret sur les revenus des personnes travaillant dans le secteur formel. Entre 2024 et 2026, la pauvreté des travailleurs a continué de reculer, atteignant son niveau le plus bas depuis le début des relevés comparables.

Mais dans le même temps, la précarité structurelle persiste.

Les jeunes constituent l’un des secteurs où cette contradiction est la plus flagrante. Des données récentes indiquent un taux de travail informel proche de 64 % parmi les jeunes salariés. Des millions de jeunes continuent d’accéder à des emplois précaires, sans protection sociale efficace et mal rémunérés. Plus de 3,3 millions travaillent dans le secteur informel, même au sein d’entreprises formellement constituées, et d’autres sont contraints de se tourner vers l’économie criminelle.

Cela signifie que le problème ne se limite pas au chômage. Il réside dans l’incapacité croissante du salariat à garantir des perspectives de vie stables. La précarité cesse d’être une situation temporaire pour devenir une situation permanente.

Dans cette perspective, les manifestations actuelles expriment quelque chose de plus profond que de simples revendications d’entreprises. Elles traduisent la crise des modes traditionnels d’intégration de larges pans de la population par le capitalisme durant une grande partie du XXe siècle.

La question des disparus

On observe la même logique dans la crise des disparitions.

Le Mexique compte officiellement plus de 132 000 personnes disparues. Diverses sources avancent un chiffre supérieur à 133 000.

L’ampleur du phénomène dépasse toute explication fondée uniquement sur le crime organisé ou les erreurs administratives. Les disparitions constituent l’un des symptômes les plus extrêmes de la dégradation sociale contemporaine.

Il est donc difficile d’affirmer que l’administration actuelle, à l’instar des précédentes, puisse résoudre pleinement ce problème dans le cadre institutionnel existant. Il ne s’agit pas simplement d’une question relevant de la police ou de la justice. Les disparitions sont liées aux économies illégales, aux processus de militarisation, aux réseaux de corruption, aux marchés transnationaux et aux formes de violence inhérentes à la reproduction même du capital dans certaines régions.

Dans ce contexte, des mouvements comme celui des mères chercheuses ont acquis une importance historique précisément parce qu’ils démontrent une incapacité structurelle de l’État à garantir les fonctions fondamentales de protection et de justice.

La Coupe du monde et les limites de la protestation

Les manifestations prévues autour de l’ouverture de la Coupe du monde 2026 ont été interprétées par divers acteurs comme une opportunité de mettre en lumière des conflits sociaux longtemps ignorés.

Il existe toutefois un risque de surestimer son ampleur.

Bien que la CNTE dispose d’une importante capacité de mobilisation et que des secteurs étudiants, des paysans et des groupes de proches de disparus puissent y adhérer, cela ne signifie pas automatiquement l’émergence d’un mouvement prolétarien généralisé.

Les récentes manifestations ont provoqué d’importantes perturbations à Mexico et ont coïncidé avec les inquiétudes du gouvernement et des entreprises quant à l’impact économique des blocages et des manifestations à la veille de la Coupe du monde.

Il serait toutefois erroné d’interpréter ces actions comme le début immédiat d’une recomposition générale de la lutte des classes. Elles semblent plutôt exprimer une fragmentation de conflits hétérogènes qui n’ont pas encore trouvé de convergence.

Il en résulte une constellation de griefs : crise des retraites, précarité des jeunes, disparitions, hausse des coûts du logement, gentrification, détérioration des services publics et épuisement des mécanismes traditionnels de représentation politique.

L’opportunité pour la droite

C’est précisément parce que ces contradictions demeurent ouvertes que les mouvements d’extrême droite contemporains trouvent un terrain propice à leur développement.

La nouvelle droite ne progresse pas uniquement grâce à la rhétorique conservatrice traditionnelle. Sa force réside dans sa capacité à exploiter les frustrations réelles engendrées par la crise sociale. Là où les institutions semblent incapables de résoudre les problèmes concrets, la droite propose des explications simplistes et désigne des ennemis clairement identifiés.

Les expériences récentes en Argentine, en France, en Italie, aux États-Unis et en Allemagne montrent que l’érosion des gouvernements progressistes n’entraîne pas nécessairement une radicalisation émancipatrice. Elle ouvre souvent la voie à des projets autoritaires qui promettent l’ordre face à l’incertitude.

Par conséquent, le problème fondamental ne consiste pas à soutenir ou à rejeter mécaniquement le gouvernement. Il ne s’agit pas non plus de répéter des slogans sur l’auto-organisation comme s’il s’agissait d’une solution miracle.

La question cruciale est de savoir si les luttes actuelles peuvent produire des formes d’expression capables de surmonter simultanément les limites du progressisme gouvernemental et les fausses solutions proposées par la droite.

Au-delà de l’auto-organisation

Il existe un paradoxe dont on parle rarement.

Pendant des décennies, de larges pans de la gauche ont considéré que l’auto-organisation constituait, en soi, un horizon politique suffisant. Or, l’expérience historique récente montre que l’auto-organisation peut coexister avec la fragmentation, le localisme et une incapacité à transformer les conditions générales de la reproduction sociale.

L’enjeu central n’est pas seulement l’organisation, mais aussi la compréhension des facteurs structurels qui engendrent ces crises.

Les mobilisations actuelles sont importantes car elles marquent une réouverture partielle du conflit social après des années de relative passivité. Mais leur importance ne réside pas nécessairement dans leurs revendications immédiates ni dans leurs formes d’organisation actuelles.

Leur importance réside dans le fait qu’elles révèlent les limites historiques d’un modèle d’accumulation qui, même s’il produit des améliorations partielles dans certains indicateurs, continue de générer une précarité massive, des violences structurelles, des crises de reproduction sociale et une incapacité croissante à offrir des perspectives stables à des millions de personnes.

En ce sens, la véritable question n’est pas de savoir si la lutte des classes existe ou non. Il s’agit plutôt de déterminer sous quelles formes elle réapparaîtra à une époque marquée par la financiarisation, la fragmentation du monde du travail, la crise des médiations politiques traditionnelles et la montée simultanée de nouveaux mouvements d’extrême droite et de nouveaux mouvements de protestation. Telle est la contradiction à laquelle le Mexique est confronté actuellement et qui définira probablement la prochaine décennie.

  1. Gestion de crise : entre confinement progressif et impossibilité structurelle

L’une des erreurs les plus fréquentes de l’analyse politique contemporaine consiste à établir des équivalences mécaniques entre des gouvernements qui, bien que partageant le même cadre général de reproduction capitaliste, gèrent différemment les contradictions sociales. La critique radicale ne devrait pas partir de l’affirmation simpliste que « tout est pareil », mais plutôt d’une compréhension des différences concrètes par lesquelles différents gouvernements tentent de gérer des problèmes qu’ils ne peuvent résoudre.

En ce sens, la comparaison entre les gouvernements d’Enrique Peña Nieto et ceux dirigés par Andrés Manuel López Obrador et Claudia Sheinbaum est particulièrement révélatrice.

Durant les six années du mandat de Peña Nieto, une stratégie axée sur le contrôle manifeste de la main-d’œuvre et des mouvements sociaux a prévalu. Les réformes structurelles, la réforme de l’éducation, les changements de politique énergétique et les mesures d’austérité ont suivi une logique relativement classique de réorganisation néolibérale. Le conflit avec les enseignants a été réprimé par des mécanismes répressifs, des persécutions politiques, des emprisonnements sélectifs, des campagnes de diffamation médiatiques et des opérations policières directes. Nochixtlán demeure l’un des exemples les plus flagrants de cette approche.

L’administration actuelle fonctionne différemment. Au lieu d’une confrontation directe et constante, elle privilégie les mécanismes de négociation, l’intégration institutionnelle, l’expansion des programmes sociaux, les augmentations progressives du salaire minimum, l’intégration des leaders sociaux dans les structures gouvernementales et la constitution de larges coalitions électorales. Cette différence est réelle et ne doit pas être sous-estimée. Tandis que le néolibéralisme classique cherchait à discipliner par la punition, le progressisme contemporain s’efforce de gouverner par l’intégration.

Cependant, ces deux stratégies se heurtent à la même limite fondamentale : aucune ne peut éliminer les contradictions structurelles qui engendrent les conflits sociaux.

L’administration actuelle peut atténuer temporairement certains effets de la crise par des transferts monétaires, des subventions, des bourses d’études ou des augmentations de salaire. Elle peut même améliorer certains indicateurs de pauvreté ou de consommation. Mais elle ne peut modifier les conditions sous-jacentes de la création de valeur qui engendrent la précarité, la violence, l’informalité, l’endettement, la crise du logement et l’érosion du tissu social. Ce qui change, c’est la manière dont la crise est gérée, non la logique qui la provoque.

Par conséquent, les troubles sociaux actuels présentent une caractéristique unique : ils émergent précisément au moment où certains indicateurs sociaux s’améliorent. Cela révèle que le problème ne se limite pas aux niveaux absolus de pauvreté, mais réside dans des contradictions plus profondes liées à la manière même dont la société organise la production et la distribution des richesses.

L’intégration numérique du mécontentement

Un phénomène particulièrement intéressant de la situation actuelle est le rôle joué par les réseaux sociaux et les nouvelles figures médiatiques associées au progressisme.

Pendant des décennies, les appareils idéologiques traditionnels – chaînes de télévision, journaux nationaux, entreprises – ont joué un rôle fondamental dans la formation du consensus. Aujourd’hui, une partie de cette fonction s’est déplacée vers les écosystèmes numériques où influenceurs, commentateurs politiques, créateurs de contenu et communicateurs alternatifs participent activement à la lutte pour la légitimité politique.

Nombre de ces acteurs ont initialement émergé comme des voix critiques à l’encontre de l’ancien régime néolibéral. Cependant, à mesure que le nouveau bloc dirigeant s’institutionnalisait, une part importante d’entre eux est devenue un fervent défenseur de l’administration en place. La logique de la critique a progressivement cédé la place à celle de la loyauté.

Ce phénomène ne peut s’expliquer uniquement par des incitations économiques, même si celles-ci existent. Le problème est plus profond. La communication politique numérique tend à transformer l’analyse structurelle en une consommation émotionnelle. Les contradictions sociales ne sont plus perçues comme des expressions de dynamiques historiques, mais comme des affrontements entre identités, personnalités ou communautés virtuelles.

La critique se résume alors à un différend entre récits.

Quiconque remet en question certaines politiques est accusé de favoriser la droite. Quiconque critique l’opposition est accusé de soutenir le gouvernement. Chaque conflit finit par être absorbé par une polarisation qui empêche de comprendre les conditions matérielles à l’origine des problèmes.

Il en résulte une incapacité croissante à penser au-delà du gouvernement en place ou de ses adversaires immédiats.

 

Le retour de l’interclassisme

Cette dynamique est étroitement liée à la consolidation de nouvelles formes d’interclassisme politique.

Le projet politique dominant est parvenu à constituer une alliance relativement large qui englobe les classes populaires, les travailleurs du secteur formel, les classes moyennes professionnelles, les petits entrepreneurs, une partie du capital national et une grande partie de la fonction publique. Cette composition explique en grande partie sa stabilité électorale.

Cependant, cette ampleur constitue également l’une de ses limitations fondamentales.

L’hétérogénéité des intérêts entraîne le déplacement constant des conflits structurels vers des arènes où ils peuvent être gérés sans affecter les fondements généraux de l’accumulation. Les contradictions entre capital et travail sont réinterprétées comme des problèmes de corruption. Les conflits liés à la valorisation sont présentés comme des erreurs administratives. La crise sociale apparaît alors comme la conséquence de mauvaises décisions gouvernementales et non comme une conséquence de la dynamique même de l’accumulation.

Ainsi, la lutte politique tend à se transformer en un conflit moral entre gouvernements honnêtes et corrompus, entre bons et mauvais administrateurs, tandis que les mécanismes fondamentaux qui produisent l’inégalité, la précarité et la violence restent intacts.

Il en résulte une situation paradoxale : plus l’interclassisme parvient à stabiliser politiquement le système, plus il devient difficile d’identifier les causes réelles de la crise.

 

Les limites de la politique de la représentation

Les mobilisations actuelles témoignent précisément de l’érosion progressive de ce modèle.

Ni les mécanismes traditionnels de représentation politique ni les formes classiques d’intermédiation syndicale ne semblent capables d’absorber pleinement le mécontentement accumulé. Mais les nouvelles formes d’activisme numérique, les communautés virtuelles ou les mobilisations ponctuelles n’ont pas non plus réussi à constituer des alternatives durables.

Il en résulte une prolifération de luttes partielles qui expriment des contradictions réelles sans trouver de terrain d’entente permettant de remettre en question l’ensemble du processus social.

Des mères se battent contre les disparitions.

Les enseignants luttent contre la dégradation des pensions.

Les étudiants dénoncent la précarité de leur avenir.

Les travailleurs sont confrontés à l’inflation, au travail informel et à la baisse des salaires.

Les citadins sont confrontés à la gentrification et à la hausse constante du coût du logement.

Tout conflit est légitime. Chaque revendication exprime une contradiction concrète. Mais la fragmentation empêche de comprendre ces expériences comme des manifestations d’un même processus historique.

Au-delà de la gestion de crise

D’un point de vue critique, le problème fondamental ne consiste ni à remplacer un gouvernement par un autre, ni à perfectionner sans cesse les mécanismes de gestion de l’État. Il ne s’agit pas non plus de former de nouvelles élites politiques capables d’administrer plus efficacement les mêmes relations sociales existantes.

L’enjeu central est de reconnaître que la crise actuelle ne résulte pas d’erreurs de gestion, mais de la dynamique même d’une société organisée autour de la production de valeur, de l’accumulation permanente et de la subordination de la vie aux impératifs abstraits de la rentabilité.

Tant que la richesse sociale continuera d’apparaître sous forme de marchandises, tant que la reproduction collective dépendra de la vente de la force de travail, et tant que les besoins humains resteront subordonnés à l’expansion du capital, différentes administrations pourront modifier les rythmes, les intensités ou les mécanismes de gestion, mais elles n’élimineront pas les contradictions fondamentales.

Par conséquent, une perspective émancipatrice ne saurait se limiter à exiger une répartition plus équitable des richesses existantes ou une gestion plus humaine des structures en place. Elle doit viser une transformation des rapports sociaux mêmes qui engendrent la séparation entre producteurs et moyens de subsistance, entre travail et existence, entre richesse sociale et besoins humains.

La tâche historique ne consiste pas seulement à organiser une résistance partielle, bien que celle-ci soit indispensable. Elle consiste à développer des formes de lutte capables de contester directement les mécanismes fondamentaux qui reproduisent la domination sociale : le travail comme obligation permanente, la marchandise comme forme universelle de richesse, l’État comme administrateur de contradictions irrésolubles et le capital comme principe organisateur de la vie collective.

C’est seulement dans cet horizon que les luttes actuelles pourraient cesser d’apparaître comme des réponses défensives à des crises successives et commencer à se constituer comme des moments de critique pratique de la totalité sociale existante. »

–La source : https://darkcommunism.substack.com/p/mexico-entre-la-administracion-de

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