De quoi l’indignation est-elle le nom ?
Au cœur de la société capitaliste, une nécessaire rupture
Depuis plusieurs mois en Europe sur la place de la « Puerta del Sol » à Madrid comme aux Etats-Unis avec le mouvement « Occuper Wall Street », des dizaines de milliers de gens qualifiés d’ « indignés » descendent dans les rues, mais l’on s’indigne de quoi au juste ? Pour s’indigner à un moment de l’histoire de la forme de vie capitaliste, il faut qu’auparavant l’on ait pu se sentir sinon fier du moins digne – en l’ayant accepté sans trop savoir et sans trop choisir (on s’y est fait doucement en échange d’un certain confort – le niveau de vie) d’avoir vécu de manière simple et honnête, et avec le sentiment du « travail bien fait », dans une telle forme de vie sociale que l’on nous présente comme naturelle, évidente, transhistorique, c’est-à-dire indépassable. Dans un premier temps nous pourrions donc dire que la forme de conscience contemporaine s’indigne aujourd’hui de l’évolution « pas très agréable » et « finalement pas si terrible » de la dynamique absurde de la forme de vie capitaliste. Lire la suite…






Cela fait trois semaines que Nicole Aptekar dort à Zuccotti Park et elle dit qu’elle a appris «beaucoup de choses». Notamment que les révolutions peuvent aussi se faire «avec des vêtements chauds et propres». Il y a quelques jours, elle a participé à ce qu’elle appelle la «grande lessive». Durant neuf heures, avec d’autres volontaires d’Occupy Wall Street, elle a investi une laverie du sud de Manhattan, et fait tourner 224 machines pour laver et sécher les oripeaux détrempés des manifestants qui venaient de subir les averses glaciales de cette fin d’automne. «Auparavant, il a fallu louer un camion et on a tout fichu dedans, raconte-t-elle avec une certaine fierté. On avait des centaines de kilos de pulls et de tee-shirts et cela nous a coûté 6 000 dollars [4 230 euros environ, ndlr]. 



Environ 200.000 personnes se réunissent à Rome pour la marche des indignés italiens. Une marche qui était attendue par tous les mouvements antagonistes. Précaires, centri sociali, anti-autoritaires, mouvement NO-TAV, autonomes, syndicats de base, citoyennistes, disobbedienti, étudiants se retrouvent tous dans la rue, souvent avec des objectifs très différents. Depuis le début de la manif, environ un milliers de personnes – certaines derrière la banderole « Nous ne demandons pas de futur, nous reprenons le présent » – commencent à s’en prendre aux responsables directs de notre misère. Un super-marché de luxe est ouvert et pillé, des produits sont distribués aux manifestants. Des voitures de luxe commencent soudainement à brûler, les vitrines des banques tombent et un drapeau italien sur un palace est arraché. 
THE TOTTENHAM CHRONICLES