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« INCENDO veut-il « détruire (les autres) hommes et (surtout) les femmes » ? »

On a reçu ça….

Un livre douteux : INCENDO spécial « Genres & classes »

Ce qui suit mérite je crois d’être diffusé, car on trouve des publicités pour un numéro « INCENDO genres & classes » sur de nombreux sites militants et depuis peu dans des librairies – kiosques. Plusieurs lieux de diffusion ont déjà refusé cet ouvrage qu’illes ont trouvé rétrograde, andro / hétéro-centré et misanthrope.

Même si cet ouvrage pourrait paraitre à priori intéressant, il semble cacher un bien triste jeu, et casse bien du sucre sur le dos des anarchistes, des bourgeoises, de la « déconstruction » (grosso modo, de tout le monde sauf INCENDO). En bref, sous couvert d’une « synthèse des réflexions » INCENDO hait les femmes, insulte tous celleux qui n’adhèrent pas à la « Communisation ».

Pour se faire un avis, voir la version gratuite:
http://incendo.noblogs.org/post/2012/11/02/lire-tous-les-articles-en-ligne/

Sous couvert d’une « synthèse des réflexions » INCENDO hait les femmes, insulte tous celleux qui n’adhèrent pas à sa « Communisation ». Ce type de position est souvent qualifié de « masculinisme », dont une définition courante est « qui ne considère que le point de vue masculin ». C’est le cas d’INCENDO qui est « andocentré » et « hétérocenté » selon l’avis de féministes l’ayant lu.

Ainsi son titre, pour faire simple « sexe et argent » (puisque selon INCENDO les « classes » ne seraient QUE économiques), les oublis de INCENDO sont au moins aussi parlants que ses articles. A cet égard, la pesée du glossaire (27 entrées, 1 = nulle + 11 plus ou moins genres + 15 économie-communisme) indique bien de quoi INCENDO veut parler. D’économie, point-barre.

En dehors de l’analyse économique, pas de salut selon INCENDO. La question des genres n’est ici qu’un paravent, un faire valoir, voire un baume de bonne conscience. A preuve, si besoin est, la volonté assez contradictoire avec l’empathie féministe annoncée en surface par INCENDO, de ne pas dresser dans son ouvrage « un tableau des « inégalités » entre hommes et femmes dans cette société, que l’on peut aisément trouver, notamment dans la presse militante ou bourgeoise, au mois de mars de chaque année. »

Pourquoi « inégalités » entre guillemets ? ne serait-ce qu’un fantasme féminin ? Pourquoi ne même pas citer les tardives enquête ENVEFF, éditées hors « presse » par des instances étatiques ? Et quel est le but sournois de cette opposition « presse militante ou bourgeoise » plaçant ces deux media dos-à-dos et semble t’il érigeant au-dessus INCENDO ? Ceci fait penser à la critique « ni-ni » décortiquée des 1954 et qui propose que « toute liberté finit toujours par réintégrer une certaine cohérence connue, qui n’est rien d’autre qu’un certain a priori. Aussi, la liberté du critique, ce n’est pas de refuser le parti (impossible !), c’est de l’afficher ou non … n’en déplaise à nos Ni-Ni, toujours adeptes d’un univers bipartite dont ils seraient la divine transcendance

Sur la haine d’INCENDO, l’article de « synthèse » use de généralisations à l’emporte pièce, sans jamais balayer devant sa porte. Ainsi, on lit
http://incendo.noblogs.org/genresetclasses/capitalisme-genres-et-communisme/
… pour les anarchistes « …c’est le déni qui domine…Dans ce désert, tant pratique que théorique… les conceptions des anarchistes n’ont finalement que peu évolué, alors que l’apparition et la diffusion de la théorie des genres auraient dû provoquer un regain de réflexion. » Puis INCENDO continue avec « Pour les anarchistes, il n’y a généralement pas de question féminine en soi, puisque celle-ci est englobée dans le problème plus général de la libération humaine. » INCENDO enfonce alors le clou « Néanmoins, le fort décalage entre la théorie et les pratiques des militants anarchistes est particulièrement frappant (des Milieux libres à la Révolution espagnole) ; la misogynie affichée de certains théoriciens (Proudhon en tête) n’y est sans doute pas pour rien. »

Autre exemple cette phrase dans l’illustration de l’une des premières pages: « l’inéluctable marche des femmes prolo vers le communisme…un terrain glissant pour les bourgeoises ». Au paradis d’INCENDO ne s’applique pas l’adage anarchiste : « si l’innocent a besoin d’aide, alors le coupable encore plus » ?

Ce qui pourrait être rigolo, si INCENDO n’était pas si triste, c’est cette manière systématique de dénoncer chez les autres, EXACTEMENT tout ce qu’INCENDO fait et dit. Vaguement évoquer les violences faites aux femmes, une fois tous les lustres, comme « la presse bourgeoise ». Mettre en avant des images de femmes selon son propre goût, comme les affiches des partis éligibles ou de syndicats institutionnels. Etaler sa bonne pensée féministe, comme certains « pro-féministes ». Ne parler et ne penser qu’à l’argent, comme les patrons ou les représentants d’état. Considérer passéiste tel terme comme « patriarcat », mais répéter à vau-l’eau de vielles rengaines comme « prolétaires » (qui excluent notamment les jeunes personnes, les handicapés bénéficiaires de pensions, etc.) Un florilège…

« INCENDO écrit comme si on était encore en 1970. Et ça, c’est…Bizarre! Ils et elles sont comme un conservatoire où auraient été préservés les thèmes et les conflits des années 70. Ce qu’on voit, qui suinte comme de la sueur, c’est le déni que l’oppression des femmes soit politique, et le refus que les femmes mènent une lutte autonome et sans les hommes. Bien visibles dans des phrases tautologiques comme: « les genres ne sont pas des classes…mais des genres! » Alors même que l’analyse de l’exploitation économique des femmes (analyse documentée dans leur historique, certes partial et biaisé, mais pas complètement faux) a précédé la notion de genre, qui n’aurait pas pu émerger sans cette analyse, et qu’ils ne pourraient donc pas utiliser… La production d’INCENDO est en même temps difficilement datable, même au carbone 14, en raison de l’hétérogénéité du vocabulaire, par exemple « genre » dans une analyse dont l’idéologie se situe avant l’émergence de ce concept… Ma première réaction me rappelle les années 1970 et qu’il y a des marxistes orthodoxes, c’est-à-dire bornés. »

Autre perle, le glossaire vaut son pesant de (mauvaises) cacahuètes, notamment sur le « pro-féminisme » qui est pris tout dans le même sac, avec un « Bref, l’essentialisme est, avec le pro-féminisme, le pire produit du sexisme ». Très fin : dire qu’il a fallu de 2007 à 2012 pour en arriver là.

Mais en fait, pour INCENDO la réponse est posée AVANT la question: obsédée par ses connaissances techniques (on se demande ce que les véritables « leçons de mathématiques » économétriques font dans un spécial genre et classes ?) INCENDO ne fait que vendre un raisonnement binaire et excluant:
« UN seul mal sur terre = le capital
UNE seule solution = la communisation.

la « Définition pro-féministe : homme […selon une Définition féministe serait une ] excroissance cancéreuse du féminisme, homme qui a mieux compris le sexisme que les féministes, et qui a surtout bien compris que, pour se taper des féministes, il valait mieux s’écraser un peu (en société) » ou en « Note entomologique : le pro-féministe peut aller jusqu’à une vénération/exaltation du féminin qui confère à l’essentialisme (ou du moins à la connerie).. « . Encore une fois, INCENDO est fort brillant et n’aide pas la sacro-sainte « convergence des luttes » si chère aux communisateurEs.

On retrouve dans INCENDO tous les vieux arguments injustement critiques à l’égard des femmes (ce « spécial genre » est par ailleurs très hétéro-normé et binaire H vs F) matraqués depuis les années 1960 par les « purs communistes gaulois » dont Alzon et sa tristement célèbre « Femme boniche Femme potiche » (vertement critiqué par C. Delphy), qui est d’ailleurs cité en tête de la bibliographie très sélective d’INCENDO.

Mieux vaut rire d’INCENDO qu’en pleurer, de l’avis de certaines féministes: http://seenthis.net/messages/94945

Autre extrait d’INCNDO, sa « Note 1 : La « déconstruction » est une idée (et une pratique) que l’on rencontre actuellement dans une partie du mouvement féministe …De là, le personnel prend une importance surdimensionnée par rapport au structurel, parfois jusqu’à devenir le seul terrain d’action. « A cause de l’importance démesurée accordée à l’expérience subjective, la politique de la subjectivité devint une intériorité, c’est-à-dire un changement personnel sans changement de la société».

Tel le crapaud de la fable, INCENDO laisse entendre que LUI, il lutte pour de vrai et efficacement. Mais, pour avoir pas mal avoir été parmi des militants divers, je constate à l’inverse d’INCNDO et depuis belle lurette que:
– les militants les plus actifs et persévérants sont les moins « mononeuroniques » (pas juste 100% antikapital, ou pur nanard….)
– les plus vivables dans le quotidien et dans les luttes idem ;
– les moins déprimés / déprimants.
Certes, ce n’est que mon expérience, mais elle est souvent partagée par … les filles ayant quitté ces chapelles, par les pédés – goudoux – transEs et autres, lasséEs voire casséEs par le vocabulaire – humour assez beauf de pas mal de groupes, dont INCENDO est un exemple typique.

Enfin, quelques questions reliant « argent & sexe » qu’INCENDO a pris soin de ne pas aborder :
Quid des aspects très virils du capital / communisme classique…rien dans INCENDO….
Quid du sexisme / violence militant….ou les filles sont exploitées (au sens marxiste) pour pas un kopek… rien dans INCENDO…
Quid des prostituées (qui reçoivent des sous pour des services sexuels) … rien dans INCENDO…
Quid des homosexuels (dont on n’entend quasi pas parler, sauf s’illes sont devenus riches / éluEs peut être pour échapper à méchanceté des hétérosexuels)…. rien dans INCENDO…
Quid des handicapéEs (dont certainEs aimeraient peut être bien acheter des services sexuels ?)… rien dans INCENDO…
Quid des rapports entre contraception et argent… rien dans INCENDO…
Rien notamment sur la contraception « masculine », ou sur le retard en France sur le nombre de vasectomies, alors qu’elles se comptent en millions aux USA et Chine pays très marqués par l’économie de marché…, rien dans INCENDO…
Rien non plus dans INCENDO sur les personnes raciséEs, et par exemple les luttes des femmes de ménage, leur viol par des édyles, etc.

INCENDO préfère recopier maladroitement des pages et des pages de technique économétrique (qui ne changeront rien à rien, notamment au sexisme militant).

  1. CLN
    01/12/2012 à 09:35 | #1

    Tiens, encore un brûlot contre la communisation, merci nous sommes déjà servis

    Précision, ce texte circule sur indymedia

  2. A.D.
    01/12/2012 à 19:42 | #2

    Illes se la jouent censeurs contre les « livres douteux », craignent la contagion, plaident pour leur bizness avec un ton agressif, louant leur milieu, s’auto-congratulant, vainement on cherche quelque argument, il n’y a rien, ou peu de choses et de celles-ci : »Encore une fois, INCENDO est fort brillant et n’aide pas la sacro-sainte « convergence des luttes » si chère aux communisateurEs. »
    Mais quelle convergence ? qu’est-ce que c’est que ça ?
    Enfin, rions un peu : » Rien non plus dans INCENDO sur les personnes raciséEs, et par exemple les luttes des femmes de ménage, leur viol par des édyles, etc. » Rien sur l’affaire DSK, vraiment douteux cet Incendo !

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