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« Un monde immonde engendre des actes immondes »

malcolm-x

Trouvé sur la toile, ce que nous avons trouvé de meilleur pour le moment….

Un monde immonde engendre des actes immondes : Ne pas renoncer à penser face à l’horreur

Saïd Bouamama

15 novembre 2015

A l’heure où nous écrivons le bilan des tueries parisiennes est de 128 morts et de 300 blessés. L’horreur de cette violence injustifiable est absolue. La condamnation doit l’être tout autant, sans aucune restriction et/ou nuance. Les acteurs et/ou commanditaires de ces meurtres aveugles ne peuvent invoquer aucune raison légitime pour justifier ces actes immondes. La tragédie que nous vivons débouchera sur une prise de conscience collective des dangers qui nous menacent ou au contraire sur un processus de reproduction dramatique, en fonction de notre capacité collective à tirer les leçons de la situation qui engendre un tel résultat. L’émotion est légitime et nécessaire mais ne peut pas être la seule réponse. La réponse uniquement sécuritaire est également impuissante. C’est justement dans ces moments marqués par l’émotion collective que nous ne devons pas renoncer à la compréhension, à la recherche des causes et à la lucidité face aux instrumentalisations de l’horreur.

l’article complet ici:

https://bouamamas.wordpress.com/2015/11/15/un-monde-immonde-engendre-des-actes-immondes-ne-pas-renoncer-a-penser-face-a-lhorreur/

  1. Franky Vincent
    16/11/2015 à 18:20 | #1

    Quoi Said Bouamama le pote du PIR et de Michel Colon ?
    C’est un blague de relayer ce type !
    Dès faut pas relayer le « meilleur »…parce que c’est le PIR

  2. pepe
    16/11/2015 à 19:48 | #2

    Franky Vincent
    « Les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée »
    Cela étant précisé, merci de nous dire ce qui, sur le fond, interdirait de faire circuler ce texte.
    Merci

  3. Frank V.
    16/11/2015 à 21:15 | #3

    On doit pas être sur la même planète l’ami si tu piges pas…faut bosser la question de Bouaman plus serieusement. Il paraît que
    Staline disait des choses justes contre les nazis et la démocratie. Mais je le cite pas particulièrement vois tu ?

  4. Brancaleone
    16/11/2015 à 23:33 | #4

    Franky

    Se faire sa propre opinion n’est pas un luxe de nos jours. Répéter bêtement que Saïd Bouamama n’est pas fréquentable parce qu’il a des intérêts communs avec Michel Collon, comme le rapporte allègrement certains sites, n’est pas très constructif. Va sur le blog du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires et lis leurs articles et analyses et après tu pourras juger de leur pertinence ou pas. je t’invite aussi à regarder ses cours en vidéo sur la chaîne youtube du FUIQP sur les penseurs de la révolution africaine et après on en reparle.
    Et au sujet de Collon, même si il a de mauvaises fréquentation, il n’en reste pas moins que ses analyses sur l’impérialisme occidental ne sont pas du tout à mettre au panier.
    En tout cas, comme le disent les admins des nouvelles du front, cette analyse fait partie de ce qu’il y a de meilleur sur le sujet… Alors ne t’en prive pas !

  5. Fredy burns
    17/11/2015 à 01:50 | #5

    Texte très mauvais. Fondamentalement petit-bourgeois.
    Où est passé la lutte de classe ?
    Tous les représentants littéraires des classes médiatrices pleurnichent, remplissant leur fonction essentielle de laquais officiels devant le seuil de leur maître. Ils répandent qu’ils ont honte du comportement de leur bourgeoisie qui ne correspond pas à leur idéal de justice bourgeoise.

  6. Frank V.
    17/11/2015 à 08:32 | #6

    On doit pas avoir la même culture désolé…les  » bonnes’ analyses et des mauvaises fréquentations ! ça pu quand à fond.
    Je préfère m’éviter les analyser de colon et cts qui fricote avec des super chelou.comme des Bricmont et le reste
    Je crois que le communisateurs qui balancent des racialistes et des anti-impérialistes n’est pas un bon signe..
    Pourquoi pas un texte de Badiou ? Mdr lol….

  7. pepe
    17/11/2015 à 09:26 | #7

    L’absence de la lutte des classes est surement la principale critique à faire à ce texte… ce qui ne nous interdit en rien de le faire circuler en pensant que c’est, pour le moment, ce que nous avons lu de plus pertinent, à chaud….

  8. Franky Vincent
    17/11/2015 à 10:11 | #8

    A vrai dire le texte on s’en tape, la signature quand même moins. Qu’ici on puisse relayer ce type d’auteurs pose problème surtout parce parce que finalement cela vaut cautionnement. Sans introduction de qui est ce mec qui il fréquente. S’agit il d’une dérive « décoloniale » du type psychopatlotchlogique ? Ou d’une dérive (inévitable) comme absolue nécessité d’alimenter un site ?

  9. FV
    17/11/2015 à 11:18 | #9

    Malcom X le nouveau CHE des « communisateurs » ? il y a vraiment des nouvelles sur le front !

  10. Sandra
    17/11/2015 à 12:16 | #10

    Le texte de Bouamama on aurait pu en effet s’en passer, absence d’analyse de classe et en plus, il nous dit qu’il y a un islam révolutionnaire, c’est le pompon! Ah mais c’est vrai, j’avais oublié: l’islam est la religion des opprimés!

  11. Lobo
    17/11/2015 à 15:20 | #11

    Said Bouamama me fait penser à Tariq Ramadan : poli, policé, sociologisant, en bref, fréquentable. Mais quand on gratte le Tariq, on découvre vite Qaradawi, et quand on gratte Bouamama, on découvre vite le PIR, Bouteldja et cie. C’est à dire des ordures racistes. Dans la famille Ramadan, je demande Hani, le butor djijhaiste, celui qui veut lapider les femmes adultères. Dans la même famille, je demande Tariq, l’intellectuel fréquentable, aimé de Gresh et de Plenel. Faites vos jeux, il y en aura pour tout le monde !
    Alors, dans la famille racialiste, on peut demander tour à tour les canailles racistes du PIR et l’intellectuel pleurnichard Bouamama. Là aussi, il y en aura pour tout le monde.
    Camarades communisateurs, ne citiez-vous pas ces derniers jours Jacques Camatte et sa théorie de la bande racket ? En voilà pourtant un bel exemple.

  12. Brancaleone
    17/11/2015 à 17:43 | #12

    houlala, tellement de connerie à lire dans ces commentaires que ça donne vraiment pas envie d’y répondre… Et ça se dit anarchiste je suppose ! Putain même là il y a de l’aliénation maintenant… Bande de crétin qui ne voit même pas la lutte des classes dans ce texte, mais faut vraiment être décérébré…
    Désolé pepe mais là je te laisse tout seul… aucune envie de perdre du temps avec des puristes dogmatisés.

  13. FV
    17/11/2015 à 18:58 | #13

    Désole « Brancaleone » on parle pas au Nom de l’Anarchisme….késako d’ailleurs…? en revanche si toi tu l’es cela éclaire un peu plus les choses ! Tu parles de purisme ou de PIRisme ?
    Ton éclectisme anti-impérialiste et tes ouvertures faussements anti-dogmatiques on connait ça ! c’est assez rance, des vieux débats de mao et stal déguisés en « Libertaires » sauce Bouteldja… drôle de nid . Proposer de penser avec Bouamama c’est comme tenter de penser avec Collon ou Bricmont …

  14. chemoul
    17/11/2015 à 19:54 | #14

    faudra trouver autre chose que « puristes » qui n’est qu’une variante « de gauche » au « traitre à la résistance » ou « à la patrie », au choix …

  15. Amer Simpson
    18/11/2015 à 02:34 | #15

    Moi qui ne suis ni de France ni même d’Europe, à vous lire, je sens les émotions qui se bousculent et qui frappent tout ce qui bouge en cherchant la porte de sortie… Pas étonnant après les derniers événements.

    Y a du vrai sur le fait qu’un site nous conditionne à le nourrir… Parfois de denrées avariées. Mais ce que je trouve curieux, c’est que personne n’a proposé d’autre chose… De mieux… Même de son propre cru.

    N’empêche que cet article à suscité des commentaires… Aussi ennuyants et dénonciateurs soient-ils.

    AS

  16. FV
    18/11/2015 à 12:10 | #16

    A mon avis cela pose le vrai problème politique des sites connectés à RIEN proposés par des individus extérieurs aux luttes réelles mais qui esthétisent un maximum des révoltent qui n’arrivent pas à vivre ici ou là. Et que je te balance des tonnes de textes qui sont censés nous illuminer, nous informer sur des situations que nous vivons déjà. La logique médiatique de la parole ou de l’analyse à tout prix sous le prisme d’un forme de rationalisation nourrie cette logique. Au delà de la « communisation » qui n’est qu’une nouvelle mystique pour marxistes désabusés qui tente de s’anarchiser sans le dire. Rien de honteux mais une sacrée bouillabaisse intellectuelle qui donne quelques fois du patlotchisme tendance pisse copie au km (le mec qui se fait chier dans son placard) ou d’inter-minables sites automatisées par « posts », parole des autres. Qu’est-ce qu’on a à dire de sérieux et nous-même ? Est-ce que quelques fois il n’est pas préférable de ne rien dire plutôt que des conneries ? La « rationalité » à bon dos.

  17. Stive
    18/11/2015 à 15:35 | #17

    Si personne n’a rien proposé d’autres choses c’est qu’il n’y a rien d’autres sinon la sempiternelle « prise de position » des débris de la gauche communiste (MC, les diverses variantes bordiguistes, Controverses, etc…) sur le même modèle internationaliste, défaitisme révolutionnaire, et autres concepts surannés selon la méthode du copié/collé en vigueur depuis plus de 50 ans et s’adressant à une classe qui ne se reconnait plus comme telle (perte de son identité)et surtout « avertir » la classe contre les dangers de l’union nationale. Ces groupes se sont exprimés dans des tracts et des prises de position 24h après les événements que personne n’avait prévus. Comment comprendre cette célérité à réagir sinon la pratique des mantra propre à tout groupe politique constitué.

    Mystiques ou pas, les partisans de la communisation ne se précipitent pas pour « prendre position » (attitude autoréférentielle des organisations politiques) mais cherchent à voir plus clair dans des situations de plus en plus compliquées sans exiger quoi que ce soit de la classe. Contrairement aux groupes politiques, ils ne prétendent pas être (actuellement) des facteurs objectifs dans la lutte des classes.
    Je pense donc qu’il ne faut pas trop fustiger DNDF d’avoir voulu « coller » à l’actualité. Si bourde il y a, elle est passagère et n’exprime pas une dérive vers on ne sait un quelconque décolonialisme. La communisation n’a encore, heureusement, rien dit !

    Est-ce que DNDF n’est connecté à RIEN ? Pourquoi alors toutes ces réactions « ennuyantes et dénonciatrices » ? Et que faire quand on est extérieurs aux luttes ?

  18. Les soutiers
    18/11/2015 à 16:38 | #18

    Petit point d’ordre.Nous essayons de laisser le débat suivre son cours sans trop de plaidoyers pro domo (on arrête les commentaires les plus délirants ou insultants, quand même!!).
    Malgrè cela, il est difficile de rester calme devant tous ces gens qui soit nous fustigent, soit nous trouvent des excuses, parfois presque condescendantes….
    Nous avons peut être omis de signaler que nous ne faisions pas partie d’une église (même communiste) ou d’une religion quelconque…Pas de comité de lecture qui filtre, pas de morale particulière. Ce qui nous intéresse, on le partage (même Badiou!! http://dndf.org/?p=365)… et basta! Vous en faites CE QUE VOUS VOULEZ

  19. FV
    18/11/2015 à 16:47 | #19

    « Ils ne prétendent pas être (actuellement) des facteurs objectifs dans la lutte des classes. » mdr ! ça on le savait ;) ! A vrai dire c’est immanent au courant ! « La communisation n’a encore, heureusement, rien dit  » mais ça aussi ! Faut -il s’en féliciter ?

    Si certains radotent et nous font chier (et je suis d’accord sur ce point) d’autres répètent bêtement ou pensent faire du neuf avec du très très vieux ou pensent avoir découvert le fil à couper le beurre et s’en vantent comme des artisans traiteurs.

    Il ne s’agit pas de faire le procès de DNDF on s’en tape d’ailleurs mais quand ça tourne en rond faut le dire ? ou peut-être se taire ? peut-être même dire « qu’il va falloir attendre » qui sait.

    Si certains parlent au nom de La « classe » (démarche à la con que cette posture) ou dissertent à l’infini sur des trucs qu’ils ne vivent pas faut aussi se poser des questions.

    Que faire ? DNDLM ! Des nouvelles de la modestie ? et éviter de nous gonfler avec ses interminables textes religieux que certains pondent parce qu’ils s’emmerdent pour nous dire des trucs incompréhensibles ! ;)

  20. FV
    18/11/2015 à 17:25 | #20

    « Vous en faites CE QUE VOUS VOULEZ » c’est trop facile ce relativisme non ?

  21. un des soutiers
    18/11/2015 à 17:45 | #21

    @FV

    « éviter de nous gonfler avec ses interminables textes religieux que certains pondent parce qu’ils s’emmerdent pour nous dire des trucs incompréhensibles ! »

    Mais personne ne te demande de lire dndf ou alors t’es maso

  22. Stive
    18/11/2015 à 19:49 | #22

    Vous avez raison, les soutiers, que ceux que ça dérange aillent se faire voir ailleurs.
    Si le commentaire sur la condéscendance me concerne, je l’accepte, bien que ça n’était pas mon intention. Continuez ce que vous faites, cela me convient.

  23. R.S
    19/11/2015 à 01:54 | #23

    Salut
    les interminables textes religieux sont gonflants, OK. Révolutionnaires objectifs, subjectifs ou le contraire, les mains dans le cambouis, c’est parfait, OK. Que le texte de Bouamama ne parle pas de lutte de classe (de façon confuse et criticable) pas OK. Mais tout cela on s’en fout, que de commentaires parce qu’on ne sait rien dire (y compris le signataire de ce courrier) sur la seule question que personne n’aborde : que s’est-il passé vendredi dernier ? A toutes les grandes gueules, dans l’attente de vous lire, veuillez agréer, etc.
    R.S

  24. Stive
    19/11/2015 à 10:42 | #24

    C’est juste, le texte parle de la lutte des classes, mais à sa façon (de façon confuse et critiquable), il suffit de lire, notamment son avant dernier paragraphe où il explique à sa manière et sa culture politique, une certaine compréhension de ce qu’est la perte d’identité de la classe, avec comme conséquence un certain écho de l’appel jihadistes.
    Il me semble aussi qu’il est faux de dire que ce texte ne contient aucune analyse par ceux qui se sont penchés plus sur la signature que sur le contenu. Cela ne veut pas dire que j’adhère totalement à cette analyse qui a le mérite de tenter d’expliquer ce qui se passe. Mais je ne suis pas plus avancé pour autant.

  25. pepe
    23/11/2015 à 17:38 | #25

    Dans le torrent de commentaires, celui-ci, piqué sur Libé….:
    « Se tenir les uns à côté des autres ne signifie pas oublier les inégalités de classes. »
    http://www.liberation.fr/debats/2015/11/22/la-france-n-est-pas-une-terrasse_1415301

  26. schizosophie
    24/11/2015 à 11:47 | #26

    « Elles ont besoin de diffuser une certaine vision de l’Islam pour éviter l’émergence et le développement d’autres visions de l’Islam progressistes et/ou révolutionnaire qui menaceraient l’hégémonie idéologique qu’elles veulent conquérir. Plus largement les pétromonarchies sont menacées par toutes les théorisations politiques qui remettent en cause leur rapport aux grandes puissances qui dominent notre planète : nationalisme, anti-impérialisme, progressisme dans ses différentes variantes, communisme, théologie de la libération, etc. »

    Qu’est-ce que c’est que cette connerie d' »Islam progressiste et/ou révolutionnaire » ! La promotion en creux d’un communisme musulman ? Une apologie des « Adorateurs socialistes de Dieu », une résurgence des théories d’Ali Shariati [ http://oumma.com/theologie-liberation-ali-shariati ] ?

    D’alliance objective en alliance objective avec « nationalisme, anti-impérialisme, progressisme dans ses différentes variantes, communisme, théologie de la libération, etc. » contre « les pétromonarchies », dont il faut comprendre qu’elles existeraient par elles seules, votre communisme serait-il devenu une religion ?

    Voila ce qui arrive quand on fait de la « posture » une instance de la pensée. On en bousille cinq et on en fait apparaître une sixième : soupir de la créature accablée par le malheur, âme d’un monde sans cœur, esprit d’une époque sans esprit.

  27. pepe
    24/11/2015 à 13:31 | #27

    « Qu’est-ce que c’est que cette connerie d’ « Islam progressiste et/ou révolutionnaire »? »
    Cela fait deux fois, dans les commentaires, que ce passage est critiqué.
    je ne comprends pas la question: en quoi il y a t-il problème à considérer que des théories, l’une par rapport à l’autre, se considèrent comme progressiste ou réactionnaires?
    En quoi la notion de « révolutionnaire » doit elle être associée à quelque chose à positiver? n’y a t’il pas eu, maintes fois, des révolutions nationales parfaitement fascistes?
    Révolutionnaire n’a jamais signifié communiste….Je pense qu’ici, il s’agit de considérer comme révolutionnaire quelque chose qui va risquer de bouleverser ce qui est institué, qui a le pouvoir….pas plus.

  28. schizosophie
    24/11/2015 à 16:14 | #28

    @pepe
    « n’y a t’il pas eu, maintes fois, des révolutions nationales parfaitement fascistes? » Si, justement, et parfois même avec une idéologie religieuse, genre petit livre vert. Là-bas, dans les sociétés pas modernes où l’émancipation devrait être limitée.

    Pour changer de non-dupe erre, je vais changer d’exemple parmi les trois Livres. Il y a même eu des révoltes, anticolonialistes notamment, cimentées autour de syncrétismes religieux, chrétiens au Congo belge en particulier, bien avant Lumumba. Simon Kimbangu avait toutes les vraies et justes raisons de vouloir chasser les dominants. Il subit le martyre et fonda une religion, reconnue a posteriori par Mobutu, pour lequel Lumumba était déjà trop « communiste ».

    Je croyais qu’on dialectisait autour de l’Aufhebung chez dndf, mais voici que pepe m’apprend que sous le terme de « révolution » il n’y a pas plus que le désir d’insurrection. Même pas le dépassement de la religion « around the theory » ? On cherche des ouailles ? Bizarre, ce relativisme des théories… pepe ne comprend pas la question ? Vraiment ?

  29. pepe
    24/11/2015 à 16:30 | #29

    Excuse moi, j’ai cru que tu venais ici pour amener des trucs au débat.
    je n’avais pas compris que tu étais un petit malin.
    On te la fait pas à toi, hein?
    Allez va, Je retourne à ma soute…

  30. C.
    25/11/2015 à 02:55 | #30

    Je ne cherche pas à polémiquer, mais j’aimerai savoir ce que les soutiers ont trouvé de particulièrement intéressant dans ce texte. Peut-être que je me trompe mais je n’y trouve rien de particulièrement novateur, il me semble même que ce discours est assez convenu dans une certaine gauche radicale.
    Le texte cherche a cerner le phénomène minoritaire du djihadisme d’un point de vue matérialiste en épargnant la question religieuse en général. À ce niveau, il y a un problème. On peut se demander pourquoi ce que l’auteur désigne comme étant un nihilisme se manifeste par l’intermédiaire d’une revendication religieuse plutôt que par le banditisme, le vandalisme ou le pillage par exemple. Le djihadisme de ces jeunes nés en Occident ne serait pas de nature religieuse d’après certains analystes, la motivation serait d’abord l’action, le coup de poing, ensuite seulement viendrait l’enrobage religieux. Mais de fait, n’y a-t-il pas une volonté à postériori de donner un sens ? Ou se trouve la nécessité de ce sens et diffère-t-il réellement de celui d’un engagement religieux plus pacifique ? Je ferai remarquer au passage que l’image du jeune djihadiste issu des banlieues populaires est un peu cliché. Les exemples de djihadistes issus des classes moyennes ne manquent pas. Il faudrait peut-être apporter des analyses multiples et peut-être faudrait-il faire appel à des outils d’analyse qui n’existent pas encore dans l’analyse marxiste.
    Pour ce qui est du discours sur le racisme que subissent les musulmans, je suis choqué qu’il ne soit à aucun moment question de celui que subissent les arabes, les berbères, qui ne sont pas tous musulmans. Ce texte passe sous silence le sort des personnes non-musulmanes qui subissent le racisme comme si toutes ces personnes n’avaient qu’à se revendiquer de l’Islam.
    Voilà, j’ai essayé de sortir de la polémique, je ne sais pas si j’y suis arrivé.

  31. pepe
    25/11/2015 à 13:06 | #31

    « Je ne cherche pas à polémiquer, mais j’aimerai savoir ce que les soutiers ont trouvé de particulièrement intéressant dans ce texte »
    D’abord, merci pour le ton, il permet de revenir sur un terrain un peu plus productif.
    Ensuite, si nous avons relayé ce texte c’est moins parce qu’il était complètement satisfaisant sur le fond que parce qu’il était… le seul qui sorte du flot de commentaires accessibles ici et là!! Et d’ailleurs, voila 11 jours qu’il est sur le site et PERSONNE ne nous a rien signalé ou n’a rien produit de plus pertinent, à notre avis.
    Mais peut être n’y a-t-il pas beaucoup plus à dire sur ce qui s’est passé ce vendredi 13. RS pose explicitement la question mais, à ce jour et à ce niveau d’analyse que dire de plus ?
    Le 13 novembre apparaît comme un événement de plus d’une situation relativement opaque.
    Dans un contexte d’extrêmes difficultés de la zone moyen-orientale à se valoriser dans la crise du mode de production capitaliste, les révoltes syriennes ont catalysé, en rafale, un délitement déjà bien avancé des Accords Sykes-Picot. Cette crise géopolitique, stratégique, économique, prend la forme politique d’un affrontement interne aux pays gérés avec l’Islam comme fondement idéologique. On a donc une guerre entre deux tendances de l’Islam radical, dans une zone ou les grandes puissances qui avaient partagé le monde à leur sauce et qui en tirent les ficelles depuis le début du 20° siècle, ne peuvent pas laisser les gens s’écharper et gaspiller ce qui reste encore la première source d’énergie de la planète.
    L’état islamique, comme accident historique opportuniste, apparaît, dans ce contexte comme le redresseur de tous les torts faits aux musulmans (sunnites en l’occurrence) non seulement par l’occident mais également par le « mauvais » camp, les chiites.
    Cette situation particulière génère, en occident, le produit qui va pouvoir s’associer à une époque (celle de la racialisation de la lutte des classes, le rejet des surnuméraires, surtout s’ils sont bronzés, aux USA comme ici, les classes moyennes qui en prennent plein la gueule…), et au symptôme particulier (la désocialisation des classes dangereuses qui, hors période d’explosion sociale, essayent de trouver leur place comme petits commerçant illégaux ou nouveaux héros moderne des croisades, avec souvent les même Kalachs, d’ailleurs!). La rencontre entre l’époque, le produit et le symptôme donne le djihadisme moderne en occident.. Ce qui a pour effet aujourd’hui que les rues de Paris vivent de façon un peu plus concrète (mais encore très exceptionnelle) ce que vivent depuis quelques décennies les populations de Gaza, Beyrouth, Bagdad ou Alep…
    Cette analyse, que l’on retrouve de façon plus ou moins développée dans beaucoup des analyses produites en ce moment ça et là, présente l’inconvénient de ne pas être connectée à une compréhension plus globale de la « période actuelle », à une articulation entre ceci et la crise actuelle et ses tentatives colossales d’entrée en restructuration….
    A suivre donc….

  32. adé
    25/11/2015 à 16:19 | #32

    Role of the United States military

    Ralph Peters’ 1997 article « Constant Conflict »[8][9] stated: « There will be no peace. At any given moment for the rest of our lifetimes, there will be multiple conflicts in mutating forms around the globe. Violent conflict will dominate the headlines, but cultural and economic struggles will be steadier and ultimately more decisive. The de facto role of the US armed forces will be to keep the world safe for our economy and open to our cultural assault. To those ends, we will do a fair amount of killing. »

    « Il n’y aura pas de paix. A tout moment pour le reste de notre vie, il y aura de multiples conflits prenant des formes mutantes partout dans le monde. Les conflits violents feront les gros titres, cependant, les luttes culturelles et économiques seront les plus constantes et finalement les plus décisives.
    Le rôle de facto des forces armées des USA sera de maintenir le monde ouvert à notre économie et à notre pénétration culturelle. A cette fin, nous ferons un bon tas de massacres. »

    Citation en anglais trouvée sur :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Ralph_Peters

    Pepe a écrit : »Ce qui a pour effet aujourd’hui que les rues de Paris vivent de façon un peu plus concrète (mais encore très exceptionnelle) ce que vivent depuis quelques décennies les populations de Gaza, Beyrouth, Bagdad ou Alep… »

    Le « fair amount of killing » (le bon paquet de tueries) depuis l’Afghanistan, passant par les Guerres du Golfe, puis par la Libye, la Syrie,( sans compter la guerre Irak-Iran, sponsorisée par les principales puissances occidentales et leur alter-ego Soviétique, les conflits incessants entre Palestine-Israël) ont produit un merveilleux résultat estimé (c’est dire toute l’importance que l’on accorde aux » macaques » ICI et Là : France USA, etc…) de 2 millions à …4 millions, voire le double de personnes tuées.
    Le prolétariat des pays les plus puissants n’a rien su ni pu faire contre toutes ces guerres, contre toutes ces atrocités. Cette classe s’est, au contraire, précipitée vers l’union nationale, ICI et là-Bas (Patriot Act, Guantanamo, Etat d’urgence, surveillance, militarisation…). Il faut dire que : l’ennemi est étranger, ancien colonisé, et immigré sur le sol même de la Sainte Entité des pays, Blancs, ou pire Bleu-Blanc-Rouge ET Laïc, inventeurs pêle-mêle des bombes atomiques de l’American Way of life (There’s no way like the American way…), des…traitements contre ceci et celà, sans oublier les Droits de l’Homme (il est blanc comme neige), ,etc…, etc…
    Et aussi dire que l’industrie des armes emploie partout des milliers, des dizaines, et peut-être même des centaines de milliers de personnes, all around the world, et le Travail c’est Sacré, nom de…

  33. Lobo
    26/11/2015 à 16:30 | #33

    D’après toi, Adé, le ramassis de clichés de Bouamama, le compagnon de route du groupe d’extrême-droite le PIR, serait « le seul » intéressant paru sur le sujet. Pour ma part, j’en ai déniché quelques autres, aux points de vue différents, mais qui m’ont semblé infiniment plus instructifs :

    Un invité sur le blog de Paul Jorion :

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/15/puisque-vous-pretendez-vaincre-le-terrorisme-par-rodolphe/

    Un article de la revue Ballast :

    http://www.revue-ballast.fr/paris/#sdfootnote6anc

    A propos de l’islamisme en général, un excellent texte paru sur le site du groupe Lieux Communs :

    https://collectiflieuxcommuns.fr/789-islamisme-concevoir-l-impensable

    Un texte du psychanalyste Fehti Benslama :

    http://www.editions-lignes.com/Pour-les-desesperes-l-islamisme-radical-est-un-produit-excitant.html

    Un article du site palim-psao au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo et de l’Hyper cascher, mais qui garde toute sa pertinence :

    http://www.palim-psao.fr/2015/05/pourquoi-l-islamisme-ne-peut-pas-etre-explique-a-partir-de-la-religion-par-norbert-trenkle.html

    Le point de vue de la revue Temps Critiques :

    http://mondialisme.org/spip.php?article2383

    Un texte d’Olivier Roy, plus inspiré que d’habitude :

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

    Et enfin, un texte de Robert Kurz, l’un des principaux théoriciens du courant dit de la « Critique de la valeur » :

    « Le deuil spontané et le désarroi sont recouverts par les faux rituels d’un schéma réactionnel programmé qui rend impossible toute compréhension de la relation profonde existant entre le terrorisme et l’ordre dominant. »
    « A la recherche des racines du Mal, on feuillette le Coran comme s’il pouvait fournir les mobiles d’actes qui, autrement, seraient inexplicables. »
    « Quand l’acteur amateur qui tient le rôle du président..évoque l’idée d »une « gigantesque lutte du Bien contre le Mal », il est évident que la conscience démocratique officielle s’est figée en inconscience enragée. Par ce type de vision du monde simpliste, on ne fait que projeter vers l’extérieur les contradictions intérieures. »
    « Dans sa tentative désespérée d’attribuer la nouvelle dimension de la terreur à une entité étrangère, le raisonnement occidental-démocratique tombe définitivement en dessous de tout niveau intellectuel. »
    « Tout ce qui se passe aujourd’hui est un produit, soit direct, soit indirect, du système mondial unifié par la force. Le One world du capital est le sein qui enfante la méga-terreur. C’est l’idéologie militante du totalitarisme économique occidental qui a ouvert la voie à des élucubrations néo-idéologiques tout aussi militantes. »
    « Tant que la critique du capitalisme (sous sa forme radicale et émancipatrice) ne renaîtra pas, les accès de paranoïa sociale et idéologique seront la seule et unique aune permettant de mesurer le degré atteint par les contradictions de la société mondiale. »
    « Les ressemblances structurelles entre la conscience de la »civilisation » libérale et la conscience des terroristes islamiques ne surprennent guère, quand on sait que la logique du capital constitue une fin en soi irrationnelle qui n’est rien d’autre qu’une religion sécularisée. Le totalitarisme économique régnant divise, lui aussi, le monde en »fidèles et en « infidèles ». La « civilisation » de l’économie libérale est incapable d’analyser rationnellement la terreur car, alors, elle devrait se mettre elle-même en cause. »
    « A l’économie de l’horreur correspond, comme dans un miroir, l’horreur de l’économie. Le terroriste kamikaze se révèle ainsi être la conséquence logique de l’individu isolé de la concurrence universelle, dans une situation qui ne laisse aucune échappatoire. Ce que nous voyons surgir ici, c’est la pulsion de mort du sujet capitaliste. »
    « …la nouvelle qualité de la méga-terreur…signifie que la crise du système capitaliste mondial…a pris une nouvelle dimension. »
    « Lorsque les médias laissent voir-entre les lignes- une secrète admiration pour les immenses capacités techniques et logistiques des terroristes, l’affinité d’esprit entre les deux se laisse voir également. »
    « Parce que le noyau irrationnel de son idéologie ressemble à s’y méprendre au fondamentalisme islamique, le capitalisme n’a d’autre choix que d’en appeler à la croisade, à la guerre sainte de la « civilisation occidentale… » « Ainsi le fondamentalisme occidental divise-t-il le monde en un empire prétendument « civilisé d’un côté, et les nouveaux barbares de l’autre, comme l’écrivain français Jean-Christophe Ruffin le constatait au début des années 1990. » « Il n’y a qu’une voie pour empêcher le terrorisme de prospérer : la critique émancipatrice du totalitatisme mondial de l’économie. »
    (Economie totalitaire et paranoïa de la terreur, la pulsion de mort de la raison capitaliste.) (2001) Robert Kurz in Avis aux naufragés, éditions Lignes.

  34. Fredy burns
    27/11/2015 à 01:02 | #34

    Robert Kurz : « Se faire exploiter devient un privilège! » « Bille gates et un auto-entrepreneur pauvre sont tout deux des petits bourgeois » (citations de mémoire dans « le dernier avatar des classes moyennes)
    Cela ne vous dérange même pas, périodisateurs, de laisser à côté de vous une bonne place à ce genre d’hallucinants qui s’agitent authentiquement pour la bourgeoisie, qui, d’ailleurs, n’osera jamais lancé à la face du prolétariat que se faire exploiter est devenu un privilège. Ces gens de la verte-critoc ont une haine tenace, enracinée jusque dans les tréfonds de leur être, envers le prolétariat qui relève la tête. Ce sont des intrigants.
    Ces gredins ont effectivement ressorti une fiente de leur maître défunt parce qu’ils n’ont rien à dire et en introduction ils ont placé une paraphrase du titre de Bouamama, (Ô immonde monde, si tout entend encore, sache que tes actes sont bien les tiens). Conclusion, c’est du racolage vers dndf qui renvoie assez bien la mise. Et puis après tout, chacun fait bien ce qu’il veut, laisser faire laisser passer. Et la belle marchandise descend tout droit de la superstructure.

  35. Lobo
    27/11/2015 à 11:17 | #35

    Euh… pourrais-tu traduire ta prose en français ?

  36. Stive
    27/11/2015 à 12:19 | #36

    Le procédé utilisé par burns est fort rance. Les staliniens l’ont poussé très loin pour discréditer leurs opposants. Suspecter DNDF ou même la critique de la valeur d’être les courroies de transmission de la super structure relève du procédé de ces mêmes staliniens.
    Inutile d’ergoter plus loin sur ce genre d’intervention.

  37. adé
    27/11/2015 à 20:23 | #37

    « D’après toi, Adé, le ramassis de clichés de Bouamama, le compagnon de route du groupe d’extrême-droite le PIR, » Lobo dixit…
    Salut,
    rien de tel, j’ai rien dit à propos du texte, je l’avais déjà lu en partie, je verrai les liens que tu as mis, mais de fait je n’attend pas de texte très éclairant, en tout cas à chaud, et de plus je n’attend pas de révélations sur l’intime connexion entre le genre, la classe, l’âge et le sexe des acteurs, leur origine et leur appartenance.
    Au sujet de R. Kurz, par exemple, qui lui non plus n’est pas plus d’extrême-droite que ça, là aussi, j’avais déjà lu, alors, et néanmoins j’ai trouvé la position de Kurz au sujet du conflit israël/palestine tout à fait détestable, vraiment dégoûtant.

    Je voulais faire un copier/coller, mais ça ne l’a pas fait, facile à trouver : R.Kurz Palestine /Israël, EXIT,
    Méli, mélo,

    Pour Burns, j’aime assez, ça change de l’ordinaire : les intrigants, les gredins…le prolétariat… et Burns Fredy, burns…

    Salut et on verra.

  38. adé
    27/11/2015 à 20:43 | #38

    Ce sont les dernières phrases de ce texte de 2008, signé R. Kurz dans EXIT

     » Against the ideological mainstream, it must be maintained that the elimination of Hamas and Hezbollah is an elementary condition not only for a precarious capitalist peace in Palestina, but also for an improvement in the social conditions. If the chances for this are bad, then the chances are good for global society’s descent into barbarism. »

    http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=transnationales&index=2&posnr=150&backtext1=text1.php

    Pourtant Kurz était l’un des meilleurs, sinon, le meilleur de l’équipe…mais là, il écrit comme un politicien, un discours de néocons, en somme.
    Je n’explique pas cette « scission », mais elle est là.

  39. bolos
    28/11/2015 à 02:22 | #39

    parler de procédé stalinien quand on sait qui se cache derrière lobo fait doucement rire

  40. pepe
    28/11/2015 à 09:52 | #40

    @bolos
    ???

  41. Lobo
    28/11/2015 à 16:17 | #41

    Entièrement d’accord avec toi, Adé, sur les ahurissantes conneries de Robert Kurz à propos d’Israël et de la Palestine. Je l’ai déjà fait remarquer aux quelques camarades de la Critique de la valeur que je connais sans avoir reçu d’explication satisfaisante. Je sais aussi que chez certains d’entre eux, ces positions-là ont du mal à passer. Mais ce n’est pas non plus un parti avec sa ligne et ses dogmes.

    Quant au dénommé Bolos, il a bien de la chance de savoir qui je suis (je ne me savais pas aussi célèbre), parce que de mon côté, je ne sais pas qui il est, ni qui se trouve derrière chacun des pseudos. Et pour vous faire une confidence (chut… ne le répétez pas), je m’en contrefiche. Il me semble qu’ici, seuls importent les propos et les réflexions (ou le manque de réflexion) qu’ils suscitent.

  42. Mamadou Djaderley
    28/11/2015 à 21:39 | #42

    Courte critique du texte « Tiens ça glisse ». Et quelques pistes de réflexion.

    Traiter la « race » comme une magie noire, comme n’étant qu’un discours à contrer ne tient pas la route car ça n’explique pas comment et pourquoi se défendre en tant que race est une nécessité produite par la société civile. Dans ce texte on nous apprend que l’État n’y est pour rien dans cette nécéssité, et qu’il ne s’agit donc que d’un choix : « Aujourd’hui, et sous nos latitudes, contrairement à ce qu’a pu être l’Amérique ségrégationniste par exemple, dont on importe les théories, le modèle et le vocabulaire, ce n’est pas l’État qui racialise. » Dès lors il devient logiquement impossible de saisir comment se défendre en tant que « race » trouve une certaine légitimité chez une partie du prolétariat. Or n’oublions pas nottament que « le texte [d’appel des « Indigènes de la République »] fut rédigé en réaction contre le mouvement de revalorisation de la colonisation française, que ses initiateurs perçoivent à travers, par exemple, la création d’un musée du colonialisme présentant le colonialisme d’une façon favorable et, surtout le vote par le Parlement français d’une loi prescrivant dans «les programmes scolaires» la «reconnaissance du caractère positif de la présence française outre-mer et en Afrique du Nord». » (wikipédia)

    La non reconnaissance de la nécessité, pour certains prolétaires, de se subjectiver en tant que « race », et l’absence d’analyse des sources et origines de cette nécéssité, interdit toute critique convenable de celle ci, et glisse dans la moralisation. D’où le néologisme « racialisateur », un nouvel énième ennemi à combattre. C’est la critique du PIR* en particulier, et du décolonialisme** en général en tant que critique partielle de l’exploitation, qui passe à la trappe au profit d’une nostalgie de l’autonomie prolétaire : « [Cet état de fait] est, en revanche, certainement lié à la disparition de toute revendication d’autonomie politique et pratique et au manque actuel de propositions subversives. »

    Or comment définir le prolétariat en dehors des divisions qui le constituent ? La période actuelle, particulariste, a fait d’une telle définition un non-sens (qu’on pense aux « races » ou aux « genres »), alors qu’autrefois ces divisions étaient niés par les nécessités du programmatisme : produire une identité ouvrière hégémonique pour donner forme au dit « compromis fordiste ». Bien que ça n’a jamais été un privilège ou un « luxe » d’être exploité, un tel « compromis », surtout favorable à une partie du prolétariat des pays dits « developpés » avait pour condition d’existence le colonialisme d’antan. Enterrinant le capital comme puissance mondiale face au travail, le programmatisme eut pour effet, en parallèle de garantir la contrainte à la subsomption du travail des prolétaires colonisés, et par conséquent de les astreindre aux mêmes modalités programatiques de luttes. Cet avantage relatif du prolétariat occidental rendait l’aboutissement communiste de la révolution programmatique impossible, pas seulement dans ses propres termes. Dans le cycle de lutte actuel, teinté de post-modernisme, terme qui ne désigne pas seulement une hégémonie culturelle de la théorie mais bien une conjoncture historique engendrant des contraintes de subjectivations particulières au sein d’un rapport de classes, on peine à définir le prolétariat à partir des divisions qui le constituent. L’erreur notable, qui revient le plus souvent, est de chercher à déterrer l’ancienne définition génériciste du prolétariat pour la réactualiser. Elle n’est pas morte simplement parce que la bourgeoisie a gagné, mais bien en même temps, parce qu’elle était une entrave à la lutte de classe.

    Le texte de Saïd Bouamama, malgrès ses limites, parce qu’il invite à garder la tête froide, et qu’il ne tente pas de nous faire la douteuse démonstration des bienfaits de l’identitarisme du PIR (ce n’est pas son objet), ne me semble pas choquant.

    * Par ailleurs, le PIR, sans doute est-ce la conséquence du fait qu’il s’agit d’un parti politique, et donc à ce titre d’une organisation opportuniste, nous contraint d’expliquer les dérives racistes homophobes et anti-juives des discours de certains de ses membres. Mais chaque chose en son temps.
    ** Attention : le décolonialisme n’a, en soit, rien de raciste.

  43. R.S
    28/11/2015 à 23:39 | #43

    Salut
    ouf ! Cela fait plaisir un commentaire comme le précédent.
    R.S

  44. Lobo
    29/11/2015 à 18:11 | #44

    Ouille ! Ca craint un commentaire comme celui de Mamadou Djaderley.

    Le concept de programmatisme, Deus ex machina de l’histoire moderne, sert décidément à tout, y compris à justifier l’injustifiable. Reprenons donc les affirmations idéologiques de Mamadou :
    – « se défendre en tant que race est une nécessité produite par la société civile. » Ah bon ? Et d’où notre notre vaillant défenseur de la « race » tient-il cette affirmation ? Ne s’agirait-il pas, au contraire, de se défendre en tant que prolétaire (oui, je sais, c’est une vieillerie qui n’impliquait que de s’affirmer en tant que tel) et donc en tant qu’être humain ? Alors bien sûr, la « qualité » qui veut que l’on soit noir, breton, arabe, tamoul, homosexuel, amateur d’opéra, bègue, sportif ou tout ce que l’on voudra doit être prise en compte et défendue comme n’importe quel droit à être ce que l’on est (ou que l’on n’est pas, ou que l’on voudrait être, ou que l’on croit être.)
    Le problème, c’est qu’en érigeant « la race » comme qualité essentielle, notre Mamadou fige ce qui devrait être fluide, partie d’un tout mouvant, contradictoire, articulé à tout ce qui nous fait humain et n’est en aucun réductible à tel ou tel trait constitutif ou acquis.

    – On retrouve la vieille antienne qui tente de réduire les luttes anciennes du prolétariat à la défense de « privilèges » qui niaient les prolétaires des pays colonisés. Ce qui est pour le moins réducteur et inutilement culpabilisateur a posteriori.

    – On est ravi d’apprendre que les ignobles propos racistes, antisémites et homophobes des abrutis du PIR ne sont que « la conséquence du fait qu’il s’agit d’un parti politique, et donc à ce titre d’une organisation opportuniste. » En somme, comme le disait le vieux borgne, il ne s’agit que d’un point de détail.

    Je prétends, moi, que toutes ces tentatives (pour l’instant vaines, mais les nazis aussi ont commencé petit) d’organiser les prolétaires sur une base raciale (et donc raciste) sont gros d’affrontements sanglants, de guerre civile barbare. Les frères Kouachi et Abdelhamid Abaaoud ne sont que les projections extrêmes mais logiques des positions défendues par le PIR mais aussi par ses compagnons de route plus présentables, de Bouamama à Tariq Ramadan.

  45. R
    29/11/2015 à 20:11 | #45

    Je cite :
    « La non reconnaissance de la nécessité, pour certains prolétaires, de se subjectiver en tant que « race », et l’absence d’analyse des sources et origines de cette nécessité, interdit toute critique convenable de celle ci ».

    Faudrait définir ce qu’on veut dire. Bien sûr, certains prolétaires se « subjective » de X ou Y manière. Mais ce n’est quasiment jamais en tant que « race ». Cette question de « race » est une construction idéologique. Les prolos se subjectivent en tant que membre d’une communauté. Malienne, Comorienne, Albanaise, Corse, etc). Le sujet « non blanc » n’existe que dans la tête des politiciens comme le PIR.
    En effet, cela à un sens. La gestion de la pénurie, la débrouille. Les rapports communautaires. Le clientélisme. Cela va sûrement se renforcer dans la crise, comme le repli sur la famille (les deux sont très liés).

    Qu’est ce que c’est que la communauté ?
    1. L’exclusion d’une fraction des prolétaires du partage des miettes, les rackets divers et variés.
    2. La subordination des prolétaires de la communauté aux petits et moins petits bourgeois à qui ils sont « «redevables » d’avoir un emploi, un boulot de merde sous payé, à qui ils doivent des « services », etc.
    Bref, celles et ceux qui se font avoir, exploiter, etc, dans ces rapports là, interclassistes, ce sont toujours les prolétaires.

    « Comment définir le prolétariat en dehors des divisions qui le constituent ? »
    Je ne vois pas trop ce que veux ça veux dire. Je veut bien que la classe soit aujourd’hui divisé, segmenté, etc. En même temps, la belle affaire, à l’époque de Marx, c’était pas non plus la balade des gens heureux.

    L’appartenance de classe, cela signifie que dans la crise, si t’es prolétaires, si t’es sans réserves, t’es dans la merde. Voir, dans l’approfondissement de la crise, tu es de trop.
    Bien sûr, comme l’écrivait d’ailleurs RS dans un texte il y a près d’un an ( à propos de charlie, suite) « Le prolétariat n’est jamais seulement « de trop », cela signifierait qu’il n’y a plus d’exploitation. »
    OK. Mais il y a dans la crise, un rétrécissement des options : continuité de l’exploitation, et donc écrasement effroyable OU dépassement, rupture, révolution communiste.
    Et la gestion de la pénurie, la communauté est l’un des visages de notre défaite. Une modalité de l’exploitation, dans un contexte ou le prolétariat « est constamment nécessaire et toujours de trop ». Bien sur, c’est aussi une stratégie de survie pour certains prolétaires. Mais cela signifie surtout que tous ne survivront pas.
    Nous n’y sommes pas encore, bien que l’eau du bain commence peu à peu à cramer le bébé.
    En attendant, je trouve utile de tenir un discours critique des positions valorisant la communauté, favorisant l’interclassisme. Nécessaire de s’opposer à celles et ceux qui veulent rompre « avec la question de classe pour imposer un autre angle d’attaque qui est celui de la race ».

    Mais ce n’est pas pour ce qu’il dit, car, non, je le répète, ce discours est idéologique, creux, inopérant. Faudrait m’en montrer, des prolétaires pour qui « se défendre en tant que « race » trouve une certaine légitimité». Sérieux c’est pas pour rien si le PIR n’est qu’une poignée d’universitaire en mal de buzz.
    Mais pour ce qu’il signifie : communauté, exclusion, subordination.
    Aujourd’hui, et cela va aller de pire en pire, la communauté est partout. Communauté nationale française des charlies, communautés diverses et variées comme modalités particulières de gestion de la misère, et partout, exclusion. Et les cas limites que cela charrie, tels les tueurs de masses d’il y a quelques jours. Au passage, une mise en perspective, des tueries de masses y en a tout les jours aux USA. ( je plaisante pas).

    Bref, « Les nôtres avant les autres » la subordination des prolétaires, et l’exclusion en masse : la communauté.
    Si, face à cela, le fait d’opposer un discours basé sur le « tout pour tous », l’autodéfense de classe et la diffusion de positions communiste, c’est du programatisme, et bien tant pis. Sans blague qui vivra verra.

  46. Mamadou Djaderley
    04/12/2015 à 18:49 | #46

    Que ce soit bien clair, je ne fais nullement l’apologie du PIR, au contraire. Mais avant de pouvoir expliquer et critiquer convenablement les propos racistes homophobes anti-féministes et anti-juifs des discours de certains de ses membres, il y’a semble-t-il quelques pré-requis à poser. Chaque chose en son temps. De plus, en ce qui concerne SB : « Il est bien évident […] que le texte de Saïd Bouamama est critiquable, mais encore faudrait-il le critiquer dans son contenu et non dans sa signature », RS dans notes de lectures à propos du 13 novembre.

    J’écrivais :
    « Bien que ça n’a jamais été un privilège ou un « luxe » d’être exploité, un tel « compromis », surtout favorable à une partie du prolétariat des pays dits « développés » avait pour condition d’existence le colonialisme d’antan. »

    Il s’agissait d’avantages relatifs, certainement pas de « privilèges ». Une autre manière de poser la question : la pénurie était-elle organisée partout de manière uniforme? Il n’y a là rien de moral. Pour que les programmatistes d’antan puissent avoir été coupables de quelque chose, encore faut-il qu’ils aient eu un autre choix, mais ce serait une hypothèse volontariste. Est-ce le prolétariat qui a inventé le colonialisme? Non!

    Il ne s’agit certainement pas de poser le fait de se subjectiver en tant que « race » comme quelque chose de « bien » et de rassurant, loin de là, il s’agit simplement d’une expression des limites du cycle de luttes actuel. Il nous faut expliquer aussi bien le racisme que la racisation, saisir ce qui s’y dissimule de matériel, d’une manière non moraliste si l’on veut en élaborer la perspective d’un dépassement. Le fait d’être prolétaire racisé, ce n’est pas tant le fait d’appartenir à une communauté, c’est avant tout le fait de se voir assigner une place dans les rapports de production en fonction de critères physiques, ethniques, culturels… A partir de là ces critères sont essentialisés, la concurrence entre les prolétaires possède une forme que les capitalistes peuvent (c’est à dire doivent*) affiner, renforcer, selon les besoin de l’exploitation du travail en général. Cette segmentation se traduit, dans les luttes, comme limite parce qu’elle en structure les modalités. Cette nécessité engendre des problématiques spécifiques lorsque les capitalistes doivent gérer de nombreux segments du prolétariat au sein d’un même territoire et révèle localement une part des antagonismes internes du prolétariat mondial. A ce titre l’islamophobie, sa résolution républicaine, c’est à dire sur-stigmatisante, puis l’état d’urgence** sont un soulagement pour la classe capitaliste.

    Malgré sa rationalisation, le travail n’est rendu indistinct qu’au moment de l’échange. Tout les travaux concrets ne se valent pas (valoir au sens général). L’exploitation n’est pas comme l’argent « sans odeur », elle est concrète. Les capitalistes ont besoin de segmenter le prolétariat, de conférer à chacun de ces segments des avantages/désavantages relatifs, et de contraindre la formalisation de la compétition entre les prolétaires occupés. Les places dans les rapports de production ne sont pas distribuées de manière indistincte. Si tu veux du boulot, mets une photo sur ton CV! Il en va de même pour la gestion des prolétaires occupés et disponibles. D’abord il’y a le zonage mondial. Puis en France par exemple, il y’a ceux qui doivent mériter leur RSA en prouvant qu’ils méritent d’être français (même un mariage blanc est une preuve de « capital social »), ceux qui y ont droit d’office, et ceux qui sont plus suspects que les autres d’être des « profiteurs ». Pour parvenir à segmenter efficacement les capitalistes contraignent à la stigmatisation, à la racisation. Exemple de contrainte : Tiens! Et si on revalorisait le colonialisme à l’école – ce n’est pas une mesure gratuite, pensez aux conséquences! Le PIR en est une en tant qu’ « entrepreneur en racisation » (que SB soutienne le PIR en déplorant qu’il soit intégrationniste est un paradoxe sans perspective). De façon général les capitalistes cherchent dans la lutte de classe à préserver les modalités de segmentation, c’est à dire de reproduction du prolétariat. Je fait l’hypothèse que ces modalités sont menacées par l’évolution des modalités mondiales d’exploitation (la délocalisation s’effectue à double sens, par exemple en ce moment : prémices de délocalisation de la guerre***), ce qui menace en même temps la stablilité du cycle de lutte actuellement défensif; et que cette fois-ci les capitalistes ne pourront pas compter sur le programmatisme pour restructurer et re-segmenter. D’où la perspective communisatrice suivante : l’auto-abolition des classes comme abolition de ses segments, et donc, comme abolition de la racisation.

    * Activité concrète de personnes concrètes et en même temps détermination objective du MPC. Ce qui est possible est en réalité nécessaire…

    ** A une époque encore récente ou les gauchistes pouvaient sans heurts se satisfaire du fantasme de la fraternité d’un prolétairiat supposé receller une nature finalement homogène, le groupe Zebda chantait « je suis celui qu’on a puni deux fois ici et puis là bas ». Aujourd’hui on pourrait remplacer par : « Je suis celui qu’on a puni quatre fois, trois fois ici, une fois là bas. » La tension monte, bon grè mal grè l’illusion ne devrait plus tenir très longtemps…

    *** Et non! La guerre ce n’est pas la paix en fait! Tout n’est pas pareil « dehors » que « dedans » l’espace Schengen et « son » monde. La « troisième guerre mondiale » peut être considérée comme initiée depuis des décénies déjà (chute du mur?), sans pouvoir être encore qualifiée « mondiale ».

    @R :
    « Bien sur, c’est aussi une stratégie de survie pour certains prolétaires. »
    Oui, et donc? Quelles conséquence sur la lutte de classe?

    « Si, face à cela, le fait d’opposer un discours basé sur le « tout pour tous », l’autodéfense de classe et la diffusion de positions communiste, c’est du programatisme, et bien tant pis. »
    Attention :Je ne dis pas qu’il faut abandonner l’autodéfense de classe, et la diffusion de positions communistes, anti-gestionnaires par exemple, mais il s’agit de reconnaître que le programmatisme n’était pas en mesure d’opposer des pratiques basé sur le « tout pour tous », intention qui dès lors n’était qu’un projet irréalisable dans ses propres termes. Voici un exemple de la manière, programmatique et dans les limites d’une analyse anti-impérialiste certes (usage du terme « privilèges » notamment), dont le débat s’est posé aux Etats-Unis dans les années 60 : http://revueperiode.net/le-point-aveugle-des-blancs/

  47. moins pire
    06/12/2015 à 11:43 | #47

    un entretien avec Bertho : A-t-on bien réfléchi à ce que pouvait être la figure d’une révolte sans espoir ?
    http://www.bastamag.net/Il-faut-etre-clair-un-monde-a-pris-fin-il-n-y-aura-pas-de-retour-en-arriere

    ALAIN BADIOU : « NOTRE MAL VIENT DE PLUS LOIN », penser les meurtres de masse
    http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse-du-13-novembre-version-texte

  48. R
    11/12/2015 à 20:23 | #48

    @Mamadou Djaderley
    Si j’essaie de résumer ton propos, je dirais que ta thèse se décline ainsi :

    1. La segmentation du prolétariat prend la forme d’une racisation.
    « Le fait d’être prolétaire racisé, ce n’est pas tant le fait d’appartenir à une communauté, c’est avant tout le fait de se voir assigner une place dans les rapports de production en fonction de critères physiques, ethniques, culturels… » (commentaire #46)

    2. C’est en tant que prolétaires « racisés » que plusieurs fractions du prolétariat sont amenés à se subjectiver.
    « La non reconnaissance de la nécessité, pour certains prolétaires, de se subjectiver en tant que « race », et l’absence d’analyse des sources et origines de cette nécessité, interdit toute critique convenable de celle ci, et glisse dans la moralisation »(commentaire #42)

    3. Mais la révolution communiste sera dépassement/ se fera contre cette segmentation. Elle sera donc lutte contre la racisation.
    « D’où la perspective communisatrice suivante : l’auto-abolition des classes comme abolition de ses segments, et donc, comme abolition de la racisation. » (commentaire #46)

    J’espère qu’on est d’accord sur le résumé. Le cas échéant, on en reparle. En attendant, je vais m’attacher à répondre à cette thèse.

    Sur le 1. : La segmentation du prolétariat prend la forme d’une racisation.
    Le marché du travail (quelle belle expression) est en effet le lieu d’un grand nombre de discriminations. Ces discriminations se fondent elles sur des bases racistes ? C’est le cas en effet, dans nombres de cas. Mais pas uniquement. Des discriminations, il y en a pleins. Sur la base du quartier d’où tu viens, sur la base de ton age, parce que tu es une femme, du fait de tes orientations sexuelles… Des gens sont payés pour étudier cela : les sociologues.
    De mon côté je ne m’engagerais pas là dedans. Tout juste dirais-je que ce qu’on peut déduire de cela, c’est que la segmentation du prolétariat est une atomisation : nous sommes à l’échelle de l’individu.

    A cette échelle, qui est celle du cours quotidien de la lutte de tous et toutes contre toutes et tous, il n’y a rien à tirer pour penser la révolution communiste.

    Sur le 2. : C’est en tant que prolétaires « racisés » que plusieurs fractions du prolétariat sont amenés à se subjectiver.
    Je pense que c’est faux. Peu de prolétaires se subjectivent en tant que « racisés ». Oh, bien sûr, plein de prolétaires sont et se savent en butte à des discriminations racistes, à des insultes racistes, etc. Mais se pensent ils pour autant en tant que sujets agissant sur ces bases ? Non. Le sujet racisé, je le répète, est une invention politique : le non-blanc. Cette invention n’a fort heureusement pas eu pour l’instant le succès escompté.
    En revanche, l’escamotage de la question de classe par la question de race (attention, je ne dis pas que c’est ce que tu fais, M.D., ça va, je sais lire, je parle du PIR et cie) amène elle, à la complaisance envers la logique de la communauté. C’est à dire la gestion de la pénurie sur le dos des exploités. Je ne me répète pas, j’ai déjà écris tout ça.
    J’écrivais plus haut « la communauté est l’un des visages de notre défaite. (…) Bien sur, c’est aussi une stratégie de survie pour certains prolétaires. »
    Les conséquences pour la lutte des classes ? Le renforcement du pouvoir des patrons. Quand Aube Dorée, en Grèce, lance une agence d’emploi « réservée au grec » ils font bosser les gens pour une misère, à la journée. Alors certes, du coup ces gens là ne crèvent pas de faim. Qui en profite ? Facile à piger.
    Quand untel ou unetelle travaille pour un ami de la famille, qui tient un bar, un resto, une entreprise de bâtiment, dans des conditions dégueulasse, là aussi, il crève pas de faim… Je ne vais pas multiplier les exemples, d’autant qu’à l’échelle individuelle, c’est jamais aussi simple.

    Sur le 3. Mais la révolution communiste sera dépassement/ se fera contre cette segmentation. Elle sera donc lutte contre la racisation.
    Bon, après ce que j’ai dis plus haut, je ne crois pas nécessaire de développer. Disons juste que oui, la révolution sera à mon sens auto-abolition des classes, et qu’elle se basera sur l’approfondissement permanent des mesures communistes, l’intégration permanente de nouvelle couche de la population, etc.

    Enfin, mais peut être le plus important, je suis tout à fait d’accord lorsque tu dis que :
    « il s’agit de reconnaître que le programmatisme n’était pas en mesure d’opposer des pratiques basé sur le « tout pour tous », intention qui dès lors n’était qu’un projet irréalisable dans ses propres termes. »
    Tu as raison. Car le programmatisme, c’est le mouvement ouvrier conforme au capital, et qui en derniers recours participe de le reproduire.
    Mais c’est aussi parfois dans certains débats, un argument d’autorité « c’est du programmatisme » envoyé pour couper court à tout ce qui n’est pas conforme à une certaine vision spéculative de la communisation.

    Reste cette orientation, pour des pratiques basé sur le tout pour tous. Contre la gestion de la pénurie. C’est une proposition politique dans la période. Si nous sommes OK là dessus, c’est l’essentiel.

  49. R
    12/12/2015 à 20:44 | #49

    Ah, juste, bien sur, je ne dis pas que la segmentation/atomisation du prolétariat provient des discriminations. En revanche, la condition des prolétaires atomisés, est marqué par des discriminations de multiples sortes.