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Archives pour la catégorie ‘Du coté de la théorie/Around theory’

Blog DDT21 : « Écologie / 05 / De l’anthropocène au capitalocène »

01/03/2021 Comments off

« Écologie / 05 / De l’anthropocène au capitalocène »

L’idée d’anthropocène voulait exprimer la venue d’une époque où les activités humaines modifient désormais toute la vie sur Terre. Mais la responsabilité indéniable du système capitaliste dans la crise écologique rendait cette notion trop visiblement réductrice, sinon carrément fausse. D’où la montée d’une nouveauté critique, le capitalocène qui, tout en se référant explicitement à un « capitalisme », aboutit à escamoter ce qu’il est au fond, et ne propose finalement que des perspectives politiques le plus souvent fades, en tout cas fort loin d’une révolution sociale et écologique. LIRE LA SUITE.

« TEMPS LIBRE II »: « L’actualité de la question des classes sociales »

22/02/2021 Aucun commentaire

Les camarades du site “Agitations” publient la « Contribution à la théorie des classes », dont le pdf est disponible gratuitement sur le site de “Temps Libre” et qui sera disponible en format papier dans les librairies militantes parisiennes d’ici quelques semaines.

L’actualité de la question des classes sociales

« Karl Marx à Wall Street »

20/02/2021 Comments off

Lu sur le compte twitter de « l’orage se fait attendre »

Petit teaser sous forme de graphique avant la sortie du prochain épisode de « Karl Marx à Wall Street »

Blog DDT 21 : « « 04 / Échec de l’écologie politique »

10/02/2021 Comments off

« 04 / Échec de l’écologie politique »

USA. New York City. 1992. In the Zoo in Central Park. Manhattan.

S’ils s’opposent à bien des égards, écologistes de gouvernement, écologistes des petits pas, écosocialistes et écologistes radicaux ont un point commun. Qu’ils ambitionnent un poste ministériel, fondent une Amap, écrivent le programme d’une future « vraie gauche » ou tentent de faire de l’écologie un levier de bouleversement social, tous mettent la « question écologique » au centre du monde actuel, comme si elle obligeait aujourd’hui à redéfinir ce qu’est le capitalisme, et ce que serait sa nécessaire et possible transformation. Tous également se veulent réalistes et se vantent d’agir sans se payer de mots.
Mais quel est donc le bilan des actions qu’ils mènent depuis maintenant plusieurs décennies ? LIRE LA SUITE

« L’auto-éducation de Jan Appel »

05/02/2021 Aucun commentaire

Cinquième épisode de la série de Jasper Bernes « la communisation et son histoire »

« L’auto-éducation de Jan Appel »

Il s’avère que je ne peux pas encore quitter Jan Appel. Il y a encore beaucoup à dire sur son rapport à la communisation, sinon sur le “communisme de conseil” ou le “conseillisme”. En effet, en 1920, Appel, à bord de sa goélette de harengs détournée, naviguant vers Mourmansk puis vers Saint-Pétersbourg pour se faire réprimander par l’homme dont la ville allait prendre le nom, n’était pas encore conseiller municipal ni même communiste, si l’on en croit les définitions que nous laisse Philippe Bourrinet*, mais faisait plutôt partie d’un communisme de gauche large, encore mal défini, qui était en train de se définir pendant que la révolution mondiale s’effondrait. Après tout, il était en route pour la Russie soviétique, au nom du KAPD nouvellement formé, dont les positions étaient antiparlementaires, antisyndicales et pro-conseil, mais nullement communistes. Le fait même qu’il ait détourné le sénateur Schröder au nom de son parti, pour communiquer avec le Comintern, indique qu’il voyait encore un rôle expansif pour le parti. Il se trouvait sur un bateau portant le nom d’un fonctionnaire parlementaire, en route pour communiquer avec les dirigeants d’un État rebelle, après tout. Lire la suite…

“TEMPS LIBRE II”: Une critique du “ménage à trois de la lutte des classes”

01/02/2021 Aucun commentaire

Le problème de la classe moyenne salariée chez Astarian et Ferro

La pertinence d’une théorie des classes du mode de production capitaliste repose sur sa capacité à produire des définitions permettant de rendre compte des luttes qui le structurent. Les luttes que les classes se livrent incessamment – parfois silencieusement, parfois à découvert – doivent trouver une explication au sein même du rapport contradictoire qui produit les classes sociales; une théorie des classes doit être en mesure de présenter ces luttes comme le développement même de ce rapport. Une théorie dont les définitions conduisent à une conception du capitalisme comme une simple stratification sociale échoue à la tâche puisqu’avec celle-ci, le rapport que les classes entretiennent se réduit à une différenciation quantitative; les prolétaires, ce sont les pauvres, la classe moyenne regroupe les personnes un peu plus fortunées et la classe capitaliste n’est pas autre chose que l’ensemble des riches. C’est le danger que court toute théorie qui fait de la distribution de la plus-value l’élément décisif de la définition des classes. Le niveau de rémunération d’un agent, parce qu’il explique son appartenance de classe, devient alors le seul élément réellement important pour l’analyse de classe. Conséquemment, la place des agents au sein des rapports de production et la contradiction qui structure et meut les formations sociales capitalistes n’ont plus qu’un rôle explicatif – au mieux – marginal dans l’analyse de cas concrets de lutte des classes. Lire la suite…

“TEMPS LIBRE II”: une critique de “Théorie Communiste”

31/01/2021 9 commentaires

Cette critique fait partie de la Section 3 du second numéro de la revue québécoise Temps Libre et s’inscrit à ce titre dans un projet plus large de théorisation des classes du mode de production capitaliste. C’est pourquoi on ne saurait apprécier correctement cette critique sans se référer aux autres sections de la revue qui la fondent. (Le fichier pdf en fin d’article. dndf)

Critique de la théorie des classes de “Théorie Communiste”

Il ne manque pas de généralités lorsque vient le temps de parler des classes dans le mode de production capitaliste. On ne compte pas le nombre d’analyses soi-disant matérialistes qui évitent la tâche de définir rigoureusement les classes sociales et qui s’en tiennent à de vagues énonciations sur le rapport qu’elles entretiennent : « les classes n’existent que dans la lutte des classes », « le prolétariat est la classe en contradiction avec le capital », « les classes sont des pratiques de classes ». Par là, l’analyse semble avoir gagné en dialecticité : elle ne s’est pas bornée à l’étude d’une classe en elle-même, elle s’est même affranchie de cette basse tâche parce qu’elle sait trop bien qu’une classe existe nécessairement dans un rapport avec une autre, que les classes s’impliquent réciproquement. De telles analyses, bien qu’elles permettent de discourir longuement sur le mode de production capitaliste sans dire de faussetés, demeurent à un niveau trop abstrait; elles ne peuvent qu’être des indications méthodologiques pour un travail théorique, son point de départ et non son résultat.

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“TEMPS LIBRE” II

30/01/2021 2 commentaires

Nous avions salué, en son temps, la sortie d’une nouvelle revue en provenance du Québec, TEMPS LIBRE”.
Ils publient aujourd’hui leur Numéro 2. Outre l’intérêt de l’ensemble de cette publication, nous nous sommes particulièrement intéressés à la section 3 qui aborde un des thèmes importants traités dans dndf, les classes moyennes, et ce au travers d’une critique de fond de “Théorie Communiste” et une autre du “Ménage à trois de la lutte des classes” d’Astarian et Ferro.

Nous avons donc décidé de publier ici, dans les jours qui viennent, ces deux critiques in extenso. Le PDF complet du numéro II ici. dndf

 

 

“Si l’on prend au sérieux l’idée selon laquelle le système capitaliste n’est pas éternel et, donc, qu’il est voué à disparaître, alors il faut pouvoir expliquer de manière rigoureuse le comment de ce processus. C’est évidemment ce à quoi doit répondre de manière spécifique une théorie des classes qui est aussi une théorie de la révolution.”

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“Complotisme en général et pandémie en particulier”, version finale

26/01/2021 3 commentaires

Les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont récemment publié un texte de “travail en cours” sur leur blog au sujet du complotisme. Nous avions alors relayé ce travail.
Le texte est maintenant modifié et abouti. Nous le publions donc ici. dndf

Complotisme en général et pandémie en particulier

« On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien
Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
(…)
L’affaire trucmuche et l’affaire machin
Dont on ne retrouve pas l’assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l’information »
(Jacques Dutronc, 1967)

« Imagine qu’on nous ment, depuis des siècles et des siècles / Que certaines communautés haut placées connaissent les recettes / Les secrets de la vie, pas celle qu’on nous laisse voir. »

(Keny Arkana).

Quelques considérations préalables

Dans le mode de production capitaliste, la population n’est pas un fait de « nature », sa production, reproduction, gestion et les catégories qui la constituent sont le produit de rapports de classe et de genre qui en structurent la mise en forme et l’évolution. Cette population n’existe socialement et ne se reproduit que comme fonction du capital. Il n’y a pas de substrat intact ou pur pouvant servir de préfiguration de quoique ce soit, il n’y pas de bonheur ou de souffrance, de bonne santé ou de maladie, de manière de vivre ou de mourir qui puissent se comprendre autrement que comme une expression de ces rapports de classe et de genre. Il faut ajouter, vu le sujet, que cette expression sans cesse renouvelée – car produit historique – du rapport de classe et de genre existe dans le quotidien de la pensée et de l’action pour toutes les classes, et encore plus à l’insu (mais « de leur plein gré ») de ses acteurs pour ce qui concerne les classes dominantes ou supérieures. Lire la suite…

“Profits fictifs et IA financières au royaume du capitalisme « drogué ».”

24/01/2021 Aucun commentaire

Nous avons reçu cela. dndf

Salut, sur l’orage on est en train de publier une série d’articles sur le capital fictif, le taux de profit et la crise à venir. C’est assez long et on le recompilera en une seule publication lorsque l’ensemble de la série sera terminé. Néanmoins,  le dernier articles : profit fictif et IA financières au royaume du capitalisme drogué (https://lorage.org/2021/01/19/profits-fictifs-et-ia-financieres-au-royaume-du-capitalisme-drogue/) peut être apprécié indépendamment des autres et potentiellement faire débat.

Notre série d’articles précédents concernant les relations entre capitalisations boursières et taux de profit a démontré que, pour les entreprises possédant les valeurs financières les plus imposantes, le processus d’accumulation du capital se trouve comme inversé. Pour ces dernières, les profits croissants ne sont plus la source principale de la croissance du capital productif ; c’est l’augmentation de leur capitalisation boursière qui leur permet d’investir dans leur capital productif et d’améliorer leur productivité. C’est donc désormais autour de l’augmentation de cette valeur financière que se concentre l’essentiel de l’activité de ces entreprises. Pour reprendre l’expression de Roger Dangeville1, le capitalisme actuel se trouve comme « drogué »2 au capital fictif ; une drogue décuplant les capacités d’investissement et conférant un sentiment d’invulnérabilité.

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A paraître au mois d’avril : « Utopie 2021 »

22/01/2021 Comments off

Aux éditions Acratie

Utopie 2021 a pour ambition de répondre à une question : est-il encore possible d’imaginer, de nos jours, un monde totalement différent du monde actuel ? Un monde qui ne soit pas dominé par le capitalisme, et dans lequel il n’y ait ni propriété, ni argent, ni classes sociales ?

Le retour en force de la critique des excès du capitalisme depuis la grande crise de 2007-2008 s’est en effet accompagné d’un curieux phénomène : l’incapacité à aller au bout de cette critique.

Les utopistes contemporains, ceux qui veulent changer le monde, imaginent toutes sortes d’alternatives : des monnaies alternatives, une propriété alternative (« les communs »), des formes d’organisations politiques alternatives (plus démocratiques), des moyens de production alternatifs. Mais très peu, voire aucun, ne semble capable d’imaginer une société où il n’y ait plus d’État, plus d’argent et plus d’échange marchand du tout. Lire la suite…

A paraître aux éditions de l’Asymétrie

17/01/2021 Aucun commentaire

Les camarades des éditions de l’Asymétrie vont publier…

« Dissidences algériennes. Une anthologie, de l’indépendance au hirak »

SORTIE : 30/04/2021

« Le surgissement populaire de 2019 en Algérie a braqué les projecteurs, du moins pour un temps, sur une société en pleine effervescence, avide de justice et de liberté. Pourtant, le hirak ne constitue qu’une séquence, certes inédite à plus d’un titre, de l’histoire des luttes sociales et politiques qui ont jalonné la trajectoire de ce pays depuis sa sortie de la nuit coloniale. En effet, cette anthologie de textes souvent méconnus se propose de mettre en lumière grèves, émeutes, révoltes et débats tels qu’ils furent rapportés et animés par des individus ou groupes se réclamant du socialisme et opposés au régime militaro-policier. Qu’il s’agisse de l’autonomie de la classe ouvrière, de la reconnaissance de la culture berbère, de la séparation de l’Etat de la religion, de l’égalité entre les hommes et les femmes ou du bilan du combat anticolonialiste, les analyses et prises de position émanant de ces dissidences algériennes conservent une audace rarement égalée à ce jour. »

« Albanie 1997, une insurrection oubliée ? »

SORTIE : 16/07/2021

« En mars 1997 suite à l’écroulement des sociétés pyramidales dans lesquelles beaucoup avaient investi leurs économies, la population albanaise se soulève. En quelques semaines la classe politique et la quasi totalité du pouvoir d’État sont balayés. Les quelques tentatives d’auto-organisation sont toutefois rapidement brisées par l’intervention de l’armée italienne sous mandat de l’ONU. Ce soulèvement unique par son intensité dans la période récente est pourtant très peu connu et documenté et à l’heure où l’on met l’insurrection à toute les sauces il est donc urgent de le redécouvrir. Cette anthologie présentera des analyses et témoignages de l’époque et d’aujourd’hui avec des traductions de l’albanais, de l’anglais, de l’allemand, de l’italien et du grec et sera publiée simultanément en Grèce et diffusée en Albanie. »

“Com­plo­tisme en géné­ral et pan­dé­mie en particulier”

10/01/2021 6 commentaires

Les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont publié une contribution au débat sur le complotisme (entre autres!) sur leur blog de travail. En voici le début et le lien vers le blog. dndf

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vrai­ment sur rien
Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
(…)
L’affaire truc­muche et l’affaire machin
Dont on ne retrouve pas l’assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l’information » (Jacques Dutronc, 1967)

« Ima­gine qu’on nous ment, depuis des siècles et des siècles / Que cer­taines com­mu­nau­tés haut pla­cées connaissent les recettes / Les secrets de la vie, pas celle qu’on nous laisse voir. »(Keny Arkana). Lire la suite…

Un nouveau chapitre de la série sur la communisation

05/01/2021 Aucun commentaire

Voici un nouveau chapitre de la série sur la communisation de Jasper Bernes, cette fois sur le communisme de conseil.

Le communisme est un livre ouvert

Jan Appel et l’histoire du communisme des conseils

Jusqu’à présent, j’ai peut-être eu l’impression de traiter tous les éléments constitutifs du cocktail de communisation comme à peu près équivalents – une partie Bordiga, une partie communisme de conseil, secouée avec la glace de l’Internationale Situationniste, filtrée, puis servie dans une bouteille, avec un chiffon enflammé. Ce n’est pas comme ça, pas à mon avis. Bordiga, qui me fascine sans cesse, reste un personnage vexant, troublant dans la plupart de ses essais de base, et avec une orientation fondamentale qui est dogmatique, voire idéaliste, et de plus dépendante d’une anthropologie totalement inapplicable (bien que je le félicite d’avoir placé l’anthropologie au premier plan). Si je peux poursuivre ma métaphore de la chimie, le Bordiga est une sorte d’élément caustique dont les propriétés les plus utiles n’apparaissent qu’en combinaison avec d’autres matériaux. En comparaison, le communisme de conseil est un métal riche et étonnamment résistant – on peut voir la différence immédiatement dans le fait que, contrairement à la plupart des autres tendances, le communisme de conseil n’est pas identifiable, ni implicitement ni explicitement, avec un individu. La thèse centrale de cette tendance, et de la gauche communiste germano-néerlandaise au sens large, était que les travailleurs eux-mêmes pouvaient le faire, le feraient, dans certains endroits déjà, pour être ensuite trahis par les institutions et les dirigeants du mouvement ouvrier. Le “conseil”, le soviétique, propulsé au premier plan de l’histoire par la révolution russe de 1905, est l’emblème de cette capacité d’auto-organisation créative, à la fois théorie et pratique tout en un. Vous n’aviez pas besoin d’un Trotsky. Lire la suite…

La revue STOFF est sortie

28/12/2020 9 commentaires

 

La revue STOFF est parue, on peut la commander en ligne ou s’abonner

trame  par   stoff    juin 2020

Une description des fils, sinueux mais persistants, qui tissent la trame du premier numéro de stoff.

Notre parti pris contre cette société n’est pas un acte de foi. Il part de l’expérience du capitalisme vécue comme double impossibilité. L’impossibilité d’une vie qui n’impliquerait pas la destruction plus ou moins directe de ses propres conditions écologiques et sociales ; l’impossibilité d’une vie dévolue à la poursuite constante et indéfinie d’une production marchande qui nous rend superflus. Ce parti pris n’est donc pas une identité toute faite mais la formulation d’un paradoxe. Car autant, théoriquement, l’aspiration au communisme ne cesse pour nous de s’affirmer, autant son affirmation effective ne cesse de s’éloigner. Lire la suite…

DDT21 : “Écologie… bourgeoise”

26/12/2020 Aucun commentaire

Écologie / 03 / Écologie… bourgeoise

Troisième épisode sur l’écologie paru sur le blog DDT21

Quoiqu’une minorité des dirigeants politiques de ce monde s’affichent « climato-sceptiques », la plupart se veulent écologistes : à l’ONU, au Vatican, à Davos, à l’université comme dans les médias, de la droite – et même chez certaines tendances d’extrême droite – à l’extrême gauche… tous écolos. L’écologie fait partie de l’idéologie dominante du XXIsiècle.
En 1961, l’Europe de l’Ouest, ensuite rejointe par les États-Unis et le Japon, s’était donné un organisme chargé de promouvoir le marché, la productivité et le libéralisme : l’OCDE. En 1972, le « rapport Meadows », commandé par le Club de Rome, représentant un large éventail des élites économiques, politiques et scientifiques occidentales, mettait en évidence les conséquences qu’allait entraîner l’écart croissant (et inévitable) entre l’augmentation démographique et la diminution des ressources disponibles. Les Limites à la croissance fut un best-seller mondial. LIRE LA SUITE ICI.

“Nous vrillons; nous ne “devenons” pas”

20/12/2020 un commentaire

Rien de tel qu’une bonne période de repli généralisé de l’activité humaine pour réfléchir un peu. Là, il s’agit de l’excellent site ILL WILL qui publie une réflexion sur le sens de la théorie … de la théorie communiste en particulier. Traduction dndf

Que devient la théorie communiste une fois qu’elle est dépouillée de sa vocation prophétique et prédictive ? Dans l’article qui suit, Peter Harrison, ex-auteur de Monsieur Dupont et co-auteur de l’ouvrage, passe en revue les différentes attitudes à l’égard de la pratique de la production théorique, qu’il interprète finalement comme une rébellion ou une “torsion” compréhensible contre la captivité qui a néanmoins été dépouillée de sa capacité à imaginer une véritable émancipation.

******

Les luttes des peuples civilisés du monde entier contre nos conditions sont-elles l’expression de l’immanence du communisme, un devenir qui établira la paix et la liberté pour tous, ou sont-elles l’expression d’un ressentiment constant, répété et tout à fait noble envers une situation inéluctable qui nous opprime et nous déshumanise ?

Pour commencer

Tout le projet de Karl Marx était une entreprise scientifique, et ce parce qu’il était un produit particulièrement intuitif et sensible de son époque. L’héritage durable de sa méthodologie a été d’élever la sociologie et l’économie au rang de sciences. Comme l’a fait remarquer Lénine, “l’idée de matérialisme en sociologie était en soi un coup de génie” [1]. Et, comme le confirme Isaiah Berlin, il a été “le véritable père de l’histoire économique moderne et, en fait, de la sociologie moderne”, tout en notant que “ses réalisations dans ce domaine sont nécessairement ignorées dans la mesure où leurs effets sont devenus une partie de l’arrière-plan permanent de la pensée civilisée” [2]. Mais il n’a jamais réalisé à quel point la pensée magique s’infiltrait dans son discours, et sa science l’a transformé en un prophète à l’ancienne capable d’étayer sa prophétie du communisme en se référant, non pas à Dieu ou à la Bible, mais à des données empiriques provenant du monde matériel. Il a écrit :

“Le communisme n’est pas pour nous un état de choses à établir, un idéal auquel la réalité [devra] s’adapter. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses qui existent actuellement”. Lire la suite…

A propos de la « communisation »

11/12/2020 un commentaire

Traduction des deux premiers articles parus sur le compte twitter de Jasper Bernes qui participe aussi à la revue « Endnotes »

Quelques histoires sur la communisation


Je veux faire une série d’articles sur la théorie de la “communisation” telle qu’elle s’est développée depuis 1968, car il me semble qu’il y a beaucoup plus d’intérêt pour le terme et de désir qu’il n’y a de compréhension. Les raisons des abus dont le mot a fait l’objet sont multiples, mais la principale est qu’en France, d’où il vient, la “communisation” n’a jamais servi, au départ, à nommer une tendance ou une théorie cohérente. C’était simplement le terme artistique qu’un réseau de projets communistes vaguement connectés utilisait pour expliquer leur vision de la révolution communiste. Lire la suite…

HIC-SALTA COMMUNISATION : « Accouchement difficile – Épisode 2 : Mars 2020 : le dollar-roi bientôt nu? »

04/12/2020 Aucun commentaire

« L’efficacité et la stabilité du marché des bons du Trésor américains est une question de sécurité économique nationale ». (D. Duffie)

Dans cet épisode, nous reviendrons sur une séquence à laquelle les commentateurs « critiques » de la crise-Covid se sont peu intéressés jusqu’ici, et qui pourtant est d’une importance historique. Il s’agit d’un événement complexe sur le marché américain des bons du Trésor, les Treasuries, qui pendant la deuxième semaine de mars s’est momentanément bloqué. Ce blocage a représenté une menace sévère pour le financement des déficits budgétaires de l’État fédéral, et manifeste les problèmes croissants auxquels est confronté le dollar comme monnaie mondiale.

Dans de nombreux récits, la crise-Covid semble résulter simplement de l’impact que le confinement et la mise en veille de toute une partie de l’activité économique ont pu avoir sur l’économie de tel ou tel pays ou sur le capitalisme mondial dans son ensemble. Dans le premier épisode de ce feuilleton, nous-mêmes n’avons que partiellement échappé à cette erreur. Il faut cependant essayer de mieux saisir les canaux de transmission par lesquelles la crise sanitaire s’est inscrite pour infléchir l’accumulation du capital et faire remonter à la surface ses problèmes actuels. Il y en a eu plusieurs, et une partie d’entre eux était déjà à l’œuvre avant la mise en place de mesures anti-pandémiques significatives dans l’immense majorité des pays (hors Extrême-Orient)1. Le blocage du marché des bons du Trésor américains en fait partie.

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“Qui a peur de Jacques Camatte”

30/11/2020 11 commentaires

 Traduction d’une brochure parue récemment dans l’état espagnol

« Le lecteur pourra se rendre compte que l’invariance déclarée-proclamée au début, celle de la théorie du prolétariat, est déjà incluse dans une autre, bien plus vaste : la recherche d’une communauté humaine qui a pour complément la mise en évidence de la destruction des vielles communautés et la domestication des hommes et des femmes, ainsi que la lutte contre celle-ci, une des conditions historiques pour que la tentative de fonder une communauté humaine puisse se réaliser. » Communauté et Devenir », 1994)

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USA 2020: Guerre civile et lutte des classes

03/11/2020 un commentaire
A lire ou à relire après l’invasion du Capitole le 6 janvier 2021 par les partisans de Trump.
Nous avons relayé un article de la revue ILL WILL au moment de l’embrasement qui a suivi le meurtre de Georges Floyd.
Aujourd’hui, nous proposons la traduction de leur dernier article, au moment  ou les élections présidentielles ébranlent si fortement les tensions entre les classes et les races aux USA que certain.e.s envisagent ce qu’ils (elles) appellent “une deuxième guerre civile”. dndf
Prélude à une nouvelle guerre civile
2 novembre 2020
En se basant sur l’analyse qu’ils ont présentée dans leurs articles de cet été [1,   2,   3], Shemon et Arturo retracent les hostilités croissantes de notre moment présent jusqu’au travail inachevé de la première guerre civile américaine et de la contre-insurrection qui a écrasé sa promesse émancipatrice. L’escalade de la violence qui nous entoure doit-elle sombrer dans une guerre armée ? Dans quelle mesure la race continue-t-elle à servir de condition limite à notre capacité d’imaginer une vie libre et digne en commun dans ce pays, au-delà des diktats de l’économie et de la police ? La libération d’une vie en commun doit-elle se faire à partir d’un affrontement frontal, ou ressemble-t-elle plutôt à un processus décentralisé de désertion et de sécession fragmentant le territoire ? La révolution aujourd’hui ressemble-t-elle plutôt à la reconstruction, à l’État libre de Jones, ou ni l’un ni l’autre ? Comment la nouvelle géographie des conflits – qui ne sont plus divisibles entre le Nord et le Sud, mais qui traversent chaque ville, chaque village – complique-t-elle l’image que nous avons reçue de la guerre civile ? Si la rébellion de cet été était le préambule d’une nouvelle forme de guerre civile, quels sont les tourbillons qui permettent à ses potentiels émancipateurs de s’approfondir et de s’étendre, plutôt que de s’enfermer dans des trous noirs sacrificiels ? Si cet essai tente une première esquisse provisoire des racines historiques de nos horizons, nous espérons qu’il servira d’invitation à d’autres à jeter leurs paris sur le présent.
“C’est la grève générale prolétarienne des anciens esclaves qui a véritablement mis le dernier clou dans le cercueil de l’esclavage. C’est précisément cette lignée d’une guerre civile émancipatrice, libératrice, mais néanmoins violente, qui doit être actualisée pour sa seconde venue. “
-Idris Robinson, “How It Might Be Done”

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Blog DDT 21 : « Pommes de terre contre gratte-ciel. À propos d’écologie »

31/10/2020 Comments off

Épisode 01 : Question ancienne et nouvelle

Les conditions de vie sur Terre dépendent en particulier d’un climat dont l’évolution multi-millénaire a des causes diverses, où l’activité humaine a sa part, petite ou grande.

Au XVIe siècle, la conquête européenne de l’Amérique du sud, par les massacres et l’exportation de maladies, cause 50 millions de morts en quelques décennies, entraînant réduction des cultures, reboisement, diminution du carbone dans l’atmosphère, et donc baisse de l’effet de serre, accentuant ainsi le « petit âge glaciaire » (du milieu du XIIIe siècle au milieu du XIXe). Mais cela n’a pas transformé l’ensemble des conditions de vie sur Terre. Depuis, l’industrialisation a des conséquences d’une tout autre échelle, provoquant une « grande accélération » qui nous approche d’un effet de seuil… LIRE LA SUITE

« LA SPIRALE » Épilogue

12/10/2020 Aucun commentaire

« LA SPIRALE »

 Épilogue pour l’édition française de Hinterland de Phil A. Neel

« Nous publions ici l’ultime chapitre de l’édition française, paru également en anglais sur le site du Brooklyn Rail et dans lequel Phil A. Neel actualise les analyses de son livre à travers les soulèvements des deux dernières années : des Gilets Jaunes aux soulèvements suite à la mort de George Floyd en passant par Hong Kong. Il met l’accent sur la manière dont ces dernières luttes ont pu briser le cadre sclérosé du « mouvement social » – les disputes idéologiques, identitaires, la soif de contrôle et la fascination du pouvoir – en imposant d’autres manières de prendre la rue et de se battre. »….

« La crise économique va quant à elle s’aggraver avec le temps, et la police sera, de fait, bien plus agressive et s’attaquera à la population des régions où l’assiette fiscale s’est de nouveau effondrée à cause de la pandémie. Pendant ce temps, la dévastation de l’environnement va encore s’aggraver avant d’aboutir à une extinction massive. Alors peut-être que pendant que les militants restants seront occupés et que la police fera face, finalement, à un mécontentement public croissant, davantage de jeunes de l’hinterland ramasseront une partie de ces braises tombées qui, depuis des années, font le tour du monde. Il s’agira peut-être d’un gilet ou d’un casque jaune, quelque chose qui sera à même de rassembler le prolétariat fragmenté et de l’unir, ne serait-ce qu’un instant, au moins suffisamment longtemps pour lancer un premier assaut sur les piliers qui soutiennent cet enfer. Ce que j’ai écrit il y a plusieurs années de cela, à la fin d’un cycle similaire, et dans des termes aujourd’hui répétés par des gens que je n’ai encore jamais rencontré, reste vrai : notre avenir a été pillé. Il est grand temps de riposter. »

https://lundi.am/La-spirale

“Lettre depuis un Etat chancelant”

06/10/2020 Aucun commentaire

Le texte que nous annoncions plus bas est maintenant en ligne sur le site de la revue STOFF

“Ce texte de Jasper Bernes, écrit pour stoff, revient sur les confrontations déclenchées par les meurtres de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery. Il donne une perspective depuis les États-Unis des manifestations et des émeutes qui font rage et se poursuivent depuis des mois dans un contexte de plus en plus tendu. Dans le flot continu de scandales politiques autour du président américain, juxtaposé à un discours médiatique dominé par la crise du COVID-19, ce texte vient  combler le manque d’informations sur les luttes en cours. Mouvements anti-police, suprématisme blanc, extrême-droite américaine et gestion trumpienne de la crise y sont abordés”

DDT21 : « Virus, le monde d’aujourd’hui »

25/09/2020 Aucun commentaire

Dernier texte mis en ligne sur le blog DDT21

« Virus, le monde d’aujourd’hui »

Jusqu’aux premiers jours de 2020, quand il entendait parler d’un « virus », c’est d’abord à son ordinateur que pensait l’Occidental (l’Asiatique était sans doute mieux avisé). Bien sûr, personne n’ignorait le sens médical du mot, mais ces virus-là restaient loin (Ebola), relativement silencieux malgré les 3 millions de morts annuels du Sida, voire banals (grippe hivernale, cause de « seulement » 10 000 morts en France chaque année, en majorité vieux et atteints de maladies chroniques). Et si la maladie frappait, la médecine faisait des miracles. Elle avait même aboli l’espace : de New York, un chirurgien opérait une patiente à Strasbourg. En ce temps-là, c’étaient plutôt les machines qui tombaient malades. Jusqu’aux premiers jours de 2020. LIRE LA SUITE.

A paraître : “STOFF”

25/09/2020 Aucun commentaire

« Stoff est une revue publiée en France par un groupe de discussion dont les intervenants sont basés dans divers pays européens. Elle est une réflexion vivante et collective autour de la critique de l’économie politique, en n’oubliant pas cependant que les rapports de production n’ont d’existence que dans l’histoire à travers des médiations singulières. Attentive par conséquent à ce qui relève également de l’esthétique, de la culture ou de l’idéologie, la revue Stoff ne connaît pas de sujet dont elle s’interdirait de parler.

Ce site sera bientôt la caisse de résonance numérique de ces discussions.

En attendant l’imminente sortie en librairies du premier numéro papier, nous avons voulu rendre accessibles ici deux textes sur les luttes actuelles aux États-Unis. »

STATES : “LETTRE DEPUIS UN ÉTAT CHANCELANT”

25/09/2020 2 commentaires

Texte mis en ligne sur le site “STOFF”

« LETTRE DEPUIS UN ÉTAT CHANCELANT »

par Jasper Bernes

traduit de l’anglais (États-Unis) par Julien Guazzini

août 2020

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Ce texte de Jasper Bernes revient sur les confrontations déclenchées par les meurtres de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery. Il donne une perspective depuis les États-Unis des manifestations et des émeutes qui font rage et se poursuivent depuis des mois dans un contexte de plus en plus tendu. Dans le flot continu de scandales politiques autour du président américain, juxtaposé à un discours médiatique dominé par la crise du COVID-19, ce texte vient  combler le manque d’informations sur les luttes en cours. Mouvements anti-police, suprématisme blanc, extrême-droite américaine et gestion trumpienne de la crise y sont abordés. Lire la suite…

Blog DDT 21 : « Abolir la police ? »

15/09/2020 2 commentaires

Dernier article mis en ligne sur le blog DDT 21

« Abolir la police ? »

La mort de George Floyd, le 25 mai 2020 à Minneapolis, déclenche une flambée de violence à travers les États-Unis qui, dans un premier temps, se traduit par des attaques contre les forces de l’ordre et leurs locaux, des incendies, des émeutes nocturnes et des pillages de magasins. Pour les manifestants – essentiellement des prolétaires à la couleur de peau variée issus des quartiers pauvres des villes –, les violences et le racisme de la police semblent un prétexte pour exprimer une colère plus profonde – à noter que les commerces sont pris pour cibles quelle que soit, là encore, la couleur de peau de leur propriétaire. Mais la répression policière et judiciaire est sévère et efficace. Après quelques jours, un second type de mobilisation se fait jour et tend à remplacer la première, celle de manifestants surtout issus des classes moyennes noire et blanche avec parmi eux, et les encadrants, de très nombreux militants d’organisations et d’associations citoyennes, de gauche et d’extrême gauche, en particulier celles se revendiquant peu ou prou du mouvement Black Lives Matter ; les modes d’action changent : manifestations de jour, déboulonnages de statues, tentatives d’occupation d’espaces publics (à la mode Occupy et Nuit Debout), et non-violence généralement brandie comme étendard. L’ennemi est clairement désigné, le racisme ; et son principal vecteur identifié, la police. LIRE LA SUITE

A paraître « Hinterland. Nouveau paysage de classes et de conflits aux États-Unis »

11/09/2020 un commentaire

« Au cours des dernières années, la structure socio-spatiale des États-Unis a été fondamentalement transformée. Si la métamorphose est visible dans les pôles côtiers scintillants de la finance et de l’infotech, la majeure partie de ces transformations demeure cachée dans un territoire rural en déclin ou sur la frange des mégalopoles.

Hinterland, c’est l’arrière-pays américain, peuplé de batteuses à grains imposantes et de fermiers courbés, où des ouvriers venus de tous les coins du monde se pressent dans des usines et des « centres de distribution ». À la veille de l’élection américaine, Phil A. Neel nous livre ici les clés pour lire le conflit de classes et sa nouvelle géographie aux États-Unis. »

Octobre 2020.
13×20 – 240 pages – 18€

« La Révolte des Gilets jaunes. Histoire d’une lutte de classes »

03/09/2020 2 commentaires

 

Sur le blog DDT21, présentation et critique du livre publié par le collectif Niet !éditions

« L’insurrection ne devient communiste que si elle ne se borne pas à se saisir des instruments de production, mais commence à transformer ce dont s’emparent les insurgés. Elle consiste donc aussi à se transformer soi-même, à créer collectivement les conditions d’une autre vie pour les autres et pour soi. Il s’agit de remettre en cause le salariat, non de demander une autre forme de revenu. Et de s’en prendre non seulement au rapport entre salaire et profit, mais à l’existence du salaire et du profit, c’est-dire leur l’interdépendance. Comme l’écrivent très justement les auteurs : « La révolution, ça se fait en s’attaquant […] à ce qui fait qu’on est ce qu’on est. Ça se fait en acceptant et en provoquant une situation dans laquelle on ignore de quoi seront faits les lendemains » (p. 212). »