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Archives pour la catégorie ‘Du coté de la théorie/Around theory’

Tres breves textos de crítica de la Wertkritik/Crítica del Valor

01/08/2020 un commentaire

Tres breves textos de crítica de la Wertkritik/Crítica del Valor”: uno es de un viejo compañero de Jacques Camatte, el siguiente es de un comunizador anónimo poco afín a « Théorie Communiste » y el último es de Roland Simon.

Trois courts textes de critique de la Wertkritik/Critique du valeur” : l’un est d’un ancien collègue de Jacques Camatte, le suivant est d’un communisateur anonyme pas très proche de “Théorie Communiste” et le dernier est de Roland Simon.

Textes sélectionnés et traduits par Fédérico Corriente

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François Bochet – A propósito de algunos textos recientes: Anselm Jappe, Jaime Semprún, Robert Kurz, Jean-Marc Mandosio (2004)

Para Bordiga, el valor dejaba de existir bajo el socialismo, lo mismo que la moneda, el salariado, la empresa y el mercado; allí donde existe el valor, como en la URSS, no puede haber socialismo. Anselm Jappe —ya autor de un Guy Debord publicado en 2001— ha escrito un libro ambicioso e interesante: Les aventures de la marchandise – Pour une nouvelle critique de la valeur[1], Denoêl, 2003. Distingue en él entre un Marx exotérico partidario de la Ilustración y de una sociedad industrial dirigida por el proletariado —un Marx que se interesaba por los problemas contingentes, políticos, de la lucha de la clases y del movimiento proletario, el del Manifiesto y la Crítica del programa de Gotha— y un Marx esotérico, el de la Contribución a la crítica de la economía política, los Grundrisse, el Urtext, el Sexto capítulo inédito y los cuatro volúmenes de El capital, que se plantea el problema del capital, de su definición, su origen, su devenir y su superación en el comunismo y la comunidad. Jappe escribe (página 17) que el pensamiento de Marx ha servido para modernizar el capital —lo cual es innegable— y que los marxistas tradicionales sólo se plantearon el problema de la distribución del dinero, la mercancía y el valor sin cuestionarlos como tales. Según Jappe, el movimiento revolucionario habría aceptado el valor, el salariado, el mercado, el trabajo, el fetichismo, etc., —lo cual es falso y exacto a la vez— mientras que él, Jappe, se propone «reconstruir la crítica marxiana del valor de una manera muy precisa» (página 21). Reprocha justamente a Rubel que diluyera el lenguaje hegeliano de Marx en su edición de las obras de este autor, y que denominase obras «económicas» a unas obras «anti-económicas» (hace mucho tiempo que Paul Mattick ya hizo esta crítica al Tratado de economía marxista de Ernest Mandel). Lire la suite…

“Karl Marx y el fin de la filosofía clásica alemana”

25/07/2020 Aucun commentaire

Traduction en espagnol de “Karl Marx et la fin de la philosophie classique allemande”, extrait de la revue Théorie Communiste N°21

Karl Marx y el fin de la filosofía clásica alemana.pdf

Blog Hic Salta – Communisation « ACCOUCHEMENT DIFFICILE – CHRONIQUE D’UNE CRISE EN DEVENIR »

24/07/2020 Aucun commentaire

Dernier texte mis en ligne sur le blog  Hic-Salta communisation

Épisode 1 : Beaucoup d’argent pour quoi?

“Nous entamons ici un journal de la crise qui a commencé au début de 2020 avec la pandémie du Covid-19. C’est un exercice périlleux en ce que nos analyses vont manquer de recul. L’écriture de l’histoire immédiate n’est parfois pas loin du simple commentaire d’actualité. Nous nous lançons quand même. Nous nous appuierons de temps en temps sur le dernier chapitre de notre ouvrage *Le Ménage à trois de la lutte de classes*, que ce soit pour infirmer ou pour confirmer les projections de la crise alors à venir, que nous tentions d’anticiper. Pour le reste, nos analyses se développeront dans le cadre normal de la théorie marxienne de l’accumulation du capital. L’apparition d’un virus plus dangereux que les autres ne change pas l’axiome de base : l’histoire du mode de production capitaliste est l’histoire de la lutte de classe entre prolétariat et capital. Toute crise manifeste un emballement dans ce rapport entre classes, plus ou moins critique selon les cas.

“Évidemment, la première question qui nous est venue à l’esprit a été : la crise qui éclate est-elle la crise, non pas au sens de la crise « finale », mais au sens d’une crise suffisamment profonde pour poser la nécessité d’un changement d’époque : révolution communiste ou restructuration radicale du mode de production en place. Pour le moment, on en est pas là, comme on le verra dans les premiers épisodes. Mais avec le temps, ne va-t-on se rapprocher de plus en plus de ce point de bifurcation? C’est l’interrogation à laquelle nous serons sans cesse confrontés dans ce journal, car il y a longtemps déjà que le « monde d’avant » est gros d’un « monde d’après » – pas forcément celui dont il est question dans le discours politique et médiatique.”

« L’organisation des travailleurs sous la pandémie : réflexions de Chine »

23/07/2020 Aucun commentaire

Dernier article de la revue Chuang

« L’organisation des travailleurs sous la pandémie : réflexions de Chine »

Vous trouverez ci-dessous la traduction d’un article chinois anonyme du blog Worker Study Room, publié en mai 2020. C’est la seule tentative que nous connaissons pour fournir un aperçu systématique de la vie et des conditions de travail des travailleurs, des luttes ouvrières et de l’activisme connexe en Chine depuis le déclenchement de la pandémie Covid-19 en janvier, bien qu’il y ait eu des comptes rendus de cas individuels, dont certains sont cités ici. Il est également écrit dans une perspective avec laquelle nous sommes largement en accord. Cela dit, l’accent est mis ici, comme dans beaucoup d’écrits de ce style, sur une documentation quelque peu schématique et sèche des revendications exactes formulées sur le lieu de travail et de l’ordre précis des événements, à l’exclusion de toute enquête substantielle sur la psychologie plus large des prolétaires confrontés à un moment comme celui-ci. Ce texte est une bonne représentation de ce que nous considérons comme le courant de gauche le plus fécond de la Chine contemporaine, qui s’intéresse principalement à l’enquête sur les travailleurs et à la transmission des histoires des travailleurs entre les usines. Parfois, écrire à partir de ce courant peut produire une forme d’analyse “ouvrière” qui risque parfois de rater la forêt du capitalisme dans les arbres des luttes individuelles des usines, et qui peut même parfois échouer dans les tâches qui lui sont assignées lorsque ses descriptions des événements sont trop banales pour tenir l’intérêt de qui que ce soit à l’écart d’autres militants tout aussi ouvriers. Lire la suite…

Revue Endnotes : « La passion du communisme »

05/07/2020 Aucun commentaire

Publié dans la revue Endnotes n°5.

 

 «Le plus important réside dans tout ce qui n’est pas dit : tout ce qui fut laissé aux générations suivantes, notamment la notre. De manière cruciale, on peut dire que trois pistes de réflexion demeurent ouvertes : (1) comment rendre concret le fondement ontologique de la domination réelle du capital notamment dans la relation qu’entretiennent subjectivité et mouvement dialectique de l’histoire – la subjectivation ; (2) quelle place faut-il faire, s’il faut en faire une, aux « révolutionnaires professionnels » après la faillite du militantisme, du parti et du gauchisme tous ensemble – à savoir, reste-t-il une vocation politique spécifique ? Et enfin (3) en suivant le « contenu originel du programme communiste » de Bordiga, que signifierait la destitution de ces formes historiques particulières, de la propriété à l’argent, qui nous constituent comme individus capitalisés séparés du commun81 ? La façon dont on répond à ces questions détermine la manière dont on peut distinguer les différents courants de communisation contemporains. Elle détermine également la manière d’éviter la résignation mélancolique face à la communauté du capital – de même que toute forme de substitution impatiente à la communauté humaine non réalisée, ou toute hypostase des processus révolutionnaires apparents. »

 

https://editionslatempete.com/2020/07/02/la-passion-du-communisme/?fbclid=IwAR3A6pky0_xcyTqwkFccO4nkkUGjEALnNUexTcSWA96i6EqdfypIdqAbvRQ

“66 jours – Les États-Unis entre confinement et émeutes”

22/06/2020 un commentaire

Joshua Clover parle des manifestations et des émeutes actuelles qui ont éclaté à travers les États-Unis à la suite du meurtre de George Floyd à Minneapolis, et de leur contexte en période de crise économique et sociale.(traduction dndf)

Il a fallu 66 jours pour passer du premier ordre de confinement à la première émeute. Outre l’indignation absolue suscitée par le meurtre de George Floyd, on peut aussi un peu espérer qu’il reste possible, pour les gens, de lutter contre l’organisation du monde qui est pour eux toujours source de violence, de lutter pour la possibilité même de leur épanouissement, de lutter ensemble et dans la rue. Certes, pendant l’intervalle, l’angoisse que ce potentiel disparaisse a rongé tous ceux que je connais. Il n’a pas disparu.

Les événements sont encore en cours et je ne veux pas tirer de conclusions faciles. Il devrait y avoir une réelle humilité dans le fait de savoir que toute théorie vient de la lutte, elle ne la précède pas et prétend encore moins la diriger. Il semble important, pour ceux d’entre nous qui ne peuvent pas être actifs, d’être attentifs à ce qui est intolérablement familier : le meurtre d’un Noir par la police, le mensonge selon lequel la police agissait en légitime défense, la révélation du fait que ce grossier mensonge couvre un lynchage. La banalité de la chose ne diminue en rien sa gravité. L’assassinat extrajudiciaire des Noirs est au cœur de l’organisation de la société américaine, au cœur non seulement de la manière dont le pouvoir se maintient, mais aussi de la manière dont il se connaît. Et la légitimité et la nécessité de la rage noire est en partie une tentative de survivre à cet ordre social, de construire un ordre contre l’ordre du pouvoir. Malgré tous les bêlements désespérés des sources d’information et des politiciens sur le chaos dans les rues, il n’y a de désordre que dans le sens le plus littéral du terme : une tentative de défaire l’ordre fondé sur la violence racialisée Lire la suite…

A propos du « privilège blanc »

20/06/2020 14 commentaires

Lu sur Carbureblog

Sur le “privilège blanc” : bien ou mal choisie, cette expression rend aujourd’hui publiquement compte d’une réalité qui est constamment voilée. Il faut aller au cœur du problème : ce n’est pas seulement qu’il “vaille mieux” être un prolétaire blanc que racisé, c’est surtout que pour des masses de prolétaires français, une relative ascension sociale, lors des Trente glorieuses, a été permise par l’assignation des “travailleurs immigrés” d’abord, puis des nationaux racisés, aux travaux les moins qualifiés.

Ce processus de racisation s’est effectué socialement non seulement par l’assignation au travail, mais par l’assignation territoriale, lorsque les prolétaires Blancs se sont mis à quitter les banlieues, engageant un procès de séparation sociale qui n’a jamais cessé. Lire la suite…

Blog Carbure : « Notes sur le rôle de l’Etat dans la reproduction de la force de travail »

03/06/2020 Aucun commentaire

Mis en ligne sur le blog de nos camarades de « Carbure »

« Notes sur le rôle de l’Etat dans la reproduction de la force de travail »

Ces notes ont été prises dans le cadre d’un travail en cours sur la crise pandémique actuelle. On a assisté durant cette crise à ce fait extraordinaire : en quelques jours, on est passés d’un marché du travail libre à une situation où c’est l’Etat qui décide qui doit travailler ou pas, et dans quelles conditions. Se poser, entre autres questions, celle de la reproduction de la force de travail et du rôle que l’Etat y joue vise à chercher à comprendre un des aspects de la place qu’occupe l’Etat dans la société capitaliste, quels enjeux et quelles pratiques recouvre la gestion des populations par l’Etat. Cette question se situe à la croisée des problèmes économiques, politiques, sanitaires, etc., soulevés par la crise. On ne posera pas ici directement ces problèmes, on se contentera pour l’heure de chercher à se donner quelques outils théoriques pouvant servir à leur résolution. Ce sont des notes de travail, mises en forme pour être lisibles. Elles n’ont pas une vocation d’élaboration théorique mais de mise à plat préparatoire pour ce gros chantier. Lire la suite…

Idéologie et lutte de classe

01/06/2020 2 commentaires

IDÉOLOGIE & LUTTE DE CLASSE
sous pandémie

L’évènement mondial qu’a été l’expansion pandémique du coronavirus a suscité beaucoup de prises de position dans notre micro-milieu communisateur – et,au-delà. Je ne reviens pas ici sur l’analyse de cet évènement comme conjoncture épidémique d’une crise écologique déjà ancienne et de la crise économique en cours, où se joue la reproduction du rapport d’exploitation capitaliste. (1) Convaincu – avec TC (2) – que la lutte entre prolétariat et capital se mène jusqu’au bout sous des formes idéologiques, celles où prolétaires et capitalistes en prennent conscience, je critique, dans l’ordre croissant d’intérêt, trois textes publiés en avril. Bien sûr, chaque texte représente une idéologie politiquement active dans le prolétariat, mais aucune idéologie n’est active isolément, dans un espace-temps social qui lui serait propre. Laissons d’abord de côté la définition précise de l’idéologie – posons la seulement comme un discours efficace travaillant la société en général mais aussi, de manière spécifique, la lutte de classe du prolétariat – et passons tout de suite à la critique. Lire la suite…

Revue Chuang : “Remise en état de Hong Kong : Une vue du continent”

27/05/2020 Aucun commentaire

 Traduction du dernier texte de la revue Chuang

Remise en état de Hong Kong : Une vue du continent

Pendant plusieurs mois à partir de la fin janvier, la pandémie de Covid-19 semble avoir démobilisé le mouvement de masse à Hong Kong, en tout cas l’avoir repoussé hors du radar de l’actualité mondiale. Au cours des dernières semaines, cependant, le conflit non résolu de la Région autonome spéciale a recommencé à s’échauffer, avec l’arrestation, le 18 avril, de quinze personnalités politiques anti-Pékin (“pan-démocratie”) pour “organisation de rassemblements illégaux et participation à ceux-ci”, et la reprise des manifestations dans toute la ville, dont l’une, le 10 mai, s’est soldée par plus de 200 arrestations, le tir d’une balle de poivre dans un centre commercial et l’étranglement par la police d’un journaliste pris dans la mêlée (l’une des nombreuses agressions policières récentes contre des journalistes). Le 12 mai, “Mme X”, l’adolescente qui avait accusé la police de Hong Kong de viol collectif en détention après une rafle de manifestants en septembre dernier, a appris que l’État avait maintenant émis un mandat d’arrêt contre elle pour “fausse déclaration” et “fuite” à Taiwan, et que le ministère de la justice avait abandonné les poursuites contre la police. Entre-temps, au sein du Conseil législatif, un certain nombre de mesures controversées ont été prises par des fonctionnaires favorables à Pékin, notamment une augmentation de 25 % du budget de la police, votée le 14 mai, afin que la force ajoute 2 500 agents et achète plus d’armes. Le lendemain a vu la première de ce qui devrait devenir un déluge de procès pour les participants aux manifestations de l’année dernière, avec la condamnation de Sin Ka-ho, maître nageur sauveteur de 21 ans, à quatre ans de prison pour “émeutes”. Plus important encore, les “Deux sessions” de Pékin  (Pendant les quinze premiers jours de mars chaque année, l’Assemblée populaire nationale (APN), l’organe législatif suprême de la Chine, et la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), l’organe de conseil politique suprême du pays, se réunissent séparément pour examiner les travaux du gouvernement et discuter des politiques et des lignes directrices relatives aux affaires économiques et sociales du pays.dndf), les “deux sessions” donc font actuellement pression pour imposer une législation sur la sécurité nationale qui, selon les opposants, intégrerait effectivement Hong Kong dans la structure politique chinoise, mettant prématurément fin à l’ère “un pays, deux systèmes”. Lire la suite…

Conjoncture épidémique… 2° partie

11/05/2020 66 commentaires

CONJONCTURE ÉPIDÉMIQUE, crise écologique, crise économique et communisation

(2° partie)

1 – Pour comprendre la crise déclenchée par la pandémie, il ne suffit pas de déterminer ce qu’est essentiellement le mode de production capitaliste (production et reproduction du rapport d’exploitation capital / prolétariat), il faut aussi et surtout déterminer ce qu’il est devenu historiquement, dans le cycle d’accumulation et de luttes qui maintenant s’achève. Il y a, d’une part, déconnexion (tendancielle) entre valorisation du capital et reproduction du prolétariat ; d’autre part, destruction (également tendancielle) de la base naturelle de l’exploitation, le milieu naturel vivant dont fait partie notre espèce. Mais dans la mesure même où le capital subsume réellement ce milieu naturel – que Marx concevait, en bon théoricien du programme prolétarien, comme le grand laboratoire des forces productives (càd des conditions objectives du travail, face à la subjectivité du travailleur collectif) – l’aspect destruction de la nature vivante est subsumé sous l’aspect déconnexion de la reproduction des deux classes du rapport d’exploitation.[1] C’est pourquoi cette nature dont l’humain reste partie apparaît comme simple environnement, dont la dégradation, même reconnue comme grave, n’engage pas directement la reproduction des classes en lutte. Pourtant, dans la crise en cours, le rapport capital / nature est impliqué. Lire la suite…

“La Sociale” au salon du livre anarchiste virtuel de Montréal

10/05/2020 2 commentaires

 

Nos camarades de La Sociale ont participé à
l’édition 2020 du Salon virtuel du livre Anarchiste.
A cette occasion dndf héberge leur page de présentation ICI

Classes moyennes et “sursalaire”, la suite des échanges…

05/05/2020 2 commentaires

La réponse de RS a RF autour du “Ménage à trois”. dndf

Salut

Je regrette que RF ait eu une lecture un peu « tendue » de mes commentaires, parce que les questions que Le Ménage à trois soulève sont essentielles dans le cours actuel des luttes de classes, principalement depuis la crise de 2008. Quels que soient les désaccords et les analyses divergentes que l’on peut avoir de cette situation, RF et BA sont les premiers à l’aborder d’une façon aussi systématique, posant ces questions comme centrales et mettant leurs thèses à l’épreuve des faits.

Pour répondre à RF en allant à l’essentiel (tel que je le comprends), il est nécessaire de se débarrasser d’abord de quatre points de détail.

Premièrement : la lutte de classe ! Le rapport social qu’est le salaire est de façon définitoire non un simple rapport d’échange mais un rapport de classes,  mais, même menée « bec et ongles », pour la même raison, la lutte de classe ne peut que faire varier le salaire autour de la valeur et donc ne nous fait pas avancer d’un poil sur la question qui en jeu ici (voir Salaire prix et profit). Lire la suite…

« Ménage à trois : réponse à R.S. »

28/04/2020 13 commentaires

Nous avons reçu le texte ci-dessous du camarade R.F, nous le publions . Le commentaire de RS dont il est question ici a été reproduit à la fin de cet article. . . dndf

« Ménage à trois : réponse à R.S. »

Dans ce qui avait commencé comme une dispute de marxologie à partir d’un texte sur le Covid-19 et ses conséquences, R.S. visait plutôt Le Ménage à trois de la lutte des classes de B. A. et moi-même. Je réponds donc ci-dessous à ses considérations quelque peu expéditives au sujet du Ménage à trois.

Pour ceux à qui suffit un synopsis, l’essentiel de la réponse de R.S. est contenue dans ce passage : « Finalement, ce qui m’intrigue le plus c’est que ce “sursalaire” (fraction de pl) placé au fondement de toutes les analyses, ces mêmes analyses pourraient s’en passer sans que cela change grand chose ». Le message est : ils sont bien gentils, mais ce qu’ils font ne sert pas à grand-chose. Hors de TC point de salut – et on nous fait savoir que la théorie du sursalaire de la classe moyenne salariée (CMS) exposée dans Le Ménage à trois de la lutte des classes non seulement est erronée, mais aboutit à des analyses trop « schématiques » de la réalité sociale. Cela ne va cependant pas sans troubles. Pour plus de détails, il va falloir lire en entier.

R.F., avril 2020 Lire la suite…

SENONEVERO en ebook

20/04/2020 Aucun commentaire

Toute la collection  Senonevero chez ENTREMONDE

est disponible gratuitement au format PDF

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Blog DDT21 : “Quoi qu’il en coûte. Le virus, l’État et nous”

20/04/2020 6 commentaires

« Quoi qu’il en coûte. Le virus, l’État et nous » est un article de Tristan Leoni et Céline Alkamar consacré à la gestion de l’épidémie de coronavirus en France et à ses conséquences.

Cet article sera prochainement mis en ligne sur le blog ddt21.noblogs.org

Quoi qu’il en coûte
Le virus, l’État et nous

« L’égalité et la liberté ne sont pas des luxes dont on peut facilement se passer. Sans elles, l’ordre ne saurait durer sans sombrer dans d’inimaginables ténèbres »,

Allan Moore, V pour Vendetta, 1982

« Nous ne renoncerons à rien. Surtout pas à rire, à chanter, à penser, à aimer. Surtout pas aux terrasses, aux salles de concert, aux fêtes de soir d’été. Surtout pas à la liberté. »

Emmanuel Macron, tweet du 11 mars 2020

Que le président de la République rédige un tweet qui, à quelques jours près, aurait pu être signé par un groupe anarchiste individualiste particulièrement radical a de quoi surprendre. C’est que le coronavirus qui frappe le monde met à mal certaines de nos convictions. Nous met mal à l’aise. Comment réagir dans le jeu à trois bandes réunissant l’État, la population (y compris le prolétariat) et l’épidémie ? Comment y trouver une place ? Faut-il d’ailleurs y trouver une place ? Faut-il rester chez soi ? Que faire ? Quelle solidarité, quelle « résistance », mettre en place ?

D’abord, ne pas perdre la tête. Ce qui doit nous importer dans la situation actuelle, ce n’est pas tant de montrer que nous avions raison dans nos analyses précédentes, de chercher et trouver ce qui (de prime abord) confirme nos positions, mais de repérer ce qui bouscule nos certitudes, ce qui ne cadre pas. Chercher, malgré l’obscurité et le chaos apparent, à voir ce qu’il se passe pour tenter de comprendre ce qui se profile. Lire la suite…

CONJONCTURE ÉPIDÉMIQUE crise écologique, crise économique et communisation

17/04/2020 9 commentaires

CONJONCTURE ÉPIDÉMIQUE

crise écologique, crise économique et communisation

La production capitaliste, qui n’a jamais été « respectueuse » du vivant, a fini par produire dans les années 1970 et 1980, càd bien avant l’épidémie apparue en Chine à l’automne 2019, une crise écologique à la fois globale et permanente (1), sous la forme d’une pollution généralisée avec détraquement du climat. Cette crise est globale en tant qu’elle menace à terme la reproduction de la biosphère terrestre,  dont dépend aussi la vie humaine. Elle est permanente en tant qu’elle est intrinsèque à la subsomption réelle du travail et de la nature sous le capital. En d’autres termes, alors même qu’elle représente un problème majeur du point de vue de la classe capitaliste en tous ses États et blocs, elle ne peut pas être effectivement surmontée dans les limites d’une nouvelle restructuration supérieure du rapport d’exploitation à l’échelle mondiale. Par contre, une restructuration supérieure du rapport, intégrant mieux le discours écologiste à prétention radicale, reste possible, comme reste possible une rupture communisatrice dans et contre cette restructuration que la classe capitaliste va tenter d’imposer. Lire la suite…

Blog Carbure : « Déconfinement sélectif et expérimentations sanitaires : la colère et le dégoût »

16/04/2020 24 commentaires

Dernier texte mis en ligne sur le blog Carbure 

English translation after

« Déconfinement sélectif et expérimentations sanitaires : la colère et le dégoût »

La décision présidentielle de rouvrir les écoles, collèges et lycées le 11 mai n’a dupé personne, que ce soit parmi les professeurs ou ailleurs : ce dont il s’agit, ce n’est pas de pallier les inégalités scolaires qu’engendrerait l’arrêt des cours, ce qui est l’argument officiel, mais tout bonnement de remettre les parents au travail. Que cette décision intervienne deux jours après les déclarations du président du Medef invitant les entrepreneurs à « relancer l’activité » sans plus attendre n’a sûrement rien d’un hasard du calendrier.

Selon la méthode désormais classique des interventions présidentielles, le ministre Blanquer est intervenu le lendemain pour «préciser les modalités» de cette réouverture. Est alors apparu le caractère fonctionnel de ce qui pouvait n’être qu’un effet de discours parmi d’autres : la réouverture des écoles ne se fera pas d’un seul coup le 11 mai, mais d’abord dans les quartiers populaires et les régions rurales. La communication ministérielle joue elle aussi sur la corde compassionnelle, voire humanitaire : « le premier critère est d’abord social, les publics les plus fragiles ». Lire la suite…

A paraître : « Épidémies et rapports sociaux »

15/04/2020 Aucun commentaire

En novembre chez nos camarades des  Éditions de l’Asymétrie

« Épidémies et rapports sociaux »

« Les séculaires questions « Que fait l’épidémie à la société ? Et que fait la société face à l’épidémie? » sont malheureusement redevenues d’une actualité brûlante. Cette anthologie d’articles et de chapitres d’ouvrages, inédits en français, portant sur un large spectre de pays et d’époques, soulignera la densité du problème et la richesse de la recherche sur ce pan négligé de l’histoire sociale.

Il y sera en effet question des luttes de pouvoir autour des mesures sanitaires d’urgence (quarantaine) ou préventives (assainissement), des déterminants sociaux des théories successives des modes de transmission des maladies infectieuses, des effets de celles-ci sur plusieurs aspects des rapports entre les classes, des révoltes qui ont souvent rythmé les périodes de pandémies mais aussi du rôle de ces dernières dans la colonisation ainsi que bien évidemment de leurs répercussions sur les rapports entre les sexes et le racisme. »

“CORONA CAPITAL”

12/04/2020 12 commentaires

Nous avons reçu ce long texte en 2 parties de Léon de Mattis.dndf

Corona Capital. Première partie.

Crise épidémique et crise du capital

Ce texte a pour ambition de commencer à réfléchir à l’impact de la crise du coronavirus. Cette crise entraîne déjà un profond bouleversement de l’économie capitaliste, et s’accompagne, même dans la période de confinement actuelle, d’une certaine agitation sociale. Il n’est pas impossible que cette agitation sociale puisse s’étendre, particulièrement vers la fin de l’épidémie, surtout si l’ampleur des changements rend impossible le retour à la normale.

La théorie n’a pas pour fonction de prédire l’avenir. L’objectif de ce texte n’est pas de faire de la politique-fiction. Cependant, les épidémies, comme les guerres, jouent souvent le rôle d’un accélérateur de l’histoire. Il s’agit donc de s’interroger sur les tendances déjà décelables dans la situation actuelle et de formuler des hypothèses sur les trajectoires qu’elles dessinent pour un avenir proche. Pour remplir cet objectif, ce texte pose deux hypothèses de départ. Lire la suite…

Il Lato Cattivo : “Covid-19 et au-delà”

04/04/2020 8 commentaires

Traduction du dernier texte des camarades de « Il Lato Cattivo »

Covid-19 et au-delà

(mars 2020)

« Rien que l’homme ne craigne plus que d’être touché par l’inconnu. » (Elias Canetti)

Dans un monde économiquement en avarie, mais politiquement stagnant, le choc doit parfois venir « de l’extérieur », par des facteurs ou des événements qui ne sont initialement ni strictement économiques ni strictement politiques et, en l’occurrence, même pas strictement humains. Non pas que les épidémies puissent être qualifiées de phénomènes purement biologiques[1], mais il nous semble évident que si cet épisode de l’éternelle lutte entre l’homme et les agents pathogènes, qui porte aujourd’hui le nom de Covid-19, est en train de prendre une tournure aussi dramatique, ceci résulte de l’environnement particulier – pour sa part purement social – dans lequel il se déroule. Qu’une « tempête parfaite » au niveau économique allait arriver, on le savait depuis un certain temps[2]. Qu’elle serait combinée avec une pandémie de grande ampleur, on aurait difficilement pu le prévoir. Cela introduit indéniablement un élément de nouveauté dans le scénario, dont l’évaluation exige prudence et sang-froid : trop souvent il a été dit que rien ne serait plus comme avant pour les déplacements de virgule les plus insignifiants. Toujours est-il que le mode de vie concret d’une partie croissante de la population mondiale est déjà fortement affecté (environ trois milliards de confinés sur le papier au 25 mars), et la tendance va sans doute se renforcer. Les quelques personnes qui pensent encore pouvoir retourner à leur train-train habituel après trois semaines de confinement léger passées sur Netflix seront déçues. Pas seulement et pas tant parce que, en Italie comme ailleurs (France, Espagne, etc.), le fameux pic de contagion se fait attendre, mais surtout parce que le retour à un semblant de normalité dans l’activité économique et les déplacements quotidiens adviendra à un moment où l’épidémie sera encore en cours, imposant des mesures de contrôle et de mise en sécurité considérables afin d’éviter une deuxième vague de contagions et de décès. Cela vaut en particulier pour les pays où la tentation néo-malthusienne de l’« immunité de troupeau » a été rejetée à différents degrés. Lire la suite…

Prole Wave : « Travail essentiel ? »

01/04/2020 2 commentaires

Traduction du texte du site Prole Wave, un réseau d’ultra-gauche pour l’anarchie & le communisme, basé dans l’ouest des soi-disant États-Unis.

« Travail essentiel ? »

Diviser les prolétaires en deux catégories, « travailleur·ses essentiel·les » et « travailleur·ses non-essentiel·les » (si tant est qu’ielles aient un travail !), est un reflet de l’idéologie capitaliste. TOUT travail salarié est une contrainte, qu’il s’agisse de prendre soins des infirmes ou de remplir de la paperasse dans une entreprise quelconque. Si le rôle des supposé·es « travailleur·ses essentiel·les » est aujourd’hui sur le devant de la scène, c’est en raison de l’énorme risque qu’ielles sont forcé·es de prendre, par obligations professionnelles et/ou du salaire, pour continuer à faire tourner le monde capitaliste. Mais c’est bien cette façon parcellaire et capitaliste, sans mise en commun, de faire face à » la pandémie qui écrase ces « travailleur·ses essentiel·les » sous l’obligation d’apporter un soutien logistique ou de résoudre une crise qui n’est pas de leur fait et sur laquelle ielles n’ont quasiment pas leur mot à dire. Une vague de grèves se profile à présent, pour la plupart sauvages (Instacart, Amazon, Whole Foods, travailleur·ses de l’entretien, chauffeur·es de bus, etc.). En ces temps de pandémie, ces travailleur·ses font grève pour ne pas être sacrifié·es. Ielles deviennent une autre ressource, une autre série de chiffres mobilisée par les patrons et l’État, et non les membres d’une structure sociale commune en lutte contre ce qui peut nous atteindre tous. Les médias capitalistes regorgent d’histoires de travailleur·ses érigé·es en héros, mais on le constate de plus en plus, même ces travailleur·ses savent quand on cherche à maquiller leur boulot en noble tâche existant miraculeusement au-dessus des rapports sociaux capitalistes. Lire la suite…

“Coronavirus : Mise au point et bilan politique”

01/04/2020 un commentaire
Nous avions signalé ici les deux post d’AGITATION publiés à la suite de la parution sur dndf de l’article de Chuang, “Social Contagion” et qui relayaient une interview de Robert G. Wallace.
Nous publions, in extenso, le texte de synthèse et d’analyse très intéressant qu’ils en ont tiré par la suite.
« Notre avenir reste brillant », affirmait Donald Trump lors de sa première allocution en réponse à la conjoncture actuelle, alors que son gouvernement annonçait début février que les Etats-Unis allaient réduire leur contribution au budget de l’OMS de 53%. Brillant, pourquoi pas, mais à quel prix ? Et à Macron d’enchérir : « La santé n’a pas de prix, le gouvernement prendra tous les moyens nécessaires » pour affronter le Covid-19. Nous ne pouvons évidemment pas nous en tenir à un tel cynisme. Il suffit de tendre l’oreille, d’ouvrir les yeux, de se rendre (malheureusement !) au boulot, d’ouvrir nos frigos ou de passer la porte d’entrée d’un hôpital pour prendre conscience du fait que notre avenir est une longue file d’attente, que l’accès à la santé est devenu un luxe macabre.

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Carbure : « Crise sanitaire, crise économique et crise sociale sont une seule et même chose »

29/03/2020 8 commentaires

 

Publié sur https://twitter.com/carbureblog

« CRISE SANITAIRE, CRISE ÉCONOMIQUE ET CRISE SOCIALE SONT UNE SEULE ET MÊME CHOSE »

 1/16. Si cette crise sanitaire n’en est qu’à son début, plus à craindre encore est la crise dite “économique” qui ne s’en distingue en rien : la crise sanitaire est d’emblée une crise économique.

2/16. Crise économique, par le manque de biens de base susceptibles de la freiner, par le manque de moyens matériels et humains, par le fossé entre classes comme entre pays riches et pauvres, par les problèmes qu’elle cause comme par les moyens mis en œuvre pour les résoudre.

3/16. La mise au chômage de masses de travailleurs, le ralentissement de la production et de la circulation des marchandises, tout nous montre que le capitalisme s’identifie absolument à la société, que les rapports dits économiques sont l’ensemble de la vie sociale.

4/16. La circulation de la valeur n’est rien d’autre que l’ensemble de nos interactions sociales, et tout le télétravail du monde ne remplace pas la production, la circulation et la vente de marchandises par des travailleurs physiquement incarnés, et qui tombent malades.

5/16. La gestion de la crise par l’Etat souligne à quel point il est un élément indispensable à la bonne marche du capital : comme en 2008, ses capacités de centralisation et de planification peuvent à tout moment sortir le capitalisme des “lois” du marché et de la concurrence.

6/16. Sans l’Etat, le capital s’effondrerait, mais l’Etat lui-même n’est que l’objectivation des rapports de classes du capital. Le prolétariat est sans cesse ballotté entre les deux : un jour chômeur, parfois électeur, un autre intérimaire, un prêt à rembourser, des allocations.

7/16. L’Etat va rationaliser un temps – selon les raisons communes à l’Etat et au capital – l’activité économique afin de préserver cette même activité. “Rien ne sera plus comme avant” signifie : “Tout sera pareil, mais pire”.

8/16. Il va planifier et injecter des liquidités, sans qu’à gauche on se demande quel lien ont ces liquidités avec la fameuse “économie réelle”, si faire tourner la planche à billets est une solution, et quelle est la différence entre une banque centrale et une banque tout court.

9/16. L’argent, un temps, peut redevenir magique, et quand il s’agit de sauver le capital, on brandit le fétiche absolu : l’intérêt général, la communauté, voire l’humanité. “L’Humanité”, c’est le baiser de la mort de la bourgeoisie.

10/16.  Mais il ne faut pas l’oublier, en bonne théorie keynésienne, cette prise en charge par l’Etat n’a pas vocation à durer toujours, les Etats ne se sont pas brusquement convertis au socialisme – si ce n’est en ce que le “socialisme” n’est qu’une modalité de l’exploitation.

11/16. Les nationalisations sont un moyen parmi d’autres de faire absorber les déficits des groupes privés par l’ensemble de l’activité économique, sous la tutelle de l’Etat. Privé ou public, en temps d’optimisme ou sous la garantie de l’Etat, il faut que le capital circule.

12/16. On connaît l’adage : “Socialiser les pertes, privatiser les profits.” Mais ici, “socialiser” signifie simplement qu’un segment de la bourgeoisie vient au secours d’un autre, et l’argent avancé est comme toujours adossé à la promesse de bénéfices futurs .

13/16. Il n’y a aucune contradiction entre ce qui se passe actuellement et le retour aux lois “normales” du marché et de la concurrence, les “lois” économiques s’appliqueront de nouveau, et les dettes devront être remboursées, on sait comment et par qui.

14/16. Nous paierons cette crise, parce que comme crise sociale, elle est aussi la nôtre. Nous avons déjà commencé à payer.

15/16. La crise économique ne suivra pas la crise sanitaire, elle a déjà commencé et ne s’achèvera pas avec la fin de la pandémie, pas plus que les émeutes et les révoltes qui en sont la conséquence logique, et ne font elles aussi que commencer. Confiner la misère est impossible.

16/16. Faire que cette crise ne soit plus la nôtre mais celle du capital est la seule issue pour sortir du cycle infernal des crises. La révolution mondiale est tout aussi possible que la crise mondiale, et comme elle, elle se présente sous l’aspect d’une catastrophe.

 

 

 

« Classe moyenne salariée et crise : lignes de démarcation »

10/03/2020 4 commentaires

« Classe moyenne salariée et crise : lignes de démarcation »

Le texte qui suit est une version modifiée et rallongée de Classi medie e parole in libertà[1] – une réponse à la recension que Dino Erba[2] (dorénavant DE) a consacré au livre de Bruno Astarian et moi-même, Le ménage à trois de la lutte des classes, sorti en France au milieu de décembre 2019  (Editions de l’Asymétrie), et actuellement en cours de traduction en italien. Suite à plusieurs sollicitations, il m’a paru opportun de revenir sur le premier jet de ce texte-là, d’abord pour le rendre intelligible à un lectorat plus ample, étant donné que la recension de DE a circulé uniquement parmi ses contacts personnels et n’est pas, à l’heure actuelle, disponible sur internet. En deuxième lieu, le compte-rendu de Le ménage à trois… donné par DE a été repris par Michele Castaldo (dorénavant MC), qui s’en est saisi pour un texte ultérieur, Ceto medio e suo movimento in questa fase[3], sur lequel il m’a paru nécessaire m’étendre un peu plus. Lire la suite…

“Actualité des grèves de 95?”

03/03/2020 Aucun commentaire

Emission sur Radio Galère à Marseille,

mercredi 4 mars à 16h30,

avec la participation d’un camarade de Théorie Communiste

Nous attendons le fichier audio pour le publier ici

Revue Chuang : Contagion sociale Guerre de classe microbiologique en Chine

01/03/2020 71 commentaires

Traduction du texte de la revue Chuang, et comme l’écrit un camarade du Québec à qui nous empruntons la présentation  « Un article aussi long qu’intéressant sur l’histoire des liens entre épidémies et production, sur la réponse actuelle de l’Etat chinois et sur le coronavirus comme symptôme des logiques contemporaines d’accumulation du capital. Faut s’accrocher, ça se lit en plusieurs fois mais ça vaut vraiment le coup. »

Contagion sociale

Guerre de classe microbiologique en Chine

Le four

Wuhan est familièrement connue comme l’un des “quatre fours” de Chine pour son été humide et étouffant, partagé avec Chongqing, Nanjing et alternativement Nanchang ou Changsha, toutes des villes animées avec une longue histoire le long ou à proximité de la vallée du Yangzi. Sur les quatre, Wuhan est cependant aussi parsemée de fours au sens littéral: l’énorme complexe urbain agit comme une sorte de noyau pour les industries de l’acier, du béton et autres industries liées à la construction en Chine, son paysage est parsemé de hauts-fourneaux à refroidissement lent des dernières fonderies d’acier et de fer appartenant à l’État, maintenant en proie à une surproduction et forcée à un nouveau cycle controversé de réduction des effectifs, de privatisation et de restructuration générale, qui a lui-même donné lieu à plusieurs grandes grèves et manifestations au cours des cinq dernières années. La ville est essentiellement la capitale de la construction en Chine, ce qui signifie qu’elle a joué un rôle particulièrement important dans la période qui a suivi la crise économique mondiale, puisque ce sont les années où la croissance chinoise a été stimulée par l’acheminement de fonds d’investissement dans des projets d’infrastructure et d’immobilier. Wuhan a non seulement alimenté cette bulle avec son offre excédentaire de matériaux de construction et d’ingénieurs civils, mais elle est aussi devenue, ce faisant, une ville en plein essor immobilier à part entière. Selon nos propres calculs, en 2018-2019, la superficie totale consacrée aux chantiers de construction à Wuhan était équivalente à la taille de l’île de Hong Kong dans son ensemble. Lire la suite…

Troploin : “Révolution en Iran ?”

22/02/2020 un commentaire

Article publié sur le blog « Troploin » à propos du livre de Tristan Leoni dans « La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat » (Éditions Entremonde, 2019).

Révolution en Iran ?

 

Si l’on appelle révolution un profond changement des formes politiques, un renouvellement des élites et des idéologies, associées à une mobilisation et un contrôle de la population spécifiques, l’Iran a bien vécu une révolution en 1979. Mais si elle est généralement qualifiée d’« islamique », c’est plus pour ses conséquences, l’instauration d’une théocratie, que pour son déroulement. Or, pourquoi grèves sauvages massives et émeutes urbaines n’ont-elles débouché ni sur une tentative de révolution sociale, ni sur un pouvoir laïc comme en Turquie, en Égypte, en Syrie et en Irak ? Comment la religion chiite, transformée en idéologie politique moderne adoptée par une partie de la classe moyenne et intellectuelle, a-t-elle pu canaliser l’une des plus grandes révoltes ouvrières du 20e siècle, instaurer un régime théocratique, triompher ensuite d’une seconde vague de grèves et d’un mouvement des femmes d’ampleur historiquement inédite, et mettre en place le système de gouvernement d’un pays resté depuis quarante ans l’une des principales puissances de la région ?

Telles sont les questions posées par Tristan Leoni dans La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat (Éditions Entremonde, 2019). Lire la suite…

RED DUST, dernière partie

15/02/2020 2 commentaires

RED DUST  4° et dernière partie (PDF de l’ensemble du dossier, Red Dust)

Du fer à la rouille

Conditions intérieures 1980-2000

 

Vue d’ensemble : Les guerres de classes

L’ascension du continent dans les chaînes de production internationales n’a cependant été possible qu’en raison des changements rapides et profonds de la structure de classe en déclin laissée par le régime de développement. Dans cette section, nous détaillons la formation du haut et du bas d’un système de classe capitaliste en Chine continentale. Les décennies couvertes ici sont les dernières années de la transition, marquées par une expansion rapide du marché, une restructuration financière rapide, la conversion des entreprises d’État en conglomérats multinationaux et la destruction finale de la ceinture industrielle de l’ère socialiste dans le Nord-Est. Au début du nouveau millénaire, la Chine avait achevé sa transition vers le capitalisme. Lire la suite…

RED DUST, de la revue CHUANG, 3° partie

25/01/2020 Aucun commentaire

Sinosphère

Conditions internationales 1970-2000

 Vue d’ensemble : Le capital en compétition

Il n’en reste pas moins que le capitalisme est, par essence, un système mondial, de sorte que la transition vers le capitalisme ne peut s’expliquer uniquement en termes internes. Dans cette section, nous revenons sur l’évolution de l’économie mondiale, mais en nous concentrant maintenant sur le nouveau rôle de la Chine dans la hiérarchie internationale de la production. Au centre de cette histoire se trouve la nature de la concurrence en tant que force motrice du capitalisme, qui s’exerce simultanément entre les entreprises, les pays et les blocs régionaux de capitaux. Tant que la croissance est robuste, cette concurrence laisse suffisamment de place à des alliances mutuellement bénéfiques à tous ces niveaux. Mais lorsque la croissance ralentit à tous les niveaux, cette même concurrence devient un jeu à somme nulle. Dans ces conditions, le rôle des alliances nationales de capitaux et des blocs commerciaux régionaux, centrés sur des monnaies différentes, prend de l’importance, et la politique internationale devient un jeu consistant à jongler avec les bulles financières tout en faisant passer les pires crises avant les concurrents. Les guerres commerciales, les guerres de monnaies et les guerres de capitaux dans les marchés émergents deviennent les caractéristiques de l’économie. Lire la suite…