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« La Révolte des Gilets jaunes. Histoire d’une lutte de classes »

 

Sur le blog DDT21, présentation et critique du livre publié par le collectif Niet !éditions

« L’insurrection ne devient communiste que si elle ne se borne pas à se saisir des instruments de production, mais commence à transformer ce dont s’emparent les insurgés. Elle consiste donc aussi à se transformer soi-même, à créer collectivement les conditions d’une autre vie pour les autres et pour soi. Il s’agit de remettre en cause le salariat, non de demander une autre forme de revenu. Et de s’en prendre non seulement au rapport entre salaire et profit, mais à l’existence du salaire et du profit, c’est-dire leur l’interdépendance. Comme l’écrivent très justement les auteurs : « La révolution, ça se fait en s’attaquant […] à ce qui fait qu’on est ce qu’on est. Ça se fait en acceptant et en provoquant une situation dans laquelle on ignore de quoi seront faits les lendemains » (p. 212). »

  1. Christian L
    20/09/2020 à 12:22 | #1

    Retour au livre >> La révolte des Gilets jaunes

    extraits des « Remarques conclusives », dernier chapitre du bouquin…

    « Les gens peuvent-ils s’attaquer à ce qui fait d’eux ce qu’ils sont dans le capitalisme ? Pour aller au-delà de la simple perturbation de la circulation de la valeur, au-delà du blocage des dépôts de carburant, des légumes d’Espagne ou du centre des impôts du coin, il faut que la fameuse « présomption démente » s’empare des « masses », celle qui permet de « se tirer une balle dans le pied », c’est-à-dire de mettre en jeu (et de détruire), au moment de la lutte, les conditions de la reproduction sociale, donc de sa propre reproduction en tant que travailleur.

    Dès les débuts du mouvement des Gilets jaunes, même les formes les plus radicales d’action se heurtent à cette limite. Même les saccages de péages, les pillages de boutiques, les attaques de bâtiments de l’État, bien que bouleversant significativement la vie quotidienne, respectent jusqu’à un certain point ce tabou. Dès lors, la scansion du mot « révolution » comme slogan dans les manifestations, bien qu’excessivement sympathique, ne relève que du vœu pieux : sans cette « présomption démente », pas de révolution. La révolution, ça se fait en s’attaquant – précisément – à ce qui fait qu’on est ce qu’on est. Ça se fait en acceptant et en provoquant une situation dans laquelle on ignore de quoi seront faits les lendemains. »

    https://niet-editions.fr/blog/larges-extraits-de-la-conclusion-de-la-revolte-des-gilets-jaunes/?fbclid=IwAR27g0mnTsbLir5GuJbMMoM2o4M4QsKWVnwbnkYRQUIeURLzrLWvFXw1wRI

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