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Citations, aphorismes, éructations, slogans: la poésie et la violence des mots…

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. » Le manifeste du parti communiste

« D’après les lois de l’économie bourgeoise, la plus grande partie du produit n’appartient pas aux travailleurs qui l’ont créé. Si nous disons alors : c’est injuste, ce ne doit pas être, cela n’a rien à voir avec l’économie. Nous disons seulement que ce fait économique est en contradiction avec notre sentiment moral. C’est pourquoi Marx n’a jamais fondé là-dessus ses revendications communistes, mais bien sur la ruine nécessaire, qui se consomme sous nos yeux, tous les jours et de plus en plus, du mode de production capitaliste. Il se contente de dire que la plus-value se compose de travail non payé : c’est un fait pur et simple. Mais ce qui peut être formellement faux au point de vue économique, peut être encore exact au point de vue de l’histoire universelle. Si le sentiment moral de la masse regarde un fait économique, autrefois l’esclavage et le servage, comme injuste, cela prouve que ce fait lui-même est une survivance ; que d’autres faits économiques se sont produits grâce auxquels le premier est devenu insupportable, insoutenable. Derrière l’inexactitude économique formelle peut donc se cacher un contenu économique très réel. » (Préface à la première édition allemande de Misère de la philosophie, 1884)

« Le privilège que l’homme détient (…) c’est que sa vocation d’être humain ne contrarie pas sa destinée de mâle. Par l’assimilation du phallus et de la transcendance, il se trouve que ses réussites sociales ou spirituelles le douent d’un prestige viril. Il n’est pas divisé. Tandis qu’il est demandé à la femme pour accomplir sa féminité de se faire objet et proie, c’est-à-dire de renoncer à ses revendications de sujet souverain. »
(Beauvoir, Le deuxième sexe, t.1, p. 524).

« L’Etat est cet universel abstrait qui se sépare illusoirement de la société civile en idéalisant et séparant l’intérêt général des conflits qui la traversent, par là il n’est en fait que le comité de gestion des affaires bourgeoises. »
« Soulèvement arabe: classe/genre ». Théorie Communiste

« La réduction de l’affect à la petite zone humaine qu’est la famille, et encore pire, après, au couple, est quelque chose de terrifiant pour moi. On devrait pouvoir vivre avec l’humanité entière »
Guyotat

« Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de plein gré, dans des circonstances librement choisies ; celles-ci, ils les trouvent au contraire toutes faites, données, héritage du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. Et au moment précis où ils semblent occupés à se transformer eux-mêmes et à bouleverser la réalité, à créer l’absolument nouveau, c’est justement à ces époques de crise révolutionnaire qu’ils évoquent anxieusement et appellent à leur rescousse les mânes des ancêtres, qu’ils leur empruntent noms, mots d’ordre, costumes, afin de jouer la nouvelle pièce historique sous cet antique et vénérable travestissement et avec ce langage d’emprunt. »

(Marx, 18 Brumaire, Pléiade 4, p. 438).

« On parle toujours de la violence du fleuve, jamais de celle des berges qui l’enserrent. »
Brecht

« Le camp de concentration est l’enfer d’un monde dont le supermarché est le paradis. » La Banquise

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».
Warren Buffett

« Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin guer entre le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout. »
K. Marx « Préface à la critique de l’économie politique »

« le travail (c’est) l’acte par lequel l’activité humaine pratique devient étrangère à elle-même »
K. Marx
« Première critique de l’économie politique »

« il faut avoir le courage ou l’exhibitionnisme d’une certaine honnêteté : Nous vivons en schizophrènes conscients; à la fois nous espérons ardemment l’éclatement révolutionnaire et à la fois nous le redoutons (si toutefois on a la moindre conscience du chaos catastrophique que ce sera) et nous vivons tous (oui tous ! sans aucune exception, j’insiste) comme si cela ne devait jamais avoir lieu, on ne peut pas faire autrement et c’est normal. » Bernard L.

“Maintenant que nous savons que les riches sont des larrons,
si notre père, notre mère n’en peuvent purger la terre,
nous quand nous aurons grandi,
nous en ferons du hachis”
Louise Michel.

« Il n’y aura pas de paix. A tout moment, durant notre vie entière, il y aura de nombreux conflits dans des formes mutantes, tout autour du monde. Le conflit violent fera les gros titres des journaux, mais les luttes culturelles et économiques seront plus constantes et en définitive plus décisives. Le rôle de facto des forces armées américaines sera de maintenir le monde comme un lieu sûr pour notre économie et un espace ouvert à notre dynamisme culturel. Pour parvenir à ces fins, nous ferons un bon paquet de massacres (a fair amount of killing) ».
Commandant Ralph Peters,  » Constant Conflicts « , Parameters, été 1997.

« …Quels gens, quelle terre ? ton histoire n’est qu’une suite d’injustices, d’infamies et de reniements, écrites par les vainqueurs pour les esclaves. C’est ça ta nostalgie ? tu devrais vomir, pas pleurer. Réveille toi, Bécassine c’est fini. En place pour Disneyland ! »
Claude COURCHAY « Avril est un mois cruel »

« Nous faisons notre histoire nous-mêmes, mais, tout d’abord, avec des prémisses et dans des conditions très déterminées. Entre toutes, ce sont les conditions économiques qui sont finalement déterminantes, mais les conditions politiques, etc., voire même la tradition qui hante le cerveau des hommes, jouent également un rôle, bien que non décisif. » Friedrich
ENGELS « Lettre à joseph Bloch », 21 septembre 1890, Études philosophiques,

« L’histoire des pauvres n’est pas longue à écrire : jadis ilotes, avant-hier serfs, hier salariés, aujourd’hui précaire. Toujours esclaves. »
D’après Louise Michel

« Nous ne pouvions rien attendre de ce que nous n’aurions pas modifié nous-même » Guy Debord

La nationalité de l’ouvrier n’est pas serbe ou albanaise ou grecque;
C’est le travail, l’esclavage libre, le marchandage de soi.
Son gouvernement n’est pas serbe ou albanais ou grec; c’est le capital.
L’air de sa patrie n’est pas serbe ou albanais ou grec;
C’est l’atmosphère polluée de l’usine sociale.
Son territoire à lui n’est pas le territoire « serbe » ou « albanais » ou « grec », il se trouve quelques mètres sous terre.
K. Marx « L’illusion de I’économie nationale »

« … La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français…  »
Louis Ferdinand Céline  » Voyage au bout de la nuit « 

Qui remuerait les tourbillons de feu furieux,
Que nous et ceux que nous nous imaginons frères ?
À nous ! Romanesques amis : ça va nous plaire.
Jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux !
Arthur Rimbaud « Qu’est-ce pour nous mon cœur … (1872)

[….]
Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocat, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.

[….]
Quel écueil menace la révolution de demain ?
L’écueil où s’est brisée celle d’hier : la déplorable popularité de bourgeois déguisés en tribuns. Ledru-Rollin, Louis Blanc, Crémieux, Lamartine, Garnier-Pagès, Dupont de l’Eure, Flocon, Albert, Arago, Marrast ! Liste funèbre!  Noms sinistres, écrits en caractères sanglants sur tous les pavés de l’Europe démocratique. C’est le gouvernement provisoire qui a tué la Révolution. C’est sur sa tête que doit retomber la responsabilité de tous les désastres, le sang de tant de milliers de victimes. [….]
(Le toast de Londres, Auguste Blanqui – 1851)

« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu ».

« ..L’abolition du capital, c’est-à-dire la révolution et la production du communisme, est immédiatement abolition des classes et donc du prolétariat, dans la communisation de la société qui est ainsi abolie comme communauté séparée de ses membres… » Théorie Communiste N° 22

Chacun sa chimère

Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain.Mais la monstrueuse bête n’était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s’agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmontait le front de l’homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l’ennemi.Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu’il n’en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu’évidemment ils allaient quelque part, puisqu’ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n’avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu’il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir; sous la coupole spleenétique’ du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.Et le cortège passa à côté de moi et s’enfonça dans l’atmosphère de l’horizon, à l’endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.Et pendant quelques instants je m’obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l’irrésistible Indifférence s’abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu’ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.Charles Baudelaire

« Alors que toutes les mesures, contre-mesures, plans, en termes stratégiques, les offensives du capital emplissaient l’horizon, les volutes de fumée des cocktails Molotov, à Athènes, Patras, Thessalonique, Malmö, les bruits de verre brisé, à Gand, Paris, Londres, les pierres lancées sur les flics, partout, sont venus faire écran entre l’horizon indépassable du capitalisme et le présent terrifiant de sa crise. Trois mois après l’effondrement des bourses mondiales, trois ans après les émeutes des banlieues françaises, les feux grégeois des jeunes prolétaires du monde entier nous rappellent que la guerre de classe a bien lieu. »

« Les émeutes en Grèce »

Editions SENONEVERO

« Le procès de production capitaliste reproduit donc de lui-même la séparation entre travailleur et conditions du travail. Il reproduit et éternise par cela même les conditions qui forcent l’ouvrier à se vendre pour vivre, et mettent le capitaliste en état de l’acheter pour s’enrichir. Ce n’est plus le hasard qui les place en face l’un de l’autre sur le marché comme vendeur et acheteur. C’est le double moulinet du procès lui-même, qui rejette toujours le premier sur le marché comme vendeur de sa force de travail et transforme son produit toujours en moyen d’achat pour le second. Le travailleur appartient en fait à la classe capitaliste, avant de se vendre à un capitaliste individuel. Sa servitude économique est moyennée et, en même temps, dissimulée par le renouvellement périodique de cet acte de vente, par la fiction du libre contrat, par le changement des maîtres individuels et par les oscillations des prix de marché du travail. Le procès de production capitaliste considéré dans sa continuité ou comme reproduction, ne produit donc pas seulement marchandise, ni seulement plus-value ; il produit et éternise le rapport social entre capitaliste et salarié » (Marx, Le Capital, Livre I, chapitre XXIII, Ed. Sociales, t.3, pp. 19-20).

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-23.htm

« …La situation à l’issue de la restructuration est telle que l’affirmation du prolétariat en vue de libérer le travail productif perd tout sens et tout contenu. Il n’existe plus d’identité ouvrière propre face au capital et confirmée par lui. Maintenant, l’existence sociale du prolétariat est, et reste, face à lui comme étant le capital même. … » Théorie Communiste 22

« Quand, grâce à de rudes labeurs, les hommes sont parvenus à s’élever au-dessus de leur premier état animal, que, par conséquent, leur travail est déjà dans une certaine mesure socialisé, alors, et seulement alors, se produisent les conditions où le surtravail de l’un peut devenir une source de vie pour l’autre, et cela n’a jamais lieu sans l’aide de la force qui soumet l’un à l’autre. (…) Le travail doit donc posséder un certain degré de productivité avant qu’il puisse être prolongé au-delà du temps nécessaire au producteur pour se procurer son entretien ; mais ce n’est jamais cette productivité, quel qu’en soit le degré, qui est la cause de la plus-value. Cette cause, c’est toujours le surtravail, quel que soit le mode de l’arracher »

(Marx, « Le Capital », Ed Sociales, t 2, p 185-189).

« Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. » K. Marx – F. Engels

« Loin de signifier l’inexistence de l’antagonisme de classe,
la « paix sociale » consacre une période de guerre de classe
marquée par l’écrasante domination des exploiteurs sur les
exploités, période au cours de laquelle la bourgeoisie s’appuie
sur le silence auquel elle a temporairement réduit son
adversaire pour nier l’existence de toute classe et exhiber
l’Etat démocratique -son mode d’organisation de l’exploitation–
comme la manifestation de la défense des intérêts de
l’ensemble de la société. »

Extrait du tract : « Nous sommes une image du futur… »

« Le procès de production capitaliste reproduit donc de lui-même la séparation entre travailleur et conditions du travail. Il reproduit et éternise par cela même les conditions qui forcent l’ouvrier à se vendre pour vivre, et mettent le capitaliste en état de l’acheter pour s’enrichir. Ce n’est plus le hasard qui les place en face l’un de l’autre sur le marché comme vendeur et acheteur. C’est le double moulinet du procès lui-même qui rejette toujours le premier sur le marché comme vendeur de sa force de travail et transforme son produit toujours en moyen d’achat pour le second. Le travailleur appartient en fait à la classe capitaliste, avant de se vendre à un capitaliste individuel. Sa servitude économique est moyennée et en même temps dissimulée par le renouvellement périodique de cet acte de vente, par la fiction du libre contrat, par le changement des maîtres individuels et par les oscillations des prix de marché du travail.Le procès de production capitaliste considéré dans sa continuité, ou comme reproduction, ne produit donc pas seulement marchandise, ni seulement plus-value ; il produit et éternise le rapport social entre capitaliste et salarié »

Marx, le Capital, Livre I

« Quand les combats se dérouleront dans des rues assombries par la grève de la compagnie d’électricité, lorsque les affrontements auront lieu au milieu de tonnes de déchets non collectés, lorsque les tramways seront abandonnés au milieu des rues, bloquant les flics, lorsque l’enseignant en grève allumera le cocktail Molotov de son élève révolté, nous serons enfin en mesure de dire : Camarade, « les jours de cette société sont comptés « 


Un texte de l’Initiative du Comité d’occupation de l’École athénienne d’Économie et d’Affaires, daté du 14 décembre 2008. Extraits.


  1. A.D.
    10/12/2008 à 00:13 | #1

    Ici dans une sorte de nuit, je tourne mon regard vers Athènes et sa nuit déchirée.
    où ce corps dézingué, d’autres en élans se jettent contre, ils survivent de flammes et d’éclats, des cris, des plaintes, des chants de révolte des bruits de bottes. les nuées noires, et la rage et la peine.
    Je pense encore ce qui s’impose et nous sépare,
    IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI.

  2. A.D.
    05/01/2009 à 22:46 | #2

    De Georges Darien (Georges Adrien, dit Darien, anar. début XX, auteur du célèbre Le Voleur, peut-être autobiographie car les livres de Darien se vendaient mal et il faut bien vivre…anti-marxiste et anti-sémite à ses heures, cependant pro-dreyfusard, fin observateur et brillante plume, condamné pour insubordination à la Tunisie, antimilitariste et bouffe-curé- belle-mère catholique intransigeante et papa protestant et boutiquier, né le 6 avril 1862, rue du Bac à Paris, meurt en 1921, totalement oublié)

    « Il est vraiment incroyable que les français ne se rendent pas mieux compte de leur propre situation…Mais non; on veut faire croire qu’on est vivant, et l’on crie et l’on braille….On fait signe aux Indiens, aux Egyptiens, aux Ruses….aux Derviches, à Ménélik. Levez-vous! Révoltez-vous!…Les Français vous regardent! »

    Il faut que la France soit forte, par conséquent il faut qu’elle se prive non seulement du superflu mais même du nécessaire ; il faut qu’elle se laisse pressurer, broyer, chair et âme, sous la meule tricolore, il faut qu’elle soumette ses pensées à l’estampille officielle, qu’elle fasse matriculer ses haines et mettre en carte ses symphaties; il faut qu’elle se saigne aux quatre veines pour verser des millions et des milliards dans la gueule toujours ouverte du monstre qui la gruge. Il faut pour cela que la France soit forte. IL faut qu’elle souffre, qu’elle trime, qu’elleturbine, qu’elle truque, qu’elle ahanne, et qu’elle crève- et qu’elle paye, paye, paye! »
    G. DARIEN in LA BELLE FRANCE 5J.J. Pauvert éditeur)p.49 et 68.

  3. A.D.
    26/04/2012 à 23:13 | #3

    « Quand, grâce à de rudes labeurs, les hommes sont parvenus à s’élever au-dessus de leur premier état animal, »…K.Marx, Le capital….

    D’abord les hommes étaient des animaux, puis à force de vrai travail, ils sont devenus de vrais hommes. Ils sont devenus de rudes travailleurs alors qu’avant, ben ils étaient comme pataugeant dans la fange de l’animalité, c’est fou quand on y pense.
    Faudrait peut-être enfin en finir avec ces foutaises. Voir à zigouiller pour du bon cette conception socialiste, progressiste, productiviste, humanisme de travail et de raison, tout un bazar mortifère.
    Non « les hommes » ne sont pas parvenus à s’élever au dessus-de quoi que ce soit par leur activité laborieusement rude. Par exemple dirait-on de l’activité laborieuse, mettons des abeilles, aujourd’hui en voie de disparition à cause du travail humain, qu’elle les élève au-dessus de leur condition ? Les Aborigènes ou les Patagons, etc…étaient-ils, étaient-elles moins élevées, et donc plus proches de cette « animalité » (qu’est-ce, s’il plaît ?). Les humains se transforment et transforment, ne s’élèvent, ni ne s’abaissent, avec ou sans « rudes labeurs ». La pensée de Marx est bourgeoise humaniste, pour lui le travail c’est la liberté, puisque la liberté c’est l’élévation au-dessus de l’animalité, pour lui l’activité c’est l’humanité, l’humanité c’est le travail donc universellement le travailleur. Le mouvement ouvrier était imprégné de ces conceptions positivistes sur le travail, les travailleurs et par suite de la supériorité humaine , l' »élévation », et in fine du droit de propriété du travail sur tout le vivant, pour une « élévation » toujours plus haute, c’est-à-dire comme « intrant » nécessaire à la rude activité du rude travailleur. De ces conceptions travaillées par le travail, donc présupposant la propriété et la valeur, le mouvement ouvrier passé et actuel ne se sont pas dégagés.
    Toutes les considérations du « qui fera quoi ? » et de « comment fera-t-on? » sans capital, sans classes, sans assignations, les objections quant au manque actuel de « vision positive » du monde d’après les classes, se fracassent contre la révolution pour elle-même, c’est-à-dire la révolution comme autre processus d’humanisation-déshumanisation, d’horizontalité non d’élévation.

  4. pepe
    27/04/2012 à 09:19 | #4

    Ce qui est fondamental dans cette citation , ça n’est pas « l’élévation au dessus de l’animalité », très daté effectivement. Ce qui est majeur, c’est l’importance du surtravail et de son « arrachement » comme seule source des classes …. et, un poursuivant aujourd’hui le raisonnement, des genres!!!

  5. A.D.
    28/04/2012 à 19:31 | #5

    Oui, l’élévation n’est pas le fondamental, pourtant c’est cela qui introduit le reste. Le vocabulaire, peut-être daté, mais justement de cette manière là, fait également penser à cette opinion du même auteur quant à l’opportunité « d’amendement » par le travail des criminels et autres fainéant-es. Aujourd’hui on a toujours cette élévation, toujours recommencée, par le travail et donc pour lui-même, conservé aussi le travail rédempteur et l’appartenance qui va avec. Tout le « mauvais côté » du mouvement ouvrier programmatique est là, sa seule affirmation est là, dans ce travail qui élève et amende, dans cette appartenance sans horizon d’émancipation. Le pompeux du vocabulaire, mystique religieux (élévation) laisse un arrière-goût vaguement amer, lorsque un peu plus de cent après sa formulation on ouvre les yeux sur les résultats probablement immenses du bouleversement climatique, de la disparition massive des espèces vivantes, acidification des mers, et pollutions chimiques et nucléaires, et sur les conditions globales que cet « amendement », suite de cette « élévation », a produit. Le programme c’est de toujours dire « il faut passer par là », c’est le socialisme, » l’humain d’abord » (Affiches de Front de Gauche), les « autres » après…
    salut

  6. pepe
    29/04/2012 à 14:37 | #6

    @A.D.
    Ca aussi, c’est de Marx!
    « le travail (c’est) l’acte par lequel l’activité humaine pratique devient étrangère à elle-même »
    K. Marx « Première critique de l’économie politique »

  7. marc
    30/04/2012 à 11:02 | #7

    @pepe
    peut-on avoir un peu plus de précision que : « Première critique de l’économie politique »
    amicalement

  8. A.D.
    30/04/2012 à 11:05 | #8

    Oui, c’est aussi de Marx…
    Pourtant l’affaire ne tourne pas très rond, j’y lis que l’homme est devenu l’homme par le travail -celui-ci est toujours « travail », puis dans le sens de la phrase, ce « travail » serait « dans une certaine mesure socialisé », or les êtres humains sont des êtres sociaux et leur activité est toujours socialisée.
    Cette manière de voir est très proche de l’idéologie rousseauiste (J.J. Rousseau, philosophe helvète et pédagogue sado-maso ) selon laquelle l’homme aurait vécu un état de nature, avant de devenir un être social. Marx ne s’en sort pas mieux quand il postule comme ici un état non social, pré-humain qui prend fin par le travail (activité non déterminée historiquement : la cueillette des épis par des êtres humains/ l’esclavage à des fins de production, par exemple).
    Pour qu’il ait une fin, le travail doit bien avoir un début, ici on ne comprend pas le début puisque c’est l’activité « générique », inséparable de l’homme, sans travail pas d’humanité, donc travail=humanité. Or c’est ce qu’il reste du programme, c’est ce qui est basique pour la bourgeoisie, là-dessus les classes sont d’accord, voir le « vrai travail », c’est la limite du renversement et l’insistance du programme ouvrier « Du travail et du pain ». Le renversement ne s’est pas produit, par contre l’affirmation du caractère anoblissant du travail, de son caractère humanisant et même religieux, est toujours déjà là depuis les textes sacrés, les sacrés textes.

  9. amersimpson
    03/05/2012 à 20:21 | #9

    C’est drole, j’ai pour ma part l’idée que le travail est apparu avec le surtravail et qu’il est essentiellement un des deux terme du rapport de classes et de son histoire… Par conséquent, dire que le travail est le point de départ de ce qui fait que les humains sont des humains revient selon moi à dire que le rapport de classes est le fondement de l’humanité en opposition autres animaux sociaux qui eux ne travaillent pas et n’ont pas de rapport de classes. Bref, si le travail est fondement de la sociabilité humaine et bien le rapport de classes sera son histoire jusqu’à la mort définitive de tous les humains. Je préfère me dire que le travail est un produit historique du rapport de classe et non de l’activité humaine pris en elle-même… de toutes façon, l’activité humain en elle-même n’existe pas autrement que dans sa production historique, c’est pourquoi tout ce que font les humains, ils peuvent aussi le défaire.

  10. pepe
    03/05/2012 à 22:36 | #10

    On peut continuer à tourner autour de ces deux citations encore longtemps… personne ne songe ici à dire que le travail définit l’humanité et, même dans ces deux citations de Marx, il faut vraiment travailler la lecture pour y voir autre chose que ce qui est écrit : le travail est l’acte par lequel l’activité pratique des hommes devient étrangère à elle même…..

  11. A.D.
    07/05/2012 à 18:32 | #11

    Dans la citation extraite du « Capital » il n’y a pas que la citation extraite de la « Première critique de l’économie politique ». Il y a cette amorce « Quand grâce à de rudes labeurs…état animal… »
    J’y vois une idéologie progressiste implicitement qui raconte un itinéraire positif. Marx écrit à propos de peuples africains, ou autres: « sauvages » (par exemple dans la comparaison entre les conditions de vie des prolétaires anglais devant payer pour leur misérable logement et les sauvages qui jouissent de la protection des cavernes). Il y a les animaux, les sauvages, et les civilisés. Et parmi ces civilisés, le top se rencontre parmi les européens : grands philosophes et redoutables savants, entreprenants.
    La preuve c’est qu’on l’a bouffé le pudding progressiste fait de progrès et d’inévitables mais prometteuses impasses, fallait-il passer par là ?
    Pour bifurquer ?
    amersimpson : »tout ce que les humains font, ils peuvent le défaire »…là-dessus, j’ai des doutes :
    pense à la fonte des pôles (probablement d’origine anthropique le réchauffement), raréfaction des espèces vivantes animales et végétales -extinction massive-, pense à l’acidification:pollution des eaux océaniques et pluviales, etc…
    Pour le reste de ton paragraphe, je vois aussi un peu comme ça, mais j’ai l’expression très vague, c’est la mer, simpsom.
    Salutations
    Mon véritable but est de faire monter à 199 les commentaires sur  » aphorismes », y parviendrais-je ? ;-)

  12. A.D.
    25/05/2012 à 18:12 | #12

    « En tant qu’il produit des valeurs d’usage, qu’il est utile, le travail, indépendamment de toute
    forme de société, est la condition indispensable de l’existence de l’homme, une nécessité éternelle,
    le médiateur des échanges organiques entre la nature et l’homme »
    Là, le travail est vraiment le travail du programme, et celui du capitalisme « une nécessité éternelle ».
    C’est bien sûr du Marx, dans le Capital, j’ai trouvé cela en lisant le dernier texte de B.Astarian (Hic Salta) : « L’abolition de la valeur, Ch.2 ».
    Le programme est imprégné de cela, idem pour le mouvement ouvrier : syndicats, partis (pour le travail à tout prix).

  13. proutprout
    19/12/2012 à 01:39 | #13

    « Quand tu auras passé trente ans de ta vie à mettre au point de subtiles méthodes psycho-pédiatriques, médico-pédagogiques, psychanalo-pédotechniques, à la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discrètement faire sauter quelques pâtés de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu’en trente ans. »

    Fernand Deligny, Graine de crapule – Conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver (1945)

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