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« C’est au présent que nous parlons de communisation »

Ce « court » texte, produit pour présenter « Théorie Communiste » dans un bouquin anglophone, résume de façon très claire les positions actuelles de cette revue parfois difficile à aborder…. Il y manque les derniers développements  produits autour de la distinction de genre qui devraient faire partie du N° 24 de  TC, à paraître…

Dans le cours de la lutte révolutionnaire, l’abolition de l’Etat, de l’échange, de la division du travail, de toute forme de propriété, l’extension de la gratuité comme unification de l’activité humaine, c’est-à-dire l’abolition des classes, sont des « mesures » abolissant le capital, imposées par les nécessités mêmes de la lutte contre la classe capitaliste. La révolution est communisation, elle n’a pas le communisme comme projet et résultat, mais comme contenu.

La communisation et le communisme sont des choses à venir, mais c’est au présent que nous devons en parler. C’est le contenu de la révolution à venir que les luttes annoncent, dans le cycle de luttes actuel, chaque fois que le fait même d’agir en tant que classe, dans la lutte contre le capital, apparaît comme une contrainte extérieure, une limite à dépasser. C’est la lutte en tant que classe qui est, à l’intérieur d’elle-même, devenue le problème, sa propre limite. Par là, elle annonce et produit comme son dépassement la révolution comme communisation.

a) Crise, restructuration, cycle de lutte : de la lutte en tant que classe comme limite d’elle-même
Le principal résultat du procès de production capitaliste a toujours été le renouvellement du rapport capitaliste entre le travail et ses conditions : autrement dit il est un procès d’autoprésupposition.

Jusqu’à la crise de la fin des années 1960, la défaite ouvrière  et la restructuration qui s’ensuivit, il y avait bien autoprésupposition du capital, conformément au concept de capital, mais la contradiction entre prolétariat et capital se situait à ce niveau par la production et la confirmation, à l’intérieur même de cette autoprésupposition, d’une identité ouvrière par laquelle se structurait le cycle de luttes comme la concurrence entre deux hégémonies, deux gestions, deux contrôles de la reproduction. Cette identité était la substance même du mouvement ouvrier.

Cette identité ouvrière, quelles que soient les formes sociales et politiques de son existence (des Partis communistes à l’autonomie ; de l’Etat socialiste aux Conseils ouvriers),  reposait dans sa totalité sur la contradiction qui se développait dans cette phase de la subsomption réelle du travail sous le capital entre d’une part la création et le développement d’une force de travail mise en œuvre par le capital de façon de plus en plus collective et sociale, et d’autre part les formes de l’appropriation par le capital, de cette force de travail, dans le procès de production immédiat, et dans le procès de reproduction. Voilà la situation conflictuelle qui dans le cycle de luttes se développait comme identité ouvrière, qui trouvait ses marques et ses modalités immédiates d’appréhension dans la « grande usine » ; dans la dichotomie entre emploi et chômage, travail et formation ; dans la soumission du procès de travail à la collection des travailleurs ; dans les relations entre salaires, croissance et productivité à l’intérieur d’une aire nationale ; dans les représentations institutionnelles que tout cela impliquait tant dans l’usine qu’au niveau de l’Etat ; dans le bouclage de l’accumulation sur une aire nationale.

La restructuration comme défaite, à la fin des années 1960 et durant les années 1970, de tout ce cycle de luttes fondé sur l’identité ouvrière a eu pour contenu la destruction de tout ce qui était devenu une entrave à la fluidité de l’auto présupposition du capital. On trouvait d’une part toutes les séparations, protections, spécifications qui se dressaient face à la baisse de la valeur de la force de travail, en ce qu’elles empêchaient que toute la classe ouvrière, mondialement, dans la continuité de son existence, de sa  reproduction et de son élargissement, doive faire face en tant que telle à tout le capital. On trouvait d’autre part toutes les contraintes de la circulation, de la rotation, de l’accumulation, qui entravaient la transformation du surproduit en plus-value et capital additionnel. N’importe quel surproduit doit pouvoir trouver n’importe où son marché, n’importe quelle plus-value doit pouvoir trouver n’importe où la possibilité d’opérer comme capital additionnel, c’est à dire se transformer en moyens de production et force de travail, sans qu’une formalisation du cycle international (pays de l’Est, périphérie) ne prédétermine cette transformation. Le capital financier a été le maître d’œuvre de cette restructuration. Avec la restructuration achevée dans les années 1980, la production de plus-value et la reproduction des conditions de cette production coïncident.

Le cycle de luttes actuel se définit alors par le fait que la contradiction entre les classes se noue au niveau de leur reproduction respective, ce qui signifie que, dans sa contradiction avec le capital, le prolétariat trouve et affronte sa propre constitution et existence comme classe. C’est en conséquence la disparition d’une identité ouvrière confirmée dans la reproduction du capital, c’est la fin du mouvement ouvrier et la faillite corollaire de l’auto-organisation et de l’autonomie comme perspective révolutionnaire. Parce que la perspective de la révolution n’est plus de l’ordre de l’affirmation de la classe, elle ne peut plus être de l’ordre de l’auto-organisation. Abolir le capital c’est se nier comme travailleur et non s’auto-organiser comme tel, c’est un mouvement d’abolition des entreprises, des usines, du produit, de l’échange (quelque soit sa forme).

Agir en tant que classe c’est actuellement d’une part n’avoir pour horizon que le capital et les catégories de sa reproduction, d’autre part, c’est pour la même raison, être en contradiction avec sa propre  reproduction de classe, la remettre en cause. Ce conflit, cet écart dans l’action du prolétariat est le contenu et l’enjeu de la lutte des classes. Que, pour le prolétariat, agir en tant que classe soit la limite de son action en tant que classe est maintenant une situation objective de la lutte de classe, que cette limite soit construite dans les luttes en tant que telle et devienne l’appartenance de classe comme contrainte extérieure est un enjeu dans ces luttes : niveau du conflit avec le capital ; conflits à l’intérieur même des luttes. Cette transformation est une détermination de la contradiction actuelle entre les classes, mais elle est chaque fois la pratique particulière d’une lutte à un moment donné, dans des conditions données.

Ce cycle de luttes est l’action d’une classe ouvrière recomposée. Il s’agit, dans les aires centrales d’accumulation, de la disparition des grands bastions ouvriers et de la prolétarisation des employés, de la tertiarisation de l’emploi ouvrier (spécialistes de l’entretien, conducteurs d’engins, chauffeurs routiers, livreurs, manutentionnaires, etc. – ce type d’emploi est maintenant majoritaire chez les ouvriers), du travail dans des entreprises ou des sites plus petits, d’une nouvelle division du travail et de la classe ouvrière avec l’externalisation des activités à faible valeur ajoutée (travailleurs jeunes, souvent intérimaires, sans perspective professionnelle), de la généralisation des flux tendus, de la présence de jeunes ouvriers pour qui la scolarisation a rompu le fil des générations et qui rejettent massivement le travail en usine et la condition ouvrière en général, des délocalisations.

Les grandes concentrations ouvrières en Inde ou en Chine s’inscrivent dans cette segmentation mondiale de la force de travail, tant par leur définition mondiale que par leur propre inscription nationale elles ne peuvent être considérées comme une renaissance ailleurs de ce qui a disparu en « occident ». C’est un système social d’existence et de reproduction qui définissait l’identité ouvrière et qui s’exprimait dans le mouvement ouvrier et non la simple existence de caractéristiques matérielles quantitatives[1].

Des luttes quotidiennes à la révolution il ne peut y avoir que rupture. Cette rupture s’annonce dans le cours quotidien de la lutte de classe chaque fois que dans celles-ci l’appartenance de classe apparaît comme une contrainte extérieure objectivée dans le capital dans le cours même, pour le prolétariat, de son activité en tant que classe. Actuellement, la révolution est suspendue au dépassement d’une contradiction constitutive de la lutte de classe : être une classe est pour le prolétariat l’obstacle que sa lutte en tant que classe doit franchir. Avec la production de l’appartenance de classe comme contrainte extérieure, on peut, à partir des luttes actuelles comprendre le point de bascule de la lutte de classe, son dépassement, comme un dépassement produit : la classe dans sa lutte contre le capital se retourne contre elle-même, c’est-à-dire qu’elle traite sa propre existence, tout ce qui la définit dans son rapport au capital (et elle n’est que ce rapport) comme limite de son action. Les prolétaires ne libèrent pas leur « vraie individualité » niée dans le capital, la pratique révolutionnaire est précisément la coïncidence du changement des circonstances et de l’activité humaine ou autochangement.

C’est par là que nous pouvons parler actuellement du communisme et en parler au présent. Que la révolution soit l’abolition de toutes les classes existe comme un fait actuel en ce que l’action en tant que classe du prolétariat est, pour elle-même, une limite. Cette abolition n’est pas un but que l’on se propose, une définition de la révolution comme une norme à atteindre, mais un contenu actuel dans ce qu’est la lutte de classe même. Produire l’appartenance de classe comme contrainte extérieure c’est, pour le prolétariat, entrer en conflit avec sa situation antérieure, ce n’est pas une « libération », ce n’est pas une « autonomie ». C’est le « terrible pas à franchir » dans la compréhension théorique et la pratique des luttes actuelles.

Le prolétariat n’en devient pas pour autant un être « purement négatif ». Dire que le prolétariat n’existe comme classe que dans et contre le capital, qu’il produit tout son être, toute son organisation, sa réalité et sa constitution comme classe dans le capital et contre lui, c’est dire qu’il est la classe du travail productif de plus-value. Ce qui a disparu dans le cycle de luttes actuel, à la suite de la restructuration des années 1970 / 1980, ce n’est pas cette existence objective de la classe, c’est la confirmation dans la reproduction du capital d’une identité prolétarienne.

Le prolétariat ne peut être révolutionnaire qu’en se reconnaissant en tant que classe, il se reconnaît ainsi dans chaque conflit et à plus forte raison dans une situation où son existence en tant que classe sera, dans la reproduction du capital, la situation qu’il aura à affronter. C’est sur le contenu de cette « reconnaissance » qu’il ne faut pas se tromper. Se reconnaître comme classe ne sera pas un « retour sur soi » mais une totale extraversion comme auto-reconnaissance en tant que catégorie du mode de production capitaliste. Ce que l’on est comme classe n’est immédiatement que notre rapport au capital. Cette « reconnaissance » sera en fait une connaissance pratique, dans le conflit, non de soi pour soi, mais du capital, sa désobjectivation. L’unité de la classe ne peut plus se constituer sur la base du salariat et de la lutte revendicative, comme un préalable à son activité révolutionnaire. L’unité du prolétariat ne peut plus être que l’activité dans laquelle il s’abolit en abolissant tout ce qui le divise.

Des luttes revendicatives à la révolution, il ne peut y avoir que rupture, saut qualitatif, mais cette rupture n’est pas un miracle, elle n’est pas une alternative, elle n’est pas non plus la simple constatation par le prolétariat qu’il n’y aurait plus rien d’autre à faire que la révolution devant l’échec de tout le reste. « Une seule solution, la révolution » est l’ineptie symétrique à celle de la dynamique révolutionnaire de la lutte revendicative. Cette rupture est produite positivement par le déroulement du cycle de luttes qui la précède, elle s’annonce dans la multiplication des écarts à l’intérieur de la lutte de classe.

Nous sommes théoriquement les guetteurs et les promoteurs de ces écarts qui à l’intérieur de la lutte du prolétariat sont sa propre remise en cause et, pratiquement, les acteurs lorsque nous y sommes directement engagés. Nous existons dans cette rupture, dans ce déchirement de l’activité en tant que classe du prolétariat. Il n’y a plus de perspective pour le prolétariat à partir de soi-même comme classe du mode de production capitaliste, si ce n’est la capacité de dépasser son existence de classe dans l’abolition du capital. Il existe une identité absolue entre être en contradiction avec le capital et être en contradiction avec sa propre situation et définition comme classe.

C’est par cet écart à l’intérieur même de l’action en tant que classe que la communisation devient une question actuelle. Cet écart à l’intérieur de la lutte de classe, dans laquelle le prolétariat n’a simultanément que le capital pour horizon et par là entre en contradiction avec sa propre action en tant que classe, c’est la dynamique de ce cycle de luttes. Actuellement la lutte de classe du prolétariat comporte des éléments repérables, des activités qui annoncent son dépassement dans son propre cours.

b) Quelques exemples[2]
Il ne s’agit pas, le plus souvent, de déclarations fracassantes ou d’actions «radicales», cela peut n’être que toutes les pratiques de « fuite » ou de dénégation des prolétaires vis-à-vis de leur propre condition. Dans les grèves actuelles sur les licenciements, souvent et de plus en plus, les ouvriers ne revendiquent plus le maintien de l’emploi, mais des indemnités conséquentes. Contre le capital, le travail est sans avenir. Déjà, dans les luttes dites « suicidaires » comme celle de l’entreprise Cellatex en France, où les ouvriers menaçaient de déverser de l’acide dans une rivière et de faire sauter l’usine, menaces non mises à exécution mais largement imitée à l’occasion d’autres conflits lors de fermetures d’entreprises, éclate que le prolétariat n’est rien séparé du capital et qu’il ne porte par nature aucun avenir si ce n’est l’abolition de ce par quoi lui-même existe. C’est l’inessentialisation du travail qui devient l’activité même du prolétariat, tant de façon tragique dans ses luttes sans perspectives immédiates (suicidaires), que comme revendication de cette inessentialisation comme dans la lutte des chômeurs et précaires de l’hiver 1998 en France.

Le chômage n’est plus cet à côté de l’emploi nettement séparé. La segmentation de la force de travail, la flexibilité, la sous-traitance, la mobilité, le temps partiel, la formation, les stages, le travail au noir, ont rendu flou toutes les séparations.

Dans le mouvement français de 1998, et plus généralement dans les luttes de chômeurs de ce cycle de luttes c’est la définition des chômeurs qui se veut  le point de départ de la reformulation de l’emploi salarié. La nécessité pour le capital de tout mesurer en temps de travail et de poser l’exploitation du travail comme question de vie ou de mort pour lui est simultanément l’inessentialisation du travail vivant immédiat par rapport à ce que le capital concentre en lui de forces sociales. Cette contradiction inhérente à l’accumulation capitaliste, et qui fait du capital une contradiction en procès, prend alors la forme bien particulière d’une définition de la classe face au capital dont le chômage se revendique comme le point de départ. Dans les luttes de chômeurs et précaires, la lutte du prolétariat contre le capital fait sienne cette contradiction, la revendique. De même quand les licenciés ne revendiquent pas du travail mais des indemnités.

Les salariés licenciés de Moulinex mettant le feu à un bâtiment de l’usine s’inscrivent également dans la dynamique de ce cycle de luttes qui fait, pour le prolétariat de sa propre existence comme classe, la limite de son action de classe. De même, en 2006, à Savar, 50 km au nord de Dacca, au Bengladesh, suite à trois mois d’arriérés de salaires, deux usines sont incendiées et cent autres mises à sac.  En Algérie, la moindre revendication salariale tourne à l’émeute, les formes de représentation sont rejetées sans que s’en forme de nouvelles et ce sont toutes les conditions de vie et de reproduction du prolétariat qui sont en jeu au-delà des protagonistes immédiats de la grève et de la revendication. En Chine, en Inde, on ne passera pas de la multiplication des actions revendicatives multiformes, touchant tous les aspects de la vie et de la reproduction de la classe ouvrière à un vaste mouvement ouvrier. Ces actions revendicatives tournent souvent « paradoxalement » à la destruction des conditions de travail, c’est-à-dire de leur propre raison d’être.

En Argentine, on s’est auto-organisé comme chômeurs de Mosconi, ouvrières de Bruckman, habitants de bidonvilles…, mais ce faisant quand on s’auto-organisait, on se heurtait immédiatement à ce que l’on était qui, dans la lutte, devenait ce qui devait être dépassé et qui a été vu comme étant à dépasser dans les modalités pratiques de ces auto-organisations. Le prolétariat ne peut trouver en lui-même la capacité de créer d’autres rapports interindividuels sans renverser et nier ce qu’il est dans cette société, c’est-à-dire sans entrer en contradiction avec l’autonomie et sa dynamique. L’auto-organisation est peut-être le premier acte de la révolution mais toute la suite s’effectue contre elle. En Argentine, par la façon dont ont été mises en œuvre les activités productives, dans les modalités effectives de leur réalisation, ce sont les déterminations du prolétariat comme classe de cette société qui ont été effectivement bousculées (propriété, échange, division du travail, rapport entre hommes et femmes…). C’est ainsi que la révolution comme communisation devient crédible.

En France, en novembre 2005, dans les banlieues, les émeutiers n’ont rien revendiqué, ils ont attaqué leur propre condition, ils ont pris pour cibles tout ce qui les produit et les définit. Les émeutiers révélèrent et attaquèrent la situation de prolétaire maintenant : cette force de travail mondialement précarisée. Ce qui rendit immédiatement caduc, dans le moment même où une telle revendication aurait pu être prononcée, de vouloir être un « prolétaire ordinaire ».

Trois mois après (au printemps 2006), toujours en France, en tant que mouvement revendicatif, le mouvement étudiant anti-CPE ne pouvait se comprendre lui-même qu’en devenant le mouvement général des précaires, mais alors soit il se sabordait lui-même dans sa spécificité, soit il ne pouvait qu’être amené à se heurter plus ou moins violemment à tous ceux qui, dans les émeutes de novembre 2005, avaient montré que revendiquer d’être un « prolétaire ordinaire » était caduc. Faire aboutir la revendication par son élargissement sabotait la revendication. Qui pouvait croire à la jonction avec les émeutiers de novembre sur la base d’un emploi stable pour tous ? Cette jonction était d’une part objectivement inscrite dans le code génétique du mouvement et, d’autre part, cette nécessité même de la jonction induisait un amour / haine interne au mouvement, tout aussi objectif. La lutte anti-CPE a été un mouvement revendicatif dont la satisfaction de la revendication était inacceptable pour lui-même en tant que mouvement revendicatif.

Dans les émeutes en Grèce, en décembre 2008, le prolétariat ne revendique rien et se considère contre le capital comme le fondement d’aucune alternative. Mais si ces émeutes ont été un mouvement de classe, elles n’ont pas été une lutte dans ce qui est la matrice même des classes : la production. C’est par là que ces émeutes ont pu accomplir cette chose capitale de produire et de viser l’appartenance de classe comme contrainte, mais elles n’ont pu le faire et atteindre ce point qu’en se heurtant comme à leur limite à ce plancher de verre de la production. Et la façon (objectifs, déroulement des émeutes, composition des émeutiers…) dont ce mouvement a produit cette contrainte extérieure a été intrinsèquement définie par cette limite : le rapport d’exploitation comme pure et simple coercition. C’est l’attaque des institutions et des formes de la reproduction sociale prises pour elles-mêmes qui d’un côté l’a constitué et a fait sa force qui en a simultanément exprimé ses limites.

Etudiants sans avenir, jeunes immigrés, travailleurs précaires, ils sont des prolétaires vivant au quotidien la reproduction des rapports sociaux capitalistes comme coercition, coercition incluse dans cette reproduction parce qu’ils sont prolétaires, mais la vivant quotidiennement comme séparée et aléatoire (accidentelle et non nécessaire) par rapport à la production même. Ils luttent à la fois dans ce moment de la coercition comme séparé et conçoivent et vivent cette séparation que comme un manque de leur propre lutte contre ce mode de production.

C’est par là que ce mouvement a produit l’appartenance de classe comme une contrainte extérieure, mais ce ne fut qu’ainsi. C’est par là qu’il se situe au niveau de ce cycle de luttes et en constitue un moment historique déterminant.

Les prolétaires se sont, par leur propre pratique, remis en cause comme prolétaires dans leur lutte, mais ils ne l’ont fait qu’en autonomisant, dans leurs attaques et leurs objectifs, les moments et les instances de la reproduction sociale. Reproduction et production du capital sont demeurées étrangères l’une à l’autre.

En 2009, en Guadeloupe, l’importance du chômage et de la part de la population vivant de « revenus d’assistance » ou d’une économie souterraine fait que revendiquer pour le salaire est une contradiction dans les termes. Cette contradiction a structuré le cours des événements entre un LKP centré sur les travailleurs stables (essentiellement la fonction publique) mais cherchant par la multiplication et l’infinie diversité des revendications à faire tenir ensemble les termes de cette contradiction et l’absurdité, pour la majorité des personnes engagées sur les barrages, dans les pillages et les attaques de bâtiments publics, de la revendication salariale centrale. La revendication a été déstabilisée dans le cours même de la lutte, elle fut contestée ainsi que sa forme d’organisation, mais les formes spécifiques de l’exploitation de l’ensemble de la population héritées d’une histoire coloniale ont pu empêcher que cette contradiction n’éclate plus violemment à l’intérieur même du mouvement (à noter cependant que le seul mort fut un syndicaliste tué sur un barrage). De ce point de vue, la production de l’appartenance de classe comme une contrainte extérieure fut plus un état sociologique et une sorte de schizophrénie qu’un enjeu de la lutte.

De façon générale, avec l’éclatement de la crise actuelle, il y a actuellement dans la revendication salariale une dynamique qu’elle ne pouvait avoir précédemment. Dynamique interne qui lui est donnée par l’ensemble de la relation entre prolétariat et capital dans le mode de production capitaliste tel qu’il est sorti de la restructuration et tel que maintenant il entre en crise. La revendication salariale a changé de signification.

Dans la succession des crises financières qui, depuis une vingtaine d’années, régulent le mode de valorisation actuel du capital, la crise des subprimes est la première à avoir pour point de départ non pas des actifs financiers se référant à des investissements en capital, mais à la consommation des ménages et plus précisément des ménages les plus pauvres. En cela elle est une crise spécifique de la relation salariale du capitalisme restructuré dont la diminution continue de la part des salaires dans la richesse produite tant dans les pays centraux que les pays émergents était (et demeure) définitoire.

Le « partage des richesses » de question essentiellement conflictuelle dans le mode de production capitaliste est devenu, en outre, tabou, ce que le récent mouvement de grèves et de blocages (octobre-novembre 2010) à la suite de la réforme du système des retraites en France est venu confirmer. Dans le capitalisme restructuré (dont nous connaissons actuellement le début de la crise), la reproduction de la force de travail a été l’objet d’une double déconnexion. D’une part déconnexion entre valorisation du capital et reproduction de la force de travail, d’autre part, déconnexion, par le crédit, entre la consommation et le salaire comme revenu.

Bien sûr, le partage de la journée de travail entre travail nécessaire et surtravail a toujours été définitoire de la lutte des classes. Mais, maintenant, dans la lutte sur ce partage, c’est paradoxalement dans ce qui définit le prolétariat, au plus profond de lui-même, comme une classe de ce mode de production et rien que cela, qu’apparaît pratiquement et conflictuellement que son existence de classe devient pour le prolétariat la limite de sa propre lutte en tant que classe. C’est là le caractère central actuel de la revendication salariale dans la lutte des classes. Dans le cours le plus trivial de la revendication salariale, le prolétariat voit son existence comme classe s’objectiver comme quelque chose qui lui est étranger dans la mesure où le rapport capitaliste lui-même le pose en son sein comme un étranger.

La crise actuelle a éclaté parce que des prolétaires n’ont plus pu payer leurs crédits. Elle a éclaté de par le rapport salarial même qui fondait la financiarisation de l’économie capitaliste : compression des salaires nécessaire à la « création de valeur » ; concurrence mondiale de la main-d’œuvre. C’est cette nécessité fonctionnelle qui, avec la crise des subprimes, fait retour de façon négative à l’intérieur du mode historique d’accumulation du capital. C’est le rapport salarial qui est maintenant au cœur de la crise actuelle[3]. La crise actuelle est le début de la phase de renversement des déterminations et de la dynamique du capitalisme tel qu’il était sorti de la restructuration des années 1970 et 1980.

c) Deux ou trois choses que l’on peut savoir d’elle
Comme non-capital, dissolution de toutes les conditions existantes (travail, échange, division du travail, propriété), le prolétariat trouve là le contenu de son action révolutionnaire comme mesures communistes : abolition de la propriété, de la division du travail, de l’échange, de la valeur. L’appartenance de classe comme contrainte extérieure est alors en elle-même un contenu, c’est-à-dire une pratique lorsque de manifestation de la limite de la lutte en tant que classe elle se dépasse en mesures de communisation. La communisation ce n’est rien d’autre que les mesures communistes pratiquées comme simples mesures de luttes par le prolétariat contre le capital.

C’est l’insuffisance de la plus-value par rapport au capital accumulé qui est au cœur de la crise de l’exploitation, s’il n’y avait pas au cœur  de la contradiction entre le prolétariat et le capital la question du travail productif de plus-value, s’il n’y avait qu’un problème de distribution, c’est-à-dire si la contradiction entre le prolétariat et le capital n’était pas une contradiction pour cela même, le mode de production capitaliste, dont elle est la dynamique, c’est-à-dire si ce n’était pas un « jeu qui produit l’abolition de sa règle », la révolution demeurerait un vœu pieux. La haine du capital, l’envie d’une autre vie ne sont que l’expression idéologique nécessaire de cette contradiction pour elle-même qu’est l’exploitation.

Ce n’est pas par une attaque du côté de la nature du travail comme productif de plus-value que la lutte revendicative est dépassée (on en reviendrait toujours à un problème de distribution), mais par une attaque du côté des moyens de production comme capital. L’attaque contre la nature de capital des moyens de production, c’est leur abolition comme valeur absorbant le travail pour se valoriser, c’est l’extension de la gratuité, la destruction qui peut être physique de certains moyens de production, leur abolition en tant qu’usine dans laquelle se définit ce qu’est un produit, c’est-à-dire les cadres de l’échange et du commerce, c’est leur définition, leur absorption dans les rapports intersubjectifs individuels, c’est l’abolition de la division du travail telle qu’elle est inscrite dans le zonage urbain, dans la configuration matérielle des bâtiments, dans la séparation entre la ville et la campagne, dans l’existence même de quelque chose que l’on appelle une usine ou un lieu de production. « Les rapports entre individus se sont figés dans les choses, parce que la valeur d’échange est de nature matérielle » (Marx, Fondements de la critique de l’économie politique, Ed. Anthropos, t.1, p.97). L’abolition de la valeur est une transformation concrète du paysage dans lequel nous vivons, c’est une géographie nouvelle. Abolir des rapports sociaux est une affaire très matérielle.

Dans le communisme l’appropriation n’a plus cours parce que c’est la notion même de « produit » qui est aboli. Bien sûr, il y a des objets qui servent à produire, d’autres qui sont directement consommés, d’autre qui servent aux deux. Mais parler de produits et se poser la question de leur circulation, de leur répartition ou de leur « cession », c’est-à-dire concevoir un moment de l’appropriation, présuppose des lieux de rupture, de « coagulation » de l’activité humaine : le marché dans les sociétés marchandes, la dépose et la prise au tas dans certaines visions du communisme. Le produit n’est pas une chose simple. Parler de produit, c’est supposer qu’un résultat de l’activité humaine apparaît comme fini face à un autre résultat ou au milieu d’autres résultats. Ce n’est pas du produit qu’il faut partir mais de l’activité.

Dans le communisme, c’est l’activité humaine qui est infinie parce qu’insécable. Elle  a des résultats concrets ou abstraits, mais ces résultats ne sont jamais des « produits » pour lesquels se poserait la question de leur appropriation ou de leur cession sous quelque modalité que cela soit. Si nous pouvons parler d’activité humaine infinie pour le communisme, c’est que déjà le mode de production capitaliste nous donne à voir, bien que contradictoirement, et non comme un « bon côté », l’activité humaine comme flux social global continu et le « general intellect » ou le « travailleur collectif » comme force dominante de la production. Ce caractère social de la production ne préfigure rien, il ne fait que rendre la base de la valeur contradictoire.

La destruction de l’échange ce sont des ouvriers attaquant les banques ou se trouvent leurs comptes et ceux des autres ouvriers, s’obligeant ainsi à se débrouiller sans, ce sont les travailleurs se communiquant et communiquant à la communauté leurs « produits » directement et sans marché et s’abolissant par là comme travailleurs, c’est l’obligation pour toute la classe à s’organiser pour aller chercher la nourriture dans les secteurs à communiser, etc. Il n’y a aucune mesure qui, en elle-même, prise isolément, soit le « communisme ». Ce qui est communiste, ce n’est pas la « violence » en soi, ni la « distribution » de la merde que nous lègue la société de classes, ni la « collectivisation » des machines à sucer de la plus-value, c’est la nature du mouvement qui relie ces actions, les sous-tend, en fait des moments d’un processus qui ne peut que communiser toujours plus ou être écrasé.

On ne peut mener une révolution  sans prendre de mesures communistes, sans dissoudre le travail salarié, communiser l’alimentation, le vêtement, le logement, se procurer toutes les armes (destructrices, mais aussi les télécommunications, la nourriture, etc.), intégrer les sans-réserves (y compris ceux que nous aurons réduits nous-mêmes à cet état), les chômeurs, les paysans ruinés, les étudiants paumés.

A partir du moment où on commence à consommer gratuitement, il faut reproduire ce qui est consommé, il faut s’emparer des moyens de transport, des télécommunications et entrer en contact avec les autres secteurs ; ce faisant on se heurte aux bandes armées adverses. L’affrontement avec l’Etat pose immédiatement le problème de l’armement, qui ne peut se résoudre qu’en mettant sur pied un réseau de distribution pour soutenir les combats sur une multiplicité de lieux quasiment infinie. Les activités militaires et sociales sont indissolubles, simultanées et s’interpénètrent, la constitution d’un front ou de zones de combat délimitées c’est la mort de la révolution. A partir du moment où les prolétaires défont les lois marchandes, ils ne peuvent plus s’arrêter. Chaque approfondissement social, chaque extension donnent chair et sang aux nouveaux rapports, permettent d’intégrer toujours plus de non-prolétaires à la classe communisatrice en train de se constituer et de se dissoudre simultanément, d’abolir toujours plus toute concurrence et division entre les prolétaires et de faire de cela le contenu et le déroulement de son affrontement armée contre ceux que la classe capitaliste peut encore mobiliser, intégrer et reproduire dans ses rapports sociaux.

Toutes les mesures de communisation devront être une action énergique pour le démantèlement des liens qui unissent nos ennemis et leurs supports matériels, destruction rapide, sans possibilité de retour. La communisation n’est pas la paisible organisation de la gratuité et d’un mode de vie agréable entre prolétaires. La dictature du mouvement social de communisation est le processus d’intégration de l’humanité au prolétariat en train de disparaître. La stricte délimitation du prolétariat par rapport aux autres classes, sa lutte contre toute production marchande sont en même temps un processus qui contraint les couches  de la petite bourgeoisie salariée, de la « classe de l’encadrement social » à rejoindre la classe communisatrice. Les prolétaires ne « sont » pas révolutionnaires comme le ciel « est » bleu, parce qu’ils « sont » salariés, exploités, ni même la dissolution des conditions existantes. En s’autotransformant, à partir de ce qu’ils sont, ils se constituent eux-mêmes en classe révolutionnaire. Le mouvement où le prolétariat se définit dans la pratique comme le mouvement de constitution de la communauté humaine est la réalité de l’abolition des clases. Le mouvement social en Argentine, parce qu’il y a été confronté, a posé la question des rapports entre prolétaires en activité, chômeurs, exclus et couches moyennes. Il n’a apporté que des réponses extrêmement parcellaires dont la plus intéressante est sans doute son organisation territoriale. La révolution qui ne peut plus être dans ce cycle de luttes que communisation dépasse le dilemme entre les alliances de classes léninistes ou démocratiques et « le prolétariat seul » de Gorter : deux types de défaites.

La seule façon de dépasser les conflits entre les chômeurs et les « avec-emploi », entre les qualifiés et les non-qualifiés est d’effectuer d’emblée, au cours de la lutte armée, des mesures de communisation qui suppriment la base même de cette division (ce que, confrontées à la question, les entreprises récupérées en Argentine n’ont tenté que très marginalement, se contentant le plus souvent – cf. Zanon – de quelques redistributions charitable aux groupes de piqueteros). Faute de cela, le capital jouera tout au long du mouvement sur cette fragmentation et trouvera chez les auto-organisés ses Noske et Schiedemann.

En fait, ce que déjà avait montré la révolution allemande c’est qu’il s’agit de dissoudre les couches moyennes en prenant des mesures communistes concrètes qui les contraignent à commencer à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire d’achever leur « prolétarisation ». De nos jours, dans les pays développés, la question est à la fois plus simple et plus dangereuse, d’un côté l’immense majorité de ces couches moyennes est salariée et n’a donc plus de fondement matériel à sa position sociale, son rôle d’encadrement et de direction de la coopération capitaliste est essentiel mais précarisé en permanence, sa position sociale dépend de mécanisme de prélèvement de fractions de la plus-value très fragile, mais d’un autre côté, pour ces mêmes raisons, sa proximité formelle avec le prolétariat la pousse à présenter dans les luttes de celui-ci des « solutions » gestionnaires alternatives, nationales ou démocratiques qui préserveraient ses propres positions.

La question essentielle que nous aurons à résoudre est de savoir comment on étend le communisme, avant qu’il soit étouffé dans les tenailles de la marchandise ; comment on intègre l’agriculture pour ne pas avoir à échanger avec les paysans ; comment on défait les liens échangistes de l’adversaire pour lui imposer la logique de la communisation des rapports et de l’emparement des biens, comment on dissout par la révolution le bloc de la trouille.

En conclusion, on n’abolit pas le capital pour le communisme mais par le communisme, plus précisément par sa production. En effet, les mesures communistes doivent être  distinguées du communisme : ce ne sont pas des embryons de communisme, c’est sa production. Ce n’est pas une période de transition, c’est la révolution, la communisation n’est que la production communiste du communisme. La lutte contre le capital est bien ce qui différencie les mesures communistes du communisme. L’activité révolutionnaire du prolétariat a toujours pour contenu de médier l’abolition du capital par son rapport au capital, ce n’est ni une branche d’une alternative en concurrence avec une autre, ni un immédiatisme du communisme.

Théorie Communiste


[1] Que la Chine ou l’Inde parviennent à se constituer pour elles-mêmes en tant que marché intérieur dépend d’une véritable révolution dans les campagnes (privatisation de la terre en Chine ; disparition de la petite propriété et des formes de métayages en Inde) mais aussi et surtout d’une reconfiguration du cycle mondial du capital supplantant la globalisation actuelle (une renationalisation des économies dépassant / conservant la globalisation, une définanciarisation du capital productif). C’est-à-dire que cette hypothèse est hors de notre portée conceptuelle actuelle car hors de ce cycle de luttes, elle suppose la révolution telle que ce cycle la porte battue et, dans cette défaite, une restructuration du mode de production capitaliste.

[2] Ces exemples sont en majorité français, la publication de ce texte aux Etats-Unis peut être une mise à l’épreuve des thèses qui y sont défendues.

[3] Il s’agit d’une crise où s’affirme l’identité de la suraccumulation et de la sous-consommation.

ENGLISH TRANSLATION

Communization in the Present Tense

Théorie Communiste (trans. Endnotes)

In the course of revolutionary struggle, the abolition of the state, of exchange, of the division of labour, of all forms of property, the extension of the situation where everything is freely available as the unification of human activity – in a word, the abolition of classes – are ‘measures’ that abolish capital, imposed by the very necessities of struggle against the capitalist class. The revolution is communization; it does not have communism as a project and result, but as its very content.

Communization and communism are things of the future, but it is in the present that we must speak about them. This is the content of the revolution to come that these struggles signal – in this cycle of struggles – each time that the very fact of acting as a class appears as an external constraint, a limit to overcome. Within itself, to struggle as a class has become the problem – it has become its own limit. Hence the struggle of the proletariat as a class signals and produces the revolution as its own supersession, as communization.

a) Crisis, restructuring, cycle of struggle: on the struggle of the proletariat as a class as its own limit

The principal result of the capitalist production process has always been the renewal of the capitalist relation between labour and its conditions: in other words it is a process of self-presupposition.

Until the crisis of the late 1960s, the workers’ defeat and the restructuring that followed, there was indeed the self-presupposition of capital, according to the latter’s concept, but the contradiction between proletariat and capital was located at this level through the production and confirmation, within this very self-presupposition, of a working class identity through which the cycle of struggles was structured as the competition between two hegemonies, two rival modes of managing and controlling reproduction. This identity was the very substance of the workers’ movement.

This worker’s identity, whatever the social and political forms of its existence (from the Communist Parties to autonomy; from the Socialist State to the workers’ councils), rested entirely on the contradiction which developed in this phase of real subsumption of labour under capital between, on the one hand, the creation and development of labour-power employed by capital in an ever more collective and social way, and on the other, the forms of appropriation by capital of this labour-power in the immediate production process, and in the process of reproduction. This is the conflictual situation which developed in this cycle of struggles as workers’ identity – an identity which found its distinguishing features and its immediate modalities of recognition in the ‘large factory’, in the dichotomy between employment and unemployment, work and training, in the submission of the labour process to the collectivity of workers, in the link between wages, growth and productivity within a national area, in the institutional representations that all this implied, as much in the factory as at the level of the state – i.e. in the delimitation of accumulation within a national area.

The restructuring was the defeat, in the late 1960s and the 1970s, of this entire cycle of struggles founded on workers’ identity; the content of the restructuring was the destruction of all that which had become an impediment to the fluidity of self-presupposition of capital. These impediments consisted on the one hand of all the separations, protections and specifications that were erected in opposition to the decline in value of labour-power, insofar as they prevented the whole working class as a whole, in the continuity of its existence, of its reproduction and expansion, from having to face as such the whole of capital. On the other hand there were all the constraints of circulation, turnover, and accumulation, which impeded the transformation of the surplus product into surplus-value and additional capital. Any surplus product must be able to find its market anywhere, any surplus value must be able to find the possibility of operating as additional capital anywhere, i.e. of being transformed into means of production and labour power, without any formalisation of the international cycle (such as the division into blocs, East and West, or into centre and periphery) predetermining this transformation. Financial capital was the architect of this restructuring. With the restructuring that was completed in the 1980s, the production of surplus-value and the reproduction of the conditions of this production coincided.

The current cycle of struggles is fundamentally defined by the fact that the contradiction between classes occurs at the level of their respective reproduction, which means that the proletariat finds and confronts its own constitution and existence as a class in its contradiction with capital. From this flows the disappearance of a worker’s identity confirmed in the reproduction of capital – i.e. the end of the workers’ movement and the concomitant bankruptcy of self-organisation and autonomy as a revolutionary perspective. Because the perspective of revolution is no longer a matter of the affirmation of the class, it can no longer be a matter of self-organisation. To abolish capital is at the same time to negate oneself as a worker and not to self-organise as such: it’s a movement of the abolition of enterprises, of factories, of the product, of exchange (whatever its form).

For the proletariat, to act as a class is currently, on the one hand, to have no other horizon than capital and the categories of its reproduction, and on the other, for the same reason, it is to be in contradiction with and to put into question its own reproduction as a class. This conflict, this rift in the action of the proletariat, is the content of class struggle and what is at stake in it. What is now at stake in these struggles is that, for the proletariat, to act as a class is the limit of its action as a class – this is now an objective situation of class struggle – and that the limit is constructed as such in the struggles and becomes class belonging as an external constraint. This determines the level of conflict with capital, and gives rise to internal conflicts within the struggles themselves. This transformation is a determination of the current contradiction between classes, but it is in every case the particular practice of a struggle at a given moment and in given conditions.

This cycle of struggles is the action of a recomposed working class. It consists, in the core areas of accumulation, in the disappearance of the great workers’ bastions and the proletarianization of employees; in the tertiarization of employment (maintenance specialists, equipment operators, truck drivers, shippers, stevedores, etc. – this type of employment now accounts for the majority of workers); in working in smaller companies or sites; in a new division of labour and of the working class with the outsourcing of low value-added processes (involving young workers, often temporary, without career prospects); in the generalisation of lean production; in the presence of young workers whose education has broken the continuity of generations succeeding each other and who overwhelmingly reject factory work and the working class condition in general; and in offshoring.

Large concentrations of workers in India and China form part of a global segmentation of the labour force. They can neither be regarded as a renaissance elsewhere of what has disappeared in ‘the West’ in terms of their global definition, nor in terms of their own inscription in the national context. It was a social system of existence and reproduction that defined working class identity and was expressed in the workers’ movement, and not the mere existence of quantitative material characteristics.[1]

From daily struggles to revolution, there can only be a rupture. But this rupture is signalled in the daily course of the class struggle each time that class belonging appears, within these struggles, as an external constraint which is objectified in capital, in the very course of the proletariat’s activity as a class. Currently, the revolution is predicated on the supersession of a contradiction which is constitutive of the class struggle: for the proletariat, being a class is the obstacle that its struggle as a class must get beyond. With the production of class belonging as an external constraint, it is possible to understand the tipping point of the class struggle – its supersession – as a produced supersession, on the basis of current struggles. In its struggle against capital, the class turns back against itself, i.e. it treats its own existence, everything that defines it in its relation to capital (and it is nothing but this relation), as the limit of its action. Proletarians do not liberate their ‘true individuality’, which is denied in capital: revolutionary practice is precisely the coincidence between the change in circumstances and that in human activity or self-transformation.

This is the reason why we can currently speak of communism, and speak of it in the present as a real, existing movement. It is now a fact that revolution is the abolition of all classes, insofar as action as a class of the proletariat is, for itself, a limit. This abolition is not a goal that is set, a definition of revolution as a norm to be achieved, but a current content in what the class struggle is itself. To produce class belonging as an external constraint is, for the proletariat, to enter into conflict with its previous situation; this is not ‘liberation’, nor is it ‘autonomy’. This is the ‘hardest step to take’ in the theoretical understanding and practice of contemporary struggles.

The proletariat does not thereby become a ‘purely negative’ being. To say that the proletariat only exists as a class in and against capital, that it produces its entire being, its organisation, its reality and its constitution as a class in capital and against it, is to say that it is the class of surplus-value producing labour. What has disappeared in the current cycle of struggles, following the restructuring of the 1970s and 1980s, is not this objective existence of the class, but is rather the confirmation of a proletarian identity in the reproduction of capital.

The proletariat can only be revolutionary by recognising itself as a class; it recognises itself as such in every conflict, and it has to do so all the more in the situation in which its existence as a class is that which it has to confront in the reproduction of capital. We must not be mistaken as to the content of this ‘recognition’. For the proletariat to recognise itself as a class will not be its ‘return to itself’ but rather a total extroversion (a self-externalisation) as it recognises itself as a category of the capitalist mode of production. What we are as a class is immediately nothing other than our relation to capital. For the proletariat, this ‘recognition’ will in fact consist in a practical cognition, in conflict, not of itself for itself, but of capital – i.e. its de-objectification. The unity of the class can no longer constitute itself on the basis of the wage and demands-based struggle, as a prelude to its revolutionary activity. The unity of the proletariat can only be the activity in which it abolishes itself in abolishing everything that divides it.

From struggles over immediate demands to revolution, there can only be a rupture, a qualitative leap. But this rupture is not a miracle, it is not an alternative; neither is it the simple realisation on the part of the proletariat that there is nothing else to do than revolution in the face of the failure of everything else. ‘Revolution is the only solution’ is just as inept as talk of the revolutionary dynamic of demands-based struggles. This rupture is produced positively by the unfolding of the cycle of struggles which precedes it; it is signalled in the multiplication of rifts within the class struggle.

As theorists we are on the look-out for, and we promote, these rifts within the class struggle of the proletariat through which it calls itself into question; in practice, we are actors in them when we are directly involved. We exist in this rupture, in this rift in the proletariat’s activity as a class. There is no longer any perspective for the proletariat on its own basis as class of the capitalist mode of production, other than the capacity to supersede its class existence in the abolition of capital. There is an absolute identity between being in contradiction with capital and being in contradiction with its own situation and definition as a class.

It is through this rift within action as a class itself that communization becomes a question in the present. This rift within the class struggle, in which the proletariat has no other horizon than capital, and thus simultaneously enters into contradiction with its own action as a class, is the dynamic of this cycle of struggles. Currently the class struggle of the proletariat has identifiable elements or activities which signal its own supersession in its own course.

b) Struggles producing theory[2]

The theory of this cycle of struggle, as it has been presented above, is not an abstract formalization which will then prove that it conforms to reality through examples. It is its practical existence, rather than its intellectual veracity, that it proves in the concrete. It is a particular moment of struggles which themselves are already theoretical (in the sense that they are productive of theory), insofar as they have a critical relation vis-à-vis themselves.

Most often, these are not earthshaking declarations or ‘radical’ actions but rather all the practices of the proletariat of flight from, or rejection of, its own condition. In current strikes over layoffs, workers often no longer demand to keep their jobs, but increasingly they fight for substantial redundancy payments instead. Against capital, labour has no future. It was already strikingly evident in the so-called “suicidal” struggles of the Cellatex firm in France, where workers threatened to discharge acid into a river and to blow up the factory, threats which were not carried out but which were widely imitated in other conflicts over the closure of firms, that the proletariat is nothing if it is separated from capital and that it bears no future within itself, from its own nature, other than the abolition of that by which it exists. It is the de-essentialization of labour which becomes the very activity of the proletariat: both tragically, in its struggles without immediate perspectives (i.e. its suicidal struggles), and as demand for this de-essentialization, as in the struggles of the unemployed and the precarious in the winter of 1998 in France.

Unemployment is no longer clearly separated from employment. The segmentation of the labour force; flexibility; outsourcing; mobility; part-time employment; training; internships and informal work have blurred all the separations.

In the French movement of 1998, and more generally in the struggles of the unemployed in this cycle of struggles, it was the definition of the unemployed which was upheld as the point of departure for the reformulation of waged employment. The need for capital to measure everything in labour time and to posit the exploitation of labour as a matter of life or death for it is simultaneously the de-essentialization of living labour relative to the social forces that capital concentrates in itself. This contradiction, inherent in capitalist accumulation, which is a contradiction in capital-in-process, takes the very particular form of the definition of the class vis-à-vis capital; the unemployment of the class claims for itself the status of being the starting-point for such a definition. In the struggles of the unemployed and the precarious, the struggle of the proletariat against capital makes this contradiction its own, and champions it. The same thing occurs when workers who have been sacked don’t demand jobs but severance pay instead.

In the same period, the Moulinex employees who had been made redundant set fire to a factory building, thus inscribing themselves in the dynamic of this cycle of struggles, which makes the existence of the proletariat as a class the limit of its class action. Similarly, in 2006, in Savar, 50km north of Dhaka, Bangladesh, two factories were torched and a hundred others ransacked after workers had not been paid for three months.   In Algeria, minor wage demands turned into riots, forms of representation were dismissed without new ones being formed, and it was the entirety of the living conditions and reproduction of the proletariat which came into play beyond the demands made by the immediate protagonists of the strike. In China and India, there’s no prospect of the formation of a vast workers’ movement from the proliferation of various types of demands-based action affecting all aspects of life and the reproduction of the working class. These demands-based actions often turn paradoxically on the destruction of the conditions of labour, i.e. of their own raison d’être.

In the case of Argentina, people self-organised as the unemployed of Mosconi, as the workers of Brukman, as slum-residents…, but in self-organizing they immediately came up against what they were as an obstacle, which, in the struggle, became that which had to be overcome, and which was seen as such in the practical modalities of these self-organised movements. The proletariat cannot find within itself the capacity to create other inter-individual relations, without overturning and negating what it is itself in this society, i.e. without entering into contradiction with autonomy and its dynamic. Self-organisation is perhaps the first act of revolution, but all the following acts are directed against it (i.e. against self-organisation). In Argentina it was the determinations of the proletariat as a class of this society (i.e. property, exchange, the division of labour, the relation between men and women …) which were effectively undermined by the way productive activities were undertaken, i.e. in the actual modalities of their realisation. It is thus that the revolution as communization becomes credible.

In France in November 2005, in the banlieues, the rioters didn’t demand anything, they attacked their own condition, they made everything that produces and defines them their target. Rioters revealed and attacked the proletarian situation now: the worldwide precarization of the labour force. In doing so they immediately made obsolete, in the very moment in which such a demand could have been articulated, any desire to be an ‘ordinary proletarian’.

Three months later, in spring 2006, still in France, as a demands-based movement, the student movement against the CPE could only comprehend itself by becoming the general movement of the precarious; but in doing so it would either negate its own specificity, or it would inevitably be forced to collide more or less violently with all those who had shown in the riots of November 2005 that the demand to be an ‘ordinary proletarian’ was obsolete. To achieve the demand through its expansion would in effect be to sabotage it. What credibility was there in a link-up with the November rioters on the basis of a stable job for all? On the one hand, this link-up was objectively inscribed in the genetic code of the movement; on the other hand, the very necessity of this link-up induced an internal love-hate dynamic, just as objective, within the movement. The struggle against the CPE was a movement of demands, the satisfaction of which would have been unacceptable to itself as a movement of demands.

In the Greek riots, the proletariat didn’t demand anything, and didn’t consider itself to be opposed to capital as the foundation of any alternative. But if these riots were a movement of the class, they didn’t constitute a struggle in what is the very matrix of classes: production. It is in this way that these riots were able to make the key achievement of producing and targeting class belonging as a constraint, but they could only reach this point by confronting this glass floor of production as their limit. And the ways in which this movement produced this external constraint (the aims, the unfolding of the riots, the composition of the rioters…) was intrinsically defined by this limit: the relation of exploitation as coercion pure and simple. Attacking institutions and the forms of social reproduction, taken in themselves, was on the one hand what constituted the movement, and what constituted its force, but this was also the expression of its limits.

Students without a future, young immigrants, precarious workers, these are all proletarians who every day live the reproduction of capitalist social relations as coercion; coercion is included in this reproduction because they are proletarians, but they experience it every day as separated and aleatory (accidental and non-necessary) in relation to production itself. At the same time as they struggle in this moment of coercion which they experience as separated, they only conceive of and live this separation as a lack in their own struggle against this mode of production.

It is in this way that this movement produced class belonging as an exterior constraint, but only in this way. It is in this way that it locates itself at the level of this cycle of struggles and is one of its determining historical moments.

In their own practice and in their struggle, proletarians called themselves into question as proletarians, but only by autonomizing the moments and the instances of social reproduction in their attacks and their aims. Reproduction and production of capital remained foreign to each other.

In Guadeloupe, the importance of unemployment, and of the part of the population that lives from benefits and or from an underground economy, means that wage-demands are a contradiction in terms. This contradiction structured the course of events between, on the one hand, the LKP, which was centered on permanent workers (essentially in public services) but which attempted to hold the terms of this contradiction together through the multiplication and the infinite diversity of demands, and, on the other, the absurdity of central wage-demands for the majority of people on the barricades, in the looting, and in the attacks on public buildings. The demand was destabilized in the very course of the struggle; it was contested, as was its form of organization, but the specific forms of exploitation of the entire population, inherited from its colonial history, were able to prevent this contradiction from breaking out more violently at the heart of the movement (it is important to note that the only death was that of a trade-unionist killed on a barricade). From this point of view, the production of class belonging as an external constraint was more a sociological state, more a sort of schizophrenia, than something at stake in the struggle.

In general, with the outbreak of the current crisis, the wage demand is currently characterized by a dynamic that wasn’t previously possible. It is an internal dynamic which comes about as a result of the whole relation between proletariat and capital in the capitalist mode of production such as it emerged from the restructuring and such as it is now entering into crisis. The wage demand has changed its meaning.

In the succession of financial crises which for the last twenty years or so have regulated the current mode of valorisation of capital, the subprime crisis is the first to have taken as its point of departure not the financial assets that refer to capital investments, but household consumption, and more precisely that of the poorest households. In this respect it inaugurates a specific crisis of the wage relation of restructured capitalism, in which the continual decrease in the share of wages in the wealth produced, both in the core countries and in the emerging ones, remains definitive.

The ‘distribution of wealth’, from being essentially conflictual in the capitalist mode of production, has become taboo, as was confirmed in the recent movement of strikes and blockades (October-November 2010) following the reform of the pensions system in France. In restructured capitalism (the beginnings of the crisis of which we are currently experiencing), the reproduction of labour power was subjected to a double decoupling. On the one hand a decoupling between the valorization of capital and the reproduction of labour power and, on the other, a decoupling between consumption and the wage as income.

Of course, the division of the working day into necessary and surplus labour has always been definitive of the class struggle. But now, in the struggle over this division, it is paradoxically in the proletariat’s definition to the very depth of its being as a class of this mode of production, and as nothing else, that it is apparent in practice, and in a conflictual way, that its existence as a class is the limit of its own struggle as a class. This is currently the central character of the wage demand in class struggle. In the most trivial course of the wage demand, the proletariat sees its own existence as a class objectify itself as something which is alien to it to the extent that the capitalist relation itself places it in its heart as something alien.

The current crisis broke out because proletarians could no longer repay their loans. It broke out on the very basis of the wage relation which gave rise to the financialization of the capitalist economy: wage cuts as a requirement for ‘value creation’ and global competition within the labour force. It was this functional necessity that returned, but in a negative fashion, within the historical mode of capital accumulation with the detonation of the subprime crisis. It is now the wage relation that is at the core of the current crisis.[3] The current crisis is the beginning of the phase of reversal of the determinations and dynamic of capitalism as it had emerged from the restructuring of the 1970s and 1980s.

c) Two or three things we know about it

It is because the proletariat is not-capital, because it is the dissolution of all existing conditions (labour, exchange, division of labour, property), that it finds here the content of its revolutionary action as communist measures: the abolition of property, of the division of labour, of exchange and of value. Class belonging as external constraint is thus in itself a content, that is to say a practice, which supersedes itself in communizing measures when the limit of the struggle as a class is manifested. Communization is nothing other than communist measures taken as simple measures of struggle by the proletariat against capital.

It is the paucity of surplus-value relative to accumulated capital which is at the heart of the crisis of exploitation: if, at the heart of the contradiction between the proletariat and capital there was not the question of labour which is productive of surplus-value; if there was only a problem of distribution, i.e. if the contradiction between the proletariat and capital wasn’t a contradiction for the very thing, namely the capitalist mode of production, whose dynamic it constitutes; i.e. if it was not a ‘game which produces the abolition of its own rule’, the revolution would remain a pious wish. Hatred of capital and the desire for another life are only the necessary ideological expressions of this contradiction for-itself which is exploitation.

It is not through an attack on the side of the nature of labour as productive of surplus-value that the demands-based struggle is superseded (which would always devolve back to a problem of distribution), but through an attack on the side of the means of production as capital. The attack against the capitalist nature of the means of production is their abolition as value absorbing labour in order to valorise itself; it is the extension of the situation where everything is freely available, the destruction (perhaps physical) of certain means of production, their abolition as the factories in which it is defined what it is to be a product, i.e. the matrices of exchange and commerce; it is their definition, their absorption in individual, intersubjective relations; it is the abolition of the division of labour such as it is inscribed in urban zoning, in the material configuration of buildings, in the separation between town and country, in the very existence of something which is called a factory or a point of production. Relations between individuals are fixed in things, because exchange value is by nature material.[4] The abolition of value is a concrete transformation of the landscape in which we live, it is a new geography. The abolition of social relations is a very material affair.

In communism, appropriation no longer has any currency, because it is the very notion of the ‘product’ which is abolished. Of course, there are objects which are used to produce, others which are directly consumed, and others still which are used for both. But to speak of ‘products’ and to pose the question of their circulation, their distribution or their ‘transfer’, i.e. to conceive a moment of appropriation, is to presuppose points of rupture, of ‘coagulation’ of human activity: the market in market societies, the depot where goods are freely available in certain visions of communism. The ‘product’ is not a simple thing. To speak of the ‘product’ is to suppose that a result of human activity appears as finite vis-à-vis another such result or the sphere of other such results. It is not from the ‘product’ that we must proceed, but from activity.

In communism, human activity is infinite because it is indivisible. It has concrete or abstract results, but these results are never ‘products’, for that would raise the question of their appropriation or of their transfer under some given mode. If we can speak of infinite human activity in communism, it is because the capitalist mode of production already allows us to see – albeit contradictorily and not as a ‘good side’ – human activity as a continuous global social flux, and the ‘general intellect’ or the ‘collective worker’ as the dominant force of production. The social character of production does not prefigure anything: it merely renders the basis of value contradictory.

The destruction of exchange means the workers attacking the banks which hold their accounts and those of other workers, thus making it necessary to do without; it means the workers communicating their ‘products’ to themselves and the community directly and without a market, thereby abolishing themselves as workers; it means the obligation for the whole class to organise itself to seek food in the sectors to be communized, etc. There is no measure which, in itself, taken separately, is ‘communism’. What is communist is not ‘violence’ in itself, nor ‘distribution’ of the shit that we inherit from class society, nor ‘collectivization’ of surplus-value sucking machines: it is the nature of the movement which connects these actions, underlies them, renders them the moments of a process which can only communize ever further, or be crushed.

A revolution cannot be carried out without taking communist measures: dissolving wage labour; communizing supplies, clothing, housing; seizing all the weapons (the destructive ones, but also telecommunications, food, etc.); integrating the destitute (including those of us who will have reduced ourselves to this state), the unemployed, ruined farmers, rootless drop-out students.

From the moment in which we begin to consume freely, it is necessary to reproduce that which is consumed; it is thus necessary to seize the means of transport, of telecommunications, and enter into contact with other sectors; so doing, we will run up against the opposition of armed groups. The confrontation with the state immediately poses the problem of arms, which can only be solved by setting up a distribution network to support combat in an almost infinite multiplicity of places. Military and social activities are inseparable, simultaneous, and mutually interpenetrating: the constitution of a front or of determinate zones of combat is the death of the revolution. From the moment in which proletarians dismantle the laws of commodity relations, there is no turning back. The deepening and extension of this social process gives flesh and blood to new relations, and enables the integration of more and more non-proletarians to the communizing class which is simultaneously in the process of constituting and dissolving itself. It permits the abolition to an ever greater extent of all competition and division between proletarians, making this the content and the unfolding of its armed confrontation with those whom the capitalist class can still mobilise, integrate and reproduce within its social relations.

This is why all the measures of communization will have to be a vigorous action for the dismantling of the connections which link our enemies and their material support: these will have to be rapidly destroyed, without the possibility of return. Communization is not the peaceful organisation of the situation where everything is freely available and of a pleasant way of life amongst proletarians. The dictatorship of the social movement of communization is the process of the integration of humanity into the proletariat which is in the process of disappearing. The strict delimitation of the proletariat in comparison with other classes and its struggle against all commodity production are at the same time a process which constrains the strata of the salaried petite-bourgeoisie, the class of social (middle-) management, to join the communizing class. Proletarians ‘are’ not revolutionaries like the sky ‘is’ blue, merely because they ‘are’ waged and exploited, or even because they are the dissolution of existing conditions. In their self-transformation, which has as its point of departure what they are, they constitute themselves as a revolutionary class. The movement in which the proletariat is defined in practice as the movement of the constitution of the human community is the reality of the abolition of classes. The social movement in Argentina was confronted by, and posed, the question of the relations between proletarians in employment, the unemployed, and the excluded and middle strata. It only provided extremely fragmentary responses, of which the most interesting is without doubt that of its territorial organisation. The revolution, which in this cycle of struggles can no longer be anything but communization, supersedes the dilemma between the Leninist or democratic class alliances and Gorter’s ‘proletariat alone’: two different types of defeat.

The only way of overcoming the conflicts between the unemployed and those with jobs, between the skilled and the unskilled, is to carry out measures of communization which remove the very basis of this division, right from the start and in the course of the armed struggle. This is something which the occupied factories in Argentina, when confronted by this question, tried only very marginally, being generally satisfied (cf. Zanon) with some charitable redistribution to groups of piqueteros. In the absence of this, capital will play on this fragmentation throughout the movement, and will find its Noske and Scheidemann amongst the self-organized.

In fact, as already shown by the German revolution, it is a question of dissolving the middle strata by taking concrete communist measures which compel them to begin to join the proletariat, i.e. to achieve their ‘proletarianization’. Nowadays, in developed countries, the question is at the same time simpler and more dangerous. On the one hand a massive majority of the middle strata is salaried and thus no longer has a material base to its social position; its role of management and direction of capitalist cooperation is essential but ever rendered precarious; its social position depends upon the very fragile mechanism of the subtraction of fractions of surplus value. On the other hand, however, and for these very same reasons, its formal proximity to the proletariat pushes it to present, in these struggles, national or democratic alternative managerial ‘solutions’ which would preserve its own positions.

The essential question which we will have to solve is to understand how we extend communism, before it is suffocated in the pincers of the commodity; how we integrate agriculture so as not to have to exchange with farmers; how we do away with the exchange-based relations of our adversary to impose on him the logic of the communization of relations and of the seizure of goods; how we dissolve the block of fear through the revolution.

To conclude, capital is not abolished for communism but through communism, more precisely through its production. Indeed, communist measures must be distinguished from communism: they are not embryos of communism, but rather they are its production. This is not a period of transition, it is the revolution: communization is only the communist production of communism. The struggle against capital is what differentiates communist measures from communism. The revolutionary activity of the proletariat always has as its content the mediation of the abolition of capital through its relation to capital: this is neither one branch of an alternative in competition with another, nor communism as immediatism.

Notes

[1] For China and India to manage to constitute themselves as their own internal market would depend on a veritable revolution in the countryside (i.e. the privatisation of land in China and the disappearance of small holdings and tenant farming in India) but also and above all on a reconfiguration of the global cycle of capital, supplanting the present globalisation (i.e. this would mean a renationalization of economies, superseding / preserving globalization, and a definancialization of productive capital).

[2] These examples are mostly French; publication of this text in Britain and the United States provides an opportunity to test the theses that are defended here.

[3] It is a crisis in which the identity of overaccumulation and of under-consumption asserts itself.

[4] “(T)hat thing [money] is an objectified relation between persons (…) it is objectified exchange value, and exchange value is nothing more than a mutual relation between people’s productive activities.” Marx, Grundrisse (Harmondsworth: Penguin, 1973), p. 160.

  1. A.D.
    24/06/2011 à 13:25 | #1

    revolution will not be televized
    nor facebookized

  2. CLN
    09/02/2012 à 18:56 | #2

    la traduction en allemand

    „Wir sprechen von Kommunisierung im Präsens“

    Crée par: Théorie Communiste (Compte utilisateur: Le Réveil). Crée le: 23.01.2012 – 22:26. Commentaires: 1

    Dieser „kurze“ Text, der geschrieben wurde, um „Théorie Communiste“ in einem englischsprachigen Buch zu präsentieren, fasst auf eine sehr klare Art und Weise die Positionen dieser manchmal schwer zugänglichen Zeitschrift zusammen. Es fehlen die jüngsten Entwicklungen bezüglich der Gender-Unterscheidung, die für die noch nicht erschienene Nr. 24 der Zeitschrift von TC angekündigt sind.

    Im Laufe des revolutionären Kampfes sind die Aufhebung des Staates, des Austausches, der Arbeitsteilung, jeglicher Form des Eigentums, die Ausdehnung der Unentgeltlichkeit zur Vereinigung der menschlichen Tätigkeit, d.h. die Aufhebung der Klassen, „Massnahmen“, welche das Kapital aufheben und uns von den Notwendigkeiten selbst des Kampfes gegen die kapitalistische Klasse aufgezwungen werden. Die Revolution ist Kommunisierung, der Kommunismus ist nicht ihr Projekt und Resultat, sondern ihr Inhalt.

    Die Kommunisierung und der Kommunismus sind etwas kommendes, doch wir müssen im Präsens davon sprechen. Es ist der Inhalt der kommenden Revolution, der die Kämpfe ankündigen, jedes Mal, wenn, im gegenwärtigen Zyklus der Kämpfe, die Tatsache, als Klasse im Kampf gegen das Kapital zu handeln als äusserer Zwang erscheint, als eine zu überwindende Grenze. Es ist der Kampf als Klasse, der, in sich selbst, zum Problem geworden ist, zu seiner eigenen Grenze. Dadurch verkündet und produziert er als seine Überwindung die Revolution als Kommunisierung.

    a) Krise, Restrukturierung, Kampfzyklus: vom Kampf als Klasse als Grenze seiner selbst

    Das Hauptresultat des kapitalistischen Produktionsprozesses war schon immer die Erneuerung des kapitalistischen Verhältnisses zwischen der Arbeit und ihren Bedingungen: man könnte auch von einem Prozess der Selbstvoraussetzung sprechen.

    Bis zur Krise Ende der 1960er Jahre, der Niederlage der Arbeiter und der Restrukturierung, die darauf folgte, existierte die Selbstvoraussetzung des Kapitals gemäss dem Konzept des Kapitals, doch der Widerspruch zwischen Proletariat und Kapital hatte seinen Platz auf der Ebene der Produktion und der Bestätigung, innerhalb dieser Selbstvoraussetzung, einer Arbeiteridentität, durch welche sich der Kampfzyklus als Konkurrenz zwischen zwei Hegemonien, zwei Verwaltungen, zwei Arten der Kontrolle der Reproduktion strukturierte. Diese Identität war die Substanz selbst der Arbeiterbewegung.

    Diese Arbeiteridentität, wie auch immer die sozialen und politischen Formen ihrer Existenz sein mögen (von den kommunistischen Parteien bis zur Autonomie; vom sozialistischen Staat bis zur den Arbeiterräten), gründete in ihrer Totalität auf dem Widerspruch, der sich in dieser Phase der realen Unterordnung der Arbeit unter das Kapital entwickelte, zwischen, einerseits, der Schaffung und Entwicklung einer Arbeitskraft, die vom Kapital auf eine immer kollektivere und sozialere Art und Weise bewerkstelligt wurde, und, andererseits, den Formen der Aneignung dieser Arbeitskraft durch das Kapital im unmittelbaren Produktions- und im Reproduktionsprozess. Das ist die konfliktuelle Situation, die sich in diesem Kampfzyklus als Arbeiteridentität entwickelte, die ihre Prägungen und ihre unmittelbaren Auffassungsmodalitäten in der „grossen Fabrik“ fand; in der Dichotomie zwischen Anstellung und Arbeitslosigkeit, Arbeit und Ausbildung; in der Unterwerfung des Arbeitsprozesses unter das Sammeln der Arbeiter; im Verhältnis zwischen Löhnen, Wachstum und Produktivität innerhalb eines nationalen Territoriums; in den institutionellen Repräsentationen, welche all dies implizierte, sowohl in der Fabrik als auch auf Staatsebene; in der Abriegelung der Akkumulation innerhalb eines nationalen Territoriums.

    Die Restrukturierung als Niederlage, Ende der 1960er Jahre und während den 1970er Jahren, dieses auf die Arbeiteridentität gegründeten Kampfzyklus’ hatte als Inhalt die Zerstörung all dessen, was zu einem Hindernis der Fluidität der Selbstvoraussetzung des Kapitals geworden war. Man fand einerseits alle Trennungen, Absicherungen, Vorschriften, welche der Wertminderung der Arbeitskraft entgegen standen, da sie verhinderten, dass die gesamte Arbeiterklasse, weltweit, in der Kontinuität seiner Existenz, seiner Reproduktion und seiner Vergrösserung, sich als solche dem gesamten Kapital stellen musste. Man fand andererseits alle Zwänge des Kreislaufs, des Umschlags, der Akkumulation, welche die Umwandlung der Überproduktion in Mehrwert und zusätzliches Kapital verhinderten. Jegliche Überproduktion muss überall ihren Markt, jeglicher Mehrwert überall seine Möglichkeit, als zusätzliches Kapital zu operieren, d.h. die Möglichkeit, sich in Produktionsmittel und Arbeitskraft umzuwandeln, finden können, ohne dass eine Formalisierung des internationalen Zyklus’ (Ostblock, Peripherie) diese Umwandlung überbestimmt. Das Finanzkapital war der leitende Architekt dieser Restrukturierung. Mit der in den 1980er Jahren vollendeten Restrukturierung fallen die Mehrwertproduktion und die Reproduktion der Produktionsbedingungen desselben zusammen.

    Der aktuelle Kampfzyklus definiert sich also durch die Tatsache, dass der Widerspruch der Klassen sich auf der Ebene ihrer jeweiligen Reproduktion verknotet, was bedeutet, dass das Proletariat in seinem Widerspruch zum Kapital seine eigene Bildung und Existenz als Klasse findet und damit konfrontiert ist. Die Konsequenz davon ist das Verschwinden einer bestätigten Arbeiteridentität in der Reproduktion des Kapitals, das Ende der Arbeiterbewegung und der damit einher gehende Bankrott der Selbstorganisation und der Autonomie als revolutionäre Perspektiven. Weil die Perspektive der Revolution sich nicht mehr im Rahmen der Bestätigung der Klasse befindet, kann sie sich auch nicht mehr im Rahmen der Selbstorganisation befinden. Das Kapital aufzuheben bedeutet, sich selber als Arbeiter zu negieren und nicht sich als solcher selbst zu organisieren, es ist eine Bewegung zur Aufhebung der Unternehmen, der Fabriken, des Produktes, des Austausches (wie auch immer seine Form sein mag).

    Als Klasse zu handeln bedeutet gegenwärtig einerseits, nur das Kapital und seine Reproduktionskategorien als Horizont zu haben, andererseits, und aus diesem Grund, im Widerspruch mit der Reproduktion seiner eigenen Klasse zu stehen, sie in Frage zu stellen. Dieser Konflikt, diese Diskrepanz im Handeln des Proletariats ist der Inhalt und das zentrale Thema im Klassenkampf. Dass für das Proletariat das Handeln als Klasse die Grenze seines Handelns als Klasse darstellt, ist heute eine objektive Situation des Klassenkampfes, dass diese Grenze in den Kämpfen als solche konstruiert wird und dass sie zur Klassenzugehörigkeit als äusserer Zwang wird, ist ein zentrales Thema im Klassenkampf: Ebene des Konflikts mit dem Kapital; Konflikte innerhalb der Kämpfe. Diese Transformation ist eine Bestimmung des aktuellen Widerspruchs zwischen den Klassen, doch sie ist jedes mal eine spezifische Praxis eines Kampfes zu einem gegebenen Zeitpunkt, in den gegebenen Bedingungen.

    Dieser Kampfzyklus ist der Akt einer gewandelten Arbeiterklasse. Es handelt sich in den zentralen Territorien der Akkumulation um das Verschwinden der grossen Arbeiterhochburgen und um die Proletarisierung der Angestellten, um die Tertiärisierung der Arbeitsstellen (Unterhaltsspezialisten, Baumaschinenführer, Lastwagenfahrer, Auslieferer, Lagerarbeiter etc. – diese Art von Stelle haben heute die Mehrheit der Arbeiter), um Arbeit in kleineren Unternehmen oder Produktionsstätten, um eine neue Teilung der Arbeit und der Arbeiterklasse mit der Ausgliederung der Tätigkeiten mit geringem Mehrwert (junge Arbeiter, häufig interimistisch, ohne Berufsperspektive), um die Verallgemeinerung des Just-in-Time-Managements, um die Präsenz junger Arbeiter, für welche die Schulzeit das Band der Generationen durchschnitten hat und welche die Arbeit in der Fabrik und die Arbeiterbedingung allgemein massiv ablehnen, um Delokalisierungen.

    Die grossen Arbeiterkonzentrationen in Indien oder China stehen in Verbindung mit dieser weltweiten Segmentierung der Arbeitskraft, sowohl hinsichtlich ihrer globalen Definition als auch durch ihren eigenen nationalen Kontext können sie nicht als Wiedergeburt dessen, was im „Westen“ verschwunden ist, betrachtet werden. Es ist ein soziales Existenz- und Reproduktionssystem, das die Arbeiteridentität definierte und das sich in der Arbeiterbewegung ausdrückte, nicht eine simple Existenz von quantitativen materiellen Charakteristika (1).

    Von den alltäglichen Kämpfen zur Revolution muss es zwingend einen Bruch geben. Dieser Bruch zeichnet sich im alltäglichen Verlauf des Klassenkampfes ab, jedes Mal wenn innerhalb desselben die Klassenzugehörigkeit für das Proletariat im Verlauf selbst seiner Tätigkeit als Klasse als äusserer, im Kapital verdinglichter Zwang erscheint. Im Moment hängt die Revolution von der Überwindung eines grundlegenden Widerspruchs des Klassenkampfes ab: eine Klasse zu sein ist für das Proletariat das Hindernis, das sein Kampf als Klasse überwinden muss. Mit der Produktion der Klassenzugehörigkeit als äusserer Zwang, kann man, von den heutigen Klassenkämpfen ausgehend, den Kipp-Punkt des Klassenkampfes verstehen, seine Überwindung als produzierte Überwindung: die Klasse wendet sich im Kampf gegen das Kapital gegen sich selbst, d.h., dass sie ihre eigene Existenz, alles, was sie in ihrem Verhältnis zum Kapital definiert (und sie ist nur dieses Verhältnis) als Grenze ihres Handelns behandelt. Die Proletarier befreien nicht ihre „wahre Individualität“, die vom Kapital negiert wird, revolutionäre Praxis ist eben genau das Zusammentreffen sich ändernder Umstände und der menschlichen Tätigkeit oder Selbstveränderung.

    Somit können wir heute von Kommunismus sprechen und im Präsens davon sprechen. Dass die Revolution die Aufhebung aller Klassen ist, existiert als aktuelle Tatsache in dem Sinne, dass das Handeln als Klasse des Proletariats, für sich selbst, eine Grenze darstellt. Diese Aufhebung ist nicht ein Ziel, das man sich vornimmt, eine Definition der Revolution als zu erreichende Norm, sondern ein aktueller Inhalt in dem, was der Klassenkampf selbst ist. Die Klassenzugehörigkeit als äusseren Zwang zu produzieren bedeutet für das Proletariat, mit seiner früheren Situation in Konflikt zu treten, es ist keine „Befreiung“, es ist keine „Autonomie“. Es ist der „schreckliche zu gehende Schritt“ im theoretischen Verständnis und in der Praxis aktueller Kämpfe.

    Daraus folgt allerdings nicht, dass das Proletariat zu einem „rein negativen“ Wesen wird. Zu sagen, dass das Proletariat als Klasse nur im und gegen das Kapital existiert, dass es all sein Wesen, all seine Organisation, all seine Realität und Verfassung als Klasse im Kapital und gegen es produziert, bedeutet zu sagen, dass es die Klasse der Mehrwert produzierenden Arbeit ist. Was verschwunden ist im aktuellen Zyklus der Kämpfe, nach der Restrukturierung der 1970er/1980er Jahre, ist nicht diese objektive Existenz als Klasse, es ist die Bestätigung einer Arbeiteridentität in der Reproduktion des Kapitals.

    Das Proletariat kann nur revolutionär sein, indem es sich als Klasse wiedererkennt, es erkennt sich so in jedem Konflikt wieder und umso mehr in einer Situation, in welcher seine Existenz als Klasse, in der Reproduktion des Kapitals, die Situation sein wird, der es sich stellen werden muss. Über den Inhalt dieser „Wiedererkennung“ sollte man sich nicht täuschen. Sich als Klasse wiederzuerkennen wird kein „Zurück zu sich selbst“ sein, sondern eine totale Extraversion als Selbstwiedererkennung als Kategorie des kapitalistischen Produktionsmodus’. Was wir als Klasse sind, ist unmittelbar nur unser Verhältnis zum Kapital. Diese „Wiedererkennung“ wird de facto eine praktische Kenntnis sein im Konflikt, nicht von sich für sich, sondern vom Kapital, seiner Entwesentlichung. Die Einheit der Klasse kann nicht mehr auf der Lohnarbeit und dem Kampf um Forderungen gründen, eine Vorbedingung für revolutionäre Tätigkeit. Die Einheit des Proletariats kann nur noch eine Tätigkeit sein, in welcher es sich aufhebt, indem es alles aufhebt, was es teilt.

    Zwischen Kämpfen um Forderungen und der Revolution ist notwendigerweise ein Bruch, ein qualitativer Sprung, doch dieser Bruch ist kein Wunder, er ist keine Alternative, er ist auch nicht die simple Feststellung des Proletariats, dass es nichts anderes mehr zu tun gäbe als die Revolution in Anbetracht des Scheiterns von allem anderen. „One solution, revolution“ ist die symmetrische Albernheit zu derjenigen der revolutionären Dynamik eines Kampfes um Forderungen. Dieser Bruch wird positiv produziert durch den Verlauf des Kampfzyklus’, der ihm vorausgeht, er zeichnet sich in der Vervielfältigung der Diskrepanzen innerhalb der Klassenkämpfe ab.

    Wir sind theoretisch die Späher und die Urheber dieser Diskrepanzen, die innerhalb des Kampfes des Proletariats seine eigene Infragestellung bedeuten und, praktisch, die Akteure, wenn wir dabei direkt teilnehmen. Wir existieren in diesem Bruch, in dieser Zerrissenheit der Tätigkeit als proletarische Klasse. Es gibt keine von ihm selbst ausgehende Perspektive mehr für das Proletariat als Klasse des kapitalistischen Produktionsmodus’ ausser die Fähigkeit, seine Existenz als Klasse in der Aufhebung des Kapitals zu überwinden. Es existiert eine absolute Übereinstimmung zwischen dem Widerspruch zum Kapital und dem Widerspruch zu seiner eigenen Situation und Definition als Klasse.

    Durch diese Diskrepanz innerhalb des Handelns als Klasse wird die Kommunisierung zu einer aktuellen Frage. Diese Diskrepanz innerhalb des Klassenkampfes, in welcher das Proletariat gleichzeitig nur das Kapital als Horizont hat und damit in Widerspruch mit seinem eigenen Handeln als Klasse gerät, ist die Dynamik dieses Kampfzyklus’. Zurzeit enthält der Klassenkampf des Proletariats erkennbare Elemente, Tätigkeiten, die auf seine Überwindung im Verlauf desselben hindeuten.

    b) einige Beispiele (2)

    Es handelt sich in den meisten Fällen nicht um verblüffende Aussagen oder „radikale“ Aktionen, es können nur alle Praktiken der „Flucht“ oder der Verneinung der Proletarier gegenüber ihrer eigenen Bedingung sein. In den aktuellen Streiks nach Entlassungen fordern die Arbeiter oft und immer öfter nicht mehr den Erhalt des Arbeitsplatzes, sondern bedeutende Entschädigungen. Gegen das Kapital ist die Arbeit ohne Zukunft. Schon in den als „selbstmörderisch“ bezeichneten Kämpfen der Firma Cellatex in Frankreich, in welchen die Arbeiter drohten, Säure in einen Fluss zu leiten und die Fabrik zu sprengen, Drohungen, die nicht umgesetzt, aber häufig imitiert wurden während anderen Konflikten bei Schliessungen von Unternehmen, zeigt sich, dass das Proletariat nichts vom Kapital getrenntes ist und dass es naturgemäss keine Zukunft in sich trägt, ausser die Abschaffung dessen, wodurch es selbst existiert. Die Entwesentlichung der Arbeit wird zur Tätigkeit selbst des Proletariats, sowohl auf tragische Art und Weise in diesen (selbstmörderischen) Kämpfen ohne unmittelbare Perspektiven, als auch als Forderungen dieser Entwesentlichung wie im Kampf der Arbeitslosen und Prekären im Winter 1998 in Frankreich.

    Die Arbeitslosigkeit ist nicht mehr dieses klar getrennte Daneben der Anstellung. Die Segmentierung der Arbeitskraft, die Flexibilität, die Auftragsproduktion, die Mobilität, die Teilzeitarbeit, die Ausbildung, die Praktika, die Schwarzarbeit haben all diese Trennungen unscharf gemacht.

    In der französischen Bewegung von 1998, und auch auf einer allgemeineren Ebene in den Kämpfen der Arbeitslosen in diesem Kampfzyklus ist es die Definition der Arbeitslosen, die sich als Ausgangspunkt der Reformulierung der Lohnarbeit zeigt. Die Notwendigkeit für das Kapital, alles in Arbeitszeit zu messen und die Ausbeutung der Arbeit als Frage über Leben und Tod für es zu setzen, ist gleichzeitig die Entwesentlichung der unmittelbar lebendigen Arbeit im Verhältnis zu den sozialen Kräften, die das Kapital in sich konzentriert. Dieser der kapitalistischen Akkumulation inhärente Widerspruch, und welcher aus dem Kapital einen werdenden Widerspruch macht, nimmt also die spezielle Form einer Klassendefinition gegenüber dem Kapital an, wovon sich die Arbeitslosigkeit als Ausgangspunkt will. In den Kämpfen der Arbeitslosen und Prekären macht sich der Kampf des Proletariats gegen das Kapital diesen Widerspruch zu eigen, beansprucht ihn. Das gleiche gilt, wenn Entlassene nicht Arbeit, sondern Entschädigungen fordern.

    Die entlassenen Angestellten von Moulinex, die in einem Gebäude der Fabrik Feuer legten, sind ebenfalls Teil der Dynamik dieses Kampfzyklus’, die für das Proletariat seine eigene Existenz als Klasse zur Grenze seines Handelns als Klasse macht. Das gleiche gilt für Savar in Bangladesch, 50 km von Dacca entfernt, wo 2006 nach drei Monaten Lohnrückstand zwei Fabriken verbrennt und Hunderte andere geplündert wurden. In Algerien endet die geringste Forderung in Ausschreitungen, die Repräsentationsformen werden abgelehnt, ohne dass sich neue ergeben würden und es sind alle Lebens- und Reproduktionsbedingungen, die auf dem Spiel stehen, jenseits der unmittelbaren Protagonisten des Streiks und der Forderung. In China, in Indien wird die Vervielfältigung fordernder Handlungen in unterschiedlichen Formen, die alle Aspekte des Lebens und der Reproduktion der Arbeiterklasse betreffen, nicht zu einer breiten Arbeiterbewegung führen. Diese fordernden Handlungen enden oft „paradoxerweise“ in der Zerstörung der Arbeitsbedingungen, d.h. ihrer eigenen raison d’être.

    In Argentinien hat man sich als Arbeitsloser von Mosconi, Arbeiterinnen von Bruckman, Slumbewohner… selbst organisiert, aber indem man dies tat, wenn man sich selbst organisierte, stiess man schnell mit dem, was man war, zusammen, was im Kampf zu dem wurde, was überwunden werden musste und was in den praktischen Modalitäten dieser Selbstorganisationen als das zu überwindende erkannt wurde. Das Proletariat kann in sich selbst nicht die Kapazität finden, andere zwischenmenschliche Verhältnisse zu kreieren, ohne das, was es in dieser Gesellschaft ist, zu stürzen und zu negieren, d.h., ohne mit der Autonomie und ihrer Dynamik in Widerspruch zu gelangen. Die Selbstorganisation mag vielleicht der erste Akt der Revolution sein, aber alles, was auf sie folgt, ist gegen sie gerichtet. In Argentinien sind es, durch die Art, wie die produktiven Tätigkeiten bewerkstelligt wurden, in den effektiven Modalitäten ihrer Realisierung, die Bestimmungen des Proletariats als Klasse dieser Gesellschaft, die effektiv erschüttert wurden (Eigentum, Austausch, Arbeitsteilung, Verhältnis zwischen Mann und Frau…). So wird die Revolution als Kommunisierung glaubhaft.

    In Frankreich im November 2005 in den Banlieues forderten die Krawallmacher nichts, sie griffen ihre eigene Bedingung an, sie nahmen sich alles, was sie produziert und definiert zum Ziel. Die Krawallmacher brachten die jetzige Situation des Proletariers ans Licht und griffen sie an: diese weltweit prekarisierte Arbeitskraft. Womit die Tatsache, ein „gewöhnlicher Proletarier“ sein zu wollen, im Moment selbst, wo eine solche Forderung hätte geäussert werden können, sofort hinfällig wurde.

    Drei Monate später (im Frühling 2006), immer noch in Frankreich, konnte sich die Studentenbewegung gegen den CPE als fordernde Bewegung nur selbst verstehen, indem sie zur allgemeinen Bewegung der Prekären wurde, doch dadurch würde sie entweder sich selbst in ihrer Eigentümlichkeit auflösen, oder sie konnte nur an den Punkt gelangen, wo sie mehr oder weniger brutal mit all jenen zusammen stiess, die in den Ausschreitungen von November 2005 gezeigt hatten, dass es hinfällig war, zu fordern, man wolle ein „gewöhnlicher Proletarier“ sein. Die Forderung durch ihre Erweiterung durchzusetzen sabotierte die Forderung. Wer konnte an ein Zusammenfinden mit den Krawallmachern von November auf der Grundlage einer stabilen Anstellung für alle glauben? Dieses Zusammenfinden war einerseits objektiv im genetischen Code der Bewegung eingeschrieben, andererseits führte die Notwendigkeit dieses Zusammenfindens zu einer, genauso objektiven, Hassliebe innerhalb der Bewegung. Der Kampf gegen den CPE war eine fordernde Bewegung, für welche die Befriedigung der Forderung inakzeptabel für sie selbst als fordernde Bewegung war.

    In den Ausschreitungen in Griechenland im Dezember 2008 fordert das Proletariat nichts und betrachtet sich gegen das Kapital als Grundlage überhaupt keiner Alternative. Obwohl diese Ausschreitungen allerdings eine Klassenbewegung waren, waren sie kein Kampf in der Gebärmutter selbst der Klassen: der Produktion. Dadurch konnten diese Ausschreitungen diese wesentliche Sache verrichten, die Klassenzugehörigkeit als Zwang zu produzieren und zu betrachten, doch sie konnten dies nur tun und diesen Punkt erreichen, indem sie mit ihrer Grenze zusammen stiessen, dieser Glasdecke der Produktion. Und die Art und Weise (Ziele, Verlauf der Ausschreitungen, Zusammensetzung der Krawallmacher…), wie diese Bewegung diesen äusseren Zwang produzierte, war eigentlich durch diese Grenze definiert: das Ausbeutungsverhältnis als purer und simpler Zwang. Es ist der Angriff auf die für sich selbst genommenen Institutionen und Formen der gesellschaftlichen Reproduktion, der sie und ihre Kraft einerseits ausmachte, der gleichzeitig auch ihre Grenzen ausdrückte.

    Studenten ohne Zukunft, junge Einwanderer, prekäre Arbeiter, sie sind Proletarier, die die Reproduktion der gesellschaftlichen kapitalistischen Verhältnisse jeden Tag als Zwang erleben, ein in dieser Reproduktion inbegriffener Zwang weil sie Proletarier sind, den sie jedoch alltäglich als getrennt und zufallsbedingt (zufällig und nicht notwendig) im Verhältnis zur Produktion selbst erleben. Sie kämpfen gleichzeitig in diesem Moment des Zwanges als Getrenntes und begreifen und erleben diese Trennung als Mangel ihres eigenen Kampfes gegen diesen Produktionsmodus.

    Damit hat diese Bewegung die Klassenzugehörigkeit als äusseren Zwang produziert, aber nicht nur damit. Es ist womit sie sich auf der Ebene dieses Kampfzyklus’ befindet und davon ein bestimmendes historisches Moment ausmacht.

    Die Proletarier haben sich, durch ihre eigene Praxis, als Proletarier in ihrem Kampf in Frage gestellt, aber sie haben es nur getan, indem sie, in ihren Angriffen und Zielen, diese Momente und Instanzen der gesellschaftlichen Reproduktion autonomisierten. Reproduktion und Produktion des Kapitals sind einander fremd geblieben.

    Auf Guadeloupe 2009 führt die Wichtigkeit der Arbeitslosigkeit und des Anteils der Bevölkerung, welche von „Hilfseinkommen“ oder einer Untergrundwirtschaft lebt, dazu, dass Fordern für den Lohn ein begrifflicher Widerspruch ist. Dieser Widerspruch hat den Verlauf der Ereignisse strukturiert zwischen einer LKP, für welche die stabilen Arbeiter (vor allem die öffentlichen Angestellten) im Mittelpunkt stehen, die jedoch versucht durch die Vervielfältigung und die unendliche Diversität der Forderungen, alle Begriffe dieses Widerspruchs und der Absurdität der zentralen Lohnforderung für die meisten Leute, die an den Strassensperren, den Plünderungen und den Angriffen öffentlicher Gebäude teilnehmen, zusammen zu halten. Die Forderung ist im Verlauf des Kampfes selbst destabilisiert worden, sie wurde angezweifelt, genau wie ihre Organisationsform, doch die spezifischen Formen der Ausbeutung der ganzen Bevölkerung, die das Erbe einer kolonialen Geschichte sind, haben verhindern können, dass dieser Widerspruch brutaler innerhalb der Bewegung selbst ausbricht (es ist allerdings zu vermerken, dass der einzige Tote ein an einer Strassensperre getöteter Gewerkschafter war). Von diesem Standpunkt aus war die Produktion der Klassenzugehörigkeit als äusserer Zwang mehr ein soziologischer Zustand und eine Art Schizophrenie als ein Streitgegenstand des Kampfes.

    Mit dem Ausbrechen der aktuellen Krise ist in der Lohnforderung allgemein eine Dynamik, die sie vorher nicht haben konnte. Eine innere Dynamik, die sie durch die Gesamtheit der Beziehungen zwischen dem Proletariat und dem Kapital im kapitalistischen Produktionsmodus, so wie er aus der Restrukturierung hervor gekommen ist und so wie er momentan in die Krise eintritt, erlangt hat. Die Lohnforderung hat eine neue Bedeutung bekommen.

    In der Aufeinanderfolge der Finanzkrisen, die, seit ungefähr zwanzig Jahren, den aktuellen Wertschöpfungsmodus des Kapitals regulieren, ist die Krise der Subprimes die erste, welche nicht finanzielle, sich auf Kapitalinvestitionen beziehende Aktive zum Ausgangspunkt hatte, sondern den Konsum der Haushalte, und zwar der ärmsten Haushalte. Diesbezüglich ist sie eine spezifische Krise des Lohnverhältnisses des restrukturierten Kapitalismus’, der durch die kontinuierliche Schmälerung des Lohnanteils im produzierten Reichtum sowohl in den zentralen wie auch den Schwellenländern definiert wird (und weiterhin definiert werden wird).

    Das „Teilen der Reichtümer“ als wesentlich konfliktuelle Frage im kapitalistischen Produktionsmodus ist, unter anderem, zu einem Tabu geworden, was die kürzliche Streik- und Blockadebewegung (Oktober-November 2010) nach der Reform der Rentensysteme in Frankreich bestätigt hat. Im restrukturierten Kapitalismus (wovon wir momentan den Beginn der Krise erleben) ist die Reproduktion der Arbeitskraft Gegenstand einer doppelten Störung. Störung einerseits zwischen der Verwertung des Kapitals und der Reproduktion der Arbeitskraft, Störung andererseits, durch den Kredit, zwischen dem Konsum und dem Lohn als Einkommen.

    Natürlich hat die Teilung des Arbeitstages zwischen notwendiger Arbeit und Überarbeit schon immer den Klassenkampf definiert. Doch heute, im Kampf um diese Teilung, ist es paradoxerweise dort, wo das Proletariat, im tiefsten seiner selbst, als Klasse in diesem Produktionsmodus und als nichts anderes als das definiert ist, wo praktisch und konfliktuell zutage tritt, dass seine Klassenexistenz für das Proletariat zur Grenze seines eigenen Kampfes als Klasse wird. Dort liegt der zentrale aktuelle Charakter der Lohnforderung im Klassenkampf. Im trivialsten Verlauf der Lohnforderung erlebt das Proletariat, wie seine Existenz sich verdinglicht als etwas, das ihm fremd ist insofern als das kapitalistische Verhältnis selbst es als einen Fremden in seinen Schoss setzt.

    Die aktuelle Krise ist ausgebrochen, weil Proletarier ihre Kredite nicht mehr bezahlen konnten. Sie ist ausgebrochen durch das Lohnverhältnis selbst, welches die Finanzialisierung der kapitalistischen Wirtschaft begründete: Lohnkürzungen, die für die „Wertschöpfung“ notwendig sind; weltweite Konkurrenz der Arbeitskraft. Es ist diese funktionale Notwendigkeit, welche, mit der Krise der Subprimes, auf negative Weise innerhalb des historischen Modus’ der Kapitalakkumulation zurückkehrt. Es ist das Lohnverhältnis, welches sich nun im Herzen der aktuellen Krise befindet (3). Die aktuelle Krise ist der Beginn der Phase des Umkippens der Bestimmungen und der Dynamik des Kapitalismus’ so wie er aus der Restrukturierung der 1970er und 1980er Jahre entstanden war.

    c) Zwei oder drei Sachen, die man von ihr wissen kann

    Als Nicht-Kapital, Auflösung aller existierenden Bedingungen (Arbeit, Austausch, Arbeitsteilung, Eigentum) findet das Proletariat dort den Inhalt seiner revolutionären Aktion in Form kommunistischer Massnahmen: Aufhebung des Eigentums, der Arbeitsteilung, des Austausches, des Wertes. Die Klassenzugehörigkeit als äusserer Zwang ist in sich selbst ein Inhalt, d.h. eine Praxis, wenn sich die Grenzen des Kampfes als Klasse manifestieren, sie sich überwindet durch Massnahmen der Kommunisierung. Die Kommunisierung ist nichts anderes als praktizierte kommunistische Massnahmen als simple Kampfmassnahmen des Proletariats gegen das Kapital.

    Es ist die Unzulänglichkeit des Mehrwerts im Verhältnis zum akkumulierten Kapital, welche sich im Herzen der Krise der Ausbeutung befindet, gäbe es nicht im Herzen des Widerspruchs zwischen dem Proletariat und dem Kapital die Frage der Mehrwert produzierenden Arbeit, wäre es nur ein Problem der Verteilung, d.h. wäre der Widerspruch zwischen Proletariat und Kapital genau aus diesem Grund, dem kapitalistischen Produktionsmodus, wovon er die Dynamik ist, keiner, d.h. wäre es nicht ein „Spiel, das die Aufhebung seiner Regel produziert“, dann würde die Revolution ein frommer Wunsch bleiben. Der Hass des Kapitals, die Lust auf ein anderes Leben sind nur der notwendige ideologische Ausdruck dieses Widerspruchs für sich selbst, der die Ausbeutung ist.

    Durch einen Angriff auf Seiten der Natur der Arbeit als Mehrwert produzierend wird der Kampf um Forderungen nicht überwunden (man käme damit stets zu einem Verteilungsproblem zurück), sondern durch einen Angriff gegen die Natur des Kapitals der Produktionsmittel, ihre Aufhebung als Wert, der Arbeit absorbiert, um Mehrwert zu erzeugen, die Ausdehnung der Unentgeltlichkeit, die, durchaus auch physische, Zerstörung gewisser Produktionsmittel, ihre Aufhebung als Fabrik, in welcher definiert wird, was ein Produkt ist, d.h. der Rahmen des Handels und des Gewerbes, ihre Definition, ihre Aufnahme in individuelle intersubjektive Beziehungen, die Aufhebung der Arbeitsteilung wie sie in die urbane Zonenunterteilung, in die materielle Konfiguration der Gebäude, in die Trennung zwischen der Stadt und dem Land, in die Existenz selbst von etwas, was man eine Fabrik oder ein Produktionsort nennt, eingeschrieben ist. „Die Beziehungen zwischen Individuen stellen sich als spezifische Eigenschaften eines Dings dar, weil der Tauschwert materieller Natur ist.“ (4) Die Aufhebung des Werts ist eine konkrete Transformation der Landschaft, in welcher wir leben, es ist eine neue Geographie. Gesellschaftliche Verhältnisse aufheben ist eine sehr materielle Sache.

    Im Kommunismus gilt die Aneignung nicht mehr, denn der Begriff selbst des „Produkts“ wird aufgehoben. Natürlich gibt es Dinge, die der Produktion dienen, andere, die direkt konsumiert werden, andere die beidem dienen. Doch von Produkten zu sprechen und sich die Frage ihres Verkehrs zu stellen, ihrer Verteilung oder ihrer „Veräusserung“, d.h. ein Moment der Aneignung zu konzipieren, setzt Orte des Bruchs, der „Koagulation“ der menschlichen Tätigkeit voraus: der Markt in Handelsgesellschaften, das Legen auf einen Haufen und Nehmen von einem Haufen in gewissen Visionen des Kommunismus’. Das Produkt ist nicht ein einfaches Ding. Von einem Produkt zu sprechen bedingt, dass ein Resultat der menschlichen Tätigkeit als abgeschlossen erscheint gegenüber einem anderen Resultat oder inmitten anderer Resultate. Es ist nicht vom Produkt, wovon man ausgehen muss, sondern von der Tätigkeit.

    Im Kommunismus ist die menschliche Tätigkeit unendlich weil unteilbar. Sie hat konkrete oder abstrakte Resultate, doch diese Resultate sind nie „Produkte“, für welche sich die Frage ihrer Aneignung oder Veräusserung unter irgendeiner Modalität stellen würde. Wenn wir in Bezug auf den Kommunismus von unendlicher menschlicher Tätigkeit sprechen können, so ist es schon weil der kapitalistische Produktionsmodus uns die menschliche Tätigkeit als globalen sozialen Fluss, wenn auch auf widersprüchliche Art und Weise, und nicht als „gute Seite“, und den „general intellect“ oder den „kollektiven Arbeiter“ als dominante Kraft der Produktion zeigt. Dieser soziale Charakter der Produktion deutet nichts an, er macht nur aus der Grundlage des Werts einen Widerspruch.

    Die Zerstörung des Austausches, das sind Arbeiter, die Banken angreifen, wo sich ihre Konten und die anderer Arbeiter befinden, womit sie sich zwingen, sich ohne durchzuschlagen, das sind Arbeiter, die miteinander in Verbindung stehen und der Gemeinschaft ihre „Produkte“ direkt und ohne Markt übermitteln, womit sie sich als Arbeiter aufheben, es ist der Zwang für die ganze Klasse, sich zu organisieren, um die Nahrung in den zu kommunisierenden Sektoren zu holen usw. Es gibt keine Massnahme die, an sich, isoliert genommen, der „Kommunismus“ ist. Was kommunistisch ist, ist weder die „Gewalt“ an sich, noch die „Verteilung“ der Scheisse, die die Klassengesellschaft uns vererbt oder die „Kollektivisierung“ der Mehrwert saugenden Maschinen, es ist die Natur der Bewegung, die diese Handlungen verbindet, die ihr zugrunde liegen, aus ihr Momente eines Prozesses macht, der nur immer mehr kommunisieren oder niedergeschlagen werden kann.

    Man kann keine Revolution durchführen, ohne kommunistische Massnahmen zu ergreifen, ohne die Lohnarbeit aufzulösen, die Nahrung zu kommunisieren, die Kleidung, den Wohnraum, ohne sich alle Waffen zu beschaffen (zerstörerische, aber auch die Telekommunikation, die Nahrung usw.), ohne die Habenichtse zu integrieren (auch diejenigen, welche wir selbst auf diesen Zustand reduziert haben), die Arbeitslosen, die ruinierten Bauern, die armen Studenten.

    Vom Moment an, wo man beginnt, gratis zu konsumieren, muss man reproduzieren, was konsumiert wird, man muss sich der Transportmittel, der Telekommunikation bemächtigen und mit anderen Sektoren in Kontakt treten; indem man dies tut, stösst man mit den gegnerischen bewaffneten Banden zusammen. Die Konfrontation mit dem Staat wirft sofort die Frage der Bewaffnung auf, die nur gelöst werden kann, indem man ein Verteilungsnetz auf die Beine stellt, um die Kämpfe an einer fast unendlichen Vielzahl von Orten zu unterstützen. Die militärischen und sozialen Tätigkeiten sind unauflösbar, simultan und sie durchdringen sich gegenseitig, die Bildung einer Front oder abgegrenzter Kampfzonen bedeutet den Tod der Revolution. Vom Moment an, wo die Proletarier die Handelsgesetze auflösen, können sie nicht mehr damit aufhören. Jede soziale Vertiefung, jede Ausdehnung gibt den neuen Verhältnissen Fleisch und Blut, erlaubt es, immer mehr Nichtproletarier in die kommunisierende Klasse zu integrieren, die im Begriff ist, sich gleichzeitig zu bilden und aufzulösen, immer mehr jegliche Konkurrenz und Teilung zwischen den Proletariern aufzuheben und daraus den Inhalt und den Verlauf ihrer bewaffneten Konfrontation gegen diejenigen, welche die kapitalistische Klasse noch mobilisieren, in seine sozialen Verhältnisse integrieren und in ihnen reproduzieren kann, zu machen.

    Alle Massnahmen der Kommunisierung sollten energische Handlungen zur Zerschlagung der Verbindungen, die unsere Feinde vereint, und ihrer materiellen Stützen sein, schnelle Zerstörung, ohne eine Möglichkeit des Zurücks. Die Kommunisierung ist nicht die friedliche Organisation der Unentgeltlichkeit und eines angenehmen Lebensstils zwischen Proletariern. Die Diktatur der sozialen Bewegung der Kommunisierung ist der Prozess der Integration der Menschheit in das Proletariat, das im Begriff ist, zu verschwinden. Die strikte Abgrenzung der Proletarier gegenüber anderen Klassen, sein Kampf gegen jede Produktion der Waren sind gleichzeitig ein Prozess, der die Schicht des lohnabhängigen Kleinbürgertums, die „Klasse der sozialen Einbettung“ zwingt, sich der kommunisierenden Klasse anzuschliessen. Die Proletarier „sind“ nicht revolutionär so wie der Himmel blau „ist“, weil sie Lohnarbeiter „sind“, Ausgebeutete, nicht einmal die Auflösung der existierenden Bedingungen. Indem sie sich selbst verwandeln, von dem ausgehend, was sie sind, entstehen sie als revolutionäre Klasse. Die Bewegung, in welcher das Proletariat sich in der Praxis definiert als Bewegung, welche die menschliche Gemeinschaft aufbaut, ist die Realität der Aufhebung der Klassen. Die soziale Bewegung in Argentinien hat, da sie damit konfrontiert worden ist, die Frage der Verhältnisse zwischen tätigen Proletariern, Arbeitslosen, Ausgeschlossenen und der Mittelklasse gestellt. Sie hat dazu nur mit extrem bruchstückhaften Antworten beigetragen, wovon die interessanteste wohl ihre territoriale Organisation ist. Die Revolution, welche in diesem Kampfzyklus nur noch Kommunisierung sein kann, überwindet das Dilemma zwischen leninistischen oder demokratischen Klassenbündnissen und „dem Proletariat allein“ von Gorter: zwei Arten der Niederlage.

    Die einzige Art und Weise, die Konflikte zwischen Arbeitslosen und denjenigen „mit Anstellung“, zwischen den Qualifizierten und den Unqualifizierten zu überwinden, ist, sofort, im Verlauf des bewaffneten Kampfes, Massnahmen der Kommunisierung durchzuführen, die die Grundlage dieser Teilung beseitigen (was die eingenommenen Unternehmen in Argentinien, als sie mit der Frage konfrontiert wurden, nur sehr marginal versucht haben, sie begnügten sich in den meisten Fällen – siehe Zanon – mit einigen barmherzigen Umverteilungen an die Gruppen der piqueteros). Mangels dessen wird das Kapital stets mit dieser Zersplitterung spielen und bei den Selbstorganisierten ihre Noske und Scheidemann finden.

    Was eigentlich die deutsche Revolution schon gezeigt hatte, ist, dass es darum geht, die Mittelklassen aufzulösen, indem man konkrete kommunistische Massnahmen ergreift, die sie dazu zwingen, zu beginnen, ins Proletariat einzutreten, d.h. ihre „Proletarisierung“ zu vollenden. In den entwickelten Ländern der heutigen Zeit ist die Frage zugleich einfacher und gefährlicher, einerseits ist die grosse Mehrheit der Mittelklassen lohnabhängig und hat somit keine materielle Grundlage mehr für ihre soziale Stellung, ihre Rolle der Einbettung und der Führung der kapitalistischen Zusammenarbeit ist wesentlich, doch permanent prekarisiert, ihre soziale Stellung hängt vom Mechanismus der Entnahme sehr unsicherer Anteile des Mehrwerts ab, andererseits jedoch, aus denselben Gründen, drängt sie ihre Nähe zum Proletariat dazu, in den Kämpfen desselben alternative nationale oder demokratische „Lösungen“ der Verwaltung vorzulegen, die ihre eigenen Positionen schützen würden.

    Die wesentliche Frage, die wir zu lösen haben werden, ist, zu wissen wie man den Kommunismus ausweitet, bevor er in den Zangen der Ware erstickt; wie wir die Landwirtschaft integrieren, um nicht vom Austausch mit den Bauern abhängig zu sein; wie wir die Handelsbeziehungen des Gegners zertrennen, um die Logik der Kommunisierung der Verhältnisse und der Eroberung der Güter durchzusetzen, wie wir durch die Revolution den Block der Angst auflösen.

    Abschliessend kann gesagt werden, dass man das Kapital nicht für den Kommunismus, sondern durch den Kommunismus aufhebt, oder genauer durch seine Produktion. Die kommunistischen Massnahmen müssen nämlich vom Kommunismus unterschieden werden: es sind nicht Embryonen des Kommunismus’, es ist seine Produktion. Es ist keine Übergangsphase, es ist die Revolution, die Kommunisierung ist nichts anderes als die kommunistische Produktion des Kommunismus’. Der Kampf gegen das Kapital ist, was die kommunistischen Massnahmen vom Kommunismus unterscheidet. Die revolutionäre Tätigkeit des Proletariats hat immer zum Inhalt, die Aufhebung des Kapitals durch sein Verhältnis zum Kapital zu vermitteln, es ist weder ein Bereich einer Alternative in Konkurrenz zu einer anderen, noch ein Immediatismus des Kommunismus’.

    Théorie Communiste

    (1) Dass China und Indien es schaffen, sich selbst als inneren Markt aufzubauen, hängt von einer wahrhaften Revolution auf dem Lande ab (Privatisierung des Landes in China; Verschwinden des kleinen Landbesitzes und der Formen der Halbpacht in Indien), und auch und vor allem von einer Umgestaltung des globalen Zyklus’ des Kapitals, welche die aktuelle Globalisierung verdrängt (eine Renationalisierung der Wirtschaften, die die Globalisierung überwindet / bewahrt, eine Entfinanzialisierung des produktiven Kapitals). D.h. diese Hypothese ist ausserhalb unserer konzeptuellen Reichweite, denn ausserhalb dieses Kampfzyklus’ setzt sie die Revolution, so wie sie dieser Zyklus besiegt hat, und, in dieser Niederlage, eine Restrukturierung des kapitalistischen Produktionsmodus’ voraus.

    (2) Die Beispiele sind mehrheitlich französisch, die Veröffentlichung dieses Texts in den USA ist eine Möglichkeit, die verteidigten Thesen zu überprüfen.

    (3) Es handelt sich um eine Krise, in welcher sich die Überakkumulation und der Unterkonsum klar abzeichnen.

    (4) Im französischen Text lautet das Marx-Zitat folgendermassen: „Les rapports entre individus se sont figés dans les choses, parce que la valeur d’échange est de nature matérielle“. Folgende Quellenangabe steht dabei: Marx, Fondements de la critique de l’économie politique, Ed. Anthropos, t.1, p.97. Dieser Text ist die Übersetzung der „Grundrisse der politischen Ökonomie“, auch bekannt unter dem Titel „Zur Kritik der politischen Ökonomie“. In der konsultierten deutschen Version ist dieser Satz so nicht enthalten, womöglich liegt es an einer ungenauen Übersetzung ins Französische. Vermutlich handelt es sich um folgende Passage: „Daß ein gesellschaftliches Produktionsverhältnis sich als ein außer den Individuen vorhandener Gegenstand und die bestimmten Beziehungen, die sie im Produktionsprozeß ihres gesellschaftlichen Lebens eingeben, sich als spezifische Eigenschaften eines Dings darstellen, diese Verkehrung und nicht eingebildete, sondern prosaisch reelle Mystifikation charakterisiert alle gesellschaftlichen Formen der Tauschwert setzenden Arbeit.“ (Karl Marx/Friedrich Engels – Werke, (Karl) Dietz Verlag, Berlin. Band 13, 7. Auflage 1971, unveränderter Nachdruck der 1. Auflage 1961, Berlin/DDR. S. 34-35.)

    Übersetzt aus dem Französischen von Le Réveil

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