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Archives pour 12/2015

Califat et barbarie (deuxième partie)

30/12/2015 Aucun commentaire

la suite de l’article paru sur le site DDT21

Califat et barbarie (deuxième partie)

La répression de toute opposition n’explique pas tout. Surtout pas la « réussite » de l’État islamique (EI), c’est-à-dire le soutien populaire qu’il rencontre. C’est qu’il s’agit davantage d’un processus de construction étatique que de l’occupation d’un territoire par une « groupe terroriste ».
Après des années d’un guerre civile impitoyable, l’arrivée des troupes de l’EI ne signifie pas seulement le remplacement d’un régime de terreur par un autre, maisaussi [voir la première partie] le retour d’un État de droit, un calme relatif, une amélioration du ravitaillement, la réparation d’infrastructures, le rétablissement de services publics, la mise en place rapide d’une administration… dans le meilleur ou le moins pire des cas, certes, mais les habitants peuvent préférer l’ordre au chaos. Que l’EI joue ainsi de ses capacités régaliennes, administratives, logistiques et financières explique qu’il ait pu être accueilli comme un libérateur dans plusieurs villes, puisse apparaître pour certains « comme un régime tout à fait respectable », ou que des tribus lui aient fait allégeance.
Mais ce n’est pas tout. Il va falloir rajouter une couche, celle d’un « espoir désespérant ». Celle de l’adhésion, au delà du pragmatisme, d’une partie de cette population au discours et au projet du Califat. Car l’EI peut compter sur la participation active de dizaines de milliers de militants, soldats ou fonctionnaires, mais aussi sur le soutien passif d’un certain nombre d’habitants d’Irak et de Syrie (et sur la passivité prudente ou indifférente de beaucoup d’autres).
Et puis il y a ces dizaines de milliers de jeunes, notamment beaucoup de prolétaires, qui traversent la planète pour vivre au Califat ou y mourir, tandis que tant d’autres en rêvent.

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« Politique des parias. Sur la racialisation de la classe ouvrière anglaise »

30/12/2015 8 commentaires

Nous relayons ici un texte de Satnam Virdee, « Politique des parias. Sur la racialisation de la classe ouvrière anglaise » mais dans un premier temps et malgrè quelques réserves, nous relayons la recension qui en est faite sur le site du PIR.

Pourquoi relayer ce texte?
Nous trouvons très intéressant le parti pris d’apporter un complément à l’excellente somme de E.P. Thompson « la formation de la classe ouvrière anglaise » en amenant un point de vue « racialisé » en contrepoint du texte.

En effet, l’articulation classe/genre/race nous parait au coeur des réflexions actuelles dans le milieu de la communisation et nous tenons à signaler ce qui s’y produit de pertinent, à notre avis, comme nous le faisions ICI, même s’il nous semble que l’articulation « distinction de genres/distinction de classes » comporte un caractère fondateur du mode de production capitaliste et la distinction de race un caractère plus plus circonstanciel, plus conjoncturel dans l’histoire, ce qui n’enlève rien à l’horreur de l’histoire coloniale.

Il ne s’agit pas ici d’établir de hiérarchie entre les ségrégations mais de risquer une position dans la discussion actuelle. Le Capital moderne se trouve avoir déferlé sur la planète sous sa forme blanche et chrétienne et avoir réussi et écrasé le monde là ou la communauté asiatique, les civilisations de l’Inde ou de l’Egypte antique ont périclité et l’expansion arabo musulmane a été stoppée… Nous sommes preneur d’échanges de positions sur le thème…

Alors, quelle réserves?
Pour ce qui est du principe de relayer des textes de sites
« non proches », nous vous renvoyons aux échanges plus ou moins passionnants qui ont suivi le texte « un monde immonde engendre des actes immondes ». Lire la suite…

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« Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes »

29/12/2015 Aucun commentaire
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CAMBODGE : les ouvriers se rebiffent

23/12/2015 Aucun commentaire

http://berthoalain.com/2015/12/23/emeute-ouvriere-a-bavet-svay-rieng-2021-decembre-2015/

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Les travailleurs de la Manhattan SEZ et celle voisine de Tai Seng ZES ont protesté et des affrontements ont lieu avec la police depuis jeudi dernier, exigeant une augmentation plus importante du salaire minimum pour les ouvriers de la confection

La police a utilisé des canons à eau pour la deuxième journée consécutive pour briser les manifestations. Deux camions de pompiers ont également été endommagés dans les dernières violences dans la Zone économique spéciale de Manhattan (ZES), a déclaré un responsable provincial.

« Les travailleurs  ont jeté des pierres sur la police et la police militaire qui ont tenté de briser leur mouvement de protestation », a déclaré le fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être nommé. « Ils portaient des casques, mais les pierres les ont fait éclater. »

 

« Certains syndicats ont exhorté les travailleurs à retourner au travail et de négocier paisiblement leurs demandes. »

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EndNotes : « Dynamique et limites de la situation »

15/12/2015 Aucun commentaire

Traduction du texte discuté lors des deux réunions qui se sont tenues à Thessalonique et Athènes, les 27 et 28 novembre dernier autour des camarades d’EndNotes.

endnotes grec

Mise à jour de: “The Holding Pattern”

https://www.dropbox.com/s/w8ce97ciomy4crp/endnotes%20presentation_english.docx?dl=0

Présentations à Thessalonique et Athènes, 27 au 28 novembre 2015

Dans “The Holding Pattern”, dans EndNotes 3, nous avons suggéré que, tout comme les actions extraordinaires des états capitalistes depuis 2007 avaient réussi à geler le développement de la crise, les luttes de 2011-2013 étaient  bloquées et incapables de s’aventurer au-delà d‘un plus petit commun dénominateur  – le sentiment anti-austérité, anti-police et anti-corruption – dans le mouvement des places. Dans cet exposé, nous allons revisiter certains de ces thèmes.

Nous pouvons examiner la crise 2007/8 sous deux angles. D’un coté, ce fut vraiment la crise la plus profonde depuis la Grande Dépression. Une crise de proportions épiques. Mais d’un autre point de vue, cette crise ne fut rien de nouveau,  simplement la dernière d’une longue série. Depuis 1973, les récessions sont de plus en plus  longues et profondes, et les phases de croissance entre ces crises de plus en plus faibles. Les états ont mis en place des mécanismes pour gérer les crises récurrentes du capital, et ces mécanismes ont été rapidement mis en mouvement, encore une fois, en 2008. Ils ont misé sur les dettes privées comme sur les dettes publiques, comme ils l’avaient fait dans de nombreuses crises auparavant, mais cette fois à une échelle beaucoup plus grande: les sociétés financières se sont renflouées. Ils ont également dépensé de l’argent pour payer le chômage et d’autres prestations, comme ils l’avaient fait dans le passé, en dépit de la baisse des recettes de l’état. Pendant ce temps, les banques centrales  prenaient des mesures extraordinaires. Elles ont baissé les taux d’intérêt à 0 %, offrant essentiellement aux banques privées de l’argent gratuit,  puis elles ont commencé à prêter directement au secteur privé, soutenant  le marchés des valeurs mobilières en devenant « dealers en dernier recours ».

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Punk Islam

10/12/2015 un commentaire

le dernier texte mis en ligne par nos camarades italiens.Traduction à venir

 

illatocattivo

Punk Islam

Dopo gli attentati di Parigi del 13 novembre

Il Lato Cattivo

Con buona pace tanto di Hollande che di Al-Baghdādī, nessuno scontro fra civiltà eterogenee e irriducibili l’una all’altra è in corso, ma nient’altro che uno scontro intestino, che mostra una volta di più la plasticità di un modo di produzione – quello capitalistico – che sebbene trovi nella democrazia parlamentare la sua traduzione politica più adeguata, è capace di adagiarsi, almeno in via contingente, su quasi tutte le forme di governo, di organizzazione politica e di ideologia, masticando, digerendo e rimettendo in circolazione ogni tipo di materiale o sedimentazione storico-sociali. […] I kalashnikov di Daesh sono la «follia» di un mondo la cui «ragione» è un F-16. Ora, ribadire simili verità è sacrosanto, ma è d’altronde il «minimo sindacale»: a questo stadio, non abbiamo – nel migliore dei casi – fatto che enunciare delle generalità, ancora al di qua di una vera analisi materialistica di ciò che si sta svolgendo sotto i nostri occhi, qui da noi come in Medio Oriente. Limitarsi a questo, servirà al massimo a scandire qualche scialbo slogan, utile, nel migliore dei casi, a épater la bourgeoisie.

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Califat et barbarie (première partie)

07/12/2015 2 commentaires

Nouvel article sur DDT21 : Tristan Leoni, « Califat et barbarie. Première partie :de l’État ».

ddt21

La naissance d’un État n’est ni fréquente, ni attendrissante. Et le prématuré, le proto-État, bien que très fragile, est déjà nuisible. Avec l’actuelle restructuration du Proche-Orient, nous assistons à la constitution de nouvelles entités, les plus connues étant l’État islamique (EI) et le Rojava (Kurdistan occidental). Celui-ci, parangon de démocratie et de féminisme, serait un rempart contre la barbarie du premier. Car l’État islamique est un monstre, les images le prouvent. Tout le prouve. Il faudrait d’ailleurs le nommer « Daech » car il ne mériterait pas le « noble » qualificatif d’État et n’aurait « rien à voir » avec l’islam. L’explication devrait suffire. Elle n’est pourtant pas suffisante pour comprendre pourquoi et comment, depuis des mois, huit à dix millions de personnes vivent dans un territoire en guerre contre le reste de la planète. Les jours du Califat sont sans doute comptés, mais la question, elle, demeurera : Pourquoi ça marche ?

LIRE LA SUITE SUR http://ddt21.noblogs.org/

ARTICLE EN PDF ICI : http://ddt21.noblogs.org/files/2015/12/Califat-et-Barbarie.Premi%C3%A8re-partie-Copie.pdf

Pétrification partielle de la lutte des classes ?

06/12/2015 Aucun commentaire

Traduction de l’éditorial de Endnotes n°4

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english version below

Depuis la dernière édition d’EndNotes en 2013, le train-épave de l’économique mondiale a avancé en cahotant. Pas de vraie reprise, mais pas non plus de retour à des conditions ressemblant à la dépression. On ne sait pas combien de temps cette période intérimaire va durer. L’emballage de mesures exceptionnelles a été décrété à plusieurs reprises, le plus récemment en Septembre 2015, où l’on attendait que la Réserve fédérale américaine relève son taux directeur (ce mouvement aurait mis fin à une séquence de six ans pendant laquelle le taux des fonds fédéraux était à zéro). Mais cela fut également annulé à la dernière minute. Dans une scène désormais familière, des technocrates qui s’agitent sur scène, quelques papiers froissés, puis l’agitation à nouveau. Un autre cycle d’assouplissement quantitatif est prévu. Avec peu de changement, les économies des pays à revenu élevé continuent de tourner au ralenti. Pendant ce temps, l’incertitude et la turbulence économique s’étendent eux-mêmes des pays à revenu élevé à ceux à faible revenu, qui ne sont plus pensés comme le lieu d’une éventuelle « dissociation » économique. Aujourd’hui, les nouvelles en provenance du Brésil paraissent sombres, et les nouvelles de la Chine s’assombrissent chaque mois. Ceci a déjà un impact à travers le monde sur les économies à faible revenu, tant celles ci dépendent de la demande de la Chine pour les matières premières. Sommes-nous sur le point de voir une autre «crise de la dette du tiers monde », comme nous l’avons vu en 1982?

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« Va te faire foutre, Google! »

04/12/2015 Aucun commentaire

Trouvé sur le blog de nos camarades de Endnotes 

https://twitter.com/endnotesjournal

http://www.criticatac.ro/lefteast/fuck-off-google-interview-with-nick-dyer-witheford/ …

« Va te faire foutre, Google! » Entretien avec Nick Dyer-Witheford

L’interview a été réalisée à Kiev, Ukraine, suite à une conférence donnée par Nick Dyer-Witheford à l’Université technique nationale d’Ukraine « Kiev Polytechnic Institute » (NTUU KPI). Nous tenons à remercier ceux qui ont permis à cette conférence et ce texte d’exister, à savoir Dergunov Youri, Volodymyr Ishchenko, Serhiy Odarych, Alona Liasheva et bien sur Nick Dyer-Witheford.

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Le marxisme et la cybernétique

S’agissant d’une l’époque à forte sociologie marxiste développée, y compris le structuro-fonctionnalisme, les approches communicatives, l’école de Francfort, etc. À votre avis, dans quelle mesure est-il sensé d’utiliser l’approche dialectique de Marx pour l’analyse des phénomènes de la robotisation, la communication de masse, la révolution de l’information, développements que Marx et ses disciples ne pouvaient même pas imaginer, en prenant particulièrement en compte les mécanismes de direction, de contrôle et la violence concentrés dans les mains de la classe dirigeante? Cette approche est-elle universelle,  peut-elle être fondée sur la solidarité universelle de toutes les personnes, indépendamment de leur classe?

Oui, je pense que oui. Voilà pourquoi je travaille au sein de la tradition marxiste. Je pense que le marxisme que nous avons aujourd’hui n’est pas le même que celui que nous avions quand Marx terminait le capital. Parce qu’il est non seulement une tradition révolutionnaire permanente, mais aussi une tradition continue de connaissance. Si bien que la validité du marxisme se poursuit seulement si le capitalisme perdure comme mode de production dominant. Évidemment, il y a des aspects qui pourraient aller au-delà ce que Marx a observé en son temps. Mais de nombreux aspects de son analyse de la logique du système persistent, si bien que le marxisme contemporain doit être un mélange de choses qui restent et de choses qui changent constamment. Ce qui change, je crois, doit le faire radicalement. Le marxisme d’aujourd’hui est, par exemple, un marxisme qui a été  profondément influencé par le féminisme, l’écologie, probablement parce que, dans ces deux domaines, le genre et les relations avec la nature, Marx était surtout un homme de son époque, le 19e siècle. Mais la révision peut être un processus profond. Je crois qu’il y a encore énormément à apprendre de lui en ce qui concerne la logique de base du capitalisme.

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