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Archives pour la catégorie ‘Du coté de la théorie/Around theory’

Troploin : “Révolution en Iran ?”

22/02/2020 Aucun commentaire

Article publié sur le blog « Troploin » à propos du livre de Tristan Leoni dans « La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat » (Éditions Entremonde, 2019).

Révolution en Iran ?

 

Si l’on appelle révolution un profond changement des formes politiques, un renouvellement des élites et des idéologies, associées à une mobilisation et un contrôle de la population spécifiques, l’Iran a bien vécu une révolution en 1979. Mais si elle est généralement qualifiée d’« islamique », c’est plus pour ses conséquences, l’instauration d’une théocratie, que pour son déroulement. Or, pourquoi grèves sauvages massives et émeutes urbaines n’ont-elles débouché ni sur une tentative de révolution sociale, ni sur un pouvoir laïc comme en Turquie, en Égypte, en Syrie et en Irak ? Comment la religion chiite, transformée en idéologie politique moderne adoptée par une partie de la classe moyenne et intellectuelle, a-t-elle pu canaliser l’une des plus grandes révoltes ouvrières du 20e siècle, instaurer un régime théocratique, triompher ensuite d’une seconde vague de grèves et d’un mouvement des femmes d’ampleur historiquement inédite, et mettre en place le système de gouvernement d’un pays resté depuis quarante ans l’une des principales puissances de la région ?

Telles sont les questions posées par Tristan Leoni dans La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat (Éditions Entremonde, 2019). Lire la suite…

RED DUST, dernière partie

15/02/2020 un commentaire

RED DUST  4° et dernière partie (PDF de l’ensemble du dossier, Red Dust)

Du fer à la rouille

Conditions intérieures 1980-2000

 

Vue d’ensemble : Les guerres de classes

L’ascension du continent dans les chaînes de production internationales n’a cependant été possible qu’en raison des changements rapides et profonds de la structure de classe en déclin laissée par le régime de développement. Dans cette section, nous détaillons la formation du haut et du bas d’un système de classe capitaliste en Chine continentale. Les décennies couvertes ici sont les dernières années de la transition, marquées par une expansion rapide du marché, une restructuration financière rapide, la conversion des entreprises d’État en conglomérats multinationaux et la destruction finale de la ceinture industrielle de l’ère socialiste dans le Nord-Est. Au début du nouveau millénaire, la Chine avait achevé sa transition vers le capitalisme. Lire la suite…

RED DUST, de la revue CHUANG, 3° partie

25/01/2020 Aucun commentaire

Sinosphère

Conditions internationales 1970-2000

 Vue d’ensemble : Le capital en compétition

Il n’en reste pas moins que le capitalisme est, par essence, un système mondial, de sorte que la transition vers le capitalisme ne peut s’expliquer uniquement en termes internes. Dans cette section, nous revenons sur l’évolution de l’économie mondiale, mais en nous concentrant maintenant sur le nouveau rôle de la Chine dans la hiérarchie internationale de la production. Au centre de cette histoire se trouve la nature de la concurrence en tant que force motrice du capitalisme, qui s’exerce simultanément entre les entreprises, les pays et les blocs régionaux de capitaux. Tant que la croissance est robuste, cette concurrence laisse suffisamment de place à des alliances mutuellement bénéfiques à tous ces niveaux. Mais lorsque la croissance ralentit à tous les niveaux, cette même concurrence devient un jeu à somme nulle. Dans ces conditions, le rôle des alliances nationales de capitaux et des blocs commerciaux régionaux, centrés sur des monnaies différentes, prend de l’importance, et la politique internationale devient un jeu consistant à jongler avec les bulles financières tout en faisant passer les pires crises avant les concurrents. Les guerres commerciales, les guerres de monnaies et les guerres de capitaux dans les marchés émergents deviennent les caractéristiques de l’économie. Lire la suite…

« Le ménage à trois de la lutte des classes »

19/01/2020 Aucun commentaire

Un oubli que nous réparons, la sortie en décembre dernier chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie du livre « Le ménage à trois de la lutte des classes »

De Oaxaca à Tel Aviv et Manhattan, de Téhéran à Paris, en Tunisie, en Égypte et plus récemment en Algérie, la classe moyenne salariée développe depuis quelques années des luttes massives, parfois violentes, contre l’État capitaliste. Alliée au prolétariat ou seule, elle fait la grève, manifeste, dresse des barricades, occupe des places pour défendre sa position et ses privilèges dans la société. Ces luttes ont rendu visible le fait qu’elle est une vraie classe, pas une vague couche intermédiaire entre prolétariat et bourgeoisie. C’est une classe qui incarne le travail intellectuel tel que le taylorisme et le fordisme l’ont historiquement séparé du travail manuel, lui donnant simultanément une fonction d’exécution et d’encadrement. Bénéficiaire d’un sursalaire qui lui permet de surconsommer et d’avoir des réserves, la classe moyenne salariée n’est pas destinée à se fondre spontanément dans le prolétariat sous l’effet de la crise, débarrassant ainsi la théorie d’une épineuse question. Car l’existence de cette classe, que Marx n’avait pas vraiment prévue, implique de préciser notre vision des rapports sociaux dans les pays développés et émergents : il faut passer du face à face prolétariat/capital à un ménage à trois… classes qui s’affrontent dans un ballet plus compliqué, où l’interclassisme est une figure récurrente. Le présent ouvrage fait une première exploration de cette complexité, et cherche à dégager la perspective communiste du maelström des luttes interclassistes qui se multiplient en ce début de 21° siècle.

RED DUST, 2° partie

16/01/2020 Aucun commentaire

Nous continuons la publication de la traduction du dossier de la revue CHUANG sur la transition de la Chine vers le Capitalisme.

RED DUST 2° partie

Frontières

Conditions intérieures 1960-1980

Vue d’ensemble : Lignes de fracture

Ces crises internationales créeront bientôt une ouverture pour l’incorporation de la Chine dans les circuits mondiaux d’accumulation. Mais cela ne serait possible qu’après qu’une série de failles profondes qui avaient traversé à la fois le régime de développement et que le bloc socialiste plus généralement se soient finalement fissurées jetant la Chine dans une alliance avec le camp adverse au cours de la guerre froide. Dans cette section, nous détaillons la nature de ces crises de construction et expliquons comment, exactement, un régime de développement qui avait bloqué la transition vers le capitalisme pouvait finalement devenir un véhicule pour cette même transition. Nous approfondissons les preuves détaillant ces crises et les diverses tentatives improvisées pour les résoudre, et à divers moments, il peut être facile de perdre de vue le tableau théorique plus large. Mais ces grandes questions sont en fait le cœur de l’histoire. Lire la suite…

« QUELQUES ÉVIDENCES LARGEMENT PARTAGÉES, ET D’AUTRES QUI LE SONT MOINS »

15/01/2020 Aucun commentaire

Pécho sur le compte twitter de nos camarades de « Carbure »

« QUELQUES ÉVIDENCES LARGEMENT PARTAGÉES, ET D’AUTRES QUI LE SONT MOINS »

1/14.Tout le monde l’a bien compris : la réforme des retraites vise moins à l’allongement du temps de travail qu’au raccourcissement de la période de versement des retraites.

2/14.Ici encore, la question économique, réputée abstraite, est une question de vie et de mort, et dans ce cas particulier, une spéculation sur la mort.

3/14.Et il faudrait ajouter : sur la mort des ouvriers, dont l’espérance de vie est la première concernée par les espérances de mort des serviteurs de l’équilibre budgétaire. Pour les autres : qu’ils vivent, s’ils peuvent se le payer.

4/14.Autre évidence : il n’y a non seulement pas d’égalité possible dans une société de classe, mais la notion d’égalité elle-même devient une arme contre les pauvres. Marx l’a dit, il y a longtemps.

5/14.La société capitaliste, à son stade le plus avancé, devient identique à l’entreprise capitaliste. Tout ce qui n’y concourt pas d’une manière ou d’une autre à l’accumulation de valeur est un coût superflu qui gêne l’optimisation des profits, et doit être supprimé.

6/14.L’effondrement historique définitif de la perspective socialiste, même sous l’aspect simplement fonctionnel du keynésianisme social, pose une situation où chaque conflit social, même le plus anodin, ne semble plus avoir comme horizon que la guerre civile, ou l’écrasement.

7/14.C’est que structurellement, la reproduction de la force de travail des prolétaires n’est plus intégrée au cycle de la valorisation, comme le posait le compromis fordiste. Cette époque est révolue.

8/14.Ceci n’est pas une simple décision politique, mais s’incarne dans l’appareil productif lui-même. L’usine de 2020 n’est plus celle de 1928. Par conséquent, la société, c’est-à-dire les rapports de classes, non plus.

9/14.Dans le cycle de lutte actuel, la bataille autour de la reproduction de la force de travail qu’a toujours été la lutte des classes se livre sans la possibilité d’une “victoire” pour les prolétaires.

10/14.Les victoires du prolétariat – ce que les syndicats, qui sont eux-mêmes une survivance de cette époque révolue, appellent “acquis sociaux” – étaient le résultat de l’intégration (toujours contradictoire) de la force de travail et de sa reproduction à la création de valeur.

11/14.L’époque des victoires prolétariennes est révolue, pas celle des luttes. Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la domination du prolétariat sur l’économie, mais l’abolition de l’économie.

12/14.Ce que posent les luttes de la période où nous sommes, ce n’est pas la victoire du prolétariat, mais son abolition, c’est-à-dire l’abolition des classes, c’est immédiatement le communisme.

13/14.L’élévation actuelle des niveaux de répression partout dans le monde reflète la radicalité de ces enjeux, qui dépasse la conscience qu’en ont les acteurs. Partout et de plus en plus, ceux qui luttent devront s’attendre à être traités en criminels.

14/14.L’idéologie s’enracine dans les limites des luttes, elle se fixe autour de leur légitimité au sein des rapports capitalistes existants. La théorie doit au contraire poser la possibilité du dépassement, à partir de ces rapports eux-mêmes. Ça n’est pas gagné d’avance.

RED DUST 1° partie

06/01/2020 Aucun commentaire

RED DUST 1° partie

Les rives du Pacifique –  Les conditions internationales – 1890-1970

 Vue d’ensemble : Encerclement

Afin de comprendre pleinement les crises convergentes qui ont abouti à l’incorporation de la Chine dans la communauté matérielle du capital, il est essentiel d’avoir une image claire à la fois des grandes tendances du capitalisme mondial et des détails théoriques de la façon dont nous comprenons qu’une telle transition a eu lieu. Dans cette première partie, nous mettons l’accent sur l’ampleur de l’histoire, en passant en revue le développement global du capitalisme en Asie de l’Est. En même temps, nous introduisons certains des concepts clés qui seront essentiels à notre récit, en particulier en ce qui concerne la dynamique de crise inhérente aux lois fondamentales du mouvement du capital.

L’image de base est celle d’un potentiel précoce de transition capitaliste en Asie de l’Est continentale sous les Qing, rapidement dépassé par une transition similaire en cours au Japon, qui était devenu son principal concurrent dans la région à la fin du XIXe siècle. Le résultat a été une région divisée entre des enclaves commerciales dominées par le capital européen et un réseau de colonies en voie d’industrialisation rapide dirigé par le Japon impérial. La Première Guerre mondiale n’a fait qu’accélérer cette tendance, conduisant finalement à la grande bataille du Pacifique entre l’Empire japonais et l’hégémonie américaine montante. Bien que se terminant par une défaite pour le Japon, le début de la guerre froide a assuré que le projet industriel japonais dans la région se poursuivrait sous la tutelle de l’armée américaine. Combiné à l’évolution des conditions en Occident, le fondement a été posé pour une autre période d’expansion internationale rapide. Celle-ci a pris la forme matérielle d’un complexe territorial-industriel du Pacifique, dominé par l’essor de nouvelles technologies logistiques, dont la plus importante était un anneau de ports à conteneurs et leurs centres industriels adjacents. Lire la suite…

RED DUST – La transition vers le capitalisme en Chine- INTRODUCTION

05/01/2020 Aucun commentaire

Sans lien direct avec l’article ci dessous sur le mouvement à Hong Kong, nous commençons ici la publication en français et sous forme de feuilleton, du très intéressant numéro spécial de la revue CHUANG qui analyse l’historique de la transition de la Chine vers son intégration mondiale dans le capitalisme moderne. Ce premier article est l’introduction du texte dont on peut trouver la version en anglais ICI. En tapant “CHUANG” dans le moteur de recherche en haut à droite, vous aurez accès à tout ce que dndf a publié d’eux en français depuis le premier numéro de cette revue. dndf

RED DUST

La transition vers le capitalisme en Chine

Introduction – Ermitage

Réclusion

Lorsque les armées nomades descendirent du nord pour conquérir la dynastie des Jin de l’Ouest, en pleine effritement, les classes supérieures s’enfuirent par le fleuve Jaune vers l’arrière-pays méridional de leur empire en voie d’effondrement. Dans le sud, ils rétablirent la cour impériale à Jiankang (dans l’actuel Nanjing), décrétant l’ascension d’une nouvelle capitale dynastique. Mais le nouvel empire du soi-disant Jin oriental existait plus en édit qu’en réalité. Le pouvoir était extrêmement décentralisé, défini par une tension constante entre les factions de réfugiés du Nord qui s’étaient installées dans différentes régions, chacune ayant sa propre base militaire et économique largement autonome. Ces factions elles-mêmes dépendaient d’alliances ténues avec la noblesse du Sud, culturellement distincte, et avec divers groupes autochtones, toutes forgées lentement par des mariages mixtes et des conquêtes militaires. Au milieu de cette balkanisation, le désir de retrouver la patrie perdue du Nord n’a fait qu’unifier vaguement une cour paranoïaque, à peine capable de rassembler le pouvoir central nécessaire à la collecte des impôts, et encore moins de mettre sur pied une nouvelle armée capable de combattre les royaumes ” barbares ” militarisés qui s’étaient formés dans le Nord. Cette dynastie de courte durée ne fut, rétrospectivement, qu’une des étapes inférieures du déclin impérial de plusieurs siècles qui suivit l’effondrement des Han et précéda la montée des Tang[1].  Lire la suite…

Revue Chuang : « Enfin notre propre analyse du mouvement à HongKong »(texte complet)

03/01/2020 Aucun commentaire

Le dieu divisé

Une lettre à Hong Kong

 Ce qui suit a été écrit à la demande de Reignite Press. Une version chinoise est en cours de préparation et suivra sous peu. Chuang

Depuis le printemps arabe de 2011, le monde a été rongé par des changements tectoniques abrupts dans le paysage du potentiel politique. La certitude qui brodait autrefois chaque discussion sur l’économie mondiale est devenue, après une décennie de crise, un après-coup risible. Rétrospectivement, on pourrait dire que la “renaissance de l’histoire ” a commencé en Algérie ou en Égypte, mais aujourd’hui l’histoire commence à s’agiter même dans les pays riches, sous les villes tentaculaires et brillantes construites sur des décennies de spéculation. Des lieux autrefois considérés comme stables – ne nécessitant guère plus que des soins périodiques de la part de la direction technocratique des banques centrales et des groupes de réflexion – se révèlent aujourd’hui baties sur des lignes de faille. Lire la suite…

“Le vert est la couleur du dollar”

17/12/2019 10 commentaires

La brochure papier du blog Carbure, “le vert est la couleur du dollar”  est sortie aujourd’hui…. On la trouve dans les bons endroits de diffusion… dndf

Le PDF de la brochure ICI

Hic-Salta communisation : “Ménage à trois: Episode 13 – Epilogue”

12/12/2019 Aucun commentaire

Fin du feuilleton qui doit sortir en livre chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie 

Épilogue : classes moyennes et théorie communiste

Distinction entre prolétariat et classe moyenne salariée, distinction entre leurs revenus respectifs, distinction entre révolte interclassiste, même radicalisée, et insurrection communisatrice… Dans ce feuilleton, nous nous sommes assignés la tâche de commencer à tracer des lignes de partage. Mais notre ouvrage est loin d’être exhaustif. Et nous ne pouvons qu’espérer qu’il ouvrira la voie à d’autres travaux qui sauront en reprendre l’esprit et en élargir le champ d’investigation. En l’état, de nombreuses questions, théoriques ou empiriques, ont été laissées de côté.

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DDT21 : « Irak, de l’émeute à l’impossible réforme. 2018-2019. 2e partie »

08/12/2019 Aucun commentaire

La seconde partie  plus spécifiquement consacré aux événements qui ont débuté en octobre 2019

« 2019 Réforme politique ou guerre civile ? »

Après les révoltes d’octobre 2018, l’Irak connaît douze mois de relative accalmie ; pourtant, sur le fond, la situation économique et sociale reste globalement la même. Il faut attendre octobre 2019 pour que l’Irak connaisse une nouvelle vague de protestation qui, au départ, s’avère très semblable à la précédente. Mais, ce qui est inédit, c’est l’ampleur et la fulgurance de la mobilisation, le niveau de violence auquel ont recours les manifestants, ainsi que celui de la répression. Après une pause de quelques semaines pour cause de pèlerinage chiite, la contestation, qu’on aurait pu croire éteinte, reprend mais s’avère transformée, tant sur la forme que sur le fond, et tant sur le plan des revendications que sur celui de la sociologie des participants. Malgré les semaines qui passent, les morts, la fatigue et les phases de recul, le mouvement se poursuit dans une quasi-routine faite de manifestations et d’émeutes… mais il ne trouve pas de porte de sortie. LIRE LA SUITE.

DDT21 “« Émeutes et manifestations en Irak 2018-2019 »

28/11/2019 Aucun commentaire

Le blog ddt21 vient de publier la première partie d’un article de Tristan Leoni sur les émeutes et manifestations qui secouent l’Irak depuis  plusieurs mois :

 « Irak, de l’émeute à l’impossible réforme. 2018-2019 ».

Ce premier texte revient sur les origines de la crise sociale actuelle et sur les émeutes de l’année 2018.

« Depuis l’écrasement de l’État islamique à l’automne 2017, l’actualité irakienne est régulièrement ponctuée d’épisodes de manifestations et d’émeutes sur fond de revendications sociales de base (pour l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et des emplois) et de dénonciation de la corruption du personnel politique.

Ce contexte de paix et de concorde nationale enfin retrouvées ouvrait pourtant une période particulièrement favorable pour amorcer des réformes et tenter de répondre à l’immense attente sociale de la population. Un précieux capital politique que le gouvernement a dilapidé en quelques mois par une inaction intense. Colère et frustration des populations sont, une fois de plus, sans bornes ; les efforts et sacrifices consentis pendant la guerre contre le califat ont été vains.

Au fil des mois, les vagues de mobilisation, la violence et la détermination des manifestants semblent croissantes ; émeutes, incendies et affrontements avec les forces de l’ordre secouent toujours davantage le pays. Jusqu’à ce mois d’octobre 2019, où le mouvement de protestation entre dans une nouvelle phase, d’une plus grande ampleur, mais avec des pratiques différentes. Si le gouvernement est plus que jamais sur la sellette, on sait en revanche que l’État, lui, sera préservé. »

LIEN VERS L’ARTICLE : https://ddt21.noblogs.org/?page_id=2517

AU FORMAT PDF :
https://ddt21.noblogs.org/files/2019/11/Irak.-2018-2019.01.pdf

La seconde partie de cet article, plus spécifiquement consacré aux
événements qui ont débuté en octobre 2019, sera prochainement mise en ligne.

« Autocritique d’une participation « militante » aux Gilets jaunes »

25/11/2019 Aucun commentaire

Lu sur le site https://paris-luttes.info/autocritique-d-une-participation-12811

« Autocritique d’une participation « militante » aux Gilets jaunes »

L’explosion Gilet jaune entre le 17 novembre et la fin de l’année 2018 a placé l’ensemble de nos luttes quotidiennes dans une perspective renouvelée. Près d’un an après le début du mouvement, il nous paraît l’heure de faire un bilan. Pour rendre intelligible ce qui s’est produit, certes, mais sans se lancer dans une analyse exhaustive ou détaillée de l’évènement, qui serait bien trop longue. Surtout, ce texte se donne pour objectif de comprendre tant nos manques ou nos ratés, que nos illusions et nos aveuglements, pour essayer d’envisager la suite avec clairvoyance. Autant d’ambitions que nous ne tiendrons surement pas, mais qui amèneront, nous l’espérons, de nombreuses discussions. Lire la suite…

“La naissance du mode de production capitaliste, 1415-1763”

17/11/2019 Aucun commentaire

En parallèle des discussions, débats et anathèmes qui agitent “le monde qui pense” autour de la racisation, des récits décoloniaux et plus largement de l’origine du capitalisme, une vidéo de présentation de la passionnante somme (en cours d’édition) d’Alain BIHR:

“Le premier âge du capitalisme”

dont les trois volumes sont sortis chez  Syllepse et  suivent son premier ouvrage “La préhistoire du capital”, paru en 2006.
Cette vidéo est produite par le Monde Diplomatique.

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“Après Debord, le Spectacle à la dérive”

14/11/2019 2 commentaires

Lu sur le blog « Agitations »

« Après Debord, le Spectacle à la dérive »

« Les désillusions du stalinisme ont provoqué un regain d’intérêt pour les marxismes hétérodoxes dans les années 1960, et les théories situationnistes sont le produit de l’effervescence des luttes sociales de la période. Si elles ont pu mettre en lumière des pans jusque là inexplorés de la critique sociale, elles restent prisonnières de leur époque et se situent à l’intersection de deux cycles de lutte, traversées de multiples contradictions qu’elles n’ont jamais pu résoudre. Le déclin final du programmatisme achèvera d’entériner leur obsolescence, et leurs apports théoriques seront repris, discutés, critiqués et dépassés par la suite. »

lire la suite

“Le vert est la couleur du dollar”

01/11/2019 Aucun commentaire

“A propos de Greta et de la transition technologique.”

Dernière parution du blog CARBURE

Le capitalisme va-t-il sauver le monde ?

Depuis une trentaine d’années, on assiste d’une part à une prolifération de discours et d’analyses tant politiques que médiatiques sur l’urgence que revêtent les questions du réchauffement global et de la destruction des milieux naturels, et d’autre part à l’échec de toutes les actions visant à imposer des conditions à l’activité économique afin de limiter les dégâts occasionnés. Alors que chacun s’accorde à reconnaître qu’il faudrait faire quelque chose, rien de significatif n’est entrepris, hormis les incessantes campagnes de responsabilisation des individus des pays développés, la suppression des gobelets en plastique dans les entreprises et des sacs aux caisses des supermarchés, le parking payant en ville et la taxation des carburants. Toutes ces mesures laissent à penser que le poids des actions menées repose punitivement sur les particuliers seuls. De plus elles apparaissent comme dérisoires face à l’ampleur du problème, quand elles ne visent pas simplement à remplir les caisses de l’Etat ou à engraisser les capitalistes en stimulant l’activité économique (renouvellement du parc automobile, secteur du recyclage des déchets, normes environnementales sur les bâtiments, etc.). la suite ici

Extractos del Prólogo «Mai 68, année théorique, etc.» de Histoire critique de l’ultragauche

28/10/2019 Aucun commentaire

Extraits traduits par Fédérico Corriente de la Préface “Mai 68, année théorique, etc.” de Histoire critique de l’ultragauche »

Extractos del Prólogo «Mai 68, année théorique, etc.» de Histoire critique de l’ultragauche

El programatismo y su caducidad

Bajo el impulso de la huelga de masas de mayo-junio de 1968, después de que el otoño caliente italiano de 1969 y el levantamiento polaco de diciembre de 1970 sucedieran a la primavera francesa, que conflictos a menudo violentos y sin reivindicaciones se multiplicasen en los Estados Unidos y que todas las instancias de la reproducción de la fuerza de trabajo y de la necesidad de renovar su relación con el capital se ponían en tela de juicio, cabía pensar que al reformismo obrero, al control de los partidos comunistas y de los sindicatos sobre la clase y al bombo izquierdista les quedaba ya poca cuerda, y que todas esas luchas, aun siendo limitadas, anunciaban un nuevo «asalto proletario» que iba a desembocar a corto plazo en la lucha final. Sin embargo, los límites de las luchas de la época fueron apareciendo a medida que éstas se desarrollaban, y hubo que formular preguntas decisivas tanto sobre los resultados de las revoluciones pasadas como sobre el análisis de las luchas en curso, las perspectivas de desarrollo del modo de producción capitalista y la concepción general del comunismo. Lire la suite…

HIC-SALTA : « Ménage à trois: Episode 12 – Le ménage à trois dans la crise qui vient (deuxième partie) »

13/10/2019 Aucun commentaire

la suite du feuilleton publié sur le blog “Hic-Salta communisation”

« Ménage à trois: Episode 12 – Le ménage à trois dans la crise qui vient (deuxième partie) »

Dans l’épisode précédent, nous avons entamé une réflexion prospective sur ce qu’il pourrait advenir au ménage à trois de la lutte des classes dans la prochaine crise du capital. Après avoir envisagé la question du point de vue du capital et des capitalistes, nous l’abordons maintenant de celui des classes salariées, d’abord ensemble (interclassisme radicalisé), puis pour le seul prolétariat (insurrection?). Nous suivrons le plan suivant :

2 – La CMS et le prolétariat dans la crise qui vient 

2.1 – Introduction : restructuration et/ou insurrection

2.2 – Radicalisation des luttes interclassistes dans la prochaine crise

2.2.1 – Devenir de la CMS dans la crise

2.2.1.1 – Paupérisation et prolétarisation de la CMS

2.2.1.2 – Scission de la CMS

2.2.2 – Caractéristiques générales de l’interclassisme radicalisé

2.2.2.1 – Engagement croissant du prolétariat

2.2.2.2 – Objectifs des luttes

2.2.2.3 – Pratiques de lutte de l’interclassisme radicalisé

2.2.2.4 – Du nationalisme à l’ultra-nationalisme

2.2.4 – Conclusion provisoire

3 – Insurrection

3.1 – Définition de l’insurrection

3.1.1 – Saisie de moyens de production

3.1.2 – Armement

3.2 – Facteurs de déclenchement d’une insurrection dans les zones centrales à notre époque

3.2.1 – Destructuration des circuits de la reproduction prolétarienne

3.2.2 – Dénationalisation de la négociation et de la législation sociales

3.2.3 – Défaite militaire ?

3.3 – Hypothèses sur une insurrection à venir

3.3.1 – Déclenchement de l’insurrection

3.3.2 – Devenir de la CMS durant la phase insurrectionnelle

3.3.3 – Nécessité historique de l’insurrection prolétarienne

3.3.4 – Attaque du capital

3.4 – Communisation et dépassement du ménage à trois

3.4.1 – Travail manuel et travail intellectuel

3.4.2 – La production comme bricolage

3.4.3 – Nécessité, liberté, conscience

4 – Conclusion

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” Révolucion y contrarrevolucion”

21/09/2019 Aucun commentaire

Traduction par le camarade F. Corriente du dernier texte mis en ligne par les camarades de « Il Lato Cattivo » ce vieux texte d’Intervention communiste (“Révolution et contre-révolution”)

Revolución y contrarrevolució

Intervention Communiste

[Révolution et contre-révolution, París 1974]

La coherencia de la sociedad capitalista tiene por fundamento el vigor y la extensión de la ley del valor. La comunidad material[1] del capital se constituye en torno a ella, ya que transforma cualquier manifestación humana en mercancía y al hombre mismo en la mercancía fuerza de trabajo; esta comunidad sólo accede a su propia estabilidad mediante la transformación del hombre en mercancía; en este sentido, la comunidad no está basada en el valor, sino —dicho de manera más precisa— en el valor en proceso, en el valor que se valoriza.

Fundado en el valor —no en su acepción estática, sino en el ciclo de sus metamorfosis—, el capital erosiona su propio fundamento: el valor. El capital trabaja sin cesar en la destrucción del valor; el propio movimiento de su acumulación sirve de base al momento en que se presenta a sí mismo como creador de valor; el plusvalor se convierte en beneficio y el valor se convierte en precio de producción. Todo sería perfecto si el capital pudiera liberarse del valor; este perturba su funcionamiento: separación de la forma del precio y la forma equivalente general; producción de un movimiento de capitalización en el que una parte determinada de la acumulación del capital no se corresponde con ningún valor (cfr. las acciones); expansión del sistema de crédito en el que el capital se anticipa a sí mismo. El capital fragmenta la ley del valor. Pero cuanto más tiende a liberarse del valor, más intensifica la violencia tutelar de este último. En realidad, al desarrollarse y presentarse como la única fuente de ganancia, el capital no hace sino reducir el mismo plusvalor en el que, cíclicamente, está obligada a resumirse la ganancia. Lire la suite…

Ediciones Inéditas : « Communisation et décolonisation »

09/09/2019 Aucun commentaire

Traduction automatique de https://ediciones-ineditas.com/2019/09/08/communization-decolonization/

« Communisation et décolonisation »

Récemment, nous avons été interrogés sur nos réflexions sur la communisation et la décolonisation et cet essai est notre réponse.

Il convient tout d’abord de noter que le milieu de la communisation est bien d’origine européenne et ne traite généralement pas de notre réalité coloniale dans les «Amériques». Ses auteurs, principalement européens, conceptualisent à partir d’un contexte différent de celui que nous vivons dans les «Amériques» (et autres terres colonisées).

Alors pourquoi parle-t-on encore de communisation?

Ceux d’entre nous qui travaillent sur ce projet trouvent toujours de la valeur dans la théorie de la communisation, car elle montre un moyen clair d’instaurer immédiatement les conditions du communisme .

Mais qu’est-ce que le communisme? Pour nous, compagnons de route, le communisme n’est pas un mode de production. Il ne s’agit pas simplement d’un système économique de répartition plus juste de la richesse. Il s’agit d’un large éventail de modes de vie fondés sur des relations sociales communes, y compris (mais non exclusivement) l’entraide, la solidarité, l’effondrement du binaire production / consommation (donc l’abolition du travail), l’abolition de l’État, l’abolition de l’argent, l’abolition de la valeur, l’abolition de la race et du sexe en tant que site de l’oppression, l’abolition de la cis-hétéro-patriarcat (et tout ce qui implique, comme l’hétérosexualité obligatoire). Certains appellent aussi cette anarchie . La négation de ce qui soutient la civilisation capitaliste occidentale. Lire la suite…

A paraître : « Le Kaléidoscope du prolétariat », le bouquin

03/08/2019 Aucun commentaire

Nous avons reçu cela: Théorie Communiste 26 va peut-être être publié en livre avec un chapitre supplémentaire, en attendant, en voici quelques « bonnes feuilles »

Rappel de la quatrième de couverture de TC 26, histoire de se remémorer la problématique….(dndf)

Kaléidoscope Quatrième

“La segmentation raciale du prolétariat est un phénomène objectif qui a dans les catégories du mode de production capitaliste son processus de production, ses lieux de production, ses matériaux, ses outils. Elle fonctionne selon ses propres critères dans son autonomie relative.

De l’identité par le travail des années 50 et 60 à l’essentialisation culturelle parachevée dans le « musulman » et le « voile » en passant par les « Marches », les émeutes et les mouvements issus des cités, les luttes de sans-papiers, les grèves de l’automobile des années 80, les foyers Sonacotra, l’interclassisme et les questions de mixité/non mixité des luttes, la segmentation raciale est un processus mouvant, un virus opportuniste. Le prolétariat « un » et, par nature, révolutionnaire fut une construction nécessaire aujourd’hui obsolète.

Crier « La classe ! La classe ! », en sautant sur sa chaise comme un cabri n’est pas plus pertinent dans une « perspective révolutionnaire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de combiner les deux, comme dans une mauvaise compréhension de « l’intersectionnalité ». Le prolétariat n’existe pas préalablement dans une sorte de pureté théorique avant de compter en son sein des Arabes, des Noirs, etc., ou… des femmes (il contient bien des hommes blancs). C’est à partir de l’exploitation dans le mode de production capitaliste que nous déduisons les constructions raciales comme nécessaires et le cours des luttes de classe comme relevant, à leurs risques et périls, de cette nécessité.

Ce n’est pas dans leur situation commune de classe qui contient toutes les segmentations, mais en se retournant contre elle que les prolétaires les dépassent. La lutte de classe travaille la fragilité, la labilité, des segmentations raciales qui bien que configurations mouvantes, sont des processus objectifs et non l’invention de quelques entrepreneurs en racialisation, s’alimentant à la réécriture de l’histoire et du capital selon le Grand Récit décolonial.”

 


Des luttes, marches, émeutes, et associations des quartiers à l’impossible « passage au politique »

« Nous ne voudrions pas terminer ces quelques observations sur la méthode sans nous excuser auprès du lecteur du trop grand nombre de citations contenues dans ce livre. Les historiens du XIXe siècle et ceux de notre temps qui écrivent pour le “grand public” ne procèdent pas ainsi. Ils gardent par devers eux la plupart de leurs notes. (…) Cette façon de procéder donne à l’histoire ainsi conçue une aisance qui suscite notre envie : l’auteur avance les mains libres, comme un voyageur sans bagages. Elle confère aussi à son œuvre l’aspect d’un travail créateur, fruit de sa pensée propre. (…) Nous avons essayé de les imiter, nous n’y sommes pas toujours parvenu. Nous n’avons pu nous résoudre, quand nous avions recueilli une citation intéressante, vivante, probante, à en priver le lecteur. Et si nous avons eu la chance de recueillir dix citations analogues, nous n’avons pu résister à l’envie de multiplier notre preuve par dix … (…) Nous sortons tout notre dossier. La monotonie de ces citations succédant les unes aux autres fatiguera sans doute le lecteur. Nous le regrettons bien sincèrement, mais le mal est sans remède. » (Daniel Guérin, Postface à La lutte de classes sous la Première République, éd. Gallimard, t.2, pp.414-415)

Une seconde génération

Les conditions d’exploitation avaient changé, la crise était avérée et la restructuration se mettait en place, il était devenu évident que les descendants et descendantes des travailleurs immigrés ne prendraient pas la relève de leurs parents. Ils étaient devenus une « seconde génération ». Brutalement, le terme désignait en permanence « l’échec de l’intégration ». « Seconde génération » c’est une assignation à une origine, une identité « arabe », cela transforme et fixe la migration elle-même comme une origine identitaire. Ces jeunes apparaissaient encore comme la suite et reproduisant l’étrangeté de l’immigré, mais de façon différente, maintenant massive, permanente et inexorablement « d’ici ». Lire la suite…

Troploin : ” Jaune, rouge, tricolore, ou : Classe & peuple”

19/07/2019 Aucun commentaire

Un article de Gilles Dauvé sur les gilets jaunes

Jaune, rouge, tricolore, ou : Classe & peuple

C’est peu dire que « les Gilets Jaunes » ont suscité un Niagara de commentaires et d’exégèses. Le texte qui suit expose seulement quelques points généralement sous-estimés ou négligés.

C’est l’agitation humaine,
avec toute la vulgarité des petits et des gros besoins,
avec son dégoût criant de la police… 

Malgré des défaites

Le mouvement des Gilets Jaunes ne s’est pas superposé à des luttes de classes qu’il serait venu affaiblir ou étouffer : il est l’effet d’une résistance prolétarienne à la fois mise en échec et persistante, et qui se défend comme elle le peut dans la confusion ambiante.

En 1995, l’offensive bourgeoise contre les retraites recule devant les grèves, notamment celle des cheminots pendant trois semaines. En 2005, « les banlieues » explosent. Quelques mois plus tard, un soulèvement de jeunes et de moins jeunes bloque le Contrat Premier Embauche, tentative de sous-payer la jeunesse salariée. Autant de batailles demi-gagnées dans une guerre perdue. Car en 2010, l’État impose sa réforme des retraites. En 2016, la Loi Travail est finalement votée. En 2017, le Code du travail est refondu. Au printemps 2018, la grève discontinue de la SNCF s’achève en défaite.

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A paraître : « Le ménage à trois de la lutte des classes/ Classe moyenne salariée, prolétariat et capital »

03/07/2019 Aucun commentaire

Chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie  le 12/12/2019

De Oaxaca à Tel Aviv et Manhattan, de Téhéran à Paris, en Tunisie, en Égypte et plus récemment en Algérie, la classe moyenne salariée développe depuis quelques années des luttes massives, parfois violentes, contre l’État capitaliste. Alliée au prolétariat ou seule, elle fait la grève, manifeste, dresse des barricades, occupe des places pour défendre sa position et ses privilèges dans la société. Ces luttes ont rendu visible le fait qu’elle est une vraie classe, pas une vague couche intermédiaire entre prolétariat et bourgeoisie. C’est une classe qui incarne le travail intellectuel tel que le taylorisme et le fordisme l’ont historiquement séparé du travail manuel, lui donnant simultanément une fonction d’exécution et d’encadrement. Bénéficiaire d’un sursalaire qui lui permet de surconsommer et d’avoir des réserves, la classe moyenne salariée n’est pas destinée à se fondre spontanément dans le prolétariat sous l’effet de la crise, débarrassant ainsi la théorie d’une épineuse question. Car l’existence de cette classe, que Marx n’avait pas vraiment prévue, implique de préciser notre vision des rapports sociaux dans les pays développés et émergents : il faut passer du face à face prolétariat/capital à un ménage à trois… classes qui s’affrontent dans un ballet plus compliqué, où l’interclassisme est une figure récurrente. Le présent ouvrage fait une première exploration de cette complexité, et cherche à dégager la perspective communiste du maelström des luttes interclassistes qui se multiplient en ce début de 21° siècle. Lire la suite…

Blog DDT21 : « Sur les Gilets jaunes / Du trop de réalité (conclusion du feuilleton) »

02/07/2019 Aucun commentaire

Suite et fin du feuilleton sur les gilets jaunes publié sur le blog DDT21

Le mouvement des Gilets jaunes est trop étrange pour qu’on puisse y voir un verre à moitié plein ou à moitié vide. Ne ressemblant à rien de déjà vu, il ne suffit pas de lister ce qui lui aurait manqué pour qu’il cadre avec des schémas préétablis ; on peine même, a posteriori, à l’intégrer aux théories prédictives qui, d’ailleurs, ne l’avaient pas vu venir.

Le phénomène est pourtant connu, mais il surprend toujours : il arrive, parfois, que les prolétaires ne fassent rien comme prévu, et c’est très bien… mais cela n’est pas sans générer quelques inquiétudes. LIRE LA SUITE.

A paraître : « La frontière comme méthode ou la multiplication du travail »

30/06/2019 Aucun commentaire

Chez nos camarades des éditions de l’Asymétrie

On a coutume de dire, pour s’en féliciter ou le déplorer, que les frontières seraient en train de s’estomper et de disparaître. A rebours de ces lieux commun, ce livre démontre qu’au contraire les frontières prolifèrent dans le monde actuel et ce, sous des formes et selon des configuration mouvantes, et en constante réinvention, au fil des flux de capitaux, de marchandises et de personnes qu’elles articulent, mais aussi au rythme des luttes qui les environnent et les bousculent. Sandro Mezzadra et Brett Neilson proposent ici un nouveau paradigme qui décloisonne disciplines et théories pour comprendre comment les frontières sont devenues le laboratoire des mutations du capitalisme et de l’État. Lire la suite…

Blog DDT 21 : « Sur les Gilets jaunes / épisode 06. Sur la violence et l’insurrection »

24/06/2019 Aucun commentaire

Un nouvel épisode de Tristan Leoni

Sur les ronds-points, la situation est parfois tendue, mais les évacuations de décembre ne débouchent que rarement sur des affrontements directs entre forces de l’ordre et Gilets jaunes. On les évite. On assiste davantage au jeu du chat et de la souris qui fait que, dès que les policiers ont le dos tourné, on réinvestit la place avec, si possible, davantage de participants, de pneus et de palettes. Le rituel des manifestations du samedi qui s’instaure progressivement voit, lui, s’instituer un tout autre rapport à la violence physique, qui va parfois même se refléter sur les ronds-points, et qui mérite notre attention. LIRE LA SUITE.

Il Lato Cattivo : “« Photos à travers la vitre » dernière partie

23/06/2019 Aucun commentaire

Fin de la traduction de ce long texte de 18 pages sous la forme d’épisode apériodique.

 Merci à Amparo pour la traduction et Robert pour la relecture

« Photos à travers la vitre » dernière partie

Épuisement démocratique

La lutte entre les deux classes fondamentales du MPC a été et demeure le moteur de son développement. Cela est vrai non seulement du point de vue des modifications dans les modalités de consommation (productive ou improductive) de la force de travail, mais aussi du point de vue strictement politique des formes de gestion de l’État, des constitutions, etc. Ce n’est pas la concurrence, mais la résistance des travailleurs à l’allongement de la journée de travail qui a, historiquement, obligé les patrons de toutes les latitudes à réinvestir en moyens de production, se concentrant davantage sur l’intensité et la productivité du travail (plus-value relative) que sur le prolongement et la multiplication des journées de travail (plus-value absolue).

Lire la suite…

Blog DDT 21 : « Sur les Gilets jaunes / épisode 05. La forme du mouvement »

19/06/2019 Aucun commentaire

la suite du feuilleton publié sur le blog DDT 21 sur les gilets jaunes

« Sur les Gilets jaunes / épisode 05. La forme du mouvement »

D’emblée présents sur l’ensemble du territoire et par-delà les catégories professionnelles, les Gilets jaunes surprennent et réjouissent par le caractère spontané de leur mobilisation et par une volonté évidente de prendre leurs affaires en main. De fait, leur mouvement se construit en dehors de tout cadre organisationnel préexistant, syndical, politique ou autre, refuse toute hiérarchie ou toute forme de médiation : pas de chef, pas de représentant, une grande méfiance à l’égard d’éventuels porte-parole – ce qui complique la tâche des autorités – ou de tout ce qui aurait l’air de faire perdre une once de pouvoir à la base. Ce qui est au départ un mode de fonctionnement adopté spontanément se formalise, s’impose à lui-même telle une norme considérée comme suffisante pour lui assurer pérennité et authenticité. Une forme qui se suffit à elle-même et devient son propre contenu. LIRE LA SUITE.

 

A paraître : « La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat. »

19/06/2019 Aucun commentaire

Publication automnale annoncée aux éditions Entremonde :
Tristan Leoni, La Révolution iranienne. Notes sur l’islam, les femmes et le prolétariat.

L’Iran connaît en 1979, l’un des régimes les plus stables, prospères et répressifs du Moyen-Orient ; celui-ci s’effondre pourtant en quelques mois sous les coups d’une grève sauvage massive et d’émeutes urbaines incessantes. Cette étude revient sur les causes réelles de l’une des plus grandes révoltes ouvrières du XXe siècle, et met en lumière les mécanismes d’une protestation prolétarienne croissante, l’échec de la répression et l’effondrement de l’État. Elle relate aussi la manière dont le clergé chiite s’empare des rênes de la contestation et la transforme en « révolution islamique » et, enfin, comment tout cela déclenche un mouvement de révolte des femmes d’une ampleur inégalée.

ISBN : 9782940426553 – 230 p. – 14 x 21 cm – novembre 2019 – Collection Rupture