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Archives pour la catégorie ‘Du coté de la théorie/Around theory’

“Réflexions provisoires sur les Gilets Jaunes”

16/12/2018 3 commentaires

Trouvé sur Agitations. dndf

Réflexions provisoires sur les Gilets Jaunes


Le texte suivant est issu des réflexions de camarades vivant en France, en Suisse et en Allemagne, et a pour but de présenter la situation actuelle en France à un public allemand (puis vaille que vaille, traduira qui voudra). Nous partageons ses conclusions avec seulement quelques réserves, notamment par rapport à l’utilisation de l’enquête du Monde dont nous trouvons la méthodologie peu satisfaisante, biaisant de ce fait la représentation des composantes sociales du mouvement, et surtout leur politisation (sur la présence de l’extrême droite particulièrement).

1. Le « peuple » et le prix du litre

C’était la goutte de trop. Une hausse des taxes sur le carburant qui fait exploser la colère de celles et ceux qui subissent de plein fouet la mise à mal de l’Etat social. Mais pourquoi la goutte fut-elle dans la hausse des taxes sur le carburant, et pas dans la casse du code du travail amorcée par la loi El Khomri et approfondie par les ordonnances de Macron, ou encore dans la privatisation des chemins de fer ? Parce qu’un réservoir vide, c’est une assignation à résidence. Pour les individus relégués aux périphéries de l’espace social, dans ses marges périurbaines et rurales, la voiture est la dernière garantie d’une socialisation résiduelle. Elle permet de « sortir » de la zone. Sous ces conditions, il n’est pas rare que la voiture soit perçue comme un facteur de socialisation central. Lire la suite…

Gilets jaunes: une contribution de R.S.

14/12/2018 Aucun commentaire

Après réflexion, pour garder une cohérence aux échanges du fil, nous laissons ce texte de contribution de RS dans le fil des commentaires de l’article  en réponse à Patloch. Désolé pour le cafouillage. la soute de dndf

 

Réponse aux commentaires de Patlotch

12/12/2018 14 commentaires

En réponse aux commentaires de Patlotch sur la note de Théorie Communiste relative au mouvement des Gilets jaunes.

           Il est toujours risqué de rendre publiques des notes ou un texte non abouti (dans la mesure où une telle chose, « le texte abouti », existe), la chose sera toujours considérée comme « achevée » et le lecteur se chargera de l’achever en trouvant son inachèvement comme symptomatique de sa problématique, considérant, comme Patlotch, que sa « cohérence tient à tout ce qu’il manque ou évacue ». Le terme même de « cohérence » témoigne bien que, avec raison, personne ne tient compte du caractère de « notes » d’un texte. Quel bel hommage, au passage, à la « lecture symptomale » que de reprendre le thème de « l’interdit d’une problématique ».

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« 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre »

03/12/2018 10 commentaires

Nous ne pouvions pas ne pas relayer un article aussi “à chaud” sur l’évènement et venant de camarades dont nous sommes si proches.

Nous tenons tout de même à signaler que nous avons, cette fois ci, quelques réserves (le mot est faible) quant à l’enthousiasme et au manque de distance par rapport à l’évènement, ce qui est le propre d’un texte écrit au coeur du dit événement…

Le niveau violence n’a jamais suffit à qualifier le contenu d’un mouvement.

Nous sommes en attente des commentaires que les lecteurs feront de ce texte de Carbure mais, d’ores et déjà, nous avons “du mal” avec des phrases comme  celles qui suivent:

“le contenu révolutionnaire de la période actuelle a commencé à apparaître sous la croûte des discours et des idéologies”.Quel contenu?

“la rencontre avec les « quartiers » lui a apporté ce qui lui manquait pour correspondre au « mouvement réel “. Ou et quand y a t’il eut rencontre??

“Cet état de fait porte aussi bien la guerre civile comme limite que le dépassement révolutionnaire : franchir le pas qui mène de l’insurrection à la révolution, c’est marcher sur la lame d’une épée”.

“on pourra imaginer passer de l’émeute ou du soulèvement à la révolution.”

“Ce mouvement porte tout ce que peut être aujourd’hui une révolution communiste, ses limites, ses dangers, son caractère imprévisible”

Nous pouvons entendre l’enthousiasme et la prise de parti. Nous avons tout de même besoin  de distance et d’analyse plus à fond du mouvement en cours…. A suivre dndf

 

 

Article publié sur le blog Carbure Lutte des classes / Guerre civile / Communisation

« 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre »

Le samedi 1er décembre, le mouvement des Gilets jaunes a cessé de s’appartenir, il a cessé d’être le mouvement de la France blanche-d’en-bas qu’il était à ses débuts. Face au prévisible refus de l’Etat de satisfaire la moindre revendication (comme en atteste le refus ou l’incapacité des « porte-paroles » du mouvement de rencontrer le Premier ministre), face aussi à l’aspect dérisoire que prend toute revendication au regard des existences insupportables qui sont les nôtres, et grâce à la convergence en milieu urbain de TOUTES les colères, le contenu révolutionnaire de la période actuelle a commencé à apparaître sous la croûte des discours et des idéologies, et ce contenu est le chaos. La question est désormais de savoir où ce qui a commencé va s’arrêter, ou plutôt jusqu’où ce qui a commencé ici pourra porter le désordre. Déjà, ceux qui sont à l’origine du mouvement font office d’arrière-garde poussive de ce qu’ils ont initié, en appellent à la raison et réclament dans le JDD le retour à l’ordre républicain. Ils sont l’incarnation du mouvement à ses débuts, et leur frilosité montre assez ce que ce mouvement n’est déjà plus. Ils se satisferaient d’un moratoire sur le prix du carburant, d’une hausse quelconque de quoi que ce soit ou de l’organisation d’un référendum sur la transition énergétique, là où se dessine un mouvement qui veut tout emporter sur son passage, et ne parvient plus à se cristalliser sur aucun discours ni aucune revendication, si ce n’est « Macron démission », répété comme une espèce de mantra en appelant au néant, à la disparition de tout ce qui représente ce monde. « Macron démission » c’est à la fois la limite politique de ce mouvement, et l’appel à la fin de toute politique. Lire la suite…

“Les gilets jaunes, l’État, et le capital”, remarques critiques sur l’analyse de Théorie communiste

29/11/2018 7 commentaires

 

Ce texte vient du site de Patloch. Nous le relayons en raison de son importance dans le débat actuel sur le mouvement des gilets jaunes. dndf

1. les gilets jaunes, l’État, et le capital
remarques critiques sur l’analyse de Théorie communiste
A
ce jour, la Note sur le mou­ve­ment des gilets jaunes de Théorie Communiste est le meilleur texte sur la question… du point de vue du structuralisme prolétarien*, ou si l’on préfère la meilleure analyse de classe de ce mouvement.

* voir à ce sujet Althusser n’est pour rien dans le ‘structuralisme prolétarien’, de TC ou de quiconque

1) ce texte est la meilleure analyse de classe… (citations résumées en substance) :

– la critique de « l’interclassisme », “coexistence et non somme d’intérêts communs fondés sur une revendication commune, ici sur la question du niveau de vie, des reve­nus, qui de ques­tion éco­no­mique devient immé­dia­te­ment poli­tique.”

– celle du populisme : « les taxes, les impôts, c’est l’Etat » et cette « résultante » revendicatrice « consacre l’hégémonie d’une de ses com­po­santes : les arti­sans et petits patrons qui fédèrent le « peuple ».

– les approches sociologiques en terme de « France péri­phé­rique » (Chris­tophe Guilluy),  for­mule per­for­ma­tive qui fait exis­ter ce qu’elle est cen­sée dési­gner »

« une reven­di­ca­tion éco­no­mique où le salaire n’est qu’un rap­port de dis­tri­bu­tion (bien sûr injuste) et corol­lai­re­ment le mode de pro­duc­tion est occulté, réduit au détour­ne­ment du tra­vail du peuple. [Ici] des luttes, des pratiques dési­gnent les rap­ports de dis­tri­bu­tion pré­ci­sé­ment comme « l’envers des rap­ports de pro­duc­tion », c’est-à-dire qui se situent dans la réflexi­vité. Tout en sachant qu’il peut y avoir de nom­breuses situa­tions inter­mé­diaires. La dis­tinc­tion peut tra­ver­ser une même pra­tique et/ou un même groupe social (sub­di­vi­sions de classe) […] Dans [ce] cas, la reven­di­ca­tion contre l’injustice, la pau­vreté, l’Etat déna­tio­na­lisé, dési­gne­rait les rap­ports de pro­duc­tion à l’intérieur même de la façon dont les rap­ports de dis­tri­bu­tion sont atta­qués. Et, il est impos­sible de dire que dans les mobi­li­sa­tions des gilets jaunes la chose est absente. […]  Il y a tou­jours jeu et non dicho­to­mie entre rap­ports de pro­duc­tion et rap­ports de distribution. »

Lire la suite…

Gilets jaunes, colères noires et interclassisme, une note de travail de la revue “Théorie communiste”

27/11/2018 3 commentaires

“Théorie Communiste” vient de publier un texte de travail au sujet du mouvement en cours sur son blog, “la soute”

La France qui roule des clopes et fume au diésel

(Elle fait aussi griller des merguez et apprécie « le jaune », pas seulement en gilet)

“Dans le mouvement des gilets jaunes, la reven­di­ca­tion com­mune porte sur le niveau de vie et plus pré­ci­sé­ment, à l’intérieur de ce qui l’affecte, l’ensemble des dépenses contraintes et parmi elles, celle que tout le monde désigne comme « la goutte d’eau qui a fait débor­der le vase » : l’augmentation du prix des car­bu­rants (prin­ci­pa­le­ment le gazole). La ques­tion est celle du niveau de vie, des reve­nus. Mais cette ques­tion ne demeure pas une ques­tion éco­no­mique, elle devient immé­dia­te­ment poli­tique. Les taxes, les impôts, c’est l’Etat. C’est dans cette immé­diate muta­tion de l’économie en poli­tique que l’interclassisme trouve sa forme qui le défi­nit et le conforte. La résul­tante n’est jamais socia­le­ment neutre mais consacre dans l’interclassisme, l’hégémonie d’une de ses com­po­santes : les arti­sans et petits patrons qui fédèrent le « peuple».

La note de travail, ICI

“Gilets jaunes : questions pour ceux qui cherchent des alliances”

27/11/2018 8 commentaires

« On aimerait bien y croire, dans la capacité des choses à être autre chose que ce qu’elles sont. Oui mais… »

Sur le site CARBURE

“Théorie Communiste et le marxisme structuraliste althussérien”

26/11/2018 un commentaire

La problématique n’est pas absolument d’une actualité brûlante mais, Internet étant une grande caisse de “raisonance”, très poreuse, les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont eu vent du fait qu’il était question, sur certains réseaux sociaux, de leur structuralisme et, en particulier, de leur intérêt passé et présent pour Althusser. Du coup, ils nous demandent de rendre public ce petit travail sur le sujet en forme de participation au débat. dndf

A propos du « structuralisme » de Théorie Communiste et plus précisément de son « structuralisme althussérien »

Que Théorie Communiste soit « structuraliste » ou plus précisément « structuraliste althussérien », où est le problème ? S’il s’agit seulement de faire une généalogie conceptuelle cela n’a pas grand intérêt. Supposons même la question résolue par l’affirmative, c’est-à-dire un structuralisme de TC et même horresco referens : un « structuralisme althussérien ». C’est bien ou c’est pas bien ? Où est la question, où est l’enjeu ?

La question est importante à partir du moment où on la situe, où on la positionne théoriquement ce qui signifie politiquement.

Il semblerait que ce n’est pas « bien » d’être « structuraliste » ou pis « structuraliste althussérien », il y aurait comme un problème. Personne n’a jamais posé, de la même façon, de questions sur les niaiseries humanistes héritées de Rubel (icône de l’ultragauche), comme si elles allaient de soi, ou sur les grandes envolées  hégéliennes relatives au travail et son dépassement, toujours assez chics et « radicales ». Ce ne sont que péchés véniels. Ce qui fait problème avec le structuralisme, c’est qu’on ne tend plus aux « gens » un miroir où ils pourront se reconnaître comme « personnes ». Lire la suite…

(Re)lecture de circonstance

24/11/2018 Aucun commentaire

sur la page facebook de Prada Meinhof  

 (Re)lecture de circonstance :

“Dans la crise de la société sala­riale, les luttes qui se déroulent autour de la dis­tri­bu­tion désigne l’État comme le res­pon­sable de l’injustice. Cet État, c’est l’État déna­tio­na­lisé, tra­versé par et agent de la mondialisation.

La citoyen­neté devient alors l’idéologie sous laquelle est menée la lutte des classes, nous voyons par­tout des drapeaux. Dans la « période for­diste », l’État était en outre devenu « la clé du bien-être », c’est cette citoyen­neté qui a foutu le camp dans la restruc­tu­ra­tion des années 1970 et 1980. Si la citoyen­neté est une abs­trac­tion, elle réfère à des conte­nus bien concrets : plein emploi, famille nucléaire, ordre-proximité-sécurité, hété­ro­sexua­lité, tra­vail, nation. C’est autour de ces thèmes que dans la crise de la société sala­riale se recons­truisent idéo­lo­gi­que­ment les conflits de classes. […]

En tant qu’idéologique, la citoyen­neté natio­nale répond au pro­blème réel de son époque : la crise du rap­port sala­rial deve­nue crise de la société sala­riale, la crise de l’État dénationa­lisé, l’opposition irré­duc­tible entre les gagnants et les per­dants de la mon­dia­li­sa­tion. Mais le recours à la citoyenneté natio­nale est alors l’aveu même dans les luttes sur la base et à l’intérieur de la société sala­riale que ces luttes opèrent sous une idéo­lo­gie. D’une part, la citoyen­neté nationale répond au pro­blème réel de la crise de la société sala­riale ; d’autre part, elle ne lui cor­res­pond pas, car elle la traite de façon « inauthen­tique » comme repré­sen­ta­tion d’autre chose : la perte des valeurs, la décom­po­si­tion de la famille, l’identité natio­nale, la com­mu­nauté du tra­vail. C’est-à-dire qu’elle ne répond qu’à ses propres questions. […]

La mon­dia­li­sa­tion et la déna­tio­na­li­sa­tion de l’État créent de vastes ter­ri­toires péri­phé­riques et exclus des pro­ces­sus écono­miques majeurs. A l’automne 2013, c’est ce sen­ti­ment d’exclusion ter­ri­to­riale qui a fédéré la révolte bre­tonne, dite des « bon­nets rouges », contre l’écotaxe et les fer­me­tures d’entreprises. […] Dans la recons­truc­tion idéo­lo­gique des conflits, le local est au car­re­four de plu­sieurs autres déter­mi­na­tions dont il sera ques­tion plus loin : il ras­semble le « peuple authen­tique » contre les élites, les « intel­los », ce qui est étran­ger, ceux qui pro­fitent du sys­tème social et des impôts des autres. Dans ce type de révolte, le sen­ti­ment d’abandon des zones rurales et péri-urbaines, face à l’hégémonie des métro­poles met en cause la légi­ti­mité de l’État déna­tio­na­lisé, il rejoint « l’exaspération contre la pres­sion fis­cale » et le « car­can réglemen­taire » sous la volonté géné­rale de mettre fin au « dum­ping social » et de « conser­ver l’emploi au pays ».”

– TC, “Une séquence particulière”, n°25.

« Ediciones inéditos »

18/11/2018 Aucun commentaire

Un nouveau site et sa page twitter basé à Los Angeles dont dndf a déjà traduit un article

« Ediciones inéditos » est un projet de non universitaires. Ce projet est plutôt anti-académique. Tout ce que nous avons appris sur le milieu de l’ultra-gauche est sorti du milieu universitaire. Nous écrivons sur une variété de registres,de celui exposé dans cette pièce à l’anglais chicano pur et simple (que vous pourriez avoir de la difficulté à comprendre). A bien des égards, ce que nous espérons produire et reproduire est un résumé de ce qui se trouve dans Endnotes, Dauvé, Camatte, Théorie communiste, etc. et présenter ce qui manque(ce qui est beaucoup) et ainsi élargir son lectorat. Les personnes à l’origine de ce projet sont les enfants d’immigrés sans papiers et sont tout à fait prolétariennes. Bien que nous puissions comprendre pourquoi vous avez confondu l’intention et la démographie de ce projet, nous espérons que vous pouvez maintenant trouver d’autres hominems publicitaires à déployer.

 

Ediciones inéditos is a project by non-academics. If anything this project is anti-academic. Everything we have learned of the ultra-left milieu has been outside of academia. We write at a variety of registers, from the one exhibited in this piece to outright Chicano English (which you may have trouble understanding). In many ways, what we hope to produce & reproduce is a digest of what may be found in Endnotes, Dauvé, Camatte, Théorie communiste, etc. and introduce what is missing (which is a lot) and in doing so broaden its readership. The people behind this project are the children of undocument immigrants and are quite proletarian. While we might understand why you may confused the intent & demographics of this project, we hope that now you can find other ad hominems to deploy

KURDISTAN – ENTRE ESPOIR ET ILLUSION | DAWLA PART 2

06/11/2018 Aucun commentaire

“La possibilité pour le capitalisme de se dégager de la contradiction qui consiste à devoir reproduire en lui-même la force de travail tout en l’expulsant sans cesse du procès de valorisation pourrait consister à l’avenir dans l’expulsion effective dans des « zones grises » de masses de prolétaires surnuméraires, qui seraient seuls chargés de leur reproduction et auraient la liberté d’autogérer leur propre misère. La « déprolétarisation » à l’intérieur même du monde du capital se ferait alors sur le mode de l’extension du bidonville et de territoires en situation de guerre civile permanente. Il faut considérer ceci comme une hypothèse de sortie de crise pour le capital, à placer sur le long terme. Nous entrons dans une période de conflits sans issue dont les prémisses s’annoncent déjà, que ce soit en Syrie, mais aussi en Libye, au Mali, dans certaines zones d’Afghanistan, ainsi qu’aux marches de l’Europe, en Ukraine.Mais une crise sociale générale n’est pas la somme de crises locales évoluant en parallèle, sans se toucher. Dans les crises insurrectionnelles ou pré-insurrectionnelles ayant atteint un certain niveau d’extension, les insurgés de tel pays seront contraints – par la nécessité même de poursuivre le conflit – à chercher un soutien au-delà de ses frontières nationales, ou à franchir en masse (ou dispersés…) ces frontières pour soutenir ailleurs l’insurrection. C’est ainsi – matériellement, et non sur la base d’appels abstraits à l’internationalisme – que la révolution détruit la séparation et unifie l’humanité. La perspective de la communisation, comme activité de mise en commun dans la crise et comme sortie de ce monde capitaliste, semble dans ces conditions être alors un horizon des plus nécessaire.”

Synthèse par Guillaume Deloison

Il Lato Cattivo : « Photos à travers la vitre « (troisième partie)

27/10/2018 Aucun commentaire

 

Nous continuons la traduction de ce long texte de 18 pages sous la forme d’épisode apériodique.

Classe moyenne déclinante et frustrée

S’il est vrai qu’aucune crise économique, aussi profonde soit-elle, n’est en soi porteuse du communisme, il est également vrai que tous les épisodes les plus significatifs de la lutte de classe des deux derniers siècles se sont déroulés dans le contexte de circonstances économiques très spécifiques, à la fin d’une longue spirale récessive comme dans le cas de 1848 ou de la guerre civile espagnole, ou en correspondance avec le point de flexion d’une phase de prospérité (1871, 1917-1921, 1968-1973).

La crise de 2008, bien qu’elle n’ait pas suscité d’épisodes comparables à ceux qui viennent d’être mentionnés, marque néanmoins une rupture historique : depuis début des années ’80 et pendant près de trente ans, aucune des nombreuses crises financières survenues (crise mexicaine de 1994 ; crise asiatique de 1997-’98 ; « bulle » dot.com de 2001, etc.) n’avait provoqué de changements aussi significatifs à tous les niveaux, du prosaïque « pouvoir d’achat des ménages» aux sommets de la géopolitique mondiale. Malgré nos espoirs et celles de bien d’autres, ce qui a suivi n’est pas allé dans un sens d’une reprise révolutionnaire. Les convulsions des classes moyennes ont dominé la scène. Lire la suite…

« La Matérielle » en librairie le 25 octobre 2018

16/10/2018 Aucun commentaire

« DAWLA – Crise capitaliste au moyen orient »

08/10/2018 un commentaire

Après « CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME », une nouvelle vidéo de Guillaume Deloison

Analyser les événements au moyen orient avec des éléments d’ordre macro-économique et géopolitique n’est pas suffisant: la question du « croissant chiite », celle des hydrocarbures transitant par la Syrie, les bases militaires russes et les diverses rivalités internationales jouent alors le rôle de deus ex machina du ce drame. Qu’en 2011, des milliers de personnes soient descendues dans les rues chaque vendredi pour manifester sous les balles du régime, et qu’en Palestine ou se batte avec des pierres ne s’explique plus dès lors que par le fanatisme des manifestants, guidé par l’action d’ organisations secrètes: tout le reste n’est plus qu’économie, diplomatie, rapports commerciaux entre États. Quand on n’a pas affaire carrément à une rhétorique complotiste on a bien souvent affaire à une analyse de type marxiste vulgaire, qui revient à dévoiler une série de déterminations qui prennent leur source dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’économie ». Ce n’est pas un hasard si toutes ces analyses reviennent le plus souvent à soutenir le régime el-Assad, c’est-à-dire le statu quo : « l’économie » est une pensée de l’ordre.

Ce qu’il nous faut tenter de saisir, c’est en quoi les conflits aux moyen orient s’inscrivent dans le moment présent de la crise mondiale du capital, comprise non seulement comme crise économique mais aussi comme crise sociale, dans les conditions particulières de ces société. Il nous faudra saisir les déterminations de cette crise, sans ramener à un seul facteur – que ce soit la religion ou le pétrole – l’explosion sociale généralisée qu’est toute guerre civile. Tentons de saisir en quoi ce moment est aussi le nôtre.

A la radio : « Sortir du capitalisme : résistances au travail »

04/10/2018 Aucun commentaire

Une histoire des résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) – avec Michael Seidman, historien, auteur à ce sujet d’Ouvriers contre le travail. Barcelone et Paris pendant les Fronts populaires (édition Senonevero, 2010)

Avec une présentation de l’ouvrage, de sa nouveauté d’approche et de sa réception, une présentation de l’ampleur et des formes de résistance au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (coulage des cadences, absentéisme, maladies simulées, grève des loyers et des impôts), une discussion d’une nouvelle approche de l’émancipation comme libération des contraintes extérieures aux individus (du travail, du loyer, des impôts), une discussion de la contradiction interne de la révolution espagnole (trop modérée pour une sortie du capitalisme, trop radicale pour une victoire militaire), une théorie de l’Etat comme institution imposant aux individus de se salarier, une démonstration de l’impossibilité de l’autogestion marchande « conseilliste », une comparaison avec l’expérience du Front populaire français (1936-1938), ses coulages de cadences et sa baisse du temps de travail vécue comme « anti-fasciste », et un appel à une prise en compte des résistances au travail contemporaines

et

Une autre histoire de la Résistance, non pas celle des partisans mais des prolétaires parisiens qui résistaient au fascisme en résistant au travail – avec Michael Seidman, auteur à ce sujet de Transatlantic Antifascisms: From the Spanish Civil War to the end of World War II (Cambridge University Press, 2017)

http://sortirducapitalisme.fr/

Il y en encore deux après :) Une au sujet de l’histoire des antifascismes et une au sujet de la contre-révolution franquiste

Enfin, une première émission de Sortir du Patriarcapitalisme va sortir ce mois ci.

Hic-Salta communisation : « Ménage à trois: Episode 9 – Printemps Égyptien 2011–2013 (deuxième partie) »

28/09/2018 Aucun commentaire

Episode 9 – Printemps Égyptien 2011-2013 : splendeurs et misères du dégagisme

Dans la première partie de ce texte, il s’est agi d’identifier les composantes et le devenir du capitalisme égyptien à la veille du Printemps Égyptien, puis de reconstruire la séquence des événements qui se sont déroulés de janvier-février 2011 au coup d’État de juillet 2013 et à la période immédiatement suivante. Dans cette deuxième partie, nous nous attacherons à une analyse d’ensemble de ces événements sous leurs différentes facettes. Nous procéderons selon le plan suivant :

4 – Acteurs sociaux et politiques

  1. – Le prolétariat dans le mouvement des grèves
  2. – Classe moyenne, mouvement des places et manifestations de rue

4.2.1 – Tahrir

4.2.2 – Islamisation

4.2.3 – Question du logement

  1. Les Frères Musulmans (…et les petits paysans)
  2. Salafistes, ultras et black bloc

5 – Du Printemps à l’hiver

  1. – Déclenchement
  2. – Juillet 2013 : une rupture de l’interclassisme?
  3. – Fracture et purge dans la classe capitaliste

6 – Du coup d’État à aujourd’hui

7 – Conclusion Lire la suite…

“La source de vie du capitalisme”

17/09/2018 Aucun commentaire

Trouvé sur le site de la revue ContretempsLa source de vie du capitalisme : la base domestique et sociale de l’exploitation

Tithi Bhattacharya, l’une des organisatrices de la grève de femmes du 8 mars dernier, développe dans cet entretien les points forts et les implications de la théorie de la reproduction sociale. Marx avait exploré la manière dont s’organise la production de marchandises en régime capitaliste, mais comment le capitalisme reproduit-il la force de travail ? Quels rôles jouent le genre et la race dans ces processus de reproduction ? Comment la théorie de la reproduction sociale se rapporte-t-elle aux approches en termes d’intersectionnalité ?

Ce sont ces questions, et d’autres encore, que cet entretien vient démêler en proposant par ailleurs un modèle dynamique de la transformation sociale et politique, et en montrant notamment comment la grève du 8 mars a été une manière de mettre la théorie de la reproduction sociale à l’épreuve d’une pratique politique.

Pour quelqu’un qui n’a jamais rencontré ce terme avant, qu’est-ce que la théorie de la reproduction sociale ?

La théorie de la reproduction sociale (TRS) semble assez intimidante, mais les grands mots masquent ici une question relativement simple : si la production capitaliste est fondamentalement la production de marchandises, et que ce sont les travailleur.se.s qui produisent ces marchandises, qui produit les travailleur.se.s ? La TRS théorise les processus sociaux à travers lesquels la force de travail (la capacité du travailleur à travailler[1]) est reproduite sous le capitalisme et la relation que de tels processus ont avec la production de marchandises. Lire la suite…

“Le kaléidoscope du prolétariat”, deuxième étage de la fusée…

05/09/2018 Aucun commentaire

Le premier étage de la fusée “Le kaléidoscope du prolétariat”, ce fut la sortie de TC 26 il y a quelques semaines. Le troisième étage devrait être la sortie du livre aux éditions ENTREMONDE, dans la collection SENONEVERO, courant 2019.

Dans l’entre deux, voici ce qui ressemble plus à un abstract qu’un résumé de TC 26, en 20 pages. Le collectif de la revue “Théorie Communiste” nous demande de relayer un appel à traductions de ce 20 pages, en anglais et en espagnol au moins…. Merci d’envoyer vos propositions à pepe@communisation.net
dndf

 

Ce texte n’est pas un simple condensé du n° 26 de Théorie Communiste, la modification du plan en fait une approche plus directement théorique, fondamentale et abstraite de la nécessité et de l’objectivité, dans le mode de production capitaliste, de la production des distinctions raciales inhérentes à l’exploitation du travail par le capital dès qu’on la considère historiquement. S’il est fait référence à la fabrication et l’évolution de la racialisation en France, cela n’exclut pas de poser des concepts et des articulations théoriques susceptibles d’être retravaillés dans d’autres contextes nationaux et historiques. 

Le kaléidoscope du prolétariat

Nécessité et aléa des assignations et segmentations raciales dans le mode de production capitaliste

Le pas que doit franchir toute théorie de la révolution se voulant actuelle se résume en une formule : lutter en tant que classe est la limite nécessaire de la lutte de classe ; c’est là   sa contradiction, sa dynamique, son possible dépassement dans la destruction du mode de production capitaliste. C’est l’unique façon historique, non militante et non normative de parler au présent de la révolution comme communisation. Lire la suite…

A paraître : « Homo ». Sortie le 9 novembre en librairie

01/09/2018 Aucun commentaire

Question sociale et question sexuelle de 1864 à nos jours

Gilles Dauvé

En librairie le 9 novembre 2018

9€

Le XIXe siècle n’a pas seulement inventé le mot « homosexualité » : il a aussi créé l’homosexuel comme catégorie médicale, juridique, sociologique et militante. Une orientation longtemps réprimée ou passée sous silence a émergé publiquement en étant théorisée et politisée. Au début du XXIe 
siècle, les multiples possibilités qui composent le champ de la sexualité passent pour constitutives d’autant d’identités et deviennent un enjeu de société qui mobilise les gouvernements, les opinions et parfois les foules

De Berlin à New York en passant par Londres, des usines sidérurgiques de l’Indiana aux amphis des Beaux-Arts occupés par le FHAR, des écrits de Patricia Highsmith à ceux de Mario Miéli, ce livre explore la façon dont la «question homosexuelle» s’est constituée en lien avec l’extension des rapports capitalistes.

Avec un horizon : la possibilité d’un monde futur où l’on serait humain sans que des pratiques sexuelles ne délimitent une identité – qu’elle soit homo, hétéro, bi…

La collection “SENONEVERO” s’étoffe chez ENTREMONDE

21/08/2018 Aucun commentaire

Paru:

En cours de publication:

A paraître à l’automne:

« CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME »

16/07/2018 11 commentaires

Vidéo publiée sur facebook

NOUVELLE VIDÉO:

CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME:
Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existé pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus.

Hic-Salta communisation : « Ménage à trois: Episode 8 – Printemps Égyptien 2011–2013 (première partie) »

28/06/2018 Aucun commentaire

Dernier texte du feuilleton publié sur le site “Hic-Salta communisation”

 

Episode 8 – Printemps Égyptien 2011-2013 : de Tahrir à Rabiya (aller simple)

En raison de la longueur du texte consacré au Printemps Égyptien, nous le divisons en deux épisodes. Le premier suit le plan suivant :

1 – Éléments sur le capitalisme égyptien
Divisions et subdivisions du capitalisme égyptien à la veille du Printemps

Les privatisations

L’armée comme opérateur économique

Modalités de transmission de la crise mondiale en Égypte

2 – La chute de Moubarak (janvier/février 2011)
Tahrir… et ailleurs

Début des grèves, poursuite des manifestations

3 – De la chute de Moubarak à l’« été de sang » de 2013
La transition vers un nouveau gouvernement
Les Frères Musulmans au gouvernement

Technique d’un coup d’État

Nous en venons au Printemps Égyptien, qui est sans doute le plus important de ceux que nous avons avons à traiter dans cette partie empirique sur les luttes de la classe moyenne, avec ou sans le prolétariat, au cours de la dernière décennie. Il serait impossible de traiter le sujet de façon exhaustive sans lui consacrer un livre entier. Nous nous sommes concentrés, dans le récit aussi bien que dans l’analyse, sur les phases et les aspects qui sont les plus fondamentaux du point de vue du thème qui nous occupe dans ce feuilleton. Nous verrons que le cas de l’Égypte présente quelques analogies avec celui de la Tunisie, dont la première est d’être un exemple d’interclassisme franc, manifeste. Mais il y a aussi des différences : l’histoire économique et sociale du pays, sa taille, la composition du prolétariat et des classes moyennes, les clivages internes à la classe capitaliste, etc. L’issue des luttes n’a pas été la même non plus. Surtout, le cas de l’Égypte fournit des indications utiles sur ce que nous appelons la rupture de l’interclassisme, lorsque la classe moyenne salariée en lutte se désengagera de son association avec le prolétariat pour se ranger derrière les militaires. Voyons ça de plus près. Lire la suite…

Grèce : « Les mémorandums sont terminés – La vie deviendra-t-elle magique ? »

24/06/2018 un commentaire

Texte publié par nos camarades grecs https://2008-2012.net/2018/06/23/memoranda-are-over-will-life-get-magical/


Huit ans se sont écoulés depuis la signature du premier mémorandum en mai 2010. Aujourd’hui, après l’accord de l’Eurogroupe, les mémorandums sont déclarés aboutis. Au lieu de la “sortie nette des mémorandums” dont le premier ministre, Alexis Tsipras, faisait la publicité, le résultat est plutôt une “supervision renforcée”. Quel est le résultat de ces huit dernières années ? Lire la suite…

Présentation de “L’émeute prime”

13/06/2018 Aucun commentaire

“Rencontre avec le collectif éditorial des éditions Entremonde autour de la traduction de « L’émeute prime » de Joshua Clover

Nous discuterons  du livre avec l’équipe éditoriale de sa traduction française.”

JEUDI 28 JUIN À 19:30
« L’émeute prime » : Joshua Clover
Café-librairie Michèle Firk ·
9 Rue François Debergue
Montreuil
Métro Croix de Chavaux

La peur et le dégoût dans le “Sud Pacifié” : Conspirations et ZES au Vietnam

11/06/2018 Aucun commentaire

texte publié sur la page de la revue chinoise “Chuang”

De 111 avant notre ère à 968 de notre ère, le territoire autour de Hanoi était gouverné par des empires du nord (“chinois”) sous le nom de “An Nam đô hộ hộ “An”. (安南都護府) : “Le Protectorat Général pour Pacifier le Sud.” Récemment, la mémoire politique de ces “mille ans d’occupation du Nord” (Nghìn năm bắc bắc thuộc) a été renaît en tant que force politique indépendante. Dimanche 10 juin, l’opposition populaire aux Zones économiques spéciales prévues s’est transformée en protestations massives à l’échelle nationale. Au moment où nous écrivons ces lignes, les ZES ont été reportées pour “plus de recherche”. Néanmoins, c’est le dernier d’une série d’événements qui prouvent que ce nationalisme populaire insurgé est de plus en plus un obstacle, plutôt qu’un atout, pour le Parti communiste vietnamien au pouvoir (PCV) et ses projets de développement. Dans ce post, Đã Thành Đồ Sơn Sơn creuse sous la surface pour contextualiser les événements récents en termes de Sinophobie vietnamienne répandue. Un article plus long dans le prochain numéro de la revue Chuang fournira plus d’informations sur cette sinophobie dans l’histoire complexe des relations entre ces deux politiques. Lire la suite…

De l’émeute : l’Histoire et son Sphinx

11/06/2018 Aucun commentaire

Un camarade nous à signalé ce texte

http://www.platenqmil.com/blog/2018/06/10/de-lemeute–lhistoire-et-son-sphinx

A l’occasion de la sortie de L’émeute prime de Joshua Clover aux éditions entremonde, un critique par l’auteur même et Jasper Bernes du livre d’Alain Badiou, Le réveil de l’histoire, et de sa conception du cours actuel de la lutte des classes, de l’organisation et des émeutes.

Les émeutes sont le Sphinx de la gauche. Tout intellectuel soi-disant radical se sent obligé, semble-t-il, de répondre à l’énigme posée par les émeutes du présent, au Bahreïn ou dans les Asturies, au Chili ou en Grande-Bretagne : pourquoi maintenant ? pourquoi ici ? pourquoi l’émeute ?La palette de leurs réponses est généralement restreinte. Tout d’abord, si l’émeute semble manquer d’objectifs ou de revendications audibles – c’est-à-dire si elle ne peut pas se lire comme « contestation », comme ce fut le cas des émeutes de l’été 2011 à Londres — l’intellectuel les décrira comme « éruption dénuée de sens » (Slavoj Žižek), menée par des « émeutiers irréfléchis » (David Harvey). Invariablement, ces assignations au non-sens reposent sur une sociologie condescendante, qui range les émeutiers au rang de simples effets collatéraux d’une société inégalitaire, symptômes du néolibéralisme, de la crise capitaliste et de l’austérité qui s’ensuit. Fréquemment, ces commentaires s’inscrivent dans la structure rhétorique hésitante du « oui, mais…. ». Comme l’écrit Tariq Ali dans la London Review of Books:

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TC 26, les points de vente… et le payement!!

25/05/2018 8 commentaires

Pour le paiement des TC 26 reçus, merci de voir en fin de page

NANTES:
Librairie vent d’Ouest, 5 Place du Bon Pasteur (celle près du manège et de la rue du calvaire, pas celle du Lu)

Bibliothèque B17, 17 de la rue Paul Bellamy

Café La Perle, 8 rue du Port aux Vins

Bientôt à La dérive, 1 Rue du Gué Robert

ARLES
Bouquinerie La fontaine des lunatiques, 12 rue Jouvéne,

SETE:
l’astragale 21 rue pierre semard

SAUVE:
Alterlivres, Cours des Artisans, 22 rue des Boisseliers

PARIS:
Le Point du jour  58 rue Gay Lussac 75005
Quilombo  23 rue Voltaire 75011
Publico 145 rue Amelot 75011
Violette and co 102 rue de Charonne 75011
La Brèche  27 rue Taine 75012
L’humeur vagabonde  44 rue du Poteau 75018
L’odeur du book  60 rue Hermel 75018
Le comptoir des mots  229 rue des Pyrénées 75020
Le merle moqueur  51 rue de Bagnolet 75020
Envie de lire 16 rue Gabriel Péri 94 Ivry

MARSEILLE:
L’ Hydre à mille têtes, rue st Savournin
L’Odeur du temps, rue Pavillon
Manifesten, 59 Rue Adolphe Thiers, 13001 à Marseille.

LYON:
Jusqu’ici, 169 Grande Rue de la Guillotière, 69007 à Lyon.

Québec:
Montréal
Librairie L’insoumise, boulevard St Laurent

Belgique:
ST GILLES
Libraire Aurora
Avenue Jean Volders 34
Porte de Hal, Saint-Gilles

FOREST
La librairie Par chemins 
rue Berthelot 116 (arrêt Berthelot, tram 97).

Suisse:
GENEVE
Fahrenheit 451, 24 Rue Voltaire
Librairie du Boulevard, 34 Rue de Carouge
ORAIBI + BECKBOOKS,10  Rue des Vieux-Grenadiers Lire la suite…

“L’émeute prime”, présentation par l’auteur

25/05/2018 10 commentaires

Joshua CLOVER présentera son livre lors d’une tournée en Europe. Les dates et les lieux ici :

vendredi 8 juin 2018

20H00 La Parole errante / café librairie Michèle Firk, 9, rue François Debergue, Montreuil

lundi 11 juin 2018

19H00 la Maison de la Grève, 37, rue Legraverend, Rennes

mercredi 13 juin 2018

Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

19H00 la librairie L’Hydre aux mille têtes, 96, rue Saint Savournin, Marseille

vendredi 15 juin 2018

18H30 la librairie Oraibi + Beckbooks, 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève

samedi 16 juin 2018

Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

19H00 l’ERG, 87, rue du Page, Bruxelles

dimanche 17 juin 2018

Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

20H00 la Cafétéria Collective Kali, 32, rue Saint-Thomas, Liège

mercredi 20 juin 2018

Séminaire Conséquences — Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

Information sur le lieu à venir

 

19H00 Paris

TC 26 est sorti!! “un avertissement en forme d’éditorial”

17/05/2018 Aucun commentaire

Un avertissement en guise d’éditorial et , en bas de page, les points de vente:

Le kaléidoscope du prolétariat

Avertissement

Le texte « Le kaléidoscope du prolétariat … » qui constitue ce n° de Théorie Communiste est le fruit inattendu de la « petite histoire », celle de l’anecdote.

En réaction à l’éditorial de TC 25 intitulé « Comme un marasme », les camarades de « Tanqu’il » devenu « Que le Communisme » (QLC) publièrent, en octobre 2016, un texte de commentaires critiques sous le titre humoristique de « Où t’es TC où t’es ? ». Il s’agissait de nous faire savoir que nos interrogations sur le lien nécessaire entre lutte de classe et communisme remettaient en cause les lois de la gravitation universelle qui depuis Newton, Marx et la Sainte Famille font que les circonstances contingentes des luttes et des périodes n’affectent en rien la nécessité révolutionnaire de l’être du prolétariat tel qu’en lui-même l’Histoire l’a créé.

                 Depuis quelque temps, entre entrepreneurs en racisation et dénégateurs pour qui la race n’est là que du fait de malintentionnés qui veulent la substituer à la classe (la seule, la vraie dont ils s’imaginent les ayants droits depuis qu’ils sont orphelins du mouvement ouvrier), la segmentation raciale du prolétariat agite ce milieu qui, de fait, est le nôtre : celui de l’ « activisme », de l’ « ex-ultragauche », de l’ « autonomie », des « communisateurs » et, à la limite, des  « indigènes » et des « décoloniaux », etc. Enfin, tout un milieu « radical » se déchire et parfois se tabasse. Lire la suite…

Théorie Communiste N° 26: les bonnes feuilles……

13/05/2018 un commentaire

TC 26 , “le kaléidoscope du prolétariat”, sera disponible autour 28 Mai.

En attendant, quelques bonnes feuilles pour commencer à se faire une petite idée…..

De l’identité par le travail à la culturalisation

A la fin des années 1970 / début années 1980 (concomitance des grèves de l’automobile et des Marches sur laquelle nous n’insisterons jamais assez), deux phénomènes sociaux se rencontrent. D’une part, la fin de l’identité de l’immigré par le travail à laquelle se substitue la culturalisation de celui-ci et de sa descendance (leur présence irréversible) et, d’autre part (les deux ne sont sans liens, mais aucun n’est la cause de l’autre), la restructuration du mode de production capitaliste, la mise en place d’un nouveau paradigme de l’achat-vente de la force de travail, de sa précarisation et flexibilisation généralisée, la transformation des types d’emplois avec une désindustrialisation relative. Ce nouveau paradigme fixe la culturalisation qui devient essentielle et le marqueur des modalités d’utilisation de ceux et celles qui sont ainsi désigné.e.s. L’immigré n’est plus défini par le travail qu’il occupe, sa « présence transitoire », sa marginalité dans la société française qui le laissait quasi extérieur à la plupart des aspects de la vie sociale, culturelle et associative sans parler de la vie politique. C’est maintenant ce marqueur qui, quoi qu’il fasse lui colle à la peau, qui définit les emplois qui seront les siens, sa discrimination résidentielle, scolaire, la pression administrative et policière. Il est « d’ici », mais à tout moment on peut revenir sur le code de la nationalité, déposer des projets de loi sur la double nationalité qui n’aboutissent pas mais existent cependant, promulguer des mesures instituant la « double peine », créer un débat national sur « l’identité française », investir un Comité de sages sur la laïcité. Tout cela crée une suspicion, une instabilité et une discrimination aussi constantes les unes que les autres dont la situation des sans-papiers est le modèle paroxystique. Lire la suite…