“Je lutte des classes », dernière parution des éditions Senonevero
Le mouvement contre la réforme des retraites en France, automne 2010
(en cours d’impression)
(Le site et l’introduction, ici)
En France, à l’automne 2010, une fraction de la classe ouvrière revit de façon idéale le mythe de l’identité et de l’unité ouvrières. La lutte contre la réforme des retraites synthétise une multiplicité de luttes locales qui ont toutes en commun de mettre en mouvement des fractions ouvrières encore stables mais sérieusement menacées. L’identité ouvrière a alors été revécue de façon idéale dans les deux sens du mot : comme idéal qui serait à atteindre et comme pure illusion. Cet “idéal” a trouvé une forme synthétique adéquate dans le sujet même de la retraite, symbole de la dignité ouvrière.Mais le combat qui fut mené contre la réforme des retraites était bel et bien celui de notre temps, celui du marché du travail précarisé et segmenté, celui de la crise présente de cette époque du mode de production capitaliste.
Conscience que la revendication ne pouvait être satisfaite, rôle du syndicalisme de base, intrication des grèves et des blocages et le rôle qu’y a joué l’activisme, remise en cause paradoxale du rapport social capitaliste sous le terme d’“économie”, perception momentanée de l’insignifiance du système politique : c’est non seulement à l’implosion de l’identité ouvrière à laquelle nous avons assisté, mais encore à la dynamique actuelle de la lutte de classe où l’appartenance de classe est devenue la limite de la lutte en tant que classe. Lire la suite…
1- Au Québec, la crise économique ne se laisse pas voir directement, la plupart des gens croit encore que le pays s’en sort bien parce que le taux de chômage n’a pas grimpé en flèche comme aux États-Unis, beaucoup de monde pense que le pays n’est pas en crise. Les raisons pour lesquels le Canada et le Québec sont en mesure d’absorber les effets directs de la crise ne seront pas traitées ici. Cependant, considérant que la crise touche en fait un capitalisme mondialisé, le Canada et ses provinces ne sont pas exemptés d’appliquer à leur tour des plans d’austérité permettant aux capitaux internationaux de se revaloriser et aux entreprises financières de renflouer les coffres. Donc, bien que les effets de la crise furent tant bien que mal amortis par les politiques gouvernementales, ces mêmes gouvernements doivent désormais rendre des comptes aux grandes institutions capitalistes.
Une centaine de personnes a été arrêtée lors d’une nouvelle manifestation, dimanche 20 mai. Dix blessés sont à déplorer.
Depuis quatorze semaines, plus du tiers des étudiants du Québec sont en grève et manifestent par milliers, paralysant les rues de Montréal tandis que klaxonnent les automobilistes coincés dans leur voiture et que des citoyens du haut de leurs balcons agitent le fameux carré rouge, symbole du mouvement. L’augmentation de 75 % des frais de scolarité sur cinq ans ne passe tout simplement pas.
Roland Pfefferkorn
De violents affrontements entre manifestants et policiers ont éclaté vendredi à l’occasion d’un discours du Premier ministre québécois Jean Charest confronté au plus important mouvement de contestation estudiantin de l’histoire de la province francophone.


Un demi-million de manifestants à Madrid, 400 000 à Barcelone, 150 000 à Valence, selon les syndicats* : une marée humaine, agitant des drapeaux rouges, a envahi les villes espagnoles dimanche pour protester contre la réforme du travail. Alors que quelques centaines de personnes défilaient à Athènes contre de nouvelles mesures d’austérité, Mardrid s’est mobilisée en masse pour lutter contre la politique du nouveau gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Afin de lutter contre un chômage de près de 23% -un record parmi les pays industrialisés-, cette réforme adoptée le 11 février prévoit des mesures pour l’emploi des jeunes, mais aussi davantage de flexibilité et des indemnités de licenciement réduites.
L’ère de la « prospérité » est terminée. Le rêve d’accès à la consommation et à la promotion, comme l’exprime le triptyque « m’as-tu-vu, consommation, carrière » est soudainement devenu le cauchemar suprême.
Rapidement :