Récréation

Une découverte…..

Paroles Kid par Eddy De Pretto

Tu seras viril mon Kid,
Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque,
Et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques,
Que seul une rêverie pourrait surpasser,

Tu seras viril mon Kid,
Je ne veux voir aucune once féminine,
Ni des airs, ni des gestes qui veulent dire,
Et Dieu sait, que ce sont tout de même les pires à venir,
Te castrer pour quelques vocalises,

Tu seras viril mon Kid,
Loin de toi ces finesses tactiques,
Toutes ces femmes origines qui féminisent vos guises,
Sous prétexte d’être le messie fidèle de ce cher modèle archaïque,

Tu seras viril mon Kid,
Tu tiendras, dans tes mains, l’héritage iconique d’Apollon,
Et comme tous les garçons, tu courras de ballons en champion,
Et deviendras mon petit héro historique,

Virilité abusive, virilité abusive

Tu seras viril mon Kid,

 

Je veux voir ton teint pâle se noircir de bagarres et forger ton mental,
Pour qu’aucune de ces dames te dirige vers de contrées roses,
L’efface, pour de glorieux Gaillards,

Tu seras viril mon Kid,
Tu hisseras ta puissance masculine,
Pour gonfler cette essence sensible que ta mère,
Nous balance en famille et fatigue ton invulnérable Achille,

Tu seras viril mon Kid,
Tu compteras tes billets d’abondance,
Qui fleurissent sous tes pieds que tu ne croiseras jamais,
Tu cracheras sans manière dans tous sens, des pieds à la terre et dopé de chairs et de nerfs protéinés

Tu seras viril mon Kid,
Tu brilleras par ta force physique, ton allure dominante, ta posture de Caïd,
Et ton Sexe triomphant pour mépriser les faibles,
Tu jouiras de ta vue d’étincelles,

Virilité abusive, virilité abusive,
Virilité abusive, virilité abusive,

Mais moi, mais moi, je joue avec les filles
Mais moi, mais moi, je ne prône pas mon chibre
Mais moi, mais moi, j’accélèrerai tes rides
Pour que tes propos cessent et disparaissent

Pour ceux et celles qui ont aimé, un autre clip:

  1. Claude Quidam
    16/10/2017 à 05:24 | #1

    «Une seule solution, la castration »
    Je ne sais pas ou mettre ce commentaire dans dndf alors je le pose sous ce sympathique clip d’Eddy de Pretto.
    La campagne hyper virale qui démarre à la suite des mésaventures de Weinstein et dont la forme la plus récente prend la forme de « Balance ton porc » sur Twitter va sûrement apparaître comme très violente, délatrice, peut être nauséabonde a certains nez sélectivement sensibles. Cela fait tellement longtemps que tout le monde s’accommode si bien du silence !
    Qu’on ne s’y trompe pas, l’enjeu est de taille (sic!). Autant son pendant « lutte des classes » prend des formes plus ou moins larvées tout au long de l’histoire humaine, ponctuées de multiples explosions révolutionnaires ça et là, autant la domination des femmes nous a habitué à n’apparaître que sous la forme de l’écrasement quotidien, le silence mortel de la sphère privée, avec pour seules exceptions quelques femmes des classes moyennes ou supérieures qui arrivent à franchir le plafond de verre et quelques rares avancées notables et fondamentales (et oh combien fragiles) comme le droit à la contraception ou l’avortement.
    L’enjeu est de taille : il ne s’agit rien moins que de ramener le pénis à sa fonction organique, en gros principalement pisser ( a peu de choses près!). Il s’agit de déglinguer l’obélisque, d’abattre le Phallus qui, en articulation avec la domination des classes, a posé sa patte sur le ventre des femmes, verrouillant depuis des millénaires les sphères privée comme publique. Dominer les femmes pour pouvoir dominer la classe des producteurs de richesses et inversement.
    Alors, tous les moyens sont bons ! Tant pis si ça prend des formes un peu trop médiatiques et modernes. L’essentiel c’est que ça ébranle le manche !
    On peut déplorer que les femmes soient une fois de plus soumises à une injonction, « parlez » quand tant de mecs témoins et complices, y compris dans notre camp, ferment leur gueule depuis des siècles !
    Pas grave, il faut y aller.
    On peut même espérer que les formes de cette guerre enfin chaude sortent de la non violence. Parmi des tas d’autres exemples, on pourrait facilement imaginer des groupes qui redécouvriraient en Thaïlande la pratique des groupes armés italiens durant les années de plomb…. Quelques genoux de gros porcs touristes qui vont se payer des petits culs prépubères en pâtiraient un peu mais cela serait sûrement plus efficace que des campagnes de pub…
    Bref, il faut souffler sur l’étincelle qui semble vouloir mettre le feu à la plaine de l’omerta et du déni de la domination des femmes. Bon vent !!
    Claude Quidam

  2. Lisbeth Salander
    31/10/2017 à 09:35 | #2

    J’aime assez l’idée de Claude: « débarrasser le pénis du phallus ». Ca a le mérite d’être clair et de suggérer que tout le monde y trouvera son compte, y compris les mecs…. Mais surtout les femmes!!
    Cela dit, ca va saigner. 90 % des mecs sur cette planète, en gros , sont prêts à se battre pour garder leur phallus!! Il n’y a qu’à voir ce commentaire sur le site d’un théoricien communiste :

    Et c’est là que mon pénis intervient. Face à ce déferlement, que dire, que penser ? A ce moment-là, il est difficile d’être un homme. Un homme dans une chasse aux hommes… non aux porcs. Mais la nuance, à cet instant précis, est faible. On se sent coupable d’être un mec, on a le phallus honteux [moi pas du tout, et jamais une femme, féministe ou non, ne m’a rendu honteux de mon phallus].

    Et comme, en parallèle et consubstantiellement il va falloir dépasser 12 000 ans de production de la nourriture dans les sociétés de classes, que la classe dominante a engrangé un capital colossal marchand, scientifique, technique, une puissance feu militaire de folie….
    On a du boulot!

  3. Adé
    01/11/2017 à 14:24 | #3

    « On a du boulot! »
    Soit:
    tant qu’il n’y a pas de constitution d’une classe révolutionnaire, il n’y a rien.
    Le prolétariat, hic et nunc, n’est pas d’essence communiste, il n’a pas à porter ce fardeau, pas plus que la « classe moyenne » n’est anti,ou contre-révolutionnaire par nature.
    Une révolution sociale communiste est la remise en cause de toute la société, par une fraction de cette société. Cette « fraction », peut être définie comme « classe révolutionnaire » (cf. le théoricien ci-dessus cité: Patlotch), comme parti, race, ou…fraction.
    Le féminisme contre la société patriarcale.
    L’écologie radicale contre les criminels qui veulent en finir avec la vie sur cette terre.
    Les prolétaires contre l’exploitation qui reproduit leur exploitation et la société patriarcale et produit les criminels,politiciens, capitalistes, militaires.
    Les populations ségréguées contre cette ségrégation.

    Les ouvriers et le « prolétariat » ne peuvent se substituer à cette condition nécessaire de constitution d’une fraction car rien à priori ne les pousse à l’auto-abolition. L’implication réciproque en est le constat. Il est nécessaire d’en tirer toutes les conséquences, dont : pas « d’écart », pas de luttes « suicidaires » (la classe, ou n’importe quel groupe social constitué fait partie de la communauté matérielle du capital, Camatte l’avait vu, et tient à persévérer dans son être). Là-dessus les positions de la « critique de la valeur » sont justes: la lutte des classes est le moteur de la société de classe,elle ne peut déboucher sur une révolution, pas de convergences,pas d’écart, pas d’annonce.
    Pourquoi le prolétariat est-il dans l’incapacité de, ne serait-ce que, défendre ses intérêts propres? : parce qu’il n’en a pas.
    pourquoi n’en-a-t-il pas?Parce qu’il est inextricablement lié au capitalisme:il ne peut que défendre son activité, même si cette activité se retourne contre lui, et contre toute vie. Les exemples abondent.
    La fraction révolutionnaire attaquera de tout côté: contre la société capitaliste dans son ensemble, contre les ouvriers qui veulent persévérer dans leur être et dans leur activité (quitte à bousiller la planète); contre les fondements racistes et machistes de cette communauté matérielle (et spirituelle?); contre l’exploitation et les dominations; pour la communauté humaine, c’est-à-dire: pour le vivant dans son ensemble.

  4. Stive
    02/11/2017 à 11:26 | #4

    La « classe révolutionnaire » qu’on aurait jeté à bâbord, la voilà qui resurgirait à tribord ?

  5. Adé
    08/11/2017 à 19:15 | #5

    Larguez les amarres!

    Qui a « jeté la classe révolutionnaire à bâbord »?
    L’essentialisme prolétarien, oui, mais pas pareil. Ce dogme de l’essence révolutionnaire et communiste du prolétariat et du monde ouvrier, oui. Et nul besoin de le jeter, s’en est chargé tout seul par sa demande pressante d’intégration, économique, sociale et politique.
    L’essentialisme c’est de définir le sujet par ce qu’il est (ou qu’il devrait être…) et non par ce qu’il fait.
    Le prolétariat essentiel c’est l’homme nu, l’expression d’une universalité abstraite,le paradigme humain qui représente les exploités, etc…
    Que fait-il? Qu’a-t-il fait? Au XXème S. le sujet européen:
    -Contre la colonisation, les 2 Guerres Mondiales (en l’espace de 20 ans) ?
    Les luttes des dernières décennies, toujours des luttes, non seulement défensives, dans le sens de défendre son emploi, son salaire, mais de défendre avec son « programme »;le programme prolétarien, ouvrier, en miettes mais toujours là: la classe du(au) travail, du travail pour la classe et conséquemment du capital pour le travail,et du boulot…
    Antagonisme ne présuppose pas résolution, ni révolution.
    La rupture consiste en une remise en cause des rapports sociaux à l’échelle mondiale par une redéfinition communautaire des relations entre tout, et le reste. L’idée que le prolétariat révolutionné et « s’abolissant » pourrait achever la prolétarisation (ouf)des classes moyennes etc.. n’est-elle pas « programmatique » en diable?, et auto-abolition sans rappeler « le dépérissement de l’Etat?

  6. Stive
    09/11/2017 à 14:04 | #6

    Jetons l’ancre un moment.

    J’essaie de comprendre en quoi consisterait cette « classe révolutionnaire ». Je suis globalement d’accord avec le constat  » L’essentialisme… le travail et le boulot « . OK avec « antagonisme ne présuppose pas résolution ni révolution » en retenant qu’il peut y avoir antagonisme au sein de la classe capitaliste proprement dite. Ce qui m’intéresse à comprendre c’est plutôt la « contradiction » entre le capital et le travail qui ne peut être dépassée par la victoire du travail imposant sa dictature transitoire sur la société, tout le vieux schéma programmatique que tu soulignes justement, mais par la mise en acte, immédiate, de la destruction de l’implication réciproque qui repose sur les rapports sociaux capitalistes. Peut-être que toute la difficulté vient d’appréciations différentes de certains concepts comme le « prolétariat » « classes moyennes », salariat, etc et quelles réalités sociales recouvrent-ils ? Je suppose aussi, que tu fais allusion au travail de Patchlok dont j’ai parcouru la dernière production et, je dois dire, que j’ai eu du mal à m’y retrouver dans son brick à brack théorico-politique, tout en saluant l’énergie qu’il y a mise. La perspective d' »émergence » (spontanée ?) comme préalable au cours positif d’une révolution abolissant l’ancien ordre des choses me paraît aussi marquée par le programmatisme. Pour le moment j’en reste aux textes de TC et, en toute modestie, à ce que j’en ai compris.

  7. Adé
    09/11/2017 à 16:32 | #7

    Eaux tièdes (réchauffement) du calcul communisateur.
    La rupture d’avec le capitalisme vu comme produit par la crise de reproduction,entraînant des « écarts » dans les luttes prolétariennes parce que le prolétariat ne peut que les produire, et d’ailleurs ces « écarts » sont « annoncés » (où ça: dans les luttes suicidaires inexistantes? dans le fait de menacer de faire sauter l’usine sans aller jusqu’ à le faire?, ou dans celui d’aller verser dans la Marne des produits toxique pour tout ce qui peut encore s’y trouver?)…

    Cette position est pseudo-rupturiste, c’est « en attendant la fin », contre tous ces démocratistes, ces alternativistes,qui cherchent une alternative càd? TINA ou la communisation (Un pastaga sinon rien!) Communisation prolétarienne que diable! poussez-vous de là classe moyenne fâcheuse, ou même fils de classe moyenne, place à rien, on a vu.
    Plutôt qu’une position, une posture en surplomb, une critique, parfois intéressante, le plus souvent imbue de ses propres présupposés téléologiques.
    Pourtant le genre traverse les classes, la race aussi,l’écologie idem: les antagonismes sont transversaux; les raisons de rupture et même de réformes sont à prendre au sérieux et non pas à travers le triste tropisme d’une révolution à titre (quel besoin de titre?) strictement prolétarien, sans que l’on puisse définir ce qu’est strictement le prolétariat,idem les classes moyennes, idem, les races et les genres, il y a du boulot. En effet.
    Et c’est ainsi aussi que les théoriciens se sont retrouvés seuls, ou presque.

  8. Pepe
    10/11/2017 à 11:54 | #8

    Constituer une classe révolutionnaire dont le rôle serait d’abolir immédiatement toutes les classes…Ca laisse rêveur.

  9. Adé
    10/11/2017 à 18:15 | #9

    @Adé
    Salut Stive,
    Ma conception de la constitution d’une fraction (à ce sujet, 1/100 est une fraction,et 90/100 est aussi une fraction…) révolutionnaire n’est pas : « La perspective d’ »émergence » (spontanée ?) « , contrairement à celle de certains théoriciens de la communisation lorsqu’ils décrivent le processus.
    Selon eux, c’est toujours la crise capitaliste, et la difficulté, voire l’impossibilité de reproduction de la classe prolétarienne qui entraîne le prolétariat, en tant que tel, à prendre des « mesures communistes », là il y bien émergence spontanée.
    Dans ma façon de voir, c’est la constitution d’une fraction révolutionnaire, sans lien temporel immédiat avec une crise de reproduction/d’accumulation/de valorisation qui prépare la rupture et tente de la produire. Cette fraction n’est pas constituée des seuls prolétaires,mais de tous ceux, et de toutes celles qui ont suffisamment de griefs envers la mode de production actuel.
    La fraction prépare et anticipe la communisation par l’abolition, en son sein,des clivages et stratifications inhérentes au MPC, la fraction englobe les dominé-e-s, les sans-réserves, et les expulsé-e-s, mais aussi les personnes, de quelque classe qu’elles soient révoltées par la destruction de la Nature, les guerres, la misère, les inégalités et généralement l’injustice.
    Les fractions pourront élaborer un programme de communisation, càd une pratique communautaire par et pour la communauté humaine.
    Le » programmatisme », lui n’est pas un programme et basta, c’était le programme de la classe ouvrière (plus que du prolétariat), pour l’avènement du socialisme, càd pour la dictature de la classe ouvrière, par la classe ouvrière pour cette même classe (impossible en ses propres termes, ces révolutions ont-elles été autre chose que des révolution…du capitalisme).
    Le programme communiste c’est la communauté, non seulement humaine, mais l’affirmation d’une communauté du vivant, contre Dark Vador et la communauté matérielle de « l’Empire », contre la pulsion de mort dominatrice et exploiteuse.

  10. Adé
    10/11/2017 à 18:20 | #10

    @Adé
    Remarque que la communisation par le strict prolétariat, ou même la communisation tout court doivent en laisser rêveurs quelque uns, et unes…

    Non?

  11. Adé
    11/11/2017 à 16:20 | #11

    Pousser le bouchon.
    la constitution de fractions communistes dont le rôle est de devenir société communiste, ne consiste pas à « abolir immédiatement les autres classes » (pepe), mais à rebours à s’affirmer en tant que fraction antagoniste, en incluant de plus en plus de couches sociales et d’individus contre la communauté matérielle du capital (càd, contre ce qui fait société dans le capitalisme), et pour et par se faire communiser l’ensemble de la société, en détruisant les rapports sociaux liés, de près (le genre) ou peut-être de plus loin (mais pas trop: la nature, les races…) au MPC.
    En tant que « classe montante », les fractions communistes poursuivent leurs dynamiques et leurs luttes (les 2 se confondant + ou -) afin de devenir hégémoniques: elles n’abolissent rien d’autre que les relations sociales capitalistes, car ces dernières constituent une entrave à la réalisation de leur projet.
    La contradiction actuelle se situant, de mon point de vue, entre, d’une part, développement des forces productives, et d’autre part, la société qui les produit mais qui se retournent contre celle-ci -et conséquemment contre la communauté vivante réellement existante-, au profit de la main-mise de la classe capitaliste et de ses valets, entravant ainsi l’usage de ces forces productives en leur imprimant la direction habituelle de leur accaparement et de leur développement, but et moyen de toute activité dans le MPC.
    La lutte se pose en ces termes: la société produisant tous les moyens et englobant tous les aspects de la vie contre les possédants dont l’unique but est la perpétuation de leurs positions, y compris par l’extermination du vivant.
    Il s’agit non d’une abolition (négation de la négation,hmm no fooling), mais bien d’une affirmation.
    Cette évolution offre de nombreux points communs -analogies- aussi bien avec les révolutions bourgeoises, qu’avec les tentatives « prolétariennes » (les » » car aussi bien en Russie qu’en Chine les sociétés étaient massivement paysannes, on peut aussi songer aux paysans espagnols, et plus précisément d’Aragon, de Catalogne et du Pays Valencien des années 30).
    La bourgeoisie était en effet une classe montante bridée dans son ascension par les tenants de l’Ancien Régime, possesseurs de la terre, et des biens immobiliers (clergé, grande noblesse), cette contradiction et cet antagonisme furent très aigus en France, où la noblesse ne s’est mêlée des affaires (banques, commerces, manufactures) qu’après la révolution française, contrairement à la G.B.où bourgeoisie et noblesse fusionnent bien plus tôt. A contrario, la bourgeoisie était déjà aux affaires d’état,partout en Europe de l’Ouest, depuis le XVIIème. S., Louis XIV, le colbertisme, le centralisme, l’économie de plantation (modèle avant-coureur de l’atelier de production).
    L’affirmation est le corollaire de l’antagonisme entre la société et les moyens de sa production et de sa reproduction. La société est bridée, non par l’insuffisance de développement de ces moyens (cas de la bourgeoisie/ancien régime,et de celui des ouvriers/capitalistes), mais bien par la logique même qui sous-tend ce développement, logique du profit qui rogne les ailes des possibilités d’utilisation de ces forces, en promouvant les moyens susceptibles de reproduire la classe capitaliste contre la reste de la société.

    Allez, en parlant « d’ailes rognées », voici une petite chanson amusante:
    La poule a dit non!
    Vive la Révolution!
    Paroles CAT/CAST
    :http://www.lluisllach.cat/espanol/lagallineta.htm
    La Cansonneta:

  12. Stive
    12/11/2017 à 14:11 | #12

    Excuse-moi, Adé, mais tout çà me semble confus et en grande partie du réchauffé post-68 alternativiste. Tu disais plus haut que la classes ouvrière (et où le proletariat) était constitutif du capital et à ce titre ne pouvait ni abolir le capital ni s’abolir. Et tu parviens à concevoir des entités autonomes émancipées des catégories du capital au sein même de la société capitaliste ? Et que les forces de répression de la classe dominante laisseraient se développer à leur grée ? Comme dit Pépé, on peut rêver. Tout ce que je vois autour de moi, « libération de la parole », assemblées de citoyens, jardins partagés, toutes sortes d’activités « durables » et j’en passe, se déploient au nom d’un humanisme citoyen et contre les « abus » d’un capitalisme sans morale, de là à leur octroyer une potentialité de transcroissance vers la révolution … Tout ça me rappelle un slogan des années 80 : « Construisons la paix, module par module ». Ne vois dans ma critique aucune dérision mais la volonté de comprendre. Amicalement

  13. Bémol
    13/11/2017 à 18:20 | #13

    @ Claude Quidam et Lisbeth Salander.
    Je ne suis pas convaincu par votre approche.
    Je crois qu’à l’image de la critique des frontières opérée par un libéralisme qui promeut une pseudo sortie frontières par le bas, c’est à dire contre le prolétariat, alors que seule une abolition communiste des frontières est souhaitable, je voit plutôt, hélas, dans ces « événements » une tentative de sortir de la domination sociale des femmes également par le bas.
    Loin de moi l’idée de remettre en question la visibilisation des violences.
    Mais il convient d’analyser la manière dont ça se fait avant de s’enthousiasmer imprudemment.

    Aussi, malgré ce qu’on peut éventuellement penser du site vers lequel pointe le liens suivant, je vous invite à lire cet article :
    http://www.vududroit.com/2017/11/hommes-femmes-face-a-limmaturite-place-a-virilite/

    A propos de la « virilité », une question se pose. Doit on critiquer l’exclusivité culturel que confère à l’homme ce mot en terme de qualités qui serait soit disant inhérentes à sa nature (courage, goût de l’épreuve…), ou doit on s’attaquer à tout ce qui a trait à ces qualités? La question mérite d’être posée.

    D’un point de vu plus « lutte de classe », je pense que toute cette mascarade identitaire s’inscrit dans un processus visant à faire globalement perdre toute puissance (dans sa lutte contre le capital) au prolétariat immédiatement producteur de valeur. Où au moins que cette mascarade ne fait que formaliser cette perte de puissance. Car l’une des mesures de cette perte, c’est bien la casse du goût de l’épreuve. L’individu-consommateur s’érige comme une larve et comme une insulte face au producteur de valeur, le domine et l’écrase, notamment au travers de son moralisme émancipateur et de ses multiples chantages idéologiques.
    Peut-être, et probablement, que c’est cette perte de puissance qui nous permet d’envisager dialectiquement la communisation contre le programmatisme, et qu’il sera à terme possible d’envisager concrètement une issue révolutionnaire à cet infâme tourbillon historique. Mais dans ce cas, une approche rupturiste de la question de la domination H/F me semble être la seule proposition cohérente et communiste qu’on puisse apporter. Par ailleurs j’espère pour les femmes qu’elles pourront compter sur autre chose que sur cette bouillie cathartique, judiciaire, paradoxalement asexualisante (voulez-vous en prime nous priver de sexe??? S’agit-il d’un néo puritanisme déguisé??? Pas pour tout le monde en tout cas!) et bourgeoise qu’on nous vend à la télé.
    Seul point « positif » : bien fait pour la gauche pensante à la DSK!

    Question à méditer, pour les hommes, comme pour les femmes : Parvenez vous à désirer sexuellement des personnes qui n’assument ni qui ils sont ni ce qu’ils font, ni ce qu’ils désirent, et qui en plus éventuellement culpabilisent, et souvent en culpabilisant les autres?
    Si oui, vous êtes mal barrés.
    Amicalement.

  14. Adé
    14/11/2017 à 13:48 | #14

    Salut Stive,

    En effet, tout ce que j’écris est post-68 et bien entendu « alternativiste » (terme dépréciatif, comme « démocratisme », « inter-classisme »,etc…), càd que ce sont des tentatives d’agir sur les conditions d’existence, sans attendre la vrai rupture produite par les vrais sujets.

    Bah! Evidemment ces tentatives sont dérisoires, et réchauffées parce que seul le prolétariat ouvrier est capable de produire (pas hier, pas aujourd’hui, mais ça viendra…) une vrai rupture réellement communiste, donc d’ici là : plus c’est pire, mieux c’est. Ben oui, c’est l’évidence même.

    Confus?
    https://www.youtube.com/watch?v=bfgD3LJ6Xb8

    La répression?
    Elle s’abattra, dans tous les cas de figure, ou pas?

    Donc, je persiste: sans la constitution de fractions communistes rien ne se fera, la lutte des classes (ou des crasses?) ne peut à elle seule que reproduire les rapports sociaux capitalistes, elle ne vise pas à révolutionner, ni a fortiori, à abolir le capitalisme. La lutte des classes est le moteur de l’histoire capitaliste, car le prolétariat n’est pas le sujet révolutionnaire,il n’est pas porteur d’universalité, ni a fortiori de communisme.
    Se non è vero è ben trovato,
    Si ce n’est pas vrai (le prolétariat en voie d’abolition prolétarise les couches encore non-prolétarisées), c’est non seulement vraiment très confus, tiré par les cheveux pour sauver le sujet, mais faux.
    21st Century Schizoïd Man

  15. Bémol
    14/11/2017 à 15:10 | #15

    @Adé
    Bonjour.
    Je n’ai pas compris la phrase « le prolétariat en voie d’abolition prolétarise les couches encore non-prolétarisées »

  16. Bémol
    14/11/2017 à 15:24 | #16

    Ceci dit, il y’a deux approches antinomiques. Miser sur un/des sujets tels qu’ils sont, à partir de ce qu’ils sont aujourd’hui, divisés, les uns contre les autres, ou miser sur le fait qu’ils vont se retrouvés au pied du mur au point de devoir devenir autre chose que ce qu’ils sont. Tout l’intérêt d’une pensé rupturiste se retrouve dans cette deuxième proposition.
    On remarque que la deuxième proposition reste une humble question ouverte (Comment? Comment un classe en tant que classe peut elle abolir les classe par exemple), tandis que la première ne cesse de démontrer son caractère incantatoire depuis la fin des année 60 (Il faut, « Nous » devons.. D’ailleurs c’est qui ce « nous »?), tout en étant confrontée de façon renouvelée à ces propres échecs. Elle est devenue une caricature d’elle même. Demandez à un jeune « autonome » de quel autonomie s’agit-il. Autonomie de qui? De quoi? De l’individu? Du « collectif »? Du « nous »? Vous seriez surpris par l’ampleur du niveau de confusion. Il n’y a plus de sujet. Tout le monde est sujet. Tout est permis rien est possible. Vive l’émancipation dans la capital? Mais au profit de qui?

  17. Stive
    15/11/2017 à 17:34 | #17

    Dans la même problématique, voir le texte de Tarona en réponse à Marcel (et à Adé):

    https://libcom.org/library/le-bolchevisme-sans-parti-une-posture-de-r%C3%A9volutionnaire-tarona

  18. pepe
    15/11/2017 à 18:15 | #18

    Bizarre ces deux discussion qui ne se répondent pas vraiment….

  19. Adé
    15/11/2017 à 19:36 | #19

    @Bémol : »Car l’une des mesures de cette perte, c’est bien la casse du goût de l’épreuve. L’individu-consommateur s’érige comme une larve et comme une insulte face au producteur de valeur, le domine et l’écrase, notamment au travers de son moralisme émancipateur et de ses multiples chantages idéologiques. »
    C’est très amusant, moi qui pensais que le consommateur et le « viril » (le goût de l’épreuve) producteur étaient massivement les mêmes individus…Je n’ai pas mis 21st Century Schizoïd Man pour rien. Bon
    @Bémol :« le prolétariat en voie d’abolition prolétarise les couches encore non-prolétarisées  »
    Ah, il s’agit d’un résumé de Bernard Lyon : … » en prenant des mesures communistes concrètes qui contraignent toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur « prolétarisation »…
    Une anecdote illustrant la capacité préviseuse ayant cours dans le milieu:
    Le « summer meeting » aux alentours du Mont Ventoux en juillet 2007: Les journaux (Le Monde) commencent à s’inquiéter de la tournure que prend la crise du crédit hypothécaire aux USA (crise des subprimes). J’en dit quelques mots à B.L., en affirmant que cette crise va prendre de l’ampleur, vu les sommes colossales dans ce secteur, il se montre au moins dubitatif, voire ironique. Pourtant, seule la lecture des Diplo et de quelques autres publications (notamment Jorion : La crise du capitalisme américain) suffisent à prévoir l’écroulement du secteur, lequel aura bien lieu avec l ‘effet que l’on sait.

    Mise au poing.

    Je suis influencé par le blog de Patlotch sur plusieurs points:
    §- La constitution d’une (classe) fraction communiste comme condition sine qua non d’une rupture communiste;
    -La dynamique affirmative, inclusive, de cette fraction et sa lutte pour l’hégémonie;
    -La nécessité pour cette dynamique d’englober les luttes non-spécifiquement ouvrières : environnement, genre, segmentation raciale, et plus généralement les dimensions occultés par la prépondérance de la civilisation occidentale, luttes des paysans, luttes des communautés autochtones,etc…
    Digression:
    J’apprends par un proche (litote) de T.C. que l’île de la Réunion n’est pas une colonie française, au cours d’une brève et inutile discussion sur le mouvement indépendantiste catalan… cette île fut en effet, non-conquise mais …achetée à la Cie des Indes (1764), comme la Corse aux Génois (1768). Depuis j’ai su que dans ce qui est aujourd’hui un département français -ou un truc du genre- La Réunion donc, des femmes étaient obligées d’avorter ou d’avoir recours à la pilule contraceptive, alors même qu’à cette époque (1962 et après), ces méthodes étaient interdites en Métropole…
    Zone d’être/zone de non-être…
    Fin de Digression
    Je suis en désaccord avec T.C.
    §- La révolution « strictement prolétarienne » et le rôle démiurgique du prolétariat
    et par voie de conséquence:
    -conception de la communisation telle que définie par B.L.
    -La périodisation du MPC et la signification de « subsomption formelle/ réelle ».
    -La conception des CMS(classe moyenne salariée)
    – L’impossibilité de toute organisation en dehors des périodes de lutte. A ce sujet, je remarque que T.C.semble échapper, comme miraculeusement à cette « critique ».

    Je ne suis d’accord ni avec l’Un, ni avec les Autres sur :
    §-Le moteur de l’Histoire c’est la lutte des classes (K.Marx), ce qui veut dire que l’Histoire prendra fin, faute de moteur, lorsque,ou plutôt, si les classes sont détruites… D’autre part, la société divisée en classes est l’apanage du MPC, hors ce MPC, et donc hors de l’Europe qui l’a produit, à partir du XVIII, XIXèmes S.l’affirmation est au moins hasardeuse, sinon totalement infondée.
    Je pense plutôt que à partir du MPC, le carburant de l’Histoire est la lutte des classes, non le moteur éternel. A ce sujet, j’évoquais des analogies entre, d’une part la montée de la fraction communiste et celle de la bourgeoisie,au XVII, XVIIIème. En effet, la bourgeoisie représente à ce moment particulier à la fois une classe en formation, et une classe dominée. D’un côté dominante ou en cours, de l’autre dominée.
    – L’Homme ne se pose que les questions auxquelles il a déjà une réponse (K.Marx). Tout simplement parce que cet « Homme » n’a aucune existence réelle, c’est une abstraction. Ce genre de formule est sous-tendue par une vision démiurgique du prolétariat, elle-même comprise comme « sens de l’Histoire ».
    -Les points de vue sur les divers mouvements étiquetés « alternativistes », « démocratistes radicaux »,ainsi que sur IQV (Insurrection qui vient), et autres mouvements non classistes.
    – La place de l’écologie révolutionnaire, puisque la base matérielle c’est bien la nature, cette écologie est ce qui englobe et universalise. Le rapport premier est celui du genre humain à la nature: c’est à partir de là que peut être dépassé le MPC. Humaniser la nature,animaliser l’Homme (K.M.), bien que je préfère LES hommes. ou l’espèce humaine…

    Le cocasse de cette position c’est que: Patlotch est interdit ici, moi chez lui…

    PS.@ Bémol
    On remarque que la deuxième proposition reste une humble question ouverte (Comment? Comment un classe en tant que classe peut elle abolir les classe par exemple)

    Pas du tout,car il ne s’agit pas d’une question, à laquelle il serait d’ailleurs impossible de répondre …théoriquement, mais bien d’une affirmation, celle de la nature révolutionnaire du Prolétariat.

    …miser sur le fait qu’ils vont se retrouvés au pied du mur au point de devoir devenir autre chose que ce qu’ils sont.

    C’est ce que j’écrivais : au pire ça va au mieux c’est…Les desseins du Prolétariat toujours révolutionnaire, et attendant patiemment Son Heure sont vraiment impénétrables.

    Au fait: En Catalogne, les corridas sont prohibées, les Baléares ont voulu faire de même mais le Conseil Constitutionnel (Madrid) ne veut pas en entendre parler, idem pour nombre de lois environnementales…Ces Catalans quels pisse-froid!

  20. Adé
    15/11/2017 à 19:45 | #20

    Pour vous,j’espère que cela vous fera plaisir, vraiment.

    https://www.youtube.com/watch?v=vGFvuRsvwik

    Musique de la Réunion

  21. pepe
    15/11/2017 à 20:55 | #21

    Petit point d’ordre: Patloch n’est pas « interdit » ici, il nous a sommé d’effacer toutes références à lui sur dndf. Ce que nous avons fait, sans nous en réjouir. Nous avons même dérogé à ce « silence » il y a peu (http://dndf.org/?p=16296). Sa posture de victime ostracisée est entièrement auto construite, elle fait partie de son identité théorique. Ne sont « écartés » de dndf que ceux ou celles qui polluent les échanges par leurs anathèmes, excommunications, insultes et autres activités de trolls.

  22. Bémol
    16/11/2017 à 16:46 | #22

    On ne se comprend pas.
    Je ne parlais pas précisément de LA question rupturiste de TC « Comment une classe peut-elle… »,
    mais de l’approche rupturiste en générale qui cherche à se demander « Comment? » plutôt que d’asséner des « Il faut ». Celle de TC n’était qu’un exemple de ce que pouvait être une approche rupturiste. J’avais pourtant préciser « par exemple ». Je ne suis pas certain que cette question soit « la bonne », mais ce n’était pas mon propos.
    Je suis un peu surpris de voir Patlotch utilisé comme remède face au « rupturisme ». Je ne crois pas avoir lu quelque part que Patlotch était devenu alternativiste. Si? Pourtant il m’arrive encore de le lire.
    Et je suis encore plus surpris d’entendre ici qu’on aurait quelque chose à attendre de l’IQV???
    Pour la phrase de BL, ça fait longtemps que je considère que ce que dit BL n’engage que lui.
    En effet, « prolétariser », ça signifie réduire à l’exploitation. Si le prolétariat réduit à l’exploitation l’encore « non-prolétariat », et que c’est ça la révolution, je comprends que ça puisse laisser perplexe…
    Pour en revenir au sujet initial, lorsque je parle d’individidu consommateur et « larve », je parle de celui qui a accès à la consommation sans être « immédiatement productif » (au sens marxiste). Précisément, il encadre et veut jouir sans entrave. Éventuellement il fait de la gonflette, car son apparence plastique a de l’importance, mais en tant qu’il est l’esclave de ses pulsions il n’est pas « viril » au sens proposé dans l’article que je vous est joint.
    Je ne dit pas que cette définition de la virilité est la bonne, j’étais simplement venu ici dans l’espoir d’en discuter. De questionner ce mot, qui était, me semble-t-il, l’objet de ce post.

  23. pepe
    16/11/2017 à 17:57 | #23

    @Adé
    Sur le passage: « §-Le moteur de l’Histoire c’est la lutte des classes (K.Marx), » deux ou trois trucs.
    « La lutte des classes est le moteur de l’histoire » s’entend bien sur en contrepoint de la première phrase du Manifeste: L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. Les classes existent dès le début de la production alimentaire qui va succéder aux chasseurs cueilleurs (comme organisation majoritaire, je sais bien qu’il existe encore des chasseurs cueilleurs). A ce sujet, on peut se référer à deux ouvrages non marxistes, « Sapiens » de Yuval Harari et surtout, pour les détails « De l’inégalité parmi les sociétés » de Jared Diamond. On y voit de façon assez limpide la naissance de la marchandise, du travail, de la captation du sur travail….Extrait de Sapiens: http://dndf.org/wp-content/uploads/2017/01/Extrait-Sapiens.pdf
    Donc la lutte des classes est le moteur de l’histoire, depuis qu’il existe des classes et tant qu’elles existeront….

  24. Adé
    16/11/2017 à 19:18 | #24

    @pepe … »depuis qu’il existe des classes »
    Ce qui pose la question suivante :
    Depuis quand, et corollairement où ça?

    Quelles classes en Egypte ancienne, en Mésopotamie, à Athènes ou même à Rome?
    Comment expliquer le passage de l’antiquité gréco-romaine au féodalisme à l’aide de ce moteur?

    Si  » L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes », comment est-on passé de la non-Histoire à l’Histoire, et donc comment les sociétés sans classes ont-elles été des sociétés sans Histoire?
    Quel rapport peut-il y avoir entre la lutte de classes et la colonisation des Amériques? avec l’Inquisition et la « limpieza de sangre »?
    Avec les luttes pour l’hégémonie impérialiste?
    Avec l’expansion des religions, judaïsme, christianisme,et islam qui ont modelé les identités culturelles;
    -avec les invasions qui ont précédé et accompagné le morcellement de l’Europe au Moyen-Âge, Goths, Vandales, Normands, Huns?
    Stricto sensu: les classes telles que l’on peut les observer(et encore cela vaut surtout en Europe et généralement dans les nations les plus anciennement capitalistes) sont une création de la bourgeoisie et du capitalisme; les dynamiques sociales antérieures ou/et périphériques ne s’expliquent pas ainsi.
    Il y a plusieurs dynamiques dans l’Histoire humaine
    Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père

  25. pepe
    16/11/2017 à 22:30 | #25

    @Adé
    Je ne comprends pas vraiment ta façon d’aborder le problème :
    Quelles classes ici et là ??
    Mais l’histoire du travail, de la marchandise n’est, depuis les chasseurs cueilleurs, que l’histoire d’un groupe humain qui produit les richesses et se font voler la partie excédant leur reproduction par un autre groupe de gens qui les contraignent au travail, que ce soit par la capture, l’esclavage, le servage ou le CDI…
    Cela forme bien d’emblée deux classes qui ont des interêts antagoniques et, quelles que soit les formes multiples que prennent leurs « luttes » dans l’Histoire, il s’agit bien d’une dynamique, d’un moteur qui fait la société des hommes, fabrique l’histoire, les mutations technologiques, les migrations, les artistes, les guerres, etc, etc… . Cela s’incarne ici et là, avant et après…
    Et pour ne prendre qu’un de tes exemples, alors oui, il y a un rapport évident entre la lutte des classes et la colonisation des Amériques.
    Quand, le 16 novembre 1532 , le conquistador Francisco Pizarro, et 162 soldats capturèrent le monarque inca Atahualpa entouré d’une armée de 80 000 soldats indiens, volèrent une formidable quantité d’or, massacrèrent des centaines d’indiens, et finirent par exécuter Atahualpa, Pizzaro et ses hommes étaient bien la tête de pont, l’avant garde d’une société de classes en pleine expansion, à un niveau de développement très sophistiqué, porteurs de la force de développement qui leur a permit de traverser la mer, de la technologie accumulée en Europe (l’acier des épées, les fusils), un niveau d’élevage des animaux inconnus en Amérique (les chevaux), porteur de germes dont les sociétés européennes s’étaient immunisés depuis des siècles par la domestications des animaux, ce qui aura pour conséquence de tuer 90 % des populations amérindiennes. Oui, il s’agit bien de l’affrontement de deux sociétés de classes a des niveau complètement déséquilibrés de leur développement… Si on est pas au cœur de sociétés de classes alors……
    Et oui, pendant environ 285 000 ans, sapiens vivait hors des sociétés de classes, chassant, glanant et se déplaçant au grè du hazard et des nécessités de ses besoins

  26. Adé
    17/11/2017 à 20:40 | #26

    Les sociétés produisent des dynamiques diverses et difficilement quantifiables, le concept de lutte de classe ne rend pas compte, à lui seul ,de la diversité des situations historiques. Ce concept est sous-tendu par la notion de sens de l’Histoire, notion qui renvoie elle-même aux traditions monothéistes.

    Mais, revenons donc à leurs vigognes, et à nos moutons.

    Quelles étaient les « classes » en présence d’un côté et de l’autre de l’Océan?
    Et quel rapport entre l’avance technologique des uns et l’effondrement rapide des autres?

    En Espagne, récemment « reconquise » depuis les états chrétiens du nord, et avec l’aide d’autres nobles voisins dont Francs, il y a donc des nobles (hidalgos), des gros, et des petits (comme beaucoup de conquistadores), ceux-ci luttent également entre eux, il y a des ecclésiastiques, les obispos (évêques) et les curas (curés), avec dans deux les cas plein de degrés intermédiaires, pour ceux qui produisent ou travaillent, la situation est encore plus compliquée du fait de l’origine et de l’appartenance à telle ou telle autre communauté antérieure à la Reconquista: les juifs conversos ou pas car l’expulsion ne date pas du temps de Pizarro, mais même après on a les convers, qui forment une classe? un groupe? les vieux chrétiens, les musulmans convertis. Il y a la Castille et l’Aragon, et tous les Navarrais sont hidalgos.
    Des groupes tels que « anciennement musulmans » notamment Pays Valencien comprennent des paysans plus ou moins aisés, des artisans plus ou moins cossus, cependant ils forment des groupes homogènes, idem pour les vieux chrétiens par rapport aux nouveaux. Les vainqueurs sont à la fois liés entre eux (échange de femmes=alliances matrimoniale), mais aussi par l’identité ethnique et religieuse. Les dominations ne se résument pas à l’exploitation et leur dynamique est chaque fois particulière et ne tient pas à une cause générale centrale telle que prolétariat/capital, d’ailleurs il y a le genre…
    C’est la suite de la Reconquista qui a porté les hidalgos en surnombre vers l’Amérique,ils décrirent d’abord les Indiens comme des Moros.
    Tu l’as souligné,une grande partie de la population indigène périt par maladie (c’est de la domestication des bovidés que nous viennent la varicelle,la variole…les paysans et paysannes européennes avaient empiriquement saisi, bien avant Pasteur, le principe de la vaccination, en Espagnol: Vacuna).
    Mais contrairement à ce que tu écris, il n’y avait de fossé technologique, les mousquets ou arquebuses,de même que les bombardes n’avaient pas encore une efficacité terrible (il faut attendre le XVII pour que le fossé se creuse réellement entre l’occident et le reste de la planète, de même les chevaux n’ont pas longtemps effrayé les guerriers indigènes, pas plus qu’ils ne furent subjugués par la puissance du mythe de Quetzacoatl, les armes de jets indigènes,frondes et arcs étaient plus rapides et plus précises, de même, les casse-têtes, en bois et pierre, et les javelots garnis de silex ou d’obsidienne n’avaient pas grand chose à envier au fer des chrétiens.
    Dans tous les cas, les Chrétiens ont su profiter de conflits larvés ou non, au sein des sociétés Aztèques, et Inca. C’est précédé par une épidémie qui affaiblit la population et en encourageant soit des peuples soumis mais rétifs (Mexique), soit un parti contre un autre (Andes); dans le premier cas il s’agit de lutte de « libération tribale », dans le second, lutte interne au pouvoir Inca, comme pratiquement à chaque inter-règne( .

    Les sociétés pré-colombiennes sont assez mal connues, vu la destruction massive des documents,stèles etc, et l’acculturation, syncrétisme délicat à débrouiller. Néanmoins, en ce qui concerne mon propos appliquer le concept de classe tel qu’utilisé par les marxistes basé sur la place dans le procès de production et l’antagonisme,ou les antagonismes qui en découleraient pour expliquer ces sociétés et leur Histoire est loin de rendre compte de leurs dynamiques tout en occultant leurs particularités.
    Il ne s’agit pas d’un « affrontement de deux sociétés de classes a des niveau complètement déséquilibrés de leur développement… » Il s’agit d’une invasion, ce ne sont pas les « classes », ni les « sociétés », ni même « deux sociétés de classes » qui s’affrontent.
    Puis, les « sociétés de classe » càd les « nôtres », n’ont pas de coeur, pas plus que l’Histoire n’a de moteur.
    Salut

  27. Amera Simpsonus
    18/11/2017 à 07:46 | #27

    …il reste néanmoins que ces deux sociétés sont structurés de façon à permettre qu’une partie de la population puisse vivre sans produire parce qu’elle s’accapare une partie du produit des autres…

    Je ne fessais que passer!

  28. pepe
    18/11/2017 à 12:20 | #28

    Bon, on va pas tourner deux ans autour du débat (passionnant au demeurant).
    Je crois qu’on a tous les deux compris les arguments de l’autre. Il me semble qu’il s’agit là d’une différence de prise de parti. On peut considérer que le principe du monde, c’est la lutte du bien contre le mal et on peut trouver mille arguments pour étayer cette thèse( je ne parle pas de ton point de vue bien sur). Moi, je prend le parti de penser que la lutte des classes est le principe du monde de l’humanité moderne. La première phrase du Manifeste n’a pas la prétention de décrire par le menu chaque déclinaison locale ou de telle époque. Elle signifie, aujourd’hui, simplement, que depuis les chasseurs cueilleurs « jusqu’aux temps modernes, 90% des hommes étaient des paysans qui se levaient chaque matin pour cultiver la terre a la sueur de leur front. L’excédent produit nourrissait l’infime minorité de l’élite qui remplit les livres de l’histoire officielle: rois, officiels, soldats, prêtres artistes et penseurs L’histoire est une chose que fort peu de gens ont fait pendant que tous les autres labouraient les champs et portaient des seaux d’eau » Yuval Harari. Et ce il y a 10 000, 5000 ou 2000 ans, en Chine ancienne comme chez les Astèques ou les Européens…. Et quels que soient les milliers de forme complexes qu’a pu prendre la lutte des classes sur la planète dans l’histoire de Sapiens d’après l’invention de la production alimentaire, l’agriculture et l’élevage….

  29. Adé
    18/11/2017 à 15:46 | #29

    @A.S…. »une partie de la population puisse vivre sans produire parce qu’elle s’accapare une partie du produit des autres… »Un berger s’accapare le produit du travail des animaux: ceux-ci forment-ils une classe?
    Non,ils sont exploités, nuance.
    Qu’un groupe exploite un, ou d’autres, groupes cela c’est l’exploitation ou la domination, par exemple le travail des femmes: les femmes sont-elles une classe?
    Lorsque tous les groupes profitent de l’exploitation et de la domination d’autres groupes -colonisation- est-ce que le l’ensemble des groupes colonisateurs -exploités et exploitants ensemble- sont une classe,et les colonisés -exploitants et exploiteurs ensemble,une autre?
    Pour moi, pour être une classe, il faut la constituer consciemment : cas de la bourgeoisie à partir du,mettons XVIIème. Pareil pour le prolétariat à partir du XIXème, il forme une classe lorsqu’il le fait, dans le cas contraire -aujourd’hui, et depuis des lustres- « il n’est rien ». le prolétariat est révolutionnaire ou il n’est rien.
    L’exploitation est une chose, la lutte éternelle des classes, une autre.

  30. Amera Simpsonus
    18/11/2017 à 19:04 | #30

    Je croyais ne faire que passer mais je me suis accroché les pieds…

    Si on exploite les animaux on exploite aussi les pommiers car on s’approprie le fruit de leur travail??? A mon avis il est abusif de parler de travail et d’exploitation en dehors de l’activité humaine sinon on peut exploiter une mine comme on exploite la classe ouvrière qui travaille dans la mine… L’exploitation est un rapport social qui structure la société et c’est pour cette raison qu’elle génère des classes aux intérêts contradictoires…

  31. Amera Simpsonus
    19/11/2017 à 00:57 | #31

    Petit éclaircissement…

    Par « en dehors de l’activité humaine » je veux dire : « en dehors des relations qu’entretiennent les être humains entre eux… » Car si il y a exploitation des animaux ou de la nature c’est parce qu’il y a exploitation des êtres humains entre eux avant tout… celle-là découle de celle-ci!

  32. Adé
    19/11/2017 à 12:54 | #32

    @A.S. « Car si il y a exploitation des animaux ou de la nature c’est parce qu’il y a exploitation des êtres humains entre eux avant tout… celle-là découle de celle-ci! »
    -Non, c’est historiquement l’inverse: d’abord « exploitation » des ressources naturelles, puis « exploitation de l’homme par l’homme ». Avant tout.
    S’il y a exploitation de l’homme par l’homme, c’est qu’il y a et qu’il y a eu « exploitation des ressources naturelles »: la base matérielle de toute société est la Nature, les rapports des êtres humains à la Nature sont historiquement déterminants et déterminent à leur tour les relations qu’entretiennent les êtres humains entre eux.

    -Lorsque une mine est exploitée c’est que des mineurs y sont au travail. Une mine n’existe qu’à ce titre là.

    -Pour les arbres fruitiers, il y a appropriation du produit, pour les animaux soit idem -laines-,soit/et exploitation de la force de travail -traction- (les lamas produisent la laine et portent des charges). En ce qui concerne les animaux non élevés pour leur force de travail: il y a appropriation de leurs êtres par abattage alimentaire. On tue l’agneau pour s’approprier son corps,on ne tue pas le pommier pour manger les pommes.
    C’est, bien entendu différent pour d’autres espèces végétales : carottes, salades, choux, etc…pour les tomates ou même pour les tubercules, on revient au cas du pommier. Lorsqu’on cueille des tomates on ne tue rien, ni dans le cas des graines: céréales, légumineuses, oléagineuses.
    Par contre pour avoir du lait pour consommer directement ou transformé (La France est le Pays des Fromages isn’t it?), il est impératif de tuer soit l’agneau, soit le chevreau, soit le veau. D’ailleurs pas de fromages sans « présure », celle-ci se trouve dans l’estomac des jeunes animaux, ceux-ci sont sacrifiés, non simplement « exploités ».

    L’exploitation est une chose, l’appropriation, une autre, les classes, encore une autre, et la lutte des classes encore autre chose.

  33. Adé
    19/11/2017 à 15:52 | #33

    Pour qu’il y ait communisation, il est donc nécessaire et impératif qu’il y ait constitution de fractions communistes à partir de chacune des sphères à partir desquelles s’est construit le MPC:
    -le genre
    -la race
    -la nature.

    -Les classes, dans le sens marxiste, sont une création du MPC, elles n’ont d’existence, en tant que telles que lorsque leur action s’affirme consciemment au nom d’une classe. Ainsi l’opposition entre le capital et travail n’est pas égal à l’antagonisme capital/prolétariat, ce dernier existant seulement comme classe révolutionnaire.

    Pour la Nature, elle est la base matérielle et nous allons de plus en plus en savoir quelque chose;
    Les luttes écologiques peuvent être, et seront révolutionnaires.

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