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Blackwater sommée de quitter l’Irak

lackwater a essayé par tous les moyens de contourner notre décision, mais nous avons dit : Non ! » Interrogé jeudi 29 janvier sur l’avenir de la société de sécurité américaine en Irak, le général Khalaf, porte-parole du ministère de l’intérieur, a été on ne peut plus clair : « Le contrat est terminé. »

Principale entreprise privée de sécurité utilisée par les troupes alliées en Irak, Blackwater est depuis longtemps dans le collimateur de la justice américaine. Cinq de ses agents sont accusés d’avoir tiré en rafale sur des civils irakiens désarmés le 16 septembre 2007, tuant 14 personnes selon l’enquête américaine, 17 selon l’enquête irakienne. Vingt personnes avaient été blessées.

Agés de 24 à 29 ans, les cinq hommes ont plaidé non coupables pour les 35 chefs d’accusation dont ils doivent répondre. Leur procès doit s’ouvrir le 29 janvier 2010. S’ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu’à dix ans de prison pour chaque homicide, sept ans pour chaque tentative de meurtre et surtout 30 ans de prison obligatoire pour infraction à la réglementation des armes. En décembre, un sixième employé de la firme s’était présenté devant la justice, plaidant coupable d’homicide.

La direction de la compagnie créée par un ancien des forces spéciales américaines, Eric Prince, dément toute faute et soutient que ses agents impliqués dans la fusillade de Bagdad se sont sentis menacés. Mais le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, avait qualifié la fusillade de « massacre ».

L’annonce du départ de Blackwater, deux jours avant des élections provinciales cruciales, devrait profiter à la liste du premier ministre d’ores et déjà donnée favorite. D’après le New York Times, la société de sécurité ne devrait pas quitter le pays avant le printemps.

Les « PSD » (private sector detail, personnel du secteur privé), sous contrat avec les ambassades occidentales, le département d’Etat ou le département à la Défense, ont émergé avec l’invasion américaine de mars 2003. Ils sont aujourd’hui 100 000 (agents, cuisiniers, chauffeurs, etc), contre 142 000 soldats américains.

Pour en savoir plus :

– Lire Blackwater : L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Jeremy Scahill, Actes Sud, 2008.

– Conférence de presse de Jeremy Scahill sur Blackwater, parties 1, 2 et 3.

– Voir la page du site Internet du New York Times consacré à Blackwater Corporation.

Blackwater sommée de quitter l’Irak LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 29.01.09 | 15h42  •  Mis à jour le 29.01.09 | 15h49

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  1. A.D.
    01/02/2009 à 23:11 | #1

    A ce sujet on pourra lire -avec profit!- « A pretty fair amount of killing » (Petite guerre barbare deviendra grande), texte de 2003 de T.C. et alcuni fautori de la communizzazione.
    Cette imbrication entre: privé-état, l’intégration ; fonction police- fonction militaire caractérise la répression dans société actuelle en sa globalité post-retructuration, c’est un mode de gestion des flux humains et de cantonnement des individus au sein de la géographie socio-économique, on voit le résultat à Gaza comme ailleurs, la possibilité de l’intervention extraordinaire est devenue habituelle.

  2. A.D.
    02/02/2009 à 11:01 | #2

    Pour insister sur le caractère adéquat de ces convergences répressives( cf. limitation du droit de manif. en Allemagne, Suisse- il faudrait examiner les Pays-Bas, Scandinavie et R.U., Etats-Unis….limitation du droit de grève ; controle et répression des flux migratoires : centres de rétention, système de surveillance du pourtour méditerranéen, Murs et Barrières : Mexique, Ceuta-Melilla, Israël-Palestine…) avec la dynamique générale de la société et les modalités d’extraction de la plusvalue.
    Il ne s’agit pas de se focaliser sur la mise en place, et aujourd’hui l’éffectivité de ce rapport social-individus( ou libertés individuelles, publiques ou ce que l’on voudra contre l’Etat, ou la « marchandisation ») mais, encore une fois, de constater que cette « mise au pas », cet embrigadement social( et accessoirement idéologique)s’est imposé comme la gestion globale d’une force de travail elle même globale, et globalement achetée. Il n’y a pas de « glissement » vers le fascisme, ou la société policière, il y a la démocratie réelle, l’exploitation réelle et la séparation en classes antagoniques( achat-vente de la force de travail) qui fonde et légitime tout le procès de reproduction et l’autoprésuppose. Cette répression est la figure obligée du bouclage, coûte que coûte, de l’autoprésupposition : elle fait le tri, définit la légitime, réprime et supprime les possibles crispations, obstacles à la valorisation, but suprême du capitalisme.

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