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A propos du « privilège blanc »

Lu sur Carbureblog

Sur le “privilège blanc” : bien ou mal choisie, cette expression rend aujourd’hui publiquement compte d’une réalité qui est constamment voilée. Il faut aller au cœur du problème : ce n’est pas seulement qu’il “vaille mieux” être un prolétaire blanc que racisé, c’est surtout que pour des masses de prolétaires français, une relative ascension sociale, lors des Trente glorieuses, a été permise par l’assignation des “travailleurs immigrés” d’abord, puis des nationaux racisés, aux travaux les moins qualifiés.

Ce processus de racisation s’est effectué socialement non seulement par l’assignation au travail, mais par l’assignation territoriale, lorsque les prolétaires Blancs se sont mis à quitter les banlieues, engageant un procès de séparation sociale qui n’a jamais cessé.

Tout ceci ne peut être compris en dehors de l’histoire de la colonisation française.Les américains ont l’esclavage, La France a l’esclavage ET la colonisation. Les imaginaires, les méthodes de gestion, tout s’y rapporte sans arrêt.

Si la guerre d’Algérie demeure aussi présente dans le racisme français, c’est parce qu’elle est le modèle d’une guerre contre-insurrectionnelle qui fait partie intégrante du procès de racisation. C’est cette guerre qui a forgé l’image de l’Arabe en France.

C’est aussi pour cela qu’il est impossible de séparer le racisme de son traitement policier, qui est le premier maillon de ce qu’on appelle racisme d’Etat. Et que le spectre de la guerre civile flotte sur la question.

De façon générale, sans revenir sur ce procès historique, la racisation ne peut se comprendre sans 1) la volonté de ceux qui se constituent comme “Blancs” de la perpétuer 2) la résistance de ceux qui la subissent. Cette double dynamique constitue le cœur du procès de racisation.

C’est une lutte, qui ne peut être comprise en dehors de la lutte des classes, mais ne se résume pas à elle. C’est une polarisation hiérarchisée : la place des Blancs n’y est pas équivalente à celle des racisés. Il n’y a pas de “racisme anti-Blanc”.

On ne peut comprendre le racisme si on refuse de voir que certains y ont intérêt, et que le spectre de ces intérêts couvre un ensemble social très large, qui va du prolétaire au patron en passant par l’Etat : c’est la société qui est raciste, il n’y a de “racistes” qu’à cette condition.

Si aujourd’hui on n’admet pas tout cela, on ne peut comprendre le vote ouvrier pour le FN, pas plus que les contorsions de LFI autour de cette question. On ne comprend pas non plus la gestion policière des quartiers, et la persistance de la race.

C’est cette persistance, en dehors des catégories de l’exploitation du travail ouvrier, qui fait que des personnes racisées de classe moyenne ou moyenne sup. entrent aujourd’hui dans cette lutte. Le “Blanc pauvre” ne subit pas d’assignation de race, le “Noir riche” si.

Le terme de “privilège blanc” condense de façon polémique cette histoire et cette problématique, c’est son mérite. Il ne peut être compris comme privilège accordé à des individus, mais comme une distinction d’ensemble. Ses limites sont la culpabilisation ou le nombrilisme.

Les prolétaires femmes et raciséEs, par la place particulière qu’ils/elles occupent dans la crise de reproduction sociale capitaliste, mettent la dissolution conflictuelle des identités de race et de genre au centre de la perspective communiste de l’abolition des classes.”

  1. Anne 0’Neem
    23/06/2020 à 13:19 | #1

    publié sur la page facebook d’AC

    Echange sur le blog médiapart en réponse à un lecteur, sur le thème : “on ne peut pas comparer la situation française avec celle des Etats-Unis”. L’échange complet est dispo dans les commentaires, pour ceux que ça intéresse.

    “(…) Je m’interroge sur la pertinence d’importer une notion adaptée et produite aux USA dans le contexte européen. C’est pourquoi j’ai rappelé que les systèmes d’exploitation européens reposaient sur d’autres bases – aristocratie féodale, propriété privé, contrôle de l’état – que sur le “privilège blanc”. Les ouvrier.e.s, contremaitres, employé.e.s d’Europe ne correspondent pas au type du “red neck” US. Aucune guerre civile européenne ne correspond à la guerre de sécession. La majorité de la population européenne descend des serfs du Moyen Age guère mieux loti que les esclaves noirs. Le lourd prix à payer pour l’industrialisation l’a été aussi par les ouvriers et paysans européens et pas seulement par les peuples colonisés. ”

    ————

    “Pour vous répondre plus précisément donc, évidemment que la situation française et la situation des Etats-Unis sont très différentes, il serait vain de chercher des correspondances trait pour trait (guerre civile, etc. – encore que la guerre d’Algérie, excusez-moi…). Cependant ce sont des procès de racisation auxquels on a affaire, dont les dynamiques sont comparables, parce qu’il n’y a pas de racisme sans que des intérêts matériels soient impliqués.

    Ne remontons pas au Moyen-Age, c’est le capitalisme qui nous occupe : en France, la racisation s’est faite 1) par l’esclavage qui a posé les conditions matérielles de la colonisation (accumulation des capitaux, expansion commerciale, hiérarchisation des rapports entre zones ont permis une fois le rapport social capitaliste devenu la règle l’extension des marchés et l’absorption de la surpopulation relative, etc.). 2) par la colonisation qui a perfectionné et achevé le procès de racisation commencé avec l’esclavage (le passage d’un statut juridique à un statut racial dans la définition de certains sujets est ici éclairant, d’ailleurs). Divers statuts juridiques aussi discriminants que ceux de la ségrégation ont par ailleurs existé, du Code noir jusqu’au statut des “indigènes d’Algérie”. Tout ceci s’est produit sur le sol français (de Dunkerque à Tamanrasset), quel que soit l’éloignement géographique, et a divisé la population française sur des critères ethno-raciaux. Ces critères sont extérieurs en eux-mêmes à la citoyenneté, ce qui fournit une articulation pratique pour un traitement particulier de certaines populations, qui s’applique de manière socialement diffuse. Au bout du compte, ne finassons pas là-dessus : tout le monde sait bien ce que c’est qu’un Arabe ou un Noir.

    Dans ce procès, les Blancs se sont trouvés avoir des avantages, qui se sont maintenus après la décolonisation. Durant les années 1970, l’ascension sociale d’une large partie de la classe ouvrière blanche s’est faite sur la division du travail Blancs/racisés – que lesdits racisés soient des « immigrés » ou des nationaux. Les grèves d’OS dans l’automobile dans les années 1980 en sont emblématiques. Aujourd’hui où cette période des Trente Glorieuses (pas glorieuse pour tout le monde, bien d’accord) reste l’horizon normatif de presque tout ce qui est revendiqué en France, c’est assez pesant. Le RN n’a pas les scores qu’il a sur un malentendu. Alors, que au bout du compte ce soit la bourgeoisie qui profite de cette division raciale qui ne serait qu’illusoire, c’est aussi vrai que dire que c’est la bourgeoisie qui bénéficie du salaire qui n’est qu’illusoirement le prix du travail ; ça n’empêche pas que les ouvriers ont autant intérêt au salaire qu’à leur privilège blanc (terme encore une fois plutôt mal choisi, mais peu importe). La preuve en est que le racisme envers les Noirs et les Arabes en France est comme celui des Noirs américains ; rien ne semble pouvoir l’entamer, ni l’évolution des mœurs, ni l’ascension sociale d’une partie des racisés. Attribuer le caractère inaltérable de cette racisation à une “incompatibilité culturelle” des racisés eux-mêmes, par différence avec les immigrations intra-européennes, est évidemment un des facteurs de cette racisation. Ce caractère d’éternisation du rapport – qui s’attache au corps même des individus et pas à un statut social, est un des signes distinctifs de la racisation, qui pour le coup est de même nature en France qu’aux EU.

    La question n’est pas celle de la comparaison avec les Etats Unis, ni l’usage du terme de “privilège”, on pourrait de manière plus neutre parler de “bénéfice blanc”, mais celle de la racisation elle-même, de son ancrage dans des rapports de classe contradictoires et de manière plus large du rôle qu’elle joue dans la société capitaliste, et de se donner des outils pour comprendre ce phénomène. Cela commence par sortir du déni, qui reste la position française classique à ce propos : on se souvient du “Il n’y a pas de racisme en France” de Maurois, durant justement ces fameuses grèves d’OS des années 1980. Si le terme de “privilège blanc” peut fissurer ce déni, il est bon à prendre.”

    https://blogs.mediapart.fr/carbure/blog/180620/sur-le-privilege-blanc/commentaires?fbclid=IwAR2QYJnmDXXsC_WHZU9dhZ9JuP7jFDRoZm7g05Ah0asMpdlU5AeO7A-Jvx0#comment-10102314

  2. Azer
    28/06/2020 à 13:47 | #2

    Pourtant le processus de racisation des prolétaires immigrés italiens à partir du XIXe, polonais entre les deux guerres, espagnols, portugais et yougoslaves après guerre, s’est progressivement interrompu?

  3. Lol
    29/06/2020 à 06:50 | #3

    De mieux en mieux.

    “La preuve en est que le racisme envers les Noirs et les Arabes en France est comme celui des Noirs américains ; rien ne semble pouvoir l’entamer, ni l’évolution des mœurs, ni l’ascension sociale d’une partie des racisés. Attribuer le caractère inaltérable de cette racisation à une “incompatibilité culturelle” des racisés eux-mêmes, par différence avec les immigrations intra-européennes, est évidemment un des facteurs de cette racisation. Ce caractère d’éternisation du rapport – qui s’attache au corps même des individus et pas à un statut social, est un des signes distinctifs de la racisation, qui pour le coup est de même nature en France qu’aux EU.”

    Affirmation ridicule, fausse et contradictoire (comme le relève Azer). Carbure aura bien du mal à prouver sa “preuve”.

    “Cela commence par sortir du déni, qui reste la position française classique à ce propos”

    C’est beau comme du Despentes. L’autoflagellation de la petite-bourgeoisie blanche progressiste.

    Peut-on savoir en quoi cela fait avancer les réflexions sur la « communisation » de défendre la légitimité d’une expression confuse et libérale – le « privilège blanc » – qui en France n’est poussée que par une sphère universitaro-militante biberonnée au postmodernisme et aux études décoloniales ? Sans parler de l’emploi du néologisme « raciser », qui n’apporte strictement rien sur le plan explicatif, mais qui doit avoir sa raison d’être dans une stratégie d’« hégémonie culturelle » au sein des départements de socios (les courants le promouvant croyant beaucoup à la « performativité » du langage).

  4. Anonyme
    29/06/2020 à 18:12 | #4

    Et en quoi, chè(e) Lol, “privilège blanc”, “racisation” vous semblent étrangers à l’avancement “des réflexions sur la communisation” ? Pourriez-vous au moins définir ces concepts que vous semblez comprendre ? Sont-ce même des concepts à vos yeux ? Ou des réalités ? Ou ni l’un ni l’autre ? Vous avez une expérience personnelle, subjective et objective de ces réalités ? Dites-nous, faites-nous rire un peu. promis, la prochaine fois, on ne prendra même pas la peine de vous répondre.

  5. Anne 0’Neem
    30/06/2020 à 13:10 | #5

    Aux anonymes qui postent des commentaires, s’il vous plait, prenez un “nom de plume” pour vous différencier, je ne m’y retrouve plus !

  6. Lol
    01/07/2020 à 06:54 | #6

    @Anonyme

    “Et en quoi, chè(e) Lol, “privilège blanc”, “racisation” vous semblent étrangers à l’avancement “des réflexions sur la communisation” ?”
    Les réflexions sur la communisation peuvent parler de ces concepts, du moment que c’est pour faire la critique de ce qu’ils sont : des gadgets réactionnaires. Bonus : le mot racialisation faisait déjà bien le taf. Mais bon, selon certains sociologues, son problème c’est qu’il ne décrit pas assez le racisme qui ne repose pas sur des races. Du coup il fallu inventer “racisation” plutôt que d’admettre qu’il ne s’agissait pas de racisme.

    “Pourriez-vous au moins définir ces concepts que vous semblez comprendre ?”
    C’est pas à moi de faire ton boulot.

    “Sont-ce même des concepts à vos yeux ?”
    Je crois que la question elle est déjà répondue.

    “Ou des réalités ?”
    Oui des vrais concepts.

    “Vous avez une expérience personnelle, subjective et objective de ces réalités ?”
    Oui, ces concepts polluent chaque jour un peu plus les débats.

    “Dites-nous, faites-nous rire un peu.”
    Combien tu payes ? (C’est comme ça que ça se passe sur Twitter ? Toi qui est habitué(e), dis nous donc).

    “promis, la prochaine fois, on ne prendra même pas la peine de vous répondre.”
    Ça va le melon ?

    Je crois que vous (AC n’est pas seul je crois ?) passez tellement de temps à participer au gauchisme universitaire de Twitter et des blogs de hipsters arty-radicaux et à draguer les soce-dem des blogs Mediapart (!), que vous ne vous rendez même pas compte de la nullité de ce que vous racontez.

  7. William
    01/07/2020 à 08:02 | #7

    Concernant les migrants italiens en France, il était évident à partir du XIXe que l“incompatibilité culturelle” était trop forte pour qu’ils soient assimilables. Leur religion (trop fort catholicisme) était un obstacle majeur. A l’époque, en France, cela suffisait pour expliquer les pogroms qu’ils subissaient. L’italophobie a existé en France jusque dans les années 1950. Aujourd’hui elle a disparu.

    Voir « Belle époque et xénophobie, Chasse à l’Italien en Vaucluse » ici https://incendo.noblogs.org/post/2017/03/07/migrants-italiens-en-vaucluse/

  8. Anonyme
    01/07/2020 à 20:38 | #8

    Lol

    Votre réponse la plus significative est donc celle-là, celle qui était prévisible :

    “Vous avez une expérience personnelle, subjective et objective de ces réalités ?”

    “Oui, ces concepts polluent chaque jour un peu plus les débats.”

    La seule expérience que vous avez du racisme, c’est la “pollution” d’un “débat”.
    Très bien. Vous, on voit que avez l’air de régler les problèmes sans les affronter ( en ne les situant que dans des champs purement théoriques ). C’est un privilège. Que vous y restiez attaché, c’est ce que vous exprimez.

    Ensuite, dans le plus pur style alt-right mainstream, vos petites piques pas cools du tout :

    1) l’argument d’extrême-droite d’un supposé ethno-masochisme des blancs ( auto-flagellation de la petite-bourgeoisie progressiste ),

    2) la nature socialement centrée, voire corporatiste, du concept, du fait du carriérisme académique pour en déduire sa nullité opérationnelle.

    Tout cela démontre que votre relation aux violences racistes, physiques et symboliques ( toujours liées ), au processus de racisation, est totalement étrangère à ce qu’elles impliquent pour les racisés in concreto.
    Par conséquent, vous exprimez une étrangeté sociale à la question, non une réfutation.

    Votre approche du concept est désincarnée, non pratique, abstraite. Du coup, vous auriez tout à fait votre place dans les querelles académiques. Je le répète, c’est un privilège que de pouvoir discuter et disputer sur des questions dont on ignore tout, personnellement. Vous bénéficiez d’un sérieux appui, celui d’une grande partie de la société française et de son universalisme abstrait. Votre position à un certain avenir.

    Aussi imparfaits soient-ils, les outils existants permettent au moins d’alimenter ( imparfaitement ) et de lier ( provisoirement ) de nouvelles subjectivités politiques issues des luttes, ce qui, manifestement, vous indiffère totalement ( encore une fois parce que vous êtes très loin d’être concerné ).

    On pourrait discuter de la validité d’un concept en relation avec la vie quotidienne, des luttes, des mouvements d’idées, exprimant des besoins, revendications, des situations, etc. Vous ne posez même pas l’existence de ce le lien. Pour vous il n’existe tout simplement pas, ni subjectivement ni objectivement.

    Il est très prétentieux de prétendre déterminer la validité d’une réalité matérielle quand on va jusqu’à rabattre l’expérience du racisation dans des questions purement scolastiques.

  9. Lol
    02/07/2020 à 09:36 | #9

    @Anonyme

    Tu n’as tellement rien, que tu extrapoles sur du vide et tente une pathétique réduction ad hitlerum ?

    Critiquer vos concepts à la noix ne signifie évidemment pas qu’on nie l’existence de discriminations variées comme, par exemple, la xénophobie, l’antisémitisme, ou encore le racisme pour ce qu’il en reste (le seul, le vrai, celui qui croie aux races).

    Par contre, c’est amusant de noter que, lorsque vous martelez votre grille lexicale inepte, c’est de la finesse d’analyse (malgré les imperfections, blabla), mais quand on la critique, ça devient du pinaillage et de la scolastique. C’est pratique comme argument.

    Même remarque quand tu fais passer la critique d’un concept comme la « racisation » pour de l’académisme alors que c’est justement un pur produit académiste qui sert une offensive universitaire sur les luttes sociales. Niveau rhétorique crapuleuse, tu es fort.

    Et enfin, oui, tout ce que tu as à vendre c’est de la moraline petit-bourgeoise. Ça se voit à votre reprise du discours sur les « privilèges », les « concernés », etc. Ça se voit aussi par votre tendance répétée à prendre certains petits cadres militants pour l’incarnation légitime des « quartiers populaires » (cf. Comité Adama & GJ, organisations derrière la « Manif des mamans », etc.). Résultat, vous faites juste du gauchisme prétentieux.

  10. privilège de quoi?
    08/07/2020 à 16:59 | #10

    C’est quand même nul qu’on soit tombé si bas au point que même dans les dialogues autours de la communisation l’argument d’autorité pour clore le débat devienne celui de la parole des “premiers concernés”. Je vois pas en quoi ce serait un argument d’autorité. Ce concept est un racket politique qui arrange bien quelques bourgeois. Marx n’était pas ouvrier à ce que je sache et je ne crois pas que l’auteur de Carbure soit particulièrement victime de racisme donc selon cette logique il devrait pas trop l’ouvrir sur le sujet…
    Je ne vois pas le sens de dire en tant que noir à mes collègue ouvriers blancs qu’ils sont privilégiés. C’est stupide mais surtout cela n’offre aucune perspective politique. Vous entendez monter un mouvement qui reposerait sur la culpabilité de millions de personnes? Ce serait du jamais vu dans l’histoire…
    Je ne situe pas tous les enjeux qu’il peut exister dans la sphère académique, surement beaucoup, mais au niveau de la lutte de tous les jours contre le racisme je ne voit dans ces concepts et leur utilisation qu’un nouveau réformisme (que certains utilisent pour se rapprocher des “quartiers populaires” comme les maos d’une autre époque) et c’est plutôt ça qui me chagrine. “Racisé” ou “privilégié”, en présentant les choses comme ça la seule issue est celle effectivement choisie par l’état américain pour y répondre : le droit, les discriminations positives.
    Que ce soit l’objectif de beaucoup je n’en doute pas mais des révolutionnaires…
    L’intersectionnalité de manière générale a toujours été pensé dans le but de constituer des cadres juridique. Il s’agit paradoxalement de renforcer l’Etat je pense.
    Peut-être n’ai-je pas tout saisi aux nuances des différents auteurs. Je parle juste de ce que j’y vois dans les luttes où je participe.
    Cordialement

  11. Nononyme
    10/07/2020 à 00:46 | #11

    La race n’existe pas… Le racisme existe comme dispositif de division du prolétariat.
    Être blanc n’est pas un privilège mais une contrainte à la stratification et à la hiérarchie… On ne choisit pas d’être blanc comme d’autres choisissent d’aller à l’université pour acquérir le privilège du savoir… Alors à quoi peut bien servir la tactique morale de culpabilisation par l’identité de race sinon d’alimenter ce qu’elle chercherait à combattre : le racisme qui divise le prolétariat.

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