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Archives pour la catégorie ‘Du coté de la théorie/Around theory’

Blog DDT21 : « La fin du début ? Covid, passe sanitaire et critique radicale »

04/04/2022 un commentaire

Le blog ddt21 publie un nouvel article de Tristan Leoni et Céline Alkamar

« La fin du début ? Covid, passe sanitaire et critique radicale »

« Il est plus méritoire de découvrir le mystère dans la lumière que dans l’ombre. »

Marie Lowitska, Maintenant, 1915

Un monde où chaque jour, à de multiples reprises, il est nécessaire de scanner un petit objet à l’entrée d’un bar, d’une boutique, d’une bibliothèque, d’une rue, juste pour vérifier que, en fonction de divers critères, nous avons bien le droit d’y pénétrer… Accepté, ou refusé. Pour notre bien, notre bien-être, notre santé, notre sérénité… Un monde où, si l’État veille et surveille, chaque citoyen est aussi auxiliaire de police. Tel est le cadre d’une dystopie décrite par l’écrivain Ira Levin en 1970, Un bonheur insoutenable ; pas de lutte des classes à l’horizon, et pourtant… Mais qu’en est-il en France en ce début de nouveau siècle ? Lire la suite…

Hic Salta communisation : « Accouchement difficile – Épisode 4 : L’inflation, ultime tentative de sauvetage du statu quo ? »

04/04/2022 Aucun commentaire

Un nouvel épisode de la série des camarades de Hic Salta communisation

« Accouchement difficile – Épisode 4 : L’inflation, ultime tentative de sauvetage du statu quo ? »

Il y a un an (avril 2021), nous avions conclu le troisième épisode de notre feuilleton sur la crise-Covid avec des projections sur les scénarios envisageables pour le développement ultérieur de cette crise. Parmi ces scénarios, il y avait celui de « l’inflation qui revient ». Nous écrivions :

« Si elle [l’inflation, ndr] est trop forte, elle remettra en cause les équilibres du statu quo et enclenchera une dévalorisation massive du capital réel et fictif. »

Aujourd’hui le retour de l’inflation ne fait plus de doute, même s’il y a débat pour savoir combien de temps cela va durer. Dans cet épisode, il s’agira non seulement d’analyser ses causes profondes, mais également d’en saisir les implications, notamment du point de vue de la dévalorisation massive (et de la crise sociale concomitante) que nous envisagions. L’inflation actuelle est-elle susceptible d’entraîner une décongélation/aggravation de la crise, contrariant la trajectoire de sortie de la récession ? Est-elle porteuse d’une reprise d’envergure des luttes sur les lieux de travail, seul déclencheur possible de la restructuration majeure dont le capital semble avoir tant besoin aujourd’hui ? Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre sur la base des éléments structurels qui, au-delà de ses facteurs les plus immédiats et superficiels, provoquent l’inflation actuelle : la baisse brutale du taux de profit et la crise de la péréquation baisée du taux de profit. Lire la suite…

“Ukraine 2022”

24/03/2022 6 commentaires

Traducción al español a continuación del texto. dndf

« La chute du régime soviétique amènerait infailliblement celle de l’économie planifiée et, dès lors, la liquidation de la propriété étatisée. Le lien obligé entre les trusts et entre les usines au sein des trusts se romprait. Les entreprises les plus favorisées seraient livrées à elles-mêmes. Elles pourraient devenir des sociétés par actions ou adopter toute autre forme transitoire de propriété telles que la participation des ouvriers aux bénéfices. Les kolkhozes se désagrègeraient en même temps et plus facilement. La chute de la dictature bureaucratique actuelle sans son remplacement par un nouveau pouvoir socialiste annoncerait ainsi le retour au système capitaliste avec une baisse catastrophique de l’économie et de la culture. »

(Trotski, La révolution trahie, éd. Grasset 1936, p.283 – traduction Victor Serge).

Ukraine 2022

            L’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas une guerre mondiale, mais c’est une guerre au niveau mondial.

Dans la crise, la restructuration est en panne

Chaque phase du mode de production capitaliste inclut sa mise en forme militaire, le rapport d’exploitation comme lutte des classes est tout autant économique que politique et militaire. Dans la subsomption réelle du travail sous le capital, toutes les guerres opposent non seulement deux ennemis poursuivant des buts antagoniques, mais surtout deux ennemis constitués et construits par la polarisation d’une même contradiction, chacun en représentant un pôle et chacun ayant en lui-même l’existence et la nécessité de l’autre. Lire la suite…

Blog DDT21 : « Covid, crise et résilience capitalistes »

20/03/2022 un commentaire

 

Dernier texte mis en ligne sur DDT21

« Covid, crise et résilience capitalistes »

En 1919, la grippe dite espagnole, qui entre 1918 et 1921 tua entre 20 et 50 millions de personnes, tenaient peu de place dans les débats des délégués venus du monde entier pour préparer ce qui allait devenir le Traité de Versailles. Début 2022, on approche de 5,8 millions de morts du Covid. Les pandémies d’autrefois pouvaient être plus graves (le sida a fait 33 millions de victimes), mais leurs effets sur la politique mondiale étaient nettement moindres: il a fallu le développement capitaliste au cours du XXe siècle pour unifier véritablement la planète.

En 2020, pendant quelques semaines, voire davantage, 3 milliards d’adultes se sont trouvés oisifs ou en télé-travail, et 1,6 milliard de jeunes ont vu leur scolarité interrompue. Plutôt que de lockdown (confinement), l’historien Adam Tooze préfère parler de shutdown (arrêt, ou coupure) : dès la fin février, avant les mesures gouvernementales, la circulation des capitaux avait ralenti, on enregistrait un choc financier, une chute boursière, une baisse des investissements, et la fermeture d’entreprises ou leur passage au temps partiel. Selon Tooze, le lockdown étatique aurait moins précédé que suivi le shutdown économique. En tout cas, la contraction mondiale du commerce et de la production a été plus rapide qu’au lendemain du krach de 1929. Lire la suite…

Revue Chuang : « La question chinoise »

09/03/2022 2 commentaires

Traduction d’une nouvelle série publiée sur le blog de la revue Chuang

« La question chinoise »

« Lorsque l’on parle d'”économie”, il est depuis longtemps nécessaire d’acquérir au moins une connaissance de base de la Chine. Ces dernières années, cela est devenu de plus en plus inévitable. Aujourd’hui, il n’est pas exagéré de dire que presque aucune conversation politique ne peut avoir lieu sans qu’il soit nécessaire de “peser” sur ce que nous appelons la “question chinoise” – qui est en fait une série de questions relatives au caractère actuel de l’État chinois, aux luttes sociales qui existent dans le pays, aux perspectives de l’économie chinoise, au déclin supposé de l’hégémonie américaine, au rôle des investissements chinois dans les pays pauvres, à l’impact que tout cela aura sur l’environnement, etc. Ce phénomène est particulièrement visible dans les médias, où un certain genre de « sino-futurisme » sombre, basé sur la manie du click, s’est imposé. Ici, les tropes orientalistes classiques du “péril jaune” sont reformatés en mythes d’un État totalitaire omnipotent cherchant à coloniser le monde avec ses industries d’État suralimentées et sa population massive, lavée au cerveau dans un nationalisme irréfléchi. Vous êtes probablement familier avec le genre. Lire la suite…

Ukraine « Il n’y a pas de « on » 

06/03/2022 Comments off

Trouvé sur le FB de AC, dndf

« Il n’y a pas de « on »

 « A l’usage de ceux qui se réjouissent des sanctions économiques prises contre la Russie, il est peut-être bon de rappeler que l’inflation et la récession, si elles peuvent éventuellement « augmenter le mécontentement populaire » et affaiblir le pouvoir en place, ont pour première conséquence de rendre plus cher et donc de diminuer ce qu’il y a dans le fameux « panier de la ménagère », et ce d’abord chez tous ceux dont la première préoccupation n’est pas de sauvegarder leurs économies, mais de manger tous les jours, qu’ils soient Ukrainiens ou Russes. Et desquels on va attendre, en plus de ça, qu’ils descendent dans la rue pour faire le ménage politique, ça commence à faire de grosses journées pour les bons « peuples ».

La guerre économique tue aussi, un peu plus lentement que les bombes, mais tout aussi sûrement. L’économie, d’ailleurs, contrairement aux chars d’assaut, n’a même pas besoin de la guerre pour tuer, cela aussi est bon à rappeler. 

Quoi qu’il en soit, d’accord a minima pour dire « Non à la guerre », mais alors à toutes les guerres, et en étant d’abord avec ceux qui les subissent au premier chef, de tous les côtés de toutes les frontières. Et s’il faut finalement prendre les armes, que ça ne soit jamais au nom d’un drapeau.

Mais je ne vois pas en quoi nous serions, comme prolétaires, ou disons sujets du capital, et/ou a fortiori comme communistes, en devoir de chercher ou choisir une « alternative satisfaisante » à cette lutte entre l’aire européenne d’accumulation, ses règles douanières et ses accords commerciaux sous domination franco-allemande et l’aire d’accumulation eurasiatique sous domination russe. Il n’y a pas de « contre-pouvoir » au niveau des Etats, que du pouvoir, ou alors on pense que la police est là pour nous protéger, c’est la même logique. C’est leurs affaires, leurs bombes, leurs capitaux, on se les prend en travers de la gueule sous formes de bombes ou de restrictions, prolétaires ukrainiens, russes, et demain (allez, aujourd’hui) si le prix du gaz explose encore plus, et celui des denrées de base avec, prolétaires français, allemands, etc. On nous gave en ce moment H24 avec des problèmes géopolitiques qui ne sont pas les nôtres, et CA précisément c’est le nationalisme, et c’est le pourquoi du nationalisme et de la propagande dans toutes les guerres : faire qu’on pense comme si on était du côté du manche. Le problème des prolétaires ukrainiens, ce n’est pas la Russie et l’agression russe, mais leur gouvernement et leur bourgeoisie, et le fait d’être pris au centre d’une guerre économique pour savoir par qui et comment ils vont être exploités, toute autre logique ne conduit qu’à la justification du nationalisme et de toutes les guerres capitalistes.

La question n’est pas « on fait quoi face à l’agression russe », on n’a pas à répondre à cette question parce qu’elle ne nous est pas posée mais imposée, par les Russes, par l’Europe, par l’Etat ukrainien, c’est-à-dire au bout du compte par le capital. Il n’y a pas de « on ». Les réponses ne nous appartiennent pas plus que les questions une fois qu’on est entrés dans cette logique. Il faudrait trouver nos propres questions avant d’être débordés par celles des autres, et ça ça serait vraiment urgent. Ca n’est pas gagné, on dirait.”

Autour de “En guerre(s) pour l’Algérie”

02/03/2022 Aucun commentaire

Un camarade témoigne

La chaine ARTE présente, les 1° et 2 mars 2022, une série de reportages et d’entretiens sur les mémoires diverses de la guerre d’Algérie, « En guerre(s) pour l’Algérie ».

Comme dans tout reportage, le montage a sélectionné tel ou tel moment des témoignages des participant(e)s, au grè de la pertinence jugée par les réalisateurs.trices. L’INA propose sur son site l’intégralité de ces témoignages.

Il se trouve que parmi ces témoins se trouve un de nos camarades dont le parcours complètement atypique et exceptionnel peut intéresser beaucoup de monde autour de nous….
Stive, pied noir de Tunisie, puis engagé volontaire, parachutiste, embarqué dans la guerre d’Algérie, devient mercenaire sur divers théâtre de guerres sales dans le monde. Au début des années 70, devenu salarié, il change de vie et milite à l’extrême gauche. En 90 il rompt avec le gauchisme et rejoint les gauches communistes, avec un regard critique acéré sur ses engagements passés.

Il est aujourd’hui un compagnon de route de la revue « Théorie Communiste » et de dndf. Son témoignage est passionnant, tant sur un plan historique que personnel. Vous le trouverez ici en intégralité.

https://entretiens.ina.fr/guerres-algerie/Stive-Modica/stive-modica

« De la Révolution iranienne à la République islamique. Une analyse marxienne de l’Iran de 1979 à nos jours »

12/02/2022 Comments off

Emission radio en deux parties

Une émission d’analyse marxienne de l’Iran de la Révolution de 1979 à la révolte de 2019 en passant par l’édification et les transformations successives de la République islamique à partir de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de l’ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979.

« Un rappel historique de la genèse de la révolution iranienne de 1979 ;

Une histoire des contestations ouvrières, marxistes, étudiantes et islamistes en Iran dans les années 1970 ;

Une histoire de la Révolution iranienne ;

Une présentation du mouvement de 1978-79 des “shuras”, conseils (notamment ouvriers), de leur auto-organisation horizontale et de leur idéologie initialement autogestionnaire de gauche mais progressivement “islamisée”…

Une analyse du “Thermidor” de la révolution iranienne (1980-1989), entre instauration du régime, populisme “anti-impérialiste” et répression du mouvement des femmes, du prolétariat en grève, des forces de gauche, du mouvement étudiant et des Kurdes…

Une conclusion au sujet des conditions de possibilité et des orientations possibles d’une révolution en Iran. »

http://sortirducapitalisme.fr/emissions/334-de-la-revolution-iranienne-a-la-republique-islamique-une-analyse-marxienne-de-l-iran-de-1979-a-nos-jours

« L’Iran entre deux révolutions. Aux origines de la révolution iranienne de 1979 »

02/02/2022 Aucun commentaire

Emission radio en quatre parties

« Un épisode qui revient aux origines de la révolution iranienne de 1979 par une histoire marxiste de l’Iran moderne, de sa révolution constitutionnelle de 1906 à celle de 1979, à partir de Iran between two revolutions (Princeton University Press, 1982) de Ervand Abrahamian et de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de ce dernier ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979. »

http://sortirducapitalisme.fr/emissions/333-l-iran-entre-deux-revolutions-aux-origines-de-la-revolution-iranienne-de-1979

« Théorie Communiste » en castillan

25/01/2022 Aucun commentaire

Notre camarade Fédérico Corriente nous a fait parvenir la traduction en castillan d’un texte de Théorie Communiste, « La révolution prolétarienne » (dans “Histoire critique de l’ultragauche” chez Senonevero/Entremonde) et un texte de F. Danel, « La production de la rupture » (dans “Rupture dans la théorie de la révolution” chez Senonevero/Entremonde).

LA REVOLUCIÓN PROLETARIA

(1848–1914)

Historia, contradicciones e imposibilidad

de la afirmación del trabajo

Este texto, extraído, con algunas modificaciones, del número 12 (febrero de 1995) de la revista Théorie Communiste, presenta la problemática práctica y teórica que se planteó durante el largo período que precedió a la oleada revolucionaria de 1917-1923, en el transcurso del cual aparecieron las Izquierdas y las teorías llamadas de ultraizquierda. La presentación de esta problemática nos ha parecido necesaria para comprender a qué retos e impasses intentaron responder las Izquierdas y qué intentaron superar. Lire la suite…

« La réalité du déni et le déni de la réalité »

23/01/2022 13 commentaires

Une camarade nous a fait parvenir la traduction d’un texte publié à l’origine sur le site « A Contrary Little Quail » 

La réalité du déni et le déni de la réalité

Anthithesi/Cognord

Septembre 2021

Ce texte a été écrit et publié en grec au mois de septembre 2021. Il se voulait une intervention polémique dans un débat autour des questions que posent le virus Sars-CoV-2, les mesures et les outils mis en œuvre pour le contrer et l’autoritarisme du gouvernement grec. Ce qui nous a en premier lieu poussés à écrire ce texte est la surprise (et la tristesse) que nous avons ressentie en constatant que beaucoup de nos camarades et amis du milieu « radical » avaient adopté une approche négationniste de la pandémie, et que bon nombre d’entre eux ont lentement mais sûrement sombré dans des raisonnements complotistes et des absurdités inconcevables. Dans ce texte, nous avons donc essayé non seulement de critiquer et de dénoncer les irrationalités de cette espèce, mais aussi de comprendre les différents ressorts d’une telle régression. C’est pourquoi, si ce texte tente d’expliquer ce que la pandémie du covid (et sa gestion) nous révèle du capitalisme et de l’Etat aujourd’hui, il s’interroge également sur la question complexe de savoir ce qu’elle nous révèle des problématiques de la période actuelle et les conditions matérielles de la réflexion et de la lutte collectives dans cette période. Lire la suite…

“Le ventre de la révolution : L’agriculture, l’énergie et l’avenir du communisme”

22/01/2022 Comments off

Nous avons reçu cette traduction d’un texte de Jasper BERNES, par les éditions “Chou blanc”. dndf

“Le ventre de la révolution : L’agriculture, l’énergie et l’avenir du
communisme”
Jasper Bernes – 2018

“À l’époque où les membres de l’homme n’étaient pas tous d’accord entre
eux, comme c’est le cas aujourd’hui, mais où chacun avait ses propres
idées et sa propre voix, les autres parties trouvaient injuste qu’elles
aient le souci, la peine et le travail de tout fournir au ventre, tandis
que le ventre restait tranquillement au milieu d’elles sans rien faire
d’autre que de jouir des bonnes choses qu’elles lui accordaient ; elles
conspirèrent donc ensemble pour que les mains ne portent pas de
nourriture à la bouche, que la bouche n’accepte rien de ce qu’on lui
donne, et que les dents ne broient ce qu’elles reçoivent. Tandis qu’ils
cherchaient dans cet esprit de colère à affamer le ventre pour le
soumettre, les membres eux-mêmes et tout le corps étaient réduits à la
plus grande faiblesse. Il était donc clair que même le ventre n’avait
pas de tâche inutile à accomplir, et qu’il n’était pas plus nourri qu’il
ne nourrissait le reste, en distribuant à toutes les parties du corps ce
qui nous fait vivre et prospérer, lorsqu’il a été divisé également entre
les veines et qu’il est enrichi de nourriture digérée – c’est-à-dire le
sang”

Le pdf:

Le ventre de la révolution L’agriculture, l’énergie et l’avenir du communisme – Jasper Bernes

L’orage se fait attendre : « Prévisions économiques (marxiennes) pour 2022 »

16/01/2022 un commentaire

« Prévisions économiques (marxiennes) pour 2022 »

Nous publions ici une traduction rapide d’un article de l’économiste marxiste Michael Roberts publié sur son blog « The Next Recession » le 1er janvier 2022 sous le titre : Forecast for 2022. Certaines analyses et prévisions de ce chercheur en économie dont nous avons déjà traduit plusieurs billets sur ce blog, font largement écho à ce que nous avons pu écrire lors de notre série Karl Marx à Wall Street tout en précisant le rôle et la place de la prévision dans l’économie marxiste.

https://lorage.org/2022/01/08/previsions-economiques-marxiennes-pour-2022/

Réponse de Temps Libre à Astarian et Ferro – Deuxième partie

27/12/2021 Aucun commentaire

Deuxième partie – Sur la classe moyenne

Classe moyenne salariée et classe moyenne

La source sur leur site

Astarian et Ferro sont insatisfaits de notre définition « négative » de la classe moyenne, ils aimeraient que nous fassions comme eux, c’est-à-dire que nous ne parlions ni de la production indépendante, ni du petit commerce, ni des professions libérales, ni de la police, ni de l’armée, ni du reste de la fonction publique qui n’est pas sursalariée pour qu’on puisse, tous et toutes ensemble, s’entendre sur un critère simple et facile, « positif », pour définir la « troisième classe » de leur ménage à trois, à savoir le fait de recevoir un sursalaire. Prolétaires, capitalistes et sursalarié·e·s – voilà les seuls agents qui, à les lire, peuplent ce bas monde.

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Réponse de Temps Libre à Astarian et Ferro – Première partie

21/12/2021 un commentaire

Nous publions ici la première partie de la réponse de la revue Temps Libre aux critiques qu’en ont fait Astarian et Ferro.
Le texte source, sur le site de Temps Libre

Astarian, Ferro et critiques improductives :

Sur quelques objections lancées à Temps Libre n. 2

Paru à l’hiver 2021, le second numéro de la revue Temps Libre consacrait une sous-section à la critique de la théorie des classes développée par Astarian et Ferro. Dans une réponse assez substantielle publiée en septembre de la même année, les deux auteurs combinent une défense de leur propre théorie avec des critiques de l’ensemble de notre revue. Bien qu’ils nous reconnaissent le « mérite d’avoir approfondi l’analyse des différentes activités qu’exerce la classe moyenne salariés (sic) pour justifier son sursalaire[1] » – ce qui constitue en soi une critique importante du concept d’encadrement sur lequel se construit toute leur théorie de la classe moyenne –, ils s’efforcent de montrer l’inintérêt de notre contribution. Si certaines de leurs remarques commandent des précisions fécondes, une bonne partie d’entre elles repose sur une lecture tronquée qui nous forcera, malheureusement pour le lectorat attentif, à répéter parfois presque tel quel des arguments déjà présents dans notre revue.

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« The American Revolution – A propos du mouvement Black Lives Matter »

16/12/2021 un commentaire

Sur le blog « Agitations »

« The American Revolution – A propos du mouvement Black Lives Matter »

« À la suite du texte de Tobi Haslett que nous avions traduit ici, nous poursuivons notre série sur les émeutes suite au meurtre de George Floyd dans le contexte de Black Lives Matter, avec une analyse (article original) basée sur une relecture de « La Révolution américaine » de l’activiste noir James Boggs.
L’auteur montre comment la race façonne les luttes de classe aux États-Unis depuis la période de la guerre civile jusqu’au mouvement BLM, en passant par les soulèvements et grèves sauvages dans les secteurs racialisés et non qualifiés des industries automobile et métallurgique après la Seconde Guerre mondiale.
Restituant la singularité irréductible tant de la distribution spatiale que de la composition socio-raciale de cette rébellion eu égard les émeutes à Ferguson et Baltimore en 2014, Smith propose de lire cette séquence comme une « rébellion multiraciale » et ce à deux niveaux : d’une part, d’un point de vue immanent, il contient à la fois des segments noirs et blancs de la classe ouvrière appauvrie et d’autre part, d’un point de vue extérieur, la classe moyenne noire qui, depuis l’après-guerre, a fait son entrée dans les conseils municipaux et les commissariats de police – « 21 des 50 plus grandes villes américaines ont des chefs de police noirs » – a participé à la pacification intégratrice de la révolte au nom de la représentation communautaire. Son concept de « blancheur » est une articulation convaincante et non réductionniste de la domination de classe et de race. »

 lire la suite 

https://agitations.net/2021/12/06/3434/?fbclid=IwAR2JV6XJ0ZCKpNm9qG8CzAX1Eu0f9nd4w_6-HZvBHVEDbbcPPQv5XLn06PY

« À propos de lʼeffondrement catholique et de quelques autres croyances / Seconde partie »

03/12/2021 Comments off

Le blog ddt21 publie la seconde partie de l’article de Tristan Leoni consacré à la religion : « À propos de lʼeffondrement catholique et de quelques autres croyances ».

À partir de 1965, la chute du catholicisme est devenue flagrante en France ; et, depuis, chacun en scrute la trajectoire pour en percevoir les signes d’un hypothétique rebond – les catholiques pour s’en féliciter, des militants de gauche pour le dénoncer. Pourtant, si de fréquents soubresauts sont perceptibles, ils n’inversent en rien la tendance baissière séculaire dans laquelle ils s’inscrivent. Dix ans après Vatican II, les observateurs fantasment déjà sur un « tournant spirituel » et un début de redressement du catholicisme. Cela serait confirmé, en 1979, par l’élection d’un pape très conservateur et par l’audience qu’il rencontrerait auprès de la jeunesse – la fameuse « génération Jean-Paul II »1. Depuis, les vigies anticléricales sont formelles, le retour des catholiques, forcément intégristes, est incessant… LIRE LA SUITE

STOFF : « Substance du capital et lutte des classes (deuxième partie) »

09/11/2021 Comments off

« Substance du capital et lutte des classes (deuxième partie) »

Un point nous intéresse particulièrement : la question de l’émancipation. Qui nous libérera du capitalisme, et comment ?

Suite et fin de la première partie.

Nous croyons pour notre part qu’une émancipation emmenée par les couches du salariat ayant fait des études universitaires (dont nous sommes, assurément), ainsi que par leurs sous-catégories plus ou moins volontairement marginalisées, serait vite rattrapée par la brutalisation croissante des rapports sociaux. L’heure de gloire d’une petite-bourgeoisie culturelle insurgée, nous l’imaginons en effet comme un réseau d’îlots assiégés où la reproduction garderait une apparence humaine: l’alternative constitue en effet la pente naturelle de ses luttes. Ce qu’elle voit comme une émancipation fonctionnerait tout au plus comme une manœuvre dilatoire. Ou comme le dernier subterfuge du capital à visage humain, par ailleurs justement critiqué par la WK, quand toutes les autres solutions (revenu de base, salaire universel, etc.) auront montré leurs limites. Lire la suite…

revue STOFF : « Substance du capital et lutte des classes (première partie) »

28/10/2021 un commentaire

Dernier texte mis en ligne par la revue STOFF

Substance du capital et lutte des classes (première partie)

par stoff

octobre 2021

Préambule

Dans le petit champ des critiques radicales de la société existante, la critique de la valeur(Wertkritik [ci-après WK]), occupe aujourd’hui une place importante, aussi bien en Allemagne dont elle est issue qu’en France ou au Brésil. L’attrait qu’elle a pu exercer découle d’une certaine conjoncture historique où l’horizon des luttes de classe semblait s’effacer de la carte politique. Mais au lieu de considérer la théorie comme un simple refuge d’une avant-garde désemparée, la Wertkritik se distingue par le rôle décisif qu’elle lui accorde, comme seul moyen d’éclairer les consciences pour initier des luttes enfin révolutionnaires. Maintenant que les luttes sont revenues, mais dans le sens malheureux d’une « critique tronquée » du capital, il s’agirait au moins de pouvoir les réorienter dans le droit chemin par la diffusion d’une théorie vraie.

Lire la suite…

DDT21 : « À propos de lʼeffondrement catholique et de quelques autres croyances ».

09/10/2021 Aucun commentaire

« À propos de lʼeffondrement catholique et de quelques autres croyances ».

Étrange, exotique…

La France davant 1965 en aurait bien lair pour ceux qui ne lʼont pas connue et, en particulier, pour ceux nés au XXIsiècle. Cʼest notamment le cas si lʼon observe le rapport quʼy entretenait la population avec la religion, plus exactement avec cette religion alors dominante, mais aujourdʼhui fort méconnue : le catholicisme. Lʼannée 1965 nʼest pas choisie au hasard, cʼest un moment charnière dans bien des domaines pour la société française – historiens et chercheurs en conviennent – ; elle est aussi associée à lʼun des événements majeurs de lʼhistoire de l’Église ainsi quʼau début dʼun brutal décrochage de la pratique religieuse en Europe de lʼOuest. Comment sʼexplique ce phénomène et pourquoi a-t-il été si profond dans ce pays, la France, autrefois désigné comme Fille aînée de l’Église ? Et quʼen est-il en ce début de XXIsiècle, qui semble quant à lui marqué par un retour du religieux ?

 LIRE LA SUITE.

Hic-Salta communisation : Travail productif, question féminine et autres problèmes fâcheux. Réponse à «Temps Libre»

19/09/2021 Aucun commentaire

Travail productif, question féminine et autres problèmes fâcheux. Réponse à «Temps Libre»

La revue québécoise « Temps Libre » (TL) consacre son numéro deux à la question de l’analyse de classe. Dans ce cadre, elle consacre toute une section à notre livre Le Ménage à trois de la lutte de classe (Éd. L’Asymétrie, 2019). Après quelques brefs compliments, TL s’efforce de montrer que notre théorie de la classe moyenne n’est pas correcte. Voyons ce qu’il en est. Lire la suite…

A paraître « Épidémies et rapports sociaux » Editions de l’Asymétrie

11/09/2021 Comments off

Parution (date définitive) :  29 octobre 2021

Les séculaires questions « Que fait l’épidémie à la société ? Et que fait la société face à l’épidémie? » sont malheureusement redevenues d’une actualité brulante. Cette anthologie d’articles et de chapitres d’ouvrages, pour leur très grande partie inédits en français, portant sur un large spectre de pays et d’époques, soulignera la densité du problème et la richesse de la recherche sur ce pan encore trop négligé de l’histoire sociale.

SOMMAIRE

I Lèpre, exclusion et persécution

II Peste et contrôle social

III Variole et conquête

IV Choléra et révolte

V Tuberculose et exploitation

VI Syphilis et ordre moral

VII Fièvre jaune et différentiels d’immunité et de mortalité

VIII Paludisme et mobilisation

IX Grippe espagnole et patriarcat

X Sida et nouveaux activismes

« L’état de la peste »

02/09/2021 un commentaire

« L’état de la peste »

Traduction d’un article publié dans la revue « Brooklyn Rail »

Chuang est un collectif communiste international qui publie une revue éponyme et un blog. Leur contenu comprend des interviews, des traductions et des articles originaux sur l’ascension de la Chine à travers les décombres de l’histoire et les luttes de ceux qui y sont entraînés. Grâce à des années de recherche sur le terrain, le collectif a développé une analyse communiste incisive qui met l’accent sur les dimensions globales de l’expérience chinoise, sans être obscurcie par les débats du 20e siècle et soutenue par une attention constante aux conditions changeantes de la lutte prolétarienne en Chine et au-delà. Dans leurs interventions théoriques pertinentes et dans les ouvertures sur la vie quotidienne, visibles sur leur blog, le collectif a toujours mis l’accent sur les leçons pratiques pour les nombreuses batailles menées par les prolétaires à travers le monde aujourd’hui et dans un avenir proche.Pour ce numéro du Brooklyn Rail, Aminda Smith et Fabio Lanza ont interviewé Chuang à propos de leur premier livre, « Social Contagion and Other Material on Microbiological Class War in China », qui sortira en octobre dans le cadre d’une série de nouveaux titres de la maison d’édition historique Charles H. Kerr Publishing Company.
Lire la suite…

« À paraître le 10 Septembre 2021, à la rentrée ! »

29/08/2021 Aucun commentaire

Traduit de l’anglais par Léa Nicolas-Teboul

La pandémie de coronavirus, loin d’être un événement isolé, s’inscrit dans une série qui a toutes les chances de se poursuivre. D’un côté, l’élevage industriel, la déforestation massive et l’industrie du fast-food créent les conditions idéales pour la transmission inter-espèces de nouveaux virus. De l’autre côté, les systèmes de santé font les frais de plusieurs décennies de coupes budgétaires. En replaçant la pandémie de Covid-19 dans le contexte des catastrophes virales antérieures, notamment de la grippe espagnole et de la grippe aviaire H5N1, Mike Davis retrace les manquements des gouvernements, expose les effets de la restructuration néolibérale sur les risques épidémiques, et montre comment l’appât du gain freine la recherche et la prévention. Le monstre est parmi nous constitue un excellent ouvrage pour comprendre les racines de la pandémie actuelle et de celles à venir.

Mike DAVIS est ethnologue, sociologue et historien. Il débuta comme ouvrier des abattoirs, puis entreprit des études et s’intéressa au marxisme. Il a pu aborder de nombreux sujets, et notamment la lutte des classes à travers l’étude des problèmes fonciers de Los Angeles, le développement des bidonvilles et la militarisation de la vie sociale à travers les mesures sécuritaires. Il est actuellement professeur d’histoire à l’université de Californie à Irvine, membre du comité de rédaction de la New Left Review et collaborateur de la Socialist review, revue du Socialist Workers Party anglais. Auteur de nombreux ouvrages dont City of Quartz: Los Angeles, capitale du futur chez La Découverte, Petite Histoire de la voiture piégée chez Zones, ou encore Au-delà de Blade Runner : Los Angeles et l’imagination du désastre chez Allia.

« Le stalinisme de la canne à sucre »

18/07/2021 un commentaire

« Capitalisme d’État et développement à Cuba »

Le dimanche 11 de ce mois, une vague de protestations a débuté dans différentes villes cubaines. L’appauvrissement général, le manque de vaccins, les pannes d’électricité constantes, la situation sanitaire et la gestion par le gouvernement de la pandémie de coronavirus sont quelques-uns des facteurs les plus visibles à l’origine de ces journées de manifestations. Les secteurs de droite, surtout en dehors de l’île des Caraïbes, se précipitent pour tenter d’hégémoniser le mécontentement. Une grande partie de la gauche, pour sa part, soit condamne les masses qui sont descendues dans la rue, achetant en fait la version de droite, soit aussi, plus ou moins timidement, appelle à “plus de démocratie” et à une plus grande libéralisation de l’économie. Mais ce qui se passe à Cuba n’est pas étranger à la scène mondiale. Les révoltes sociales surgissent partout, car ce sont les conditions de vie imposées par la société capitaliste qui sont contestées par ces mouvements. Et, bien sûr, Cuba est aussi capitaliste que n’importe quelle région du monde. Lire la suite…

DDT 21 « Écologie / 08 / Cause perdue ? »

28/06/2021 Aucun commentaire

Écologie / 08 / Cause perdue ?

Un militant syndicaliste espagnol disait en 1922 : « si seulement nous avions pu nous emparer des moyens de production lorsque le système était jeune et faible, nous aurions pu le développer lentement à notre avantage, en faisant de la machine l’esclave de l’homme. Chaque jour que nous attendons rend les choses plus difficiles. »

Cent ans ont passé. Sans inversion à bref délai des tendances actuelles, l’augmentation moyenne des températures dépassera 2° au cours de notre siècle, les conséquences en seront catastrophiques, et les gouvernants y répondront par un mélange de déni, de réforme dérisoire et de répression aggravée. Serait-il déjà trop tard ? LIRE LA SUITE

« Dérives et embardées, l’écart intraduisible » Jasper Bernes

16/06/2021 Aucun commentaire

Traduction du dernier texte de la série sur la communisation de Jasper Bernes portant cette fois sur « la théorie de l’écart » développée par la revue « Théorie Communiste » dans son numéro 20 .

« Dérives et embardées, l’écart intraduisible »

Dans le sixième chapitre de cette série, j’ai abordé la notion d’écart de Théorie Communiste, la déviation (ou la faille) au sein de l’action de classe, et j’ai tenté d’en faire ma propre élaboration. La théorie de l’écart, on s’en souvient, tente de s’attaquer à l’insuffisance de l’auto-organisation en tant que telle. “L’auto-organisation est le premier acte de la révolution , la suite s’effectue contre elle” Concept véritablement dialectique, l’écart est à la fois la forme de ce dépassement et la faille, ou la brèche, qui doit être colmatée par celui-ci. Cette faille-écart, cette faille diagonale ou latérale, ai-je suggéré, pourrait être considérée comme l’autre organisation de l’auto-organisation, ou ce qui revient au même, l’auto-organisation de l’auto-organisation. En un mot, la théorie de la « déviation » révèle que le soi de l’auto-organisation est problématique, lié aux notions de droit, de propriété et d’appartenance qui sous-tendent le mouvement communiste mais que le mouvement du communisme devra défaire. Lire la suite…

« Le « populisme » des gilets jaunes, expression actuelle de la lutte des classes ? » Sortir du capitalisme

30/05/2021 Aucun commentaire

Une émission autour du « populisme » des gilets jaunes, et plus généralement du populisme « par en bas », comme expression actuelle de la lutte des classes – avec des membres du collectif stoff, auteur sur ce sujet d’un article dans leur revue.

L’émission (1 heure) comporte :

Une définition du populisme d’en bas comme expression des rapports de classe contemporains, caractérisés par une disparition de l’identité ouvrière et du mouvement ouvrier organisé consécutifs à la « restructuration » néolibérale du capitalisme des années 1970-1980 ;

Une approche du populisme d’en bas comme « tension à la communauté » dans un sens non pas communiste libertaire mais plutôt « communautaire » exclusiviste (en termes d’appartenance raciale, nationale ou religieuse) ;

Une discussion des possibilités de transformation/dépassement du populisme sur un mode révolutionnaire non-exclusiviste.

http://sortirducapitalisme.fr/emissions/328-le-populisme-des-gilets-jaunes-expression-actuelle-de-la-lutte-des-classes?fbclid=IwAR3DwZMaD89FnVLAn2YMM__oN1PZ0YdgSGtlBKVKZ9i79pEY3MkX3Vab36A

« Marx et la théorie de l’Histoire » Agitations

21/05/2021 10 commentaires

Communes et colonialisme

D’abord fervent partisan de l’expansion du capitalisme qui devait être le prélude à la constitution d’une classe révolutionnaire mondiale, Marx a évolué vers des positions moins tranchées à la fin de sa vie, pour finir par formuler une critique acerbe de la destruction systématique des rapports sociaux précapitalistes par les puissances coloniales. Ce basculement, dont témoigne l’étude de ses Cahiers ethnographiques ou de sa lettre à la populiste russe Vera Zassoulitch, est le fruit d’un long cheminement théorique et d’une attention toute particulière portée aux sociétés dites primitives. La relecture de ces notes que nous a laissées Marx revêt des enjeux politiques actuels, puisqu’elles posent la question de la possibilité concrète de la révolution en l’absence d’un prolétariat majoritaire et unifié. Pendant toute l’époque du mouvement ouvrier, la vision téléologique et eurocentrée de l’Histoire a prédominé et affirmait que la révolution ne pourrait venir que des centres capitalistes occidentaux en raison de la concentration industrielle qu’ils abritaient. Aujourd’hui, il est flagrant que ce n’est pas (plus) le cas, et que les soulèvements d’ampleur ont davantage lieu dans les Suds.
Cet article est un développement du texte que nous avions publié sur l’ouvrage de Kevin Anderson, Marx aux antipodes, et dont nous recommandons la lecture pour plus d’éclaircissements.

« Barbares en avant ! » – Endnotes

12/05/2021 Aucun commentaire

« Barbares en avant ! »

Ainsi l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l’inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et sauvage, qui veut dire « de la forêt », évoque aussi un genre de vie animale, par opposition à la culture humaine.

– Claude Lévi Strauss, Race et histoire (1961)

Cette même pression de la population sur les forces productives poussa autrefois les barbares d’Asie à l’invasion dans le vieux monde. […] Pour rester barbares, il fallait rester peu nombreux. Si leur nombre augmentait, l’un restreignait la zone de production de l’autre. Pour cette raison, la population superflue fut obligée de se mettre aux grandes invasions aventureuses qui mena à la constitution des peuples de l’Europe ancienne et moderne.

– Marx, MEW 8, article « Émigration forcée », notre traduction.

Dératisation, arsenic, maisons de travail (work-houses), paupérisation généralisée. Les moulins à bras et autres procédés de travail archaïques resurgissent en pleine civilisation elle-même et faisant corps avec elle. C’est la barbarie lépreuse, la barbarie en tant que lèpre de la civilisation.

– Marx, Manuscrit « Salaire », MEW 6, p. 553. Traduction par Roger Dangeville.

 

Avec l’extension de l’économie bourgeoise marchande, le sombre horizon du mythe est illuminé par le soleil de la raison calculatrice dont la lumière glacée fait lever la semence de la barbarie.

– Adorno/Horkheimer, Dialectique de la Raison (1944)

Traduit par stoff et Agitations

Au début du mois de mai 2020, des émeutes de la faim ont éclaté à Santiago du Chili. Les confinements avaient privé des hommes et des femmes de leurs revenus, ce qui faillit les faire sombrer dans la famine. Un vaste mouvement de cantines communautaires auto-organisées s’est rapidement répandu dans tout le pays. Plus tard dans le mois, des émeutes se sont propagées au Mexique en réaction au meurtre par la police de Giovanni López – un ouvrier du bâtiment qui avait été arrêté pour non-port de masque – tandis que des milliers de travailleur·ses itinérant·es désespéré·es brisaient le couvre-feu en Inde. Certain·es travailleur·ses des entrepôts d’Amazon aux États-Unis et en Allemagne se sont mis·es en grève pour protester contre les mauvais protocoles sanitaires face au COVID-19[1]. Pourtant, à la fin du mois de mai, ces agitations ouvrières chez le plus grand distributeur du monde furent rapidement noyées par un mouvement de masse d’une ampleur sans précédent qui a secoué les États-Unis en réponse au meurtre policier répugnant de George Floyd, diffusé en direct. Largement initié par les habitant·es noir·es de Minneapolis, le soulèvement a rapidement été rejoint par des Américains de tous lieux, races et classes. Dans les premières émeutes et manifestations, on pouvait même apercevoir quelques soutiens de miliciens dans un front transversal (Querfront[2]) digne de l’époque de QAnon[3]. Lire la suite…