Un nouveau chapitre de la série sur la communisation

05/01/2021 Aucun commentaire

Voici un nouveau chapitre de la série sur la communisation de Jasper Bernes, cette fois sur le communisme de conseil.

Le communisme est un livre ouvert

Jan Appel et l’histoire du communisme des conseils

Jusqu’à présent, j’ai peut-être eu l’impression de traiter tous les éléments constitutifs du cocktail de communisation comme à peu près équivalents – une partie Bordiga, une partie communisme de conseil, secouée avec la glace de l’Internationale Situationniste, filtrée, puis servie dans une bouteille, avec un chiffon enflammé. Ce n’est pas comme ça, pas à mon avis. Bordiga, qui me fascine sans cesse, reste un personnage vexant, troublant dans la plupart de ses essais de base, et avec une orientation fondamentale qui est dogmatique, voire idéaliste, et de plus dépendante d’une anthropologie totalement inapplicable (bien que je le félicite d’avoir placé l’anthropologie au premier plan). Si je peux poursuivre ma métaphore de la chimie, le Bordiga est une sorte d’élément caustique dont les propriétés les plus utiles n’apparaissent qu’en combinaison avec d’autres matériaux. En comparaison, le communisme de conseil est un métal riche et étonnamment résistant – on peut voir la différence immédiatement dans le fait que, contrairement à la plupart des autres tendances, le communisme de conseil n’est pas identifiable, ni implicitement ni explicitement, avec un individu. La thèse centrale de cette tendance, et de la gauche communiste germano-néerlandaise au sens large, était que les travailleurs eux-mêmes pouvaient le faire, le feraient, dans certains endroits déjà, pour être ensuite trahis par les institutions et les dirigeants du mouvement ouvrier. Le “conseil”, le soviétique, propulsé au premier plan de l’histoire par la révolution russe de 1905, est l’emblème de cette capacité d’auto-organisation créative, à la fois théorie et pratique tout en un. Vous n’aviez pas besoin d’un Trotsky. Lire la suite…

A propos de la communisation ( suite)

31/12/2020 Aucun commentaire

Nous poursuivons la traduction d’articles de Jasper Bernes sur la théorie de la “communisation” telle qu’elle s’est développée depuis 1968.

Catalyseur

Socialisme ou Barbarie, l’Internationale Situationniste et la théorie de la communisation : troisième partie d’une série

Comme on l’a vu, la théorie de la communisation que Gilles Dauvé et d’autres ont développée offre une critique de l’ultragauche (qui se réfère ici principalement au communisme de conseil) par le biais des idées d’Amadeo Bordiga. J’ai décrit cela comme une synthèse, la production d’une nouvelle théorie de la révolution. Cette synthèse n’aurait pas pu avoir lieu sans la présence d’un catalyseur crucial, l’Internationale Situationniste. Lire la suite…

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La revue STOFF est sortie

28/12/2020 9 commentaires

 

La revue STOFF est parue, on peut la commander en ligne ou s’abonner

trame  par   stoff    juin 2020

Une description des fils, sinueux mais persistants, qui tissent la trame du premier numéro de stoff.

Notre parti pris contre cette société n’est pas un acte de foi. Il part de l’expérience du capitalisme vécue comme double impossibilité. L’impossibilité d’une vie qui n’impliquerait pas la destruction plus ou moins directe de ses propres conditions écologiques et sociales ; l’impossibilité d’une vie dévolue à la poursuite constante et indéfinie d’une production marchande qui nous rend superflus. Ce parti pris n’est donc pas une identité toute faite mais la formulation d’un paradoxe. Car autant, théoriquement, l’aspiration au communisme ne cesse pour nous de s’affirmer, autant son affirmation effective ne cesse de s’éloigner. Lire la suite…

DDT21 : “Écologie… bourgeoise”

26/12/2020 Aucun commentaire

Écologie / 03 / Écologie… bourgeoise

Troisième épisode sur l’écologie paru sur le blog DDT21

Quoiqu’une minorité des dirigeants politiques de ce monde s’affichent « climato-sceptiques », la plupart se veulent écologistes : à l’ONU, au Vatican, à Davos, à l’université comme dans les médias, de la droite – et même chez certaines tendances d’extrême droite – à l’extrême gauche… tous écolos. L’écologie fait partie de l’idéologie dominante du XXIsiècle.
En 1961, l’Europe de l’Ouest, ensuite rejointe par les États-Unis et le Japon, s’était donné un organisme chargé de promouvoir le marché, la productivité et le libéralisme : l’OCDE. En 1972, le « rapport Meadows », commandé par le Club de Rome, représentant un large éventail des élites économiques, politiques et scientifiques occidentales, mettait en évidence les conséquences qu’allait entraîner l’écart croissant (et inévitable) entre l’augmentation démographique et la diminution des ressources disponibles. Les Limites à la croissance fut un best-seller mondial. LIRE LA SUITE ICI.

“Nous vrillons; nous ne “devenons” pas”

20/12/2020 un commentaire

Rien de tel qu’une bonne période de repli généralisé de l’activité humaine pour réfléchir un peu. Là, il s’agit de l’excellent site ILL WILL qui publie une réflexion sur le sens de la théorie … de la théorie communiste en particulier. Traduction dndf

Que devient la théorie communiste une fois qu’elle est dépouillée de sa vocation prophétique et prédictive ? Dans l’article qui suit, Peter Harrison, ex-auteur de Monsieur Dupont et co-auteur de l’ouvrage, passe en revue les différentes attitudes à l’égard de la pratique de la production théorique, qu’il interprète finalement comme une rébellion ou une “torsion” compréhensible contre la captivité qui a néanmoins été dépouillée de sa capacité à imaginer une véritable émancipation.

******

Les luttes des peuples civilisés du monde entier contre nos conditions sont-elles l’expression de l’immanence du communisme, un devenir qui établira la paix et la liberté pour tous, ou sont-elles l’expression d’un ressentiment constant, répété et tout à fait noble envers une situation inéluctable qui nous opprime et nous déshumanise ?

Pour commencer

Tout le projet de Karl Marx était une entreprise scientifique, et ce parce qu’il était un produit particulièrement intuitif et sensible de son époque. L’héritage durable de sa méthodologie a été d’élever la sociologie et l’économie au rang de sciences. Comme l’a fait remarquer Lénine, “l’idée de matérialisme en sociologie était en soi un coup de génie” [1]. Et, comme le confirme Isaiah Berlin, il a été “le véritable père de l’histoire économique moderne et, en fait, de la sociologie moderne”, tout en notant que “ses réalisations dans ce domaine sont nécessairement ignorées dans la mesure où leurs effets sont devenus une partie de l’arrière-plan permanent de la pensée civilisée” [2]. Mais il n’a jamais réalisé à quel point la pensée magique s’infiltrait dans son discours, et sa science l’a transformé en un prophète à l’ancienne capable d’étayer sa prophétie du communisme en se référant, non pas à Dieu ou à la Bible, mais à des données empiriques provenant du monde matériel. Il a écrit :

“Le communisme n’est pas pour nous un état de choses à établir, un idéal auquel la réalité [devra] s’adapter. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses qui existent actuellement”. Lire la suite…

Ça brûle !!

15/12/2020 un commentaire

« Dans le moment présent de la crise (qui n’en est encore qu’à ses débuts), « l’illégitimité de la revendication salariale » indique que la revendication salariale – argent et/ou conditions de travail – n’est plus « systémique », c’est-à-dire qu’elle ne fait plus système avec un capital pouvant conjuguer augmentation du taux d’exploitation (taux de plus-value) et augmentation des salaires réels (système présenté par les défenseurs du capital comme « partage des gains de productivité ») : elle n’est plus adéquate au moment actuel. Dans l’aggravation de la crise du rapport, dans le moment où les échanges entre capitalistes se bloquent et où les États vont faire la guerre à leurs prolétaires (mais aussi entre eux) pour qu’ils acceptent des relégations massives dans des zones poubelles afin de permettre la poursuite d’une exploitation acharnée, dans ce moment c’est la survie même qui est en cause. La lutte contre le capital devient lutte pour cette survie. » Revue Théorie Communiste n°22

INDONÉSIE le 14 décembre

Les ouvriers en colère de la société minière PT (VDNI) ont incendié un certain nombre d’autobus et de véhicules lourds appartenant à l’entreprise, lors d’une manifestation réclamant un salaire équitable et de meilleures conditions de travail.

https://twitter.com/i/status/1338573871184801808

INDE le 12 décembre

Des ouvriers saccagent leur usine de fabrication d’iPhone

Dans cette usine proche de Bangalore; l’équipe de nuit dénonçait des salaires inférieurs à ceux promis par la firme taïwanaise Wistron.

https://twitter.com/i/status/1337714824738971648

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A propos de la « communisation »

11/12/2020 un commentaire

Traduction des deux premiers articles parus sur le compte twitter de Jasper Bernes qui participe aussi à la revue « Endnotes »

Quelques histoires sur la communisation


Je veux faire une série d’articles sur la théorie de la “communisation” telle qu’elle s’est développée depuis 1968, car il me semble qu’il y a beaucoup plus d’intérêt pour le terme et de désir qu’il n’y a de compréhension. Les raisons des abus dont le mot a fait l’objet sont multiples, mais la principale est qu’en France, d’où il vient, la “communisation” n’a jamais servi, au départ, à nommer une tendance ou une théorie cohérente. C’était simplement le terme artistique qu’un réseau de projets communistes vaguement connectés utilisait pour expliquer leur vision de la révolution communiste. Lire la suite…

HIC-SALTA COMMUNISATION : « Accouchement difficile – Épisode 2 : Mars 2020 : le dollar-roi bientôt nu? »

04/12/2020 Aucun commentaire

« L’efficacité et la stabilité du marché des bons du Trésor américains est une question de sécurité économique nationale ». (D. Duffie)

Dans cet épisode, nous reviendrons sur une séquence à laquelle les commentateurs « critiques » de la crise-Covid se sont peu intéressés jusqu’ici, et qui pourtant est d’une importance historique. Il s’agit d’un événement complexe sur le marché américain des bons du Trésor, les Treasuries, qui pendant la deuxième semaine de mars s’est momentanément bloqué. Ce blocage a représenté une menace sévère pour le financement des déficits budgétaires de l’État fédéral, et manifeste les problèmes croissants auxquels est confronté le dollar comme monnaie mondiale.

Dans de nombreux récits, la crise-Covid semble résulter simplement de l’impact que le confinement et la mise en veille de toute une partie de l’activité économique ont pu avoir sur l’économie de tel ou tel pays ou sur le capitalisme mondial dans son ensemble. Dans le premier épisode de ce feuilleton, nous-mêmes n’avons que partiellement échappé à cette erreur. Il faut cependant essayer de mieux saisir les canaux de transmission par lesquelles la crise sanitaire s’est inscrite pour infléchir l’accumulation du capital et faire remonter à la surface ses problèmes actuels. Il y en a eu plusieurs, et une partie d’entre eux était déjà à l’œuvre avant la mise en place de mesures anti-pandémiques significatives dans l’immense majorité des pays (hors Extrême-Orient)1. Le blocage du marché des bons du Trésor américains en fait partie.

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“Qui a peur de Jacques Camatte”

30/11/2020 11 commentaires

 Traduction d’une brochure parue récemment dans l’état espagnol

« Le lecteur pourra se rendre compte que l’invariance déclarée-proclamée au début, celle de la théorie du prolétariat, est déjà incluse dans une autre, bien plus vaste : la recherche d’une communauté humaine qui a pour complément la mise en évidence de la destruction des vielles communautés et la domestication des hommes et des femmes, ainsi que la lutte contre celle-ci, une des conditions historiques pour que la tentative de fonder une communauté humaine puisse se réaliser. » Communauté et Devenir », 1994)

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« de la sueur et du sang »

22/11/2020 Aucun commentaire

Comme l’écrivent les camarades de la revue Chuang « de la sueur et du sang »

 Guatémala, des manifestants incendient le Congrès alors qu’une colère bouillonnante déborde 

«Je pense que ce n’est que le début»

«Ils nous laissent sans rien manger»

« Un projet de loi budgétaire controversé a poussé des milliers de personnes dans la rue pour exiger la fin de la corruption, entre autres griefs….

Le Congrès du Guatemala a adopté le projet de loi budgétaire mardi soir, augmentant les allocations des législateurs pour les repas et autres dépenses et réduisant le financement des programmes de défense des droits de l’homme et du système judiciaire.

Ils ont également supprimé 25 millions de dollars destinés à lutter contre la malnutrition, provoquant l’indignation nationale. Un amendement ultérieur qui a rétabli ces fonds n’a rien fait pour apaiser la colère des gens…

Le Guatemala a l’un des taux de malnutrition chronique les plus élevés au monde et les ouragans ont exacerbé la faim; pour beaucoup, la réduction du financement affectant la malnutrition était la goutte d’eau. »

https://www.aljazeera.com/news/2020/11/21/guatemala-protesters-torch-congress-as-simmering-anger-boils-over

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Revue Chuang : « Covid, capitalisme, grèves et solidarité: un entretien avec Asia Art Tours »

21/11/2020 Aucun commentaire

Traduction d’un texte publié sur le blog Chuang

Covid, Capitalisme, Grèves et Solidarité : Un entretien avec Asia Art Tours

Voici un compte-rendu de notre récente interview avec Matt Dagher-Margosian du blog Asia Art Tours, où elle a été publiée en deux parties le 25 octobre et le 9 novembre 2020. (1)

Asia Art Tours : Comme tu l’exposes dans ton article sur la Covid-19 (semblable à l’oeuvre de Mike Davis ou Achille Mbembe), les pandémies et autres catastrophes environnementales sont inévitables sous la nécro-politique du capitalisme. Dans une Chine qui a dû (et dis-moi si j’exagère) risquer de “sacrifier” Wuhan pour contenir l’épidémie, y a-t-il eu une réflexion du gouvernement ou une transformation à grande échelle sur les pratiques capitalistes qui ont déclenché la Covid-19 en Chine ? De plus, que nous dit le traitement des cols blancs et des migrants sur la façon dont la Chine (et le capital mondial) traitera le travail dans le futur lors de la prochaine (inévitable) crise biologique ou environnementale ? Lire la suite…

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“Restructuration et rentabilité statistique à travers la gestion pandémique”

18/11/2020 Aucun commentaire

 

Nous avons reçu l’avis de publication d’une série d’articles relatifs à la Covid 19 sur  le site “L’orage se fait attendre, analyses communistes sur la situation actuelle” . dndf

En voici l’introduction:

“A posteriori, certaines décisions politiques dans la gestion de la crise pandémique du COVID-19 ont pu sembler socialement et économiquement irrationnelles. Il parait en effet difficile de justifier aujourd’hui la communication sur la non-dangerosité du virus, la suppression des réserves de masques de protection, l’absence de dépistage massif ou encore la mise en place tardive de mesures de confinement. Le sentiment d’incohérence découlant de ces choix politiques pousse un nombre conséquent de personnes à envisager le complot comme forme possible d’explication. Cette série d’articles vise à démontrer et à expliquer qu’au contraire, ces choix relèvent d’un processus rationnel inhérent au fonctionnement du système économique actuel basé sur la rentabilité statistique. Au-delà de l’incompétence particulière de certains personnels politiques, pénétrer le fonctionnement des indicateurs statistiques nous permet de nous rendre compte de leur faible lien avec la réalité sociale qu’ils prétendent représenter sous forme modélisée. Pourtant, ils demeurent l’élément principal utilisé pour orienter les choix des décideurs publics ainsi que pour établir les protocoles standardisés guidant chaque tâche. L’utilisation de ces éléments a eu un impact décisif dans les choix de gestion de cette pandémie. Donnant l’illusion de fonctionner tant bien que mal en temps normal, les périodes de crise comme celle de la pandémie de COVID-19 soulignent les contradictions internes liées au fonctionnement du système économique actuel. A la lumière de cette pandémie, cette suite d’articles ambitionne de s’y pencher en détail.”

La suite ici:

 

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Parution : « INTRODUCCIÓN A LA HISTORIA CRÍTICA DEL COMUNISMO CONTEMPORÁNEO »

06/11/2020 Aucun commentaire

Traduction de l’épilogue d’un livre sur la communisation produit par des camarades d’Amérique latine.

La version originale se trouve après cette traduction.

Voir aussi la vidéo sur facebook 

Dans “L’Espagne et la théorie de la communisation : passé et présent”, Federico Corriente réfléchit : “Peut-être qu’un article sur le processus de gestation de la théorie de la communisation depuis ses origines dans la critique de l’ultra-gauche et sa réception en Espagne devrait commencer par une référence à un ou deux homologues espagnols des grands théoriciens révolutionnaires – Luxemburg,  Gorter,  Pannekok et  Bordiga – qui se sont imposés à la suite du cycle mondial de luttes ouvrières révolutionnaires qui a commencé en 1917. Mais malheureusement, aucun nom ne me vient à l’esprit”.

Quelque chose de similaire au Mexique. Ricardo Flores Magón et le Parti libéral mexicain, programmatiques et anarchistes, ne se distinguent pas par leur réflexion théorique sur le développement capitaliste ; en tout cas, ils sont un courant pratique qui participe à l’époque : les Magonistes se battent pour affirmer le prolétariat dans les rapports de production capitaliste ; ils se battent pour une redistribution radicale de la richesse sociale, malgré leur critique démolissante de la démocratie et leur intuition communiste sur la propriété. La révolution n’est pas une question de propriété !

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USA 2020: Guerre civile et lutte des classes

03/11/2020 un commentaire
A lire ou à relire après l’invasion du Capitole le 6 janvier 2021 par les partisans de Trump.
Nous avons relayé un article de la revue ILL WILL au moment de l’embrasement qui a suivi le meurtre de Georges Floyd.
Aujourd’hui, nous proposons la traduction de leur dernier article, au moment  ou les élections présidentielles ébranlent si fortement les tensions entre les classes et les races aux USA que certain.e.s envisagent ce qu’ils (elles) appellent “une deuxième guerre civile”. dndf
Prélude à une nouvelle guerre civile
2 novembre 2020
En se basant sur l’analyse qu’ils ont présentée dans leurs articles de cet été [1,   2,   3], Shemon et Arturo retracent les hostilités croissantes de notre moment présent jusqu’au travail inachevé de la première guerre civile américaine et de la contre-insurrection qui a écrasé sa promesse émancipatrice. L’escalade de la violence qui nous entoure doit-elle sombrer dans une guerre armée ? Dans quelle mesure la race continue-t-elle à servir de condition limite à notre capacité d’imaginer une vie libre et digne en commun dans ce pays, au-delà des diktats de l’économie et de la police ? La libération d’une vie en commun doit-elle se faire à partir d’un affrontement frontal, ou ressemble-t-elle plutôt à un processus décentralisé de désertion et de sécession fragmentant le territoire ? La révolution aujourd’hui ressemble-t-elle plutôt à la reconstruction, à l’État libre de Jones, ou ni l’un ni l’autre ? Comment la nouvelle géographie des conflits – qui ne sont plus divisibles entre le Nord et le Sud, mais qui traversent chaque ville, chaque village – complique-t-elle l’image que nous avons reçue de la guerre civile ? Si la rébellion de cet été était le préambule d’une nouvelle forme de guerre civile, quels sont les tourbillons qui permettent à ses potentiels émancipateurs de s’approfondir et de s’étendre, plutôt que de s’enfermer dans des trous noirs sacrificiels ? Si cet essai tente une première esquisse provisoire des racines historiques de nos horizons, nous espérons qu’il servira d’invitation à d’autres à jeter leurs paris sur le présent.
“C’est la grève générale prolétarienne des anciens esclaves qui a véritablement mis le dernier clou dans le cercueil de l’esclavage. C’est précisément cette lignée d’une guerre civile émancipatrice, libératrice, mais néanmoins violente, qui doit être actualisée pour sa seconde venue. “
-Idris Robinson, “How It Might Be Done”

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A propos des émeutes en Italie

01/11/2020 Aucun commentaire

Traduction automatique de l’un des nombreux textes parus sur les émeutes en Italie depuis le 23 octobre dernier. Dndf

Turin: la ville des submergés, la pandémie et nous

 

Qu’est-il arrivé?

Après Naples, avant la tempête.

Vendredi 23 octobre 2020, il est tard dans la soirée, les images de la révolte de Naples commencent à circuler sur le réseau et à la télé. Les proportions énormes de ce qui se passe sont claires pour quiconque les regarde et sont à la base de ce qui s’est passé à Turin et dans le reste du pays trois jours plus tard, lundi 26.

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Blog DDT 21 : « Pommes de terre contre gratte-ciel. À propos d’écologie »

31/10/2020 Comments off

Épisode 01 : Question ancienne et nouvelle

Les conditions de vie sur Terre dépendent en particulier d’un climat dont l’évolution multi-millénaire a des causes diverses, où l’activité humaine a sa part, petite ou grande.

Au XVIe siècle, la conquête européenne de l’Amérique du sud, par les massacres et l’exportation de maladies, cause 50 millions de morts en quelques décennies, entraînant réduction des cultures, reboisement, diminution du carbone dans l’atmosphère, et donc baisse de l’effet de serre, accentuant ainsi le « petit âge glaciaire » (du milieu du XIIIe siècle au milieu du XIXe). Mais cela n’a pas transformé l’ensemble des conditions de vie sur Terre. Depuis, l’industrialisation a des conséquences d’une tout autre échelle, provoquant une « grande accélération » qui nous approche d’un effet de seuil… LIRE LA SUITE

ITALIE : « …aller travailler soulagés, même en bus pleins ».

26/10/2020 Aucun commentaire

Dans une brève note ironique, les travailleurs lucaniens de la FCA de Melfi “remercient chaleureusement le président Bardi pour avoir interdit le karaoké pendant cette urgence, afin d’éviter tout rassemblement”.

Sur une photo, envoyée à notre rédaction, vous pouvez voir clairement un bus complet sans distanciation physique. L’image fait référence à un bus qui a emmené des travailleurs de Potenza à la zone industrielle de San Nicola di Melfi hier soir, 22 octobre.

«Sachant que notre président est si attentif à la santé de ses concitoyens – écrivent les travailleurs – nous fait aller travailler soulagés, même en bus pleins ».

« pour la somme de 28 €/semaine ».

25/10/2020 Aucun commentaire

Couvre-feu, on vous dit !!

15/10/2020 3 commentaires

« LA SPIRALE » Épilogue

12/10/2020 Aucun commentaire

« LA SPIRALE »

 Épilogue pour l’édition française de Hinterland de Phil A. Neel

« Nous publions ici l’ultime chapitre de l’édition française, paru également en anglais sur le site du Brooklyn Rail et dans lequel Phil A. Neel actualise les analyses de son livre à travers les soulèvements des deux dernières années : des Gilets Jaunes aux soulèvements suite à la mort de George Floyd en passant par Hong Kong. Il met l’accent sur la manière dont ces dernières luttes ont pu briser le cadre sclérosé du « mouvement social » – les disputes idéologiques, identitaires, la soif de contrôle et la fascination du pouvoir – en imposant d’autres manières de prendre la rue et de se battre. »….

« La crise économique va quant à elle s’aggraver avec le temps, et la police sera, de fait, bien plus agressive et s’attaquera à la population des régions où l’assiette fiscale s’est de nouveau effondrée à cause de la pandémie. Pendant ce temps, la dévastation de l’environnement va encore s’aggraver avant d’aboutir à une extinction massive. Alors peut-être que pendant que les militants restants seront occupés et que la police fera face, finalement, à un mécontentement public croissant, davantage de jeunes de l’hinterland ramasseront une partie de ces braises tombées qui, depuis des années, font le tour du monde. Il s’agira peut-être d’un gilet ou d’un casque jaune, quelque chose qui sera à même de rassembler le prolétariat fragmenté et de l’unir, ne serait-ce qu’un instant, au moins suffisamment longtemps pour lancer un premier assaut sur les piliers qui soutiennent cet enfer. Ce que j’ai écrit il y a plusieurs années de cela, à la fin d’un cycle similaire, et dans des termes aujourd’hui répétés par des gens que je n’ai encore jamais rencontré, reste vrai : notre avenir a été pillé. Il est grand temps de riposter. »

https://lundi.am/La-spirale

“Lettre depuis un Etat chancelant”

06/10/2020 Aucun commentaire

Le texte que nous annoncions plus bas est maintenant en ligne sur le site de la revue STOFF

“Ce texte de Jasper Bernes, écrit pour stoff, revient sur les confrontations déclenchées par les meurtres de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery. Il donne une perspective depuis les États-Unis des manifestations et des émeutes qui font rage et se poursuivent depuis des mois dans un contexte de plus en plus tendu. Dans le flot continu de scandales politiques autour du président américain, juxtaposé à un discours médiatique dominé par la crise du COVID-19, ce texte vient  combler le manque d’informations sur les luttes en cours. Mouvements anti-police, suprématisme blanc, extrême-droite américaine et gestion trumpienne de la crise y sont abordés”

« Critique de la raison révolutionnaire »

02/10/2020 3 commentaires

Traduction d’un texte de camarades de la revue « Endnotes » paru sur le site « COMMUNISTS IN SITU »

John Clegg et Rob Lucas (Endnotes)

Trois révolutions agricoles

Il n’y a de tendresse que dans la demande la plus grossière : que plus personne n’ait faim.

-Adorno, Minima Moralia

Critique de la raison révolutionnaire

On peut dire sans risque de se tromper qu’il n’existe pas aujourd’hui de consensus particulièrement évident sur ce à quoi le dépassement du capitalisme pourrait ressembler. En parcourant le champ des scénarios imaginés, on trouve de tout, des offres néo-sociales-démocratiques visant à éloigner progressivement le capitalisme, aux visions apocalyptiques d’effondrement social marquées par la redistribution spontanée des biens. Il n’existe pas non plus de définition simple et incontestable du communisme. Cela pourrait en principe aller de l’antique exploitation collective des ilotes à Sparte à une reprise des modes de vie des chasseurs et des cueilleurs, de l’État bureaucratique perfectionné aux conseils ouvriers fédérés, des visions cybernétiques de Stafford Beer à un retour aux biens communs pastoraux.

Marx, bien sûr, était très réticent à donner un contenu positif à ce terme, en le plaçant plutôt dans le contexte du déroulement historique du mouvement du même nom. Il a affirmé préférer “l’analyse critique des faits réels” à “écrire des recettes pour les cuisines du futur” (Marx 1976 : 99). Et les marxistes de diverses tendances ont souvent fait appel à ce précédent d’une manière ou d’une autre pour justifier une focalisation non pas sur l’avenir spéculatif, mais sur le “vrai” présent. Dans le milieu largement “d’ultra-gauche” de Endnotes, un passage de l’idéologie de Marx fonctionne souvent comme une sorte de mantra : “le communisme n’est pas pour nous un état de choses qui doit être établi, un idéal auquel la réalité [devra] s’adapter. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses” (Marx 1970 : 56). Lire la suite…

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DDT21 : « Virus, le monde d’aujourd’hui »

25/09/2020 Aucun commentaire

Dernier texte mis en ligne sur le blog DDT21

« Virus, le monde d’aujourd’hui »

Jusqu’aux premiers jours de 2020, quand il entendait parler d’un « virus », c’est d’abord à son ordinateur que pensait l’Occidental (l’Asiatique était sans doute mieux avisé). Bien sûr, personne n’ignorait le sens médical du mot, mais ces virus-là restaient loin (Ebola), relativement silencieux malgré les 3 millions de morts annuels du Sida, voire banals (grippe hivernale, cause de « seulement » 10 000 morts en France chaque année, en majorité vieux et atteints de maladies chroniques). Et si la maladie frappait, la médecine faisait des miracles. Elle avait même aboli l’espace : de New York, un chirurgien opérait une patiente à Strasbourg. En ce temps-là, c’étaient plutôt les machines qui tombaient malades. Jusqu’aux premiers jours de 2020. LIRE LA SUITE.

A paraître : “STOFF”

25/09/2020 Aucun commentaire

« Stoff est une revue publiée en France par un groupe de discussion dont les intervenants sont basés dans divers pays européens. Elle est une réflexion vivante et collective autour de la critique de l’économie politique, en n’oubliant pas cependant que les rapports de production n’ont d’existence que dans l’histoire à travers des médiations singulières. Attentive par conséquent à ce qui relève également de l’esthétique, de la culture ou de l’idéologie, la revue Stoff ne connaît pas de sujet dont elle s’interdirait de parler.

Ce site sera bientôt la caisse de résonance numérique de ces discussions.

En attendant l’imminente sortie en librairies du premier numéro papier, nous avons voulu rendre accessibles ici deux textes sur les luttes actuelles aux États-Unis. »

STATES : “LETTRE DEPUIS UN ÉTAT CHANCELANT”

25/09/2020 2 commentaires

Texte mis en ligne sur le site “STOFF”

« LETTRE DEPUIS UN ÉTAT CHANCELANT »

par Jasper Bernes

traduit de l’anglais (États-Unis) par Julien Guazzini

août 2020

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Ce texte de Jasper Bernes revient sur les confrontations déclenchées par les meurtres de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery. Il donne une perspective depuis les États-Unis des manifestations et des émeutes qui font rage et se poursuivent depuis des mois dans un contexte de plus en plus tendu. Dans le flot continu de scandales politiques autour du président américain, juxtaposé à un discours médiatique dominé par la crise du COVID-19, ce texte vient  combler le manque d’informations sur les luttes en cours. Mouvements anti-police, suprématisme blanc, extrême-droite américaine et gestion trumpienne de la crise y sont abordés. Lire la suite…

LIBAN : « La fête est définitivement terminée »

22/09/2020 Aucun commentaire

Le dernier paragraphe d’un texte in english qui nous rappelle que la vie est possible à l’extérieur dans l’excellent texte paru sur le blog DDT21 «  Lutte des glaces (à propos de « Snowpiercer, le Transperceneige »)

« La révolution post-explosion – Une lettre du Liban »

« La simple réalité de la tragédie a modifié le terrain dans l’esprit des gens. Au-delà de la simple colère, il y a un niveau accru d’intensité, d’émotivité et de négativité. Les émotions vont du désespoir à la rage, puis à nouveau à la colère. La fête est définitivement terminée, et l’atmosphère est émotionnellement et littéralement, dans le langage de ma génération, toxique. Pourtant, comme je le disais récemment à un ami de New York, il y a ici une détermination singulière, une sorte de détermination que je n’avais pas perçue auparavant dans la Révolution. Il s’agit d’une détermination robuste et brutale, née de la colère et du désespoir, et non de l’espoir ou du bonheur. La rage et la colère sont peut-être, en dernière analyse, plus fortes que l’espoir, la vengeance est peut-être un facteur de motivation plus puissant que l’aspiration révolutionnaire. Le désespoir peut être une force de renouveau, car il n’y a littéralement nulle part où aller. En effet, notre vision de l’horizon qui s’ouvre devant nous est, au mieux, incertaine. Il n’y a pas de rêve à réaliser parce que ce que nous voulons n’est pas tout à fait clair. Nous quittons une maison parce que cette maison a déjà commencé à s’effondrer, et si nous restons à l’intérieur, nous mourrons. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous frayer un chemin à travers les décombres et de sortir. Nous marchons parce que nous n’avons pas d’autre choix. Mais cette option, l’absence d’option, est peut-être à la fin la meilleure façon d’avancer. »

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Blog DDT 21 : « Abolir la police ? »

15/09/2020 2 commentaires

Dernier article mis en ligne sur le blog DDT 21

« Abolir la police ? »

La mort de George Floyd, le 25 mai 2020 à Minneapolis, déclenche une flambée de violence à travers les États-Unis qui, dans un premier temps, se traduit par des attaques contre les forces de l’ordre et leurs locaux, des incendies, des émeutes nocturnes et des pillages de magasins. Pour les manifestants – essentiellement des prolétaires à la couleur de peau variée issus des quartiers pauvres des villes –, les violences et le racisme de la police semblent un prétexte pour exprimer une colère plus profonde – à noter que les commerces sont pris pour cibles quelle que soit, là encore, la couleur de peau de leur propriétaire. Mais la répression policière et judiciaire est sévère et efficace. Après quelques jours, un second type de mobilisation se fait jour et tend à remplacer la première, celle de manifestants surtout issus des classes moyennes noire et blanche avec parmi eux, et les encadrants, de très nombreux militants d’organisations et d’associations citoyennes, de gauche et d’extrême gauche, en particulier celles se revendiquant peu ou prou du mouvement Black Lives Matter ; les modes d’action changent : manifestations de jour, déboulonnages de statues, tentatives d’occupation d’espaces publics (à la mode Occupy et Nuit Debout), et non-violence généralement brandie comme étendard. L’ennemi est clairement désigné, le racisme ; et son principal vecteur identifié, la police. LIRE LA SUITE

Réédition du classique de Pierre Souyri : “Le marxisme après Marx”.

13/09/2020 3 commentaires

Préface de Jean-Pierre Souyri. Postface de Jean-Christophe Brault et Mylène Gaulard sur les courants hétérodoxes du marxisme.

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A paraître « Hinterland. Nouveau paysage de classes et de conflits aux États-Unis »

11/09/2020 un commentaire

« Au cours des dernières années, la structure socio-spatiale des États-Unis a été fondamentalement transformée. Si la métamorphose est visible dans les pôles côtiers scintillants de la finance et de l’infotech, la majeure partie de ces transformations demeure cachée dans un territoire rural en déclin ou sur la frange des mégalopoles.

Hinterland, c’est l’arrière-pays américain, peuplé de batteuses à grains imposantes et de fermiers courbés, où des ouvriers venus de tous les coins du monde se pressent dans des usines et des « centres de distribution ». À la veille de l’élection américaine, Phil A. Neel nous livre ici les clés pour lire le conflit de classes et sa nouvelle géographie aux États-Unis. »

Octobre 2020.
13×20 – 240 pages – 18€

« La Révolte des Gilets jaunes. Histoire d’une lutte de classes »

03/09/2020 2 commentaires

 

Sur le blog DDT21, présentation et critique du livre publié par le collectif Niet !éditions

« L’insurrection ne devient communiste que si elle ne se borne pas à se saisir des instruments de production, mais commence à transformer ce dont s’emparent les insurgés. Elle consiste donc aussi à se transformer soi-même, à créer collectivement les conditions d’une autre vie pour les autres et pour soi. Il s’agit de remettre en cause le salariat, non de demander une autre forme de revenu. Et de s’en prendre non seulement au rapport entre salaire et profit, mais à l’existence du salaire et du profit, c’est-dire leur l’interdépendance. Comme l’écrivent très justement les auteurs : « La révolution, ça se fait en s’attaquant […] à ce qui fait qu’on est ce qu’on est. Ça se fait en acceptant et en provoquant une situation dans laquelle on ignore de quoi seront faits les lendemains » (p. 212). »