Européennes 2024
La lutte de classe n’est jamais « pure » et c’est tant mieux. Si en France le Rassemblement National (RN) est le premier parti ouvriers, employés et chômeurs, et maintenant des jeunes votants (hormis peut-être l’insaisissable « parti des abstentionnistes »), nous n’allons pas pour autant y adhérer et encore moins nous en réjouir. Mais regarder les choses comme elles sont et considérer que la lutte des classes peut emprunter des chemins très tortueux et si nous combattons ces chemins ce n’est pas au nom d’une vérité de « l’autonomie prolétarienne » en pensant que les prolétaires se sont faits détourner ou manipuler. Combattre la « droitisation extrême » d’une grande partie des classes ouvrières partout dans le monde occidental et leur nationalisme partout dans le monde ne peut se faire au nom d’un aveuglement ou d’une « erreur » de ces dernières, mais en explicitant la situation réelle actuelle des rapports de classes dans le mode de production capitaliste qui produit cette « droitisation extrême ». Pour simplifier : l’ennemi principal n’est pas, par exemple, en France, le RN ou Reconquête, l’AFD en Allemagne, etc. mais toutes les politiques et les mesures ordinaires actuelles de reproduction du rapport d’exploitation aussi bien immédiatement dans le procès de travail que dans la reproduction sociale de la force de travail qui ont légitimé tous les thèmes RN et les ont promus (ou autres) en expression politique de la « dignité ouvrière », une identité fantasmée mais aussi constamment niée et méprisée.
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